vendredi 19 janvier 2018

Le Chateau: dégonflage rapide...

Après la montée soudaine et toujours inexpliquée du titre des magasins Le Chateau (CTU-TSX.V) hier après-midi, de $0.14 à $0.25, le retour sur terre ce matin à $0.16. Les penny stocks sont souvent l'objet de manipulations avec des techniques de "pump and dump" où des traders cherchent à pousser un titre vers le haut pour le revendre avant qu'il ne retombe. Ils utilisent parfois les forums boursiers pour faire monter l'hameçon. Dans ce cas-ci (voir post précédent), le seul hameçon que j'ai pu retrouver était tellement ridicule que ça prenait tout un poisson pour y mordre... 

Pour ma part, j'ai investi une petite somme sur ce titre sur la base de sa valeur et des projets de la direction, mais ça demeure un titre très spéculatif avec habituellement un faible volume de transactions.

jeudi 18 janvier 2018

Que se passe-t-il avec le titre des magasins Le Chateau aujourd'hui?

Le titre des magasins de vêtements Le Chateau (CTU-TSX, $0.25) avait atteint un creux historique en juin dernier à $0.06 par action, son énorme dette de 93 millions faisant craindre le pire, une faillite imminente. Depuis, le titre a pris du mieux mais demeurait famélique, les résultats n'était pas terribles, mais la descente des ventes semblait ralentir. L'entreprise affirmait miser sur de nouveaux modèles de magasins et sur son site web pour les ventes en ligne, afin de redresser sa situation. Je me suis laissé tenter par leurs arguments et j'ai pris une petite position sur le titre il y a quelques mois. 

Aujourd'hui, le titre est passé de $0.14 à $0.25 (+78%!) en ce moment à 14h10, sans que je ne trouve aucune nouvelle justifiant une pareille hausse. Quand on ne trouve pas de nouvelles, on peut toujours se tourner vers des forums comme Stock Twits (titres américains), TVA-Argent ou Stockhouse, pour savoir si quelqu'un d'autre est au courant. Tout ce que j'ai trouvé c'est sur Stockhouse, un participant anonyme affirmait que l'entreprise se convertissait vers les "blockchains", la technologie derrière les cryptomonnaies, et que la nouvelle serait annoncée à la fermeture des marchés... mais qu'il n'en était pas certain... Pardon, du commerce de détail aux blockchains? Ça sent l'arnaque, le "pump and dump". Si certains investissent sur de pareilles rumeurs, ils sont aussi bien de s'acheter un billet de 6/49!      

GE: Kevin O'Leary voit le titre descendre à $13

Je regardais ce midi le Halftime Report sur CNBC et les quatre analystes se sont prononcés sur General Electric, ce qui en ressort, c'est que pour eux le titre n'a pas fini sa descente, loin de là. Le plus convaincu, qui affirmait qu'il fallait vendre à découvert ce titre, était le célèbre investisseur canadien Kevin O'Leary qui le voit descendre à $13. Pour lui, la direction n'a toujours pas expliqué comment des prévisions de profits de près de $2 par action au début de 2017, sont devenus des profits réels de $1 par action sans qu'elle ne voit venir le coup... Je suis un peu confus, j'étais prêt à investir à $17 l'action, mais là j'hésite... Et puis d'un point de vue technique, le graphique est inquiétant, c'est le moins qu'on puisse dire...


mardi 16 janvier 2018

GE: finalement, il pourrait y avoir des dérivations

General Electric (GE-NYSE, $18.21), le plus  grand conglomérat au monde, pourrait finalement se diviser en quelques compagnies avec la dérivation (spin off) de trois divisions: aéronautique, équipements médicaux et équipements énergétiques. C'est ce qu'on peut maintenant anticiper suite aux propos du CEO John Flannery tenus aujourd'hui et d'informations provenant de sources proches de la compagnie. 

