mardi 14 novembre 2017

Gurufocus.com: pour connaître les portefeuilles des grands investisseurs

Un site permet de connaître la constitution et les changements dans les portefeuilles des grands investisseurs comme Warren Buffett, Carl Icahn ou Bill Ackman: Gurufocus.com

Ces gestionnaires ont quand même fait leurs preuves, leur avis peut être éclairant...

Pour connaître les changements les plus récents à leur portefeuille: cliquez ci-dessous:

GE: les dérivations n'auront pas lieu...

Bon, ma savante hypothèse à propos de General Electric (GE-NYSE), expliquée dans mon post précédent, ne tient déjà plus la route, du moins pour l'instant. D'après ce que j'ai lu suite à la conférence du nouveau CEO hier, ce n'est pas dans les plans de la direction. On retient plutôt la vente de certaines divisions, ce qui m'apparaît nettement moins intéressant pour les actionnaires. Je crois que cette approche conservatrice a déçu les analystes et les investisseurs et que cela explique la descente additionnelle d'un autre 8% aujourd'hui.


lundi 13 novembre 2017

General Electric: un conglomérat qui cache une richesse sous-estimée?

À mes débuts en bourse, j'ai acheté à quelques reprises des actions de la compagnie Hewlett Packard (HPQ-NYSE) qui traversait un moment difficile. Cette compagnie était alors un icône déclinant dans le domaine de l'informatique, elle était de plus en plus dépassée par de nouvelles entreprises (ex. Dell) qui avaient une croissance nettement plus forte que la sienne. Depuis ces achats, le cours du titre a connu une remontée modeste, mais ce placement fut tout de même un de mes meilleurs car l'entreprise a laissé se détacher d'elle une composante dans le cadre d'une dérivation (spin-off): Hewlett Packard Enterprise (HPE). Cette dernière laissa à son tour deux divisions se détacher dans le cadre de nouvelles dérivations: DXC Technology (DXC) et Micro Focus International  (MFGP). Si on considère la valeur des actions de ces trois nouvelles compagnies distribuées aux actionnaires de la compagnie mère (HPQ), le rendement obtenu sur ces actions initiales de HPQ fut très élevé: la valeur des dérivations dépassant à elle-seule la valeur du placement initial, sans compter la valeur des actions de HPQ qui a tout de même augmentée en quinze ans! 

Hewlett Packard cachait des composantes qui une fois constituées en compagnies autonomes se sont révélées fort lucratives pour l'investisseur. Ce qui m'amène à vous parler de General Electric (GE-NYSE, $19.02) qui traverse la période la plus difficile de son histoire. General Electric ce n'est pas vraiment une entreprise, c'est un véritable conglomérat, un regroupement de divisions opérant dans des secteurs très différents: machinerie, aéronautique, finances, génie manufacturier, informatique, équipements médicaux, électroménagers, éclairage, équipements hydroélectriques, transport ferroviaire et maritime, équipements et services pétroliers... General Electric c'est en quelque sorte dix entreprises en une. 

Je ne sais pas combien valent chacune de ces entreprises, si la somme de leurs valeurs dépasse la valeur de la capitalisation boursière actuelle de GE. Je ne peux donc pour l'instant affirmer catégoriquement que General Electric pourrait être éventuellement un Hewlett Packard, si la compagnie mère décidait de libérer progressivement certaines de ses divisions pour les laisser devenir des compagnies autonomes. Le nouveau CEO de l'entreprise n'a pas exclu la possibilité de telles dérivations (spin off). 

Je garde donc un œil sur General Electric, j'attends de voir des signaux techniques qui confirmeraient une stabilisation du titre sur un plancher qui signifierait la fin de sa descente actuelle et je pourrais alors ajouter aux actions que je possède de l'entreprise, dans une optique de réorganisation par dérivations qui libérerait de la richesse cachée. Je ferais ces achats soit dans un compte CÉLI, soit dans un compte REER pour me mettre à l'abri de la décision éventuelle de Revenu Canada de reconnaître ou non ces nouvelles entreprises comme des "dérivations admissibles" et non comme des dividendes versées aux actionnaires, ce qui est très injuste et pénalisant d'un point de vue fiscal.

