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samedi 22 août 2009

Tant qu'à lancer les dés, pourquoi pas Nokia?

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Évaluer la valeur d'une entreprise est un exercice hasardeux, peu importe le secteur. Mais évaluer la valeur d'une entreprise techno l'est encore plus. Il y a quelques années à peine, de sérieux analystes donnaient à Nortel une valeur de $100 l'action, ce qui équivaudrait à $1000 aujourd'hui, puisqu'il y a eu une consolidation d'actions (reverse split) de 10-1. L'action de Nortel qui est maintenant sous la protection du Chapitre 11, n'a pratiquement plus aucune valeur, elle se transige à $0,05 aujourd'hui.

C'est que les produits des technologies de l'information et des communications sont extrêmement vulnérables: un compétiteur peut du jour au lendemain rendre votre produit désuet, en amenant sur le marché un autre produit aux caractéristiques technologiques supérieures ou qui répond mieux aux goûts changeants des consommateurs de produits électroniques. Même le produit le plus à la mode n'est pas à l'abri de ce phénomène, la guerre technologique est féroce et sans répit et demande des investissements constants des entreprises.

Il y a quelques années, Motorola (MOT-NYSE) a connu un grand succès avec son téléphone cellulaire Motorola Razor aux lignes effilées qui surclassait alors la compétition. Depuis, les téléphones intelligents (BlackBerry et I-Phone) de compétiteurs comme Research in Motion (RIM-TSX) et Apple (AAPL-Nasdaq) ont surgis et ont relégué le Razor quasiment aux oubliettes. L'action de Motorola qui avait dépassé les $24 au printemps 2006, lorsque le Razor était un objet techno à la mode, a chuté à $3 en mars dernier, avant de se redresser quelque peu ($7.50). L'action de Apple qui se situait dans les $70 au printemps 2006, en vaut près de $170 aujourd'hui.

Investir dans les entreprises techno, c'est un peu comme lancer des dés sur une table de jeux. J'ai peu d'attirance pour ce secteur d'activité hautement imprévisible. Tant qu'à y investir, puisque je n'ai aucune façon de prévoir les tendances ou de deviner ce qui se prépare chez chacun des principaux compétiteurs, je serais porté à miser sur des entreprises dont les produits ne sont pas les plus à la mode actuellement et dont le titre n'est pas, conséquemment, gonflé par cet engouement, mais qui n'en ont pas moins une situation financière saine, des ressources monétaires pour investir en R&D et des "cerveaux" qui dans l'ombre aujourd'hui, sont peut-être en train de concocter le prochain gadget électronique qui sera en haut du palmarès dans deux ans. Surtout, des compagnies qui se transigent à des multiples raisonnables (prix/bénéfices, prix/free cash flow, prix/ventes, dettes long terme/avoir des actionnaires).

Ainsi, je n'investirais ni dans Apple, ni dans Research in Motion, toutes deux surévaluées selon moi, mais dans une entreprise comme la finlandaise Nokia (NOK-NYSE, $12,59). Nokia se transige actuellement à un ratio prix/ventes par action de 0,6, alors que Research in Motion est à 3,6 et Apple à 4,4. En prime, à son prix actuel, le titre de Nokia retourne aux actionnaires un dividende de 4,3%, alors que ni Apple, ni RIM, malgré leurs profits astronomiques des dernières années, n'ont eu la décence de retourner le moindre sou à leurs actionnaires. Ce type d'investissement demeure un lancer des dés, mais tant qu'à y jouer, je miserais sur Nokia.

Mise en garde: ce n'est que mon point de vue de simple investisseur, à vous d'y regarder de plus près si ce titre vous intéresse. Les dividendes des titres ADR comme ceux de Nokia ont un traitement fiscal différent de ceux des compagnies canadiennes. Il faut s'informer avant d'investir!
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dimanche 7 décembre 2008

Quelle est la marque de commerce qui a la plus grande valeur: Google ou Coca-Cola?

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Deux firmes de marketing décernent annuellement des valeurs et un classement aux marques de commerce des grandes entreprises: ces études sont celles de Interbrand et de Millward Brown Optimor. En cette période de dépression boursière où tous les titres, même ceux des grandes entreprises, sont accessibles à moindre coût, il peut être utile de considérer la valeur de cette variable dans les choix que font les investisseurs. Développer une marque de commerce est un travail coûteux et de longue haleine, cet actif, bien que plus difficilement quantifiable que d'autres, a définitivement une valeur en soi. Les deux études identifient les 100 marques de commerce qui ont la plus grande valeur.

Pour Interbrand, c'est Coca-Cola (KO au NYSE) qui remporte la palme. On souligne que Coca-Cola a su renforcer la renommée de sa marque en développant récemment de nouveaux produits qui répondent aux préoccupations des consommateurs en matière de santé et d'apparence physique (Diet Coke Plus et Coke Zero). Parmi les compagnies dont la valeur de la marque de commerce a le plus augmentée au cours de la dernière année, ce sont trois compagnies reliées au domaine informatique qui ont connu les plus fortes croissances: Google (GOOG-Nasdaq), Apple (AAPL-Nasdaq) et Amazon (AMZN-Nasadaq). À l'opposé, voici les cinq compagnies qui ont vu leur marque de commerce perdre le plus de sa valeur au cours de la dernière année: Ford, Citigroup, Morgan Stanley, Gap et Merrill Lynch. On ne sera pas surpris de retrouver trois compagnies qui oeuvrent dans le domaine financier parmi cette liste des marques de commerce endommagées.