J'avais soulevé cette possibilité que je trouvais avantageuse pour les actionnaires le 13 novembre dernier lors de l'arrivée du nouveau président directeur-général, il me semblait qu'une telle opération allait libérer de la richesse cachée dans cet immense conglomérat. Dès le lendemain, le nouveau CEO rejetait cependant cette possibilité en faveur de la vente éventuelle de certaines divisions. Il semble depuis avoir changé d'avis. Le titre de GE à son cours actuel et devant cette possibilité de dérivations, m'apparaît donc à nouveau intéressant (en particulier dans un compte CÉLI ou REER, à l'abri d'une interprétation douteuse de Revenu Canada sur le statut de cette opération, à savoir qu'il s'agit bel et bien de dérivations et non de dividendes versés). 

jeudi 11 janvier 2018

Il fallait s'y attendre

Les titres américains ne cessent de monter depuis quelques semaines et il n'y a pas de quoi être surpris: la baisse du taux d'imposition moyen des entreprises de 35% à 21%, adoptée par l'administration Trump, aura un impact positif indiscutable sur leur marge de profits nets. Ainsi, une entreprise qui faisait $1 de profit par action avant impôt, n'en retenait que $0.65 après en avoir livré 35% au fisc. Dorénavant, dans une telle situation, la même entreprise déclarerait $0.79 de profit par action après impôt. Ça ne semble pas faire une grosse différence, mais c'est pourtant une augmentation de 21,5% de ses profits en bout de ligne ($0.14 de plus divisé par le $0.65 d'avant). Si cette entreprise était évaluée à 15 fois ses profits nets, sa valeur passe de $9.75 à $11.85 (+ 21,5%).

Est-ce que le marché a fini d'absorber l'impact de cette révision du taux d'imposition des entreprises américaines? Le S&P 500 a augmenté de 21.8% depuis douze mois, on pourrait en conclure que c'est fait, mais il faut tenir compte de la croissance des bénéfices des entreprises en 2017. Il y a donc place pour une croissance additionnelle d'environ 8% des cours avant que l'ajustement ne soit complété selon moi (S&P 500 près des 3,000 points). Après cela, la stagnation pour un temps, puis la correction attendue?   

mercredi 10 janvier 2018

Mediagrif Interactive Technologies: titre sous-évalué par les investisseurs?

Mediagrif Interactive Technologies (MDF-TSX, $10.75) est une petite compagnie québécoise dont on entend peu souvent parler, mais dont la valeur boursière me semble inférieure à sa valeur réelle. L'entreprise offre des services informatiques, principalement reliés au domaine du commerce électronique. D'année en année, elle parvient à augmenter son chiffre d'affaires et à faire des profits avec des marges nettes dans les environs du 20%. Au cours des douze derniers mois, cette marge a baissé à 14,7%, ce qui a fait descendre le cours du titre de façon importante, de $18.75 à sa valeur actuelle de $10.75, chute qui m'apparaît nettement exagérée et qui crée une occasion d'achat selon ma modeste opinion.

Mediagrif Interactive Technologies se transige actuellement à 1.2 de sa valeur aux livres, ce qui est peu dans le domaine des TIC. Sa dette à long terme à 0.3 de l'équité des actionnaires est très raisonnable et ne cause pas de craintes. En prime, la compagnie paie actuellement un dividende qui équivaut à 3,7%. La compagnie profite également du faible cours de l'action pour en racheter et les annuler. Par ailleurs, Mediagrif Interactive a fait l'acquisition d'Orckestra en 2017, ce qui devrait renforcer son offre de solutions pour le commerce électronique. 

Si les investisseurs ne reconnaissent pas bientôt la valeur réelle de cette entreprise, j'ai la nette impression qu'elle pourrait faire l'objet d'une acquisition par une plus grande entreprise publique ou privée. Qu'elle demeure une entreprise indépendante ou qu'elle soit éventuellement rachetée, je crois qu'à moyen terme sa valeur boursière augmentera inévitablement.   

Site de Mediagrif Interactive Technologies

jeudi 4 janvier 2018

Que sont devenus les titres abordés sur ce blog en 2017?