Why Not a GE Breakup? - Bloomberg
Réorganisation d'une société étrangère avec dérivation - Revenu Canada

samedi 11 novembre 2017

Supremex: la transition se poursuit

Je vous ai parlé le 2 août dernier d'une compagnie québécoise cotée en bourse mais peu connue: Supremex (SXP-TSX, $4.25). Je mentionnais dans mon post que ce titre pouvait offrir un potentiel intéressant si l'entreprise parvenait à réussir sa transition d'un produit principal touché par une certaine désuétude (les enveloppes) vers un domaine offrant un meilleur potentiel (les produits d'emballage). L'entreprise a déposé son rapport trimestriel cette semaine et la transition semble se continuer de façon satisfaisante: les produits d'emballage augmentant leur part des revenus générés par l'entreprise.

Pour plus de précisions, consultez le communiqué suivant de l'entreprise:

mardi 7 novembre 2017

Suis-je le canari dans la mine?

J'ai une portefeuille boursier très diversifié, mais vraiment très diversifié... composé d'une majorité de titres de type "turnaround": des entreprises achetées après une mauvaise passe où leur cours était conséquemment très bas, avec l'espoir de les voir remonter un jour. Mon portefeuille est en quelque sorte un indice précurseur pour les périodes de correction du marché: il est bien connu que lorsque les grands investisseurs institutionnels s'apprêtent à retirer des jetons de la table en prévision d'une telle correction baissière, ils jettent en premier par dessus bord, les titres les plus risqués, ceux des entreprises qui ont connu une période difficile et dont le retour à la santé n'est pas certain (les "turnarounds stocks").

Ce type de portefeuille génère des retours au-dessus de la moyenne quand l'optimisme règne sur les marchés et que les grands investisseurs sont prêts à prendre des chances avec des titres plus spéculatifs. Mais à l'inverse, quand ces grands joueurs voient du noir à l'horizon, ça peut être extrêmement douloureux d'avoir une telle configuration de portefeuille. J'ai vécu la descente de la fin 2008/début 2009 de façon beaucoup plus violente que l'investisseur moyen. Mon portefeuille est en quelque sorte un "canari dans la mine" pour l'investisseur conservateur. 

Chaque jour, je compare la performance moyenne de mes titres avec la performance de deux grands indices: le S&P 500 et S&P TSX. J'ai noté depuis trois semaines que mon portefeuille perd régulièrement face à ces indices et de façon importante, alors qu'il se défendait plutôt bien depuis quelques années. Aujourd'hui, fut une des pires séances de ma carrière d'investisseur, sinon la pire: l'écart entre mon portefeuille et ces deux indices réunis fut de -1,25%, et ce, malgré une stabilité des marchés durant cette séance! Cela est un écart majeur, puisque je suis très diversifié et que ma piètre performance ne s'explique pas par la chute d'un titre qui compterait pour 20% de mon portefeuille.

Conclusion, si l'on se fie à mon indice personnel, l'indice Québec Bourse, les marchés ont entrepris un mouvement défensif, même si on ne le voit pas encore pour l'instant: le déplacement des titres plus risqués vers les titres plus sûrs a débuté. C'est un premier pas, si les craintes d'une baisse se poursuivent, le second groupe, les titres de qualité, y goûtera également, mais de façon moins prononcée (mouvement vers l'augmentation des liquidités), alors que pour les titres de type "turnaround", on assistera à une véritable dégelée accentuée par les ventes de fin d'année pour utilisation des pertes de capital sur les titres qui ont connu une baisse durant l'année. Bon, tout ça n'est que ma vision personnelle et je peux être complètement dans le champ, je ne suis pas un expert, je ne suis qu'un simple investisseur...  

