dimanche 12 juillet 2009

Faut-il éviter les "penny stocks"?

.
Les "penny stocks" sont les titres qui se transigent à une valeur inférieure à $1.00 l'action. On retrouve dans ce groupe beaucoup de petites entreprises en développement qui n'ont pas encore fait leurs preuves. On y compte également des entreprises dont le titre valait beaucoup plus mais qui viennent de connaître de sérieuses difficultés qui les ont amenés dans cette zone hautement volatile. Un penny stock peut en effet monter ou descendre de 10% à l'intérieur d'une seule séance.

À cause de cette volatilité extrême, ces titres sont suivis d'abord par les day traders pour qui l'avenir de l'entreprise a peu d'importance, ce qui les intéressent plutôt c'est le mouvement de l'action à court terme et puisque les penny stocks bougent beaucoup, ils sont comblés. Munis d'outils d'analyse technique, ils chercheront à faire un gain vite fait sur le mouvement soit à la hausse ou à la baisse (ventes à découvert) du titre.

Pour les investisseurs de type "valeur", l'intérêt est moins évident. Certes, certaines entreprises dans leurs premières années ont stagné dans cette zone avant d'en sortir, suite à l'atteinte de la rentabilité, rapportant du même coup un fort rendement pour les actionnaires patients. Mais pour ces rares réussites, combien de ces petites entreprises ont végété pendant des années, s’abreuvant périodiquement en capitaux par des émissions de nouvelles actions qui venaient diluer l'avoir des actionnaires? Ou pire, combien ont finalement capitulées faute de moyens financiers, laissant les actionnaires avec les mains vides?

Pour ce qui est des plus grandes entreprises qui sont descendues dans cette zone après des difficultés majeures, j'ai constaté que la baisse du titre sous le $1.00 marquait pour la plupart d'entre elles le début de la fin (ex. Nortel, Abitibi-Bowater, Delphi...). J'ai misé sur plusieurs de ces "mourants en sursis", m'obstinant à refaire une mise quand le titre se retrouvait à $0.75, puis à $0.50 ou même sous les $0.25... Comme si je refusais de voir la réalité en face.

À certaines occasions, mes "