Sur ce blog, je ne fais pas de recommandations, je n'ai pas la prétention d'être à un niveau de connaissances supérieur au vôtre. J'aborde des titres qui suscitent mon intérêt parce qu'ils viennent de passer une période difficile, mais qui me semblent posséder une valeur réelle à moyen et long terme, au delà de la conjoncture à court terme. Souvent, je discute de compagnies qui se transigent sous leur valeur aux livres, ce que je crois être un indice intéressant lorsqu'on recherche des titres offrant une bonne possibilité de retournement. J'utilise donc la forme interrogative qui m'apparaît plus prudente, vous laissant le soin de juger par vous même, de pousser l'analyse plus loin et de déterminer s'il s'agit, ou non, d'un titre sous-évalué qui pourrait offrir un bon rendement au delà du court terme.

Comment ont évolué ces titres depuis qu'ils ont été abordés sur ce blog en 2017? On voit que certains ont continué leur descente, alors que d'autres ont entrepris une remontée vers une plus juste valeur.

Différence en pourcentage (arrondi) et en ne tenant pas compte de la valeur des dividendes versés:

Concordia International (CXR_TSX), de $3.80 à $0.80: -79%
Patient Home Monitoring (PHM-TSX.V) de $0.14 à $0.19, en tenant compte de la valeur de la dérivation (spin off) de Viemed Healthcare (VMD-TSX.V): +186%
Under Armour (UA-NYSE) , de $18.30 à $14.36: -22%
TEVA Pharmaceutical Industries (TEVA-NYSE), de $32.19 à $19.40: -40%
Groupon (GRPN-Nasdaq) de $4.55 à $5.09: +12%
New Look Vision Group (BCI-TSX), de $27.00 à $34.65: +28%
D-BOX Technologies (DBO-TSX.V), de $0.38 à $0.31: -18%
Yellow Pages (Y-TSX), de $5.00 à $8.32: +66%
Chicago Bridge and Iron (CBI-NYSE) de $13.33 à $17.14): +29%
Supremex (SXP-TSX), de $4.16 à $4.69: +13%
MasTec (MTZ-NYSE), de $42.85 à $49.45: +15% 
Baytex Energy (BTE-TSX), de $3.17 à $4.05: +28%
Exco Technologies (XTC-TSX), de $9.50 à $9.85: +4%
Bombardier (BBD.B-TSX), de $2.10 à $2.85: +36%
General Electric (GE-NYSE), de $19.02 à $18.41: -3% 
Eldorado Gold (ELD-TSX), de $1.56 à $1.74: +12%
Neptune Technologies & Bioressources (NEPT-TSX) de $2.25 à $3.51: +56%
Essential Energy Services (ESN-TSX), de $0.73 à $0.76: +4%
H2O Innovation  (HEO-TSX-V) de $1.19 à $1.10: -8%

jeudi 28 décembre 2017

Fin de la période des ventes à des fins fiscales

C'est hier que se terminait la période des ventes à des fins fiscales de fin d'année. Durant cette période, plusieurs investisseurs vendent des titres amochés pour pouvoir déclarer des pertes de capital qui viendront réduire l'impact fiscal des gains de capitaux réalisés durant l'année. Cela accentue la descente de certains titres en dessous de leur valeur réelle, valeur vers laquelle ils remonteront au cours des prochaines semaines. La remontée est non seulement favorisée par la disparition de cette pression de ces vendeurs, mais aussi par le fait que plusieurs d'entre eux ont l'intention de racheter ces titres qu'ils ont temporairement délaissés (après avoir respecté la période de 30 jours exigée par le fisc). Je m'attend donc à la remontée de certains titres à compter d'aujourd'hui, en particulier ceux reliés à l'énergie qui ont chuté de façon importante en 2017.     

jeudi 21 décembre 2017

Première prédiction pour 2018

Boeing serait en discussion avec l'avionneur brésilien Embraer (ERJ-NYSE) pour en faire l'acquisition. Cela signifierait que Boeing accéderait ainsi directement à des strates du marché essentielles pour Bombardier: avions régionaux, avions d'affaires et avions de 110-130 places. Ce qui expliquerait en partie la guerre tarifaire enclenchée par Boeing au cours des derniers mois contre Bombardier devant les tribunaux américains. Bombardier n'aura pas d'autres choix face à cela que de fusionner avec Airbus. 

Ma première prédiction pour 2018: la division aéronautique de Bombardier sera achetée par Airbus dans le courant de l'année!

mardi 19 décembre 2017

H2O Innovation: aubaine de fin d'année?