P.S. L’expression « un canari dans une mise de charbon » fait référence à une ancienne pratique de mineurs qui apportaient des canaris dans les mines de charbon. Lorsque les canaris arrêtaient de chanter, cela signifiait qu’ils avaient détecté une fuite de gaz et qu’il fallait alors évacuer sur le champ, avant qu’une explosion ne se produise.

mardi 24 octobre 2017

Le cycle émotionnel de l'investisseur

Si l'on se fie aux analystes, les marchés, après une période de quelques semaines d'hésitation,  connaîtront après la Thanksgiving américaine, une fin d'année positive qui les mènera à de nouveaux sommets (Dow Jones à 24,500 points?). Après cette ultime montée, connaîtrons-nous une correction importante en 2018? On se dit que ça ne peut pas monter éternellement... Je ne la vois pourtant pas à l'horizon cette importante correction avec la réforme fiscale américaine bénéfique aux entreprises et aux consommateurs et la bonne santé des économies européennes et asiatiques. Suis-je complètement dans le champ et rendu, sans le savoir, à la phase "euphorique" du cycle émotionnel de l'investisseur?

Exco Technologies: la remontée est enclenchée?

Exco Technologies (XTC-TSX), titre sur lequel j'ai écrit le 13 septembre, semble connaître une percée à $10.27 au dessus du couloir dans lequel il était prisonnier depuis la fin août ($9.50/$10.00). Le volume est également plus élevé que sa moyenne habituelle. L'entreprise publiera ses résultats trimestriels seulement le 29 novembre prochain. Je ne vois aucune nouvelle qui expliquerait la hausse d'aujourd'hui. Un peu tôt pour tirer une conclusion, mais je garde l'œil ouvert sur ce titre que je considère sous-évalué. 

vendredi 13 octobre 2017

L'importance de tenir compte de l'état du secteur dans l'évaluation d'un titre

Quand on fait une gaffe en investissant, l'important c'est d'en tirer une leçon.. Récemment, j'ai décidé de vendre les actions que je détenais sur le titre d'Alcoa (AA-NYSE) à $44 l'unité, uniquement sur la base de certains ratios qui m'amenaient à penser que le titre était surévalué. Ma décision s'appuyait, entre autres, sur le P/E actuel et sur le fait que la compagnie ne payait aucun dividende depuis qu'elle s'est séparée de Arconic (ARNC-NYSE). Quelle décision peu réfléchie! Je n'ai pas tenu compte de l'état du secteur et du prix du métal!

Les chiffres passés et les ratios sont bien secondaires dans le secteur des métaux, l'important c'est le prix à venir. Lorsqu'on peut prévoir une hausse du prix du métal (dans ce cas-ci, l'aluminium), faites gaffe de ne pas vendre précipitamment! On prévoit un hausse du PIB de plus de 3,4% à l'échelle mondiale en 2018, ce qui fera assurément monter le prix de certains métaux, dont celui de l'aluminium (la remontée du prix se constate d'ailleurs depuis un an), j'aurais dû tenir d'abord compte de ce critère avant de prendre ma décision. 

Quand la marée monte, tous les bateaux montent, c'est particulièrement vrai pour les métaux. Il faut donc s'assurer de vérifier la tendance du prix à venir de la ressource pour les compagnies des ressources naturelles, c'est le principal élément à prendre en compte avant d'acheter ou de vendre ce type de compagnies. Les ratios, les chiffres passés, sont secondaires. Alcoa vient d'annoncer ses résultats trimestriels ce matin et le titre est en hausse, il approche des $49. Ça m'aura donné une autre leçon (est-ce qu'on arrête d'en recevoir de nouvelles un jour à la bourse?): il faut toujours tenir compte de l'état du secteur dans l'évaluation d'une compagnie, en particulier dans le secteur des ressources naturelles où la tendance des prix est déterminante.  

Exemple de site qui peut vous permettre de suivre l'évolution du prix des métaux: cliquez ici

jeudi 28 septembre 2017

Bombardier: un mal pour un bien?

Suite à la nouvelle de l'imposition de droits compensatoires exorbitants par le département du commerce américain à Bombardier, pour la vente de ses avions de la Série C à Delta, j'ai craint comme actionnaire de voir la compagnie en péril et le titre connaître une très forte baisse. Et puis, avec un recul de 48 heures, ces craintes se sont pour l'instant dissipées dans mon esprit. 