Pour Millward Brown Optimor, c'est la marque de commerce de Google qui a la plus grande valeur, suivie de celle de General Electric (GE-NYSE), de Microsoft (MSFT-Nasdaq) et de Coca-Cola. Les valeurs des marques de commerce de BlackBerry (Research in Motion), Apple et Amazon ayant le plus augmentées, pendant que celles de Motorola, Starbucks et Home Depot ont connu les plus importants reculs.

Dans l'étude de Millward Brown Optimor, on établie un lien entre la valeur des marques de commerce des compagnies et leur performance boursière (voir, page 5 de l'étude). Ainsi, deux portefeuilles ont été créés pour la période allant d'avril 2006 à avril 2008, portefeuilles que l'on a comparé à l'indice S&P 500 qui a augmenté de 3% durant cette période. Un premier portefeuille constitué des 100 entreprises ayant les plus fortes marques de commerce a donné un rendement boursier de 14.8% au cours de ces 24 mois. Un second portefeuille, où l'on ne retenait que les compagnies dont la valeur de la marque de commerce contribuait pour plus de 30% aux bénéfices (2/3 des 100 entreprises), a performé encore plus: la valeur de ses titres ayant augmenté de 22.1%, plus de sept fois la performance de l'indice S&P 500. L'étude conclue que cela démontre la valeur d'une solide marque de commerce, particulièrement en période de turbulence économique.

Pour accéder à ces deux études sur les marques de commerce, cliquez sur les liens ci-dessous:


The 100 Most Powerful Brands 2008 - Millward Brown Optimor
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lundi 3 décembre 2007

FRONTLINE : une machine à «free cash flow » et à dividendes

Il y a des entreprises qui font des millions de profits depuis des années et qui ne trouvent jamais un sous à retourner à leurs actionnaires sous forme de dividendes. Ces entreprises, par contre, font souvent preuve de grande générosité envers leurs dirigeants qu'elles récompensent avec de plantureux salaires, bonis, comptes de dépenses et montagnes de stocks options. On en retrouve beaucoup chez les entreprises technologiques : on a qu’à penser à Dell, Cisco, Apple… Ces dirigeants et certains employés s’en mettent plein les poches mais l’idée d’en retourner de temps en temps aux simples actionnaires ne leur vient jamais à l’esprit.

Frontline ne fait pas partie de ce groupe, et que non! Frontline (FRO au NYSE, $44,63) est une entreprise norvégienne de transport de produits pétroliers. Frontline possède une flotte de 80 pétroliers, dont elle confie la gestion des équipages et de l'entretien à des sous-traitants qui voient à s’assurer que les pétroliers arrivent à bon port et en bon état: Frontline, à son bureau-chef, n’a qu’une centaine d’employés. Périodiquement, selon les occasions qui s’offrent à elle, Frontline se départit des plus vieux vaisseaux pour les remplacer par de plus récents.

Frontline a une dette élevée, mais elle génère beaucoup de flux de trésorerie (cash flow): ce qui lui permet de rencontrer ses obligations vis à vis de ses créanciers, d'investir dans le maintien et le renouvellement de sa flotte et de disposer de sommes importantes en bout de ligne, malgré ces dépenses. Ainsi, au cours des quatre dernières années, elle a généré en moyenne l’équivalent de $6,50 par action de free cash flow: pour une action qui s’est transigée aux environs des $40 depuis trois ans, cela représente un ratio prix/FCF très bas (6,2).

Ce qui distingue Frontline depuis 2003, c’est la décision des dirigeants de retourner aux actionnaires pratiquement tout ce qui reste de ces importants flux de trésorerie disponibles, une fois que les coûts d’opération et de paiement de la dette ont été couverts. Les actionnaires ont ainsi reçu, par action, les sommes suivantes : $17,45 (2004), $11,22 (2005), $7,00 (2006) et $8,30 (2007). Le yield annuel a ainsi atteint une incroyable moyenne de 27% durant cette période. À cela, s’est ajouté des paiements de "spin off" de $6,48 sous forme d’actions, suite au détachement d’une de ses composantes : Ship Finance International (SFL au NYSE). En combinant les deux, dividendes et cession d'actions de Ship Finance International, le retour aux actionnaires atteint ainsi plus de 30% annuellement depuis le début 2004.

Ce modèle d’affaire comporte cependant des risques. Tant que le prix moyen (spot market) pour le transport du pétrole se maintient, comme c’est le cas depuis quelques années, l’entreprise peut continuer à générer d'importants flux de trésorerie et à prendre soin de ses actionnaires. Le jour où ce coût moyen se mettra à descendre, la machine à cash flow sera alors en péril, d’autant plus que l’importance de la dette demeure: si les entrées d’argent deviennent plus modestes, les obligations de l’entreprise envers ses créanciers auront alors la priorité sur les dividendes. Dans une telle situation, la valeur de l’action pourrait également chuter brutalement.

Pour l’instant, la demande mondiale pour le pétrole se maintient et le coût moyen de son transport aussi, malgré des fluctuations occasionnelles. Les actions de Frontline, surtout lorsqu’elles sont à l’abri de l’impôt dans un compte REER, offrent ainsi un rendement fort intéressant. Ça demeure tout de même un « placement houleux », à l’image des énormes pétroliers de Frontline parcourant les océans. Au cours des prochaines semaines, maintenant que la date limite pour avoir droit au prochain dividende est passée, et parce que les derniers résultats étaient un peu décevants, l'action pourrait redescendre sous les $40: ce qui peut constituer un point d'entrée valable.

Site web: FRONTLINE

Tableau des versements de dividendes de Frontline, cliquez >>> ici