Le titre de H2O Innovation (HEO-TSX-V, $1.19) a connu une année difficile, son cours a diminué de mois en mois. Il n'est donc pas surprenant qu'en cette période qui s'achève des ventes à des fins fiscales, qu'il ait continué sa descente pour atteindre récemment son creux de l'année. Cette entreprise produit des systèmes de traitement d'eau et d'eaux usés. Ces résultats durant l'année n'ont pourtant pas été désastreux: les ventes ont même légèrement augmentées, mais il est vrai que les profits ne sont pas encore au rendez-vous (perte de 0.14 par action au cours des douze derniers mois). La descente s'explique peut-être par le fait que la croissance des ventes n'a été que très légère, alors que l'attrait de ce titre pour les investisseurs résidait probablement dans ses possibilités de croissance.

J'ai investi dans cette entreprise à quelques reprises depuis 2010 et je l'ai encore fait récemment pour les raisons suivantes:

- son cours actuel qui équivaut à 1.2 fois sa valeur aux livres, ce qui me semble bon marché pour une entreprise de technologie qui a des possibilités de croissance;
- son niveau d'endettement est relativement bas, soit un ratio dette long terme/équité de 0.2;
- l'entreprise se situe dans un secteur qui offre de bonnes possibilités de croissance étant donné l'état vétuste de nombreux systèmes de traitement de l'eau en Amérique;
- les systèmes "clef en main" de HEO pourraient bénéficier à des pays en voie de développement;
- les produits et la technologie de H2O (filtration membranaire) peuvent trouver des applications dans l'industrie acéricole qui connait une bonne croissance avec la demande croissante pour le sirop d'érable; 
- l'entreprise a fait l'acquisition en 2016 d'une compagnie américaine, Utility Partners, ce qui lui ouvre la porte sur le marché américain;
- cette compagnie, à cause de sa technologie, pourrait éventuellement faire l'objet d'une offre d'achat.

Ceci étant dit, ce titre comme d'autres titres québécois de croissance, a donné un faible retour aux investisseurs depuis son entrée en bourse. H2O Innovation serait-elle une de ces "éternelles entreprises prometteuses" qui ne parviennent jamais à décoller pour de bon, malgré les espoirs qu'elles font naître? Il y a dans cet investissement une part de risque, l'avenir dira si le jeu en valait la chandelle...

Présentation du dernier rapport trimestriel

lundi 18 décembre 2017

Essential Energy Services: un retournement en vue?

J'avais misé une petite somme en 2016 sur une entreprise de services pétroliers et gaziers, Cathedral Energy Services (CET-TSX) quand le titre était au plancher, suite à la baisse de la valeur du pétrole et du gaz naturel. L'idée était que le jour où le cours du pétrole remonterait, les entreprises de services seraient les premières à bénéficier de la reprise de l'activité. Ce placement fut, en pourcentage, mon meilleur placement canadien de l'an dernier. Le titre a beaucoup remonté depuis et je me suis laissé tenter à répéter l'expérience avec un autre titre dans le même secteur: Essentail Energy Services (ESN-TSX, $0.73) qui m'apparaît être sous-évalué par le marché.  

Le titre de Essential Energy Services est à 0.6 de la valeur aux livres de la compagnie qui a un niveau d'endettement très raisonnable. Essential Energy Services ne paie pas de dividendes depuis le début 2016, ce qui était la chose à faire devant la période difficile qui s'annonçait, elle devrait normalement en payer un à nouveau dès que sa situation financière le permettra. Les résultats financiers du dernier trimestre sont encourageants, l'entreprise semble retourner à la rentabilité.

Je ne fais pas de recommandations comme vous le savez, je n'ai pas la prétention de pouvoir le faire. Ce n'est que mon analyse personnelle et très sommaire de ce titre. Je ne miserais pas non plus ma chemise sur un tel titre, mais pour un petit investissement, ce titre à ce cours me semble offrir un bon potentiel pour 2018. Qu'en pensez-vous?  