La commande de Delta n'était pas encore en production et certains affirmaient que Bombardier allait tirer un très faible profit sur cette commande, l'avionneur l'ayant offert à rabais parce qu'étant désireuse de créer un précédent sur le marché américain. Le temps que les tribunaux du commerce fassent tomber cette interprétation abusive de l'aide gouvernementale qu'à reçue Bombardier, les ventes aux États-Unis seront effectivement bloquées pour le court terme. Par contre, cet acharnement de Boeing et de l'administration américaine à bloquer les modèles de la Série C vient confirmer en quelque sorte leur supériorité technique et leur potentiel de domination dans cette strate du marché (110-135 places). 

Cette attaque frontale des américains devient une énorme publicité pour les deux modèles de la Série C auprès des transporteurs aériens ailleurs dans le monde (Europe et Asie en particulier). Je ne serais pas surpris que le carnet de commandes se remplisse au cours des prochains mois de plusieurs  nouvelles commandes additionnelles. Je vois même d'autres compagnies aériennes américaines (comme Jet Blue l'a déjà fait) se ranger du côté de Bombardier pour avoir accès à ces deux modèles techniquement supérieurs et économiquement plus rentables que ceux qui leur sont présentement offerts sur le marché.

Le titre de Bombardier continue d'être fragile et je n'affirme pas ici qu'il est une aubaine, mais pour ma part, je garde mes actions et je continue à croire à un éventuel retournement de situation.      

mardi 26 septembre 2017

Lorsqu'une fusée monte, il doit bien y avoir un carburant qui la propulse...

Parfois le cours des actions d’une compagnie se met à monter de façon constante, même si l’on ne retrouve aucune nouvelle particulière ou cause apparente qui pourrait justifier pareil mouvement haussier. On a beau regarder les derniers résultats trimestriels sous tous les angles, on ne voit pas là ce qui justifie l'enthousiasme soudain des acheteurs. Vendre alors ses actions spontanément, sans avoir d'abord trouvé la nature du carburant qui propulse soudainement le titre vers le haut, en se disant qu’il faut profiter de cette montée avant que le cours ne redescende, équivaut à prendre ceux qui achètent au même moment pour de parfaits idiots. Personne n’achète sans raison, il y a toujours un motif qui justifie la décision : ce n’est pas parce que vous ne voyez pas ce motif, qu’il n’existe pas. 

Il faut attendre d'avoir trouvé la nature du carburant qui propulse le titre avant de prendre la décision de vendre ou pas. Soyez patient, en fouillant les sites boursiers ou en faisant des recherches via Google (onglet "actualités"), vous finirez bien par trouver la motivation de ces acheteurs. Vous pourrez alors décider en toute connaissance de cause si ce motif qui expliquait ces achats et cette montée était justifié ou pas, et alors décider s'il y a lieu ou pas de vendre vos actions ou d'alléger votre position. Vendre à l’aveuglette est un jeu dangereux, croyez-moi, j’ai commis cette faute trop souvent. Il faut avoir tous les faits sous les yeux avant de prendre la décision de vendre un titre haussier. S'il y a des acheteurs, il y a un motif quelque part, il faut le trouver avant de décider quoi que ce soit. 

mardi 19 septembre 2017

Citations de l'Oracle d'Omaha: Warren Buffett

« Je veux pouvoir expliquer mes erreurs. C'est pourquoi je ne fais que des choses que je comprends. »
« Quand on est dans un trou, la pire chose à faire est de continuer de creuser.»
« Quelqu'un s'assoit à l'ombre aujourd'hui parce que quelqu'un d'autre a planté un arbre il y a longtemps. »
« Notre but est de découvrir des compagnies extraordinaires à des prix ordinaires et non des compagnies ordinaires à des prix extraordinaires. »
« Quand un dirigeant avec une réputation d'excellence s'attaque à une entreprise avec une réputation de médiocrité, c'est la réputation de l'entreprise qui demeure intacte. »
« Vous n'avez pas raison parce que d'autres sont d'accord avec vous. Vous avez raison parce que vos faits sont exacts et que votre raisonnement est juste. »