Site web de Essential Energy Services, ici.

mercredi 6 décembre 2017

Ventes de Noël

De la fin novembre jusqu'aux environs de Noël, se tient sur les marchés nord-américains ce qui ressemble à une vente de Noël des titres malmenés durant l'année, ceux qui ont vu leur cours descendre de façon importante. Ces ventes à des fins fiscales permettent de déclarer des pertes de capital qui viennent annuler l'effet de gains de capitaux accumulés durant l'année et d'éviter ainsi d'avoir à payer des impôts. Plusieurs investisseurs qui font de telles ventes de titres, continuent de croire en eux et ont l'intention de les racheter en janvier quand la période de 30 jours exigée par le fisc sera passée. En effet, si un investisseur rachète le titre avant cette période de 30 jours, on ne lui reconnaîtra pas sa perte de capital. Il ne faut pas oublier non plus que pour Revenu Canada, c'est la date de règlement et non la date d'achat qui compte. Si vous vendez le 31 décembre, vous ne pourrez donc pas utiliser votre perte dès cette année, uniquement pour 2018, après le 26 décembre ça devient risqué, il faut s'informer auprès de votre courtier pour connaître la date limite d'admissibilité.

Cette pratique des ventes à des fins fiscales a comme effet d'exercer durant cette période, d'abord une pression à la baisse sur ces titres alors que les ventes sont nombreuses, puis en début de l'année suivante, de favoriser une remontée de ces mêmes titres alimentée par les rachats dont je viens de faire mention. La question que je me pose est de savoir à quel moment du mois de décembre faut-il acheter un de ces titres, s'il nous intéresse? Attendre jusqu'à la date limite des ventes admissibles? Je ne suis pas persuadé qu'attendre à la dernière minute soit la stratégie la plus sage pour celui qui veut acheter un des ces titres mal aimés, puisque certains vendeurs qui ont vendu à la fin novembre, peuvent se pointer pour racheter durant cette période de fin d'année... Où se situe exactement le meilleur moment en décembre pour profiter, en tant qu'acheteur, des ventes de fin d'année à des fins fiscales? Je ne saurais le dire exactement.

Quelques exemples d'entreprises sur le marché canadien qui, selon moi, devraient connaître un mois de décembre difficile à cause de cette pression des ventes à des fins fiscales, mais qui pourraient connaître un rebond en fin d'année ou en janvier:

Bellatrix Exploration (BXE)
Bonavista Energy (BNP)
BSM Technologies (GPS)
Cardinal Energy (CJ)
Celestica (CLS)
Crescent Point Energy (CPG)
D-BOX Technologies (DBO)
Eldorado Gold (ELD)
Exco Technologies (XTC)
Fortress Paper (FTP)
Painted Pony Energy (PONY)
Street Capital Group (SCB)
TSO3 (TOS)

lundi 4 décembre 2017

A beau mentir qui vient de loin...

Les compagnies chinoises ont mauvaise réputation en bourse, la véracité de leurs rapports comptables est souvent remise en doute par des analystes, comme ceux du site Muddy Waters Research qui ont mis à jour plusieurs histoires de comptabilité douteuse les concernant. Cette firme repère ces compagnies malhonnêtes, les dénonce et en profite pour vendre ces titres à découvert, persuadée que leur valeur boursière se retrouvera à zéro un jour. On n'a qu'a se souvenir de la compagnie Sino-Forest Corporation qui a floué plusieurs milliers d'investisseurs canadiens. Pour ma part, j'ai perdu totalement ma mise il y a quelques années avec la compagnie Zungui Haixi qui s'est volatilisée en fumée, après avoir présenté des chiffres comptables frauduleux qui n'avaient rien à voir avec la réalité....

Le néophyte qui analyse les chiffres comptables des titres de petites entreprises chinoises qui se transigent en Amérique du Nord (la plupart sur le Nasdaq), doit donc les prendre avec beaucoup de prudence. J'ai acheté un de ces titres il y a quelques années, China Green Agriculture (CGA-NYSE, $1.25), étant un peu rassuré par le fait qu'il se transigeait à la bourse de New-York et non sur le Nasdaq. Depuis, l'action de cette entreprise a perdu plus de la moitié de sa valeur et stagne autour de son prix actuel depuis deux ans. Si on ne regarde que les chiffres comptables de China Green Agriculture, on peut facilement être tenté d'acheter ses actions. Imaginez, le titre se transige à un dixième de sa valeur comptable qui serait de $10.45! L'entreprise aurait, et je dis bien "aurait", entre ses mains 134 millions USD en liquidités (espèces et placements à court terme) selon son dernier rapport trimestriel, soit l'équivalent de $3.52 par action, alors que le titre se transige à $1.25! 

Alors, pourquoi le titre de China Green Agriculture stagne-t-il depuis le début 2016 et pourquoi ne s'envole-t-il pas? Parce qu'il y a de bonnes chances que ses chiffres comptables soient frauduleux et que le jour où cela sera confirmé, le cours de l'action dégringolera de façon spectaculaire. La confiance est un élément captal pour investir. Quand c'est "trop beau pour être vrai", c'est qu'il y a anguille sous roche, sans cela des milliers d'autres d'investisseurs que vous auraient sauté sur cette aubaine depuis longtemps.

samedi 2 décembre 2017

Les échanges de titres: un couteau à deux tranchants!

L'un des pièges lorsqu'on débute en bourse, c'est de développer le besoin de transiger, simplement pour sentir la "drive" de transiger, la sensation de réaliser ce qu'on croît être un bon coup. Si on ne possède pas de liquidités pour assouvir notre soif de transiger, qu'est-ce qu'on fait? On se tourne vers la possibilité de "faire des échanges", comme on dit en langage de hockey. Et si je vendais le titre de cette jeune recrue dont le développement semble piétiner et que j'obtenais en échange ce vétéran qui a fait ses preuves et qui pourrait me donner rapidement un meilleur rendement... Ou l'inverse, je pourrais me débarrasser de ce vétéran assoupi et obtenir cette recrue qui a le potentiel d'une super-star... On devient un directeur-gérant impatient, prêt à chambouler son équipe pour le seul plaisir de bouger et de se sentir utile.

À mes débuts en bourse, après quelques temps, je me suis retrouvé dans cette situation: je n'avais plus de liquidités, mais en étudiant les marchés je voyais plein de Wayne Gretzky et de Mario Lemieux qui ne demandaient qu'à être repêchés. Je décidai alors de passer à l'action et je fis deux échanges dans une même journée, j'ai montré la sortie à Exfo Electro-Optical (EXF-TSX) et à JDS Uniphase et j'obtins en retour Corning (GLW-NYSE) et PerkinElmer Inc (PKI-NYSE). Il s'avéra que ce fut un excellent échange, car mes deux acquisitions qui étaient au plancher au moment de la transaction, semblèrent complètement revigorées dès leur arrivée dans leur nouvelle équipe! Ils remplirent les buts séance après séance, alors que mes deux anciens joueurs se retrouvèrent pratiquement dans la ligue Américaine...

Cette chance du débutant dont avait bénéficié le jeune directeur-gérant que j'étais, me monta rapidement à la tête. Pourquoi m'arrêter là, puisque j'avais le flair d'un Sam Pollock! Je me mis à multiplier les échanges, je cédais des recrues au potentiel intéressant que j'avais pris des mois à dépister dans les mineures, pour les troquer pour le premier joueur venu qui me semblait leur être supérieur par une coche. Il arriva ce qui devait arriver: les échanges suivants furent nettement moins intéressants, jusqu'au jour où j'échangeai, sans le savoir, celui qui aurait pu devenir mon joueur étoile, celui qui m'aurait mené à la coupe Stanley: Algoma Steel. Cette entreprise qui a été privatisée depuis aurait été mon premier ten bagger!

Marc Bergevin quand il transige, n'a pas à payer des frais de transaction ou à déclarer des gains de capitaux imposables, privilège que nous n'avons pas, nous investisseurs. L'échangisme à outrance en bourse est donc une pratique qui peut s'avérer coûteuse et risquée, et qui vous amènera inévitablement à vivre de douloureux regrets quand vous apercevrez un jour ce joueur que vous aviez découvert dans un aréna situé dans un coin perdu, briller maintenant de tous ses feux dans l'équipe adverse, installé au sommet de la liste des pointeurs de la ligue Nationale...

mercredi 29 novembre 2017

Drôle de séance...