"Les prévisions vous en disent beaucoup sur ceux qui les font, elle ne vous disent rien sur l'avenir."
« Ne demandez jamais à un barbier si vous avez besoin d’une coupe de cheveux. »
« Mieux vaut avoir approximativement raison qu'avoir précisément tort. »
« C'est quand la mer se retire qu'on voit ceux qui se baignent nus. »
« Dans le monde des affaires, malheureusement le miroir arrière est toujours plus clair que le pare-brise. »

"La plupart des gens s’intéressent aux actions quand tout le monde s’y intéresse. Le moment d’acheter est quand personne ne veut acheter. Vous ne pouvez acheter ce qui est populaire."
« Si jamais vous vous retrouvez dans un bateau qui coule, l'énergie pour changer de bateau est plus productive que l'énergie pour colmater les trous. »
"Un sondage n'est pas un substitut à la réflexion"

Et quelques unes en anglais:

"In the short run, the market is a voting machine. In the long run, it's a weighing machine."
"Be fearful when others are greedy. Be greedy when others are fearful."
"Price is what you pay. Value is what you get."
"Risk comes from not knowing what you're doing."
"Wide diversification is only required when investors do not understand what they are doing."
"[On the dot-com bubble:] What we learn from history is that people don’t learn from history."
"The best business returns are usually achieved by companies that are doing something quite similar today to what they were doing five or ten years ago."
"Diversification may preserve wealth, but concentration builds wealth."
"Invest within your circle of competence, It's not how big the circle is that counts, it's how well you define the parameters"

En terminant, une dernière citation de Buffett qui témoigne de son sens de l'humour incomparable, dans les années 1950, il a investi 100 $ dans un cours d'expression orale chez Dale Carnegie, il résume ainsi l'objectif visé : "Ce n'était pas pour empêcher mes genoux de claquer quand je parle en public, mais pour apprendre à parler même si mes genoux claquent".

mercredi 13 septembre 2017

Exco Technologies: de très beaux chiffres

Exco Technologies (XTC-TSX) fabrique des moules, des matrices et différentes composantes  (ex. finition intérieure) destinées principalement aux grands fabricants d'automobiles. Pour plus de détails sur le type de production, voir le site web de l'entreprise: www.excocorp.com

Si l'on ne s'arrête qu'aux chiffres comptables de Exco Technologies, on peut se demander pourquoi le titre a perdu presque la moitié de sa valeur depuis deux ans (cours actuel de $9.50)? Certes, les résultats du dernier trimestre ont quelque peu déçus: baisse des ventes de près de 10% en comparaison du même trimestre de l'année précédente et baisse du bénéfice par action de $0.38 à $0.26. Le fait que plusieurs analystes avancent que l'industrie automobile entre dans la partie baissière de son cycle et que Exco Technologies fait principalement affaires avec ses donneurs d'ordre, peut expliquer le pessimisme à court terme qu'ils ont à son endroit. Mais au delà de la conjoncture sectorielle, la valeur de cette entreprise m'apparaît sous-estimée par les investisseurs. Voici quelques chiffres qui parlent par eux-mêmes:

Cours/valeur comptable: 1,3
Cours/bénéfices des douze derniers mois: 9,1
Cours/bénéfices prévus pour la prochaine année: 7,9
Croissance annuelle moyenne des revenus nets des trois dernières années: 26,3%
Cours/vente des douze derniers mois: 0,7
Marge nette: 7,4%
Dettes/capitaux propres: 0,1
Rendement du dividende: 3,1%

J'aime, en particulier, la situation financière de cette entreprise (pratiquement pas de dettes) et la croissance constante de ses revenus depuis 2009. Est-ce que je sous-estime l'impact de la conjoncture à venir dans l'industrie automobile sur les résultats de l'entreprise? Possible. À vous de juger.


jeudi 7 septembre 2017

Que penser des compagnies qui ne paient jamais de dividendes?

Je peux comprendre qu'une compagnie durant ses premières années consacre l'entièreté des liquidités qu'elle génère à investir dans sa croissance, en faisant l'acquisition de matériel, d'usines ou encore de concurrents, qu'elle investisse en recherche et développement, qu'elle cherche à développer de nouveaux marchés... Je peux également comprendre qu'une compagnie en difficulté financière est plus sage de ne pas verser un dividende qui la mettrait à risque. Mais dans les autres cas, je me pose des questions.

Une fois qu'une compagnie est établie, que sa situation financière est stabilisée et qu'elle génère des profits, n'est-il pas logique qu'elle partage une partie de ces profits, par l'intermédiaire d'un dividende trimestriel, avec les actionnaires qui ont pris le risque de miser sur elle? Pourquoi certaines compagnies ne le font pas rendues à ce stade de développement, ne laissant aux actionnaires que l'alternative de vendre leurs actions pour toucher une part de bénéfices? Sur le marché canadien, des compagnies comme CGI Group (GIB.A), Celestica (CLS) ou Canfor Corporation (CFP), sont des exemples de compagnies qui n'offrent aucun dividende, malgré une très bonne situation financière. Sur le marché américain, on peut citer les compagnies suivantes: Facebook (FB), TripAdvisor (TRIP) ou Autodesk (ADSK).

Vous me direz que Berkshire Hathaway (BRK.A ou BRK.B) est le parfait exemple d'une compagnie qui n'a jamais payé de dividendes et qui a pourtant permis à ses actionnaires de faire d'énormes profits. Oui, mais des Warren Buffett il en vient un par cent ans, et oui, c'était une bonne idée de lui laisser le soin de réinvestir les profits, plutôt que de les retourner directement aux actionnaires. Mais Berkshire Hathaway est un cas unique et je demeure réticent à investir dans des compagnies qui ne laisse pas au trois mois, une partie de la récolte aux actionnaires pour qu'ils puissent en jouir à leur guise...

Le dividende m'apparaît particulièrement important pour les compagnies minières, s'il est inexistant ou très maigre, cela ne fait aucun sens: ce n'est pas quand la mine sera complètement vidée qu'il sera temps de récompenser ceux qui ont investit dans son exploration et son exploitation. Les compagnies aurifères sont un exemple, la plupart ne paient pas de dividendes ou seulement un dividende maigrichon, devenant des titres purement spéculatifs ou pour investisseur naïfs. 

mardi 5 septembre 2017

La tempête Kim Jong-Un

Des journées comme aujourd'hui où les marchés sont traversés par une tempête, dans ce cas-ci, une tempête que l'on pourrait nommer Kim Jong-Un, et bien, ces journées peuvent vous en dire long sur l'état de santé des titres que vous avez dans votre portefeuille. Il s'agit d'abord d'identifier les secteurs qui sont les plus durement affectés par la tempête, qui subissent les plus fortes baisses, et si vous avez un titre appartenant à un des ces secteurs qui se tient debout et même progresse face à ces vents contraires violents, c'est très bon signe pour les prochains jours quand la tempête se sera calmée. Ce n'est rien de scientifique, du simple gros bon sens boursier.

Pour avoir une vision de la performance quotidienne et sur plusieurs jours des secteurs et industries, le site suivant du groupe Fidelity peut vous être utile:

Fidelity Sectors and industries overview

Acheter une énorme dette est rarement un investissement rentable!

Lorsqu’on veut déterminer la valeur d’une action, il ne faut pas s’arrêter uniquement au ratio cours/bénéfices ou à sa marge de profit, mais regarder également le bilan financier, et le regarder en premier. Lorsqu’on achète les actions d'une entreprise, on achète également ses dettes. Une dette récente avec échéanciers de paiement éloignés, contractée pour faire une acquisition ou pour faire fructifier les actifs de l'entreprise, peut avoir un effet de levier bénéfique, mais une vieille dette qu’une entreprise traîne comme un boulet, la rend très vulnérable à l’état du marché de l’emprunt et peut devenir fatale.