Drôle de séance où les entreprises qui dominent le marché depuis le début de l'année subissent en même temps d'importants reculs vers 12h30...

Nvidia Corp -7,6%
Shopify Inc A -6,7%
Netflix Inc - 6,2%
Visa Inc Class A -4,2%
Facebook Inc A -4,0%
Tesla Inc -3,9%
Amazon.com Inc -3,5%
Electronic Arts Inc -3,1%
Apple Inc -2,9%
Alphabet Inc C -2,7%
The Priceline Group Inc -1,5%
Microsoft Corp -1,4%

Mini-correction sur ces titres passablement gonflés ou est-ce quelque chose de plus significatif?

mardi 28 novembre 2017

Une réorientation vers le cannabis appréciée par le marché...

Je voyais du coin de l'œil le cours de mes actions de Neptune Technologies & Bioressources (NEPT-TSX, $2.25) monté depuis une semaine, en me demandant pourquoi les investisseurs trouvaient soudainement intéressante cette compagnie qui produisait des suppléments vitaminiques, en particulier des gélules de krill... J'ai donc fouillé pour connaître la cause de ce mouvement haussier et je suis tombé sur la nouvelle qui justifiait ce soudain engouement: l'entreprise bifurque du krill vers le cannabis! Neptune Technologies et Bioressources présente aujourd'hui à New York son "plan d'affaires vers le cannabis" basé sur des investissements de 5 millions à son usine de Sherbrooke qui permettront d'y produire de l'huile de cannabis. 

On connait l'engouement pour les titres reliés à la marijuana depuis les intentions du gouvernement fédéral de la légaliser. Pour ma part, je n'ai jamais embarqué dans ce mouvement euphorique, ce type d'entreprises et le potentiel réel de ce nouveau marché m'apparaissaient trop difficiles à évaluer. Le hasard aura fait que je participe maintenant à cette nouvelle industrie... Cool man... 

Présentation: Our Cannabis Business Roadmap 28.11.2017 

mercredi 22 novembre 2017

Amazon.com: un ballon démesurément gonflé?

Le titre d'Amazon.com (AMZN-Nasdaq) se transige aujourd'hui à $1,156 l'action. Cela équivaut à un ratio Cours de l'action/Bénéfices par action (C/BPA ou P/E) de 294! À titre comparatif, le C/BPA de Apple (AAPL-Nasdaq, $174.96) est de 19! Celui de la plupart des grandes sociétés américaines se situe entre 15 et 20. La valeur boursière de Amazon équivaut à 22 fois sa valeur aux livres, cette dernière est de $51.83 l'action!   

Ce prix exorbitant de l'action d'Amazon serait justifié par la croissance exponentielle que serait appelée à connaître l'entreprise. Je veux bien, mais pour atteindre un jour un ratio C/BPA de 19 comme Apple, le bénéfice annuel par action d'Amazon devrait passer du $3.91 actuel à $60.84 par action! Toute une remontée pour une entreprise qui se situe finalement surtout dans le secteur extrêmement compétitif du commerce de détail, où elle parvient à atteindre des marges nettes entre 1 et 2%. Vous allez me dire que ce qui compte ce sont les flux de trésorerie qu'elle génère qui vont lui permettre de s'étendre vers d'autres activités plus rentables. Je veux bien, mais même sous cet angle, avec un ratio cours/flux de trésorerie disponibles (free cash flow) de 79, Amazon est très loin de la performance d'Apple pour ce ratio qui est de 18 ou de celle de son principal concurrent, Wal-Mart Stores (WMT-NYSE), qui a un ratio inférieur à 17!  

Amazon a profité de l'effet de surprise dans le commerce de détail en s'imposant dans le commerce en ligne pendant que les anciens joueurs dominants ne savaient trop comment réagir. Je regarde aller Wal-Mart (WMT-NYSE), Best Buy (BBY-NYSE) et Home Depot (HD-NYSE), je crois que ces entreprises du commerce de détail ont maintenant bien compris les nouvelles règles du jeu et qu'elles ne s'en laisseront plus imposer par Amazon. Je ne vois pas comment on peut justifier le cours actuel d'Amazon, il m'apparaît complètement démesuré.    

mardi 21 novembre 2017

Eldorado Gold à moins d'un tiers de sa valeur aux livres: trappe ou aubaine?