À mes débuts comme investisseur, j’ai acheté des actions de Delphi, un important fabricant de pièces d'automobiles. Le ratio cours/vente était très bas, à un point tel que je me disais qu’avec une marge nette de 2%, cette compagnie serait amplement rentable. Je ne m’étais pas suffisamment attardé à la dette qui était énorme et que Delphi, qui était un spin-off de General Motors, avait héritée de sa compagnie-mère. Quand l’industrie automobile a ralentie fortement en 2005, Delphi s’est rapidement retrouvée face à une crise de liquidité, ne pouvant respecter ses obligations envers ses créanciers : elle a dû se réfugier sous la protection de la Loi contre les faillites (Chapitre 11). Lors de la réorganisation du capital qui a suivi, la valeur des actions ordinaires s'est pratiquement désintégrée... C’était ça, « acheter une dette » et non investir, je l’ai appris à mes dépens.

Actuellement, les coûts d'emprunt demeurent encore très bas si on les compare à leurs moyennes historiques, mais un redressement des taux d'intérêt pourrait s'avérer funeste pour des compagnies lourdement endettées qui vivent sur du temps emprunté. Le ratio dette long terme/capitaux propres est bien sûr à prendre en compte, mais ce ratio peut être trompeur selon l'industrie, il faut donc regarder la moyenne de l'industrie pour avoir une meilleure idée. Il faut s'attarder à analyser les caractéristiques de la dette, en particulier, l'ampleur des paiements à venir et les échéanciers de ces paiements. Est-ce que l'entreprise génère suffisamment de liquidités (free cash flow) pour répondre à ses obligations d'emprunt? A-t-elle accès à une marge d'emprunt bancaire suffisante? Si on ne veut pas se réveiller avec de mauvaises surprises, il est essentiel d'approfondir cet aspect de la question avant de faire tout investissement.    


vendredi 18 août 2017

Encore le nez dans les poubelles...

J'ai une excuse, ce titre là, je l'avais repéré avant de faire la promesse de ne plus fouiller dans les poubelles du marché... Baytex Energy Corporation (BTE-TSX et BTE-NYSE) me semble offrir un potentiel intéressant à son cours actuel ($3.17 à l'ouverture ce matin à Toronto). Sa valeur en bourse équivaut à 40% de sa valeur aux livres ($8.14). Bon, je sais que la valeur aux livres est souvent trompeuse et peut être revue à la baisse, suite à une révision de la valeur réelle des actifs, d'autant plus que la valeur des deux produits de cette compagnie, le pétrole et le gaz naturel, est difficile à déterminer. Combien valent réellement les ressources pétrolières et gazières de cette compagnie? Ça dépendra, en bonne partie, du coût du baril de pétrole sur les marchés dans les années à venir, et ça, qui peut vraiment le prévoir...

Pour ce type de titres d'un secteur en difficulté, les liquidités, les flux de trésorerie et les dettes sont des éléments majeurs à analyser. Baytex a peu de liquidité et des flux de trésorerie disponibles (free cash flow) négatifs au cours des trois derniers trimestres. Est-ce que cela pourrait l'amener à connaître une difficulté de paiement pour ses dépenses courantes? Cela serait catastrophique pour le cours du titre. Je crois comprendre d'après la présentation ci-dessous, qu'elle aurait accès à une marge bancaire qu'elle pourrait utiliser dans un tel cas. Sa dette à long terme ne semble pas causer de problèmes si je me fie à cette présentation récente de la compagnie: pas de remboursements majeurs qui arrivent à maturité avant 2021.

Qu'en pensez-vous? 

La présentation de Baytex suite au dépôt de son dernier rapport trimestriel: Baytex - August presentation 

Site de la compagnie: Baytex Energy Corporation      

vendredi 11 août 2017

Fouiller dans les poubelles du marché n'est pas une bonne stratégie d'investissement...


J'ai la mauvaise habitude de rechercher parmi les titres en difficulté, des joyaux qui seraient selon moi sous-estimés... Pour y arriver, j'utilise un filtreur et j'inscris comme critères, par exemple: entreprises dont le cours a baissé de plus de 40% au cours de la dernière année + dont la valeur aux livres est inférieure à 1 + qui ont un cours/flux de trésorerie inférieur à 15. Apparaît alors à l'écran toute une liste d'entreprises éclopées et j'essaie de savoir pourquoi chacune est dans cet état, et si, par hasard, ce n'était pas que conjoncturel et que l'entreprise pourrait se redresser à moyen terme et donner un rendement spectaculaire...

Je fouille en quelque sorte dans les poubelles du marché à la recherche d'un joyau que des milliers d'investisseurs, d'analystes et de gestionnaires de portefeuilles, moins futés que moi, n'auraient pas repéré... Il m'est arrivé à quelques reprises de trouver un de ces "joyaux ignorés" (ex. Magellan Aerospace), mais la plupart du temps, la suite des choses m'a confirmé que ces entreprises étaient dans les poubelles du marché pour de bonnes raisons. Le pire, c'est que j'ai parfois vendu un de mes meilleurs titres, me disant qu'il m'avait apporté suffisamment de profits, pour acheter un de ces bijoux qui n'était en bout de ligne qu'un vulgaire caillou...

Une de mes trouvailles récentes était Black Box Corporation (BBOX-Nasdaq), le titre chute de 43% ce matin suite à des résultats trimestriels désastreux... Bernard Mooney, dans son livre Investir à la bourse et s'enrichir, écrivait, qu'à son entrée en bourse, il s'était épuisé à investir de cette façon sur des titres mal aimés, des titres risqués d'entreprises en mauvais état qui un jour pourraient se redresser... avant de comprendre qu'il faisait fausse route et que c'était la qualité et les possibilités de croissance qu'il fallait viser. Il mentionnait aussi qu'il fallait savoir profiter des périodes de déprime des marchés pour acheter ces solides entreprises. Est-ce que j'ai retenu la leçon d'aujourd'hui? On verra...

jeudi 10 août 2017

Forums boursiers

Vous aimez connaître l'opinion des autres investisseurs sur un titre? Plusieurs sites s'offrent à vous, mais méfiez vous des traders qui font du "pump and dump". Trois sites que je fréquente à l'occasion:

Site américain: StockTwits: www.stocktwits.com

Site canadien: Stockhouse (onglet "bullboard"): www.stockhouse.com

Site québécois: TVA Nouvelles (onglet "Argent"): www.tvanouvelles.ca/argent/forum


mercredi 9 août 2017

Dépôt du rapport trimestriel de Chicago Bridge and Iron: : ayoye!

Dépôt du rapport trimestriel de Chicago Bridge and Iron (CBI-NYSE), très mauvais trimestre, chute de 18% de la valeur du titre après la fermeture des marchés ($13.38). Suspension du dividende et intention de vendre une division annoncées par la direction. C'est l'analyste de Marquarie Research qui estimait à la fin juin que le titre valait $10 qui avait raison et non celui de Morningstar qui lui donnait encore aujourd'hui une valeur de $37.

Ça m'amène à hésiter à investir dorénavant dans les compagnies qui doivent aller chercher de nouveaux contrats de trimestre en trimestre, ce sont des titres très instables. Il est probablement plus simple de miser sur des secteurs où il y a une plus grande stabilité dans les entrées de revenus (ex. banques et télécommunications).

Les résultats sont résumés ici: CB&IAnnounces Second Quarter 2017 Results

samedi 5 août 2017

Pour les marchés: l'avenir compte définitivement plus que le passé...


MasTec (MTZ-NYSE), une entreprise américaine spécialisée dans l'installation d'infrastructures pour les secteurs de l'énergie et des télécommunications, a déposé son rapport trimestriel jeudi soir. Les résultats ont dépassé de façon spectaculaire les attentes du marché: un bénéfice par action de $1.03 alors que les analystes prévoyaient $0.65! Le titre après avoir ouvert à la hausse avait pourtant finalement reculé de plus de 6% à la fin de la journée hier à $42.85! 

Ce recul, malgré la qualité des résultats, s'explique par la modestie des prévisions annoncées pour le prochain trimestre par la compagnie qui, sans être négatives ($0.73 de BPA), ne sont qu'en ligne avec ce que prévoyaient déjà les analystes. Tout cela confirme que, en particulier pour les secteurs où il faut constamment renouveler les contrats de trimestre en trimestre, c'est l'avenir qui compte beaucoup plus que le passé. Cette logique est encore plus implacable lorsqu'une entreprise comme MasTec ne paie pas de dividendes, cela favorise les prises de profit rapides et ce type de mouvement surprenants.