Investir dans les compagnies aurifères n'est pas mon type d'investissement préféré: je n'ai pas les qualifications pour prévoir l'évolution du cours de ce métal précieux, ni pour évaluer le potentiel de ce type d'actifs. Le prix de l'once d'or (en USD) est stagnant depuis le début 2013, la faiblesse de l'inflation et la bonne santé des marchés boursiers expliquent probablement cette situation, l'or étant une valeur refuge lors des périodes d'instabilité économique ou géopolitique. J'ai cependant repéré  un titre aurifère qui pourrait connaître une remontée intéressante en 2018: Eldorado Gold (ELD-TSX, $1.56).

Ce titre a connu une baisse importante de sa valeur en 2017, passant de $4.50 en début d'année à sa valeur actuelle ($1.56). Comme son cours a baissé tout au long de l'année, il subit actuellement la pression des ventes de fin d'année à des fins fiscales des titres qui ont connu une baisse importante de leur valeur en 2017. Pourquoi cette chute du titre? La compagnie est en conflit avec le gouvernement grec concernant deux mines (Olympias et Skouries) qu'elle exploite dans ce pays, après avoir atteint un paroxysme en septembre alors que la compagnie a menacé de fermer ces mines, la situation semble s'être refroidi pour l'instant: Eldorado Gold a reçu de nouveaux permis d'exploitation du gouvernement et le différend a été envoyé à une instance d'arbitrage. Ce litige demeure une épée de Damocles sur ce titre, il faut en être conscient. Deuxième cause qui a affligé le titre: des prévisions de résultats pour à la mine de Kisladag en Turquie ont été revues à la  baisse de façon importante au mois d'octobre.

Au delà de ces nouvelles négatives concernant ces trois mines, le titre se transige nettement en deçà de sa valeur aux livres qui serait de $4.66 USD l'action ($5.94 en CAD), si l'on se fie aux chiffres du dernier rapport trimestriel. Les actifs de la compagnie dans d'autres mines, dont une au Québec (Lamaque), sont intéressants et le niveau d'endettement d'Eldorado Gold semble raisonnable. La compagnie a également des liquidités importantes (540 millions USD, soit environ $0.88 par action en dollar canadien, alors que le titre se transige à $1.56).  

Ce titre est spéculatif, mais certains croient qu'il est nettement sous-estimé et qu'il remontera quand la période des ventes de fin d'année à des fins fiscales sera passée. Un contributeur de Seeking Alpha croit que ce titre, malgré les risques qu'il comporte, offre un potentiel de forte remontée. Si ce titre vous intéresse, je vous invite à lire son analyse très détaillée, en cliquant sur le lien ci-dessous:

Eldorado Gold: An Epic Opportunity   

Présentation de la compagnie (novembre 2017)

mardi 14 novembre 2017

Gurufocus.com: pour connaître les portefeuilles des grands investisseurs

Un site permet de connaître la constitution et les changements dans les portefeuilles des grands investisseurs comme Warren Buffett, Carl Icahn ou Bill Ackman: Gurufocus.com

Ces gestionnaires ont quand même fait leurs preuves, leur avis peut être éclairant...

Pour connaître les changements les plus récents à leur portefeuille: cliquez ci-dessous:

GE: les dérivations n'auront pas lieu...

Bon, ma savante hypothèse à propos de General Electric (GE-NYSE), expliquée dans mon post précédent, ne tient déjà plus la route, du moins pour l'instant. D'après ce que j'ai lu suite à la conférence du nouveau CEO hier, ce n'est pas dans les plans de la direction. On retient plutôt la vente de certaines divisions, ce qui m'apparaît nettement moins intéressant pour les actionnaires. Je crois que cette approche conservatrice a déçu les analystes et les investisseurs et que cela explique la descente additionnelle d'un autre 8% aujourd'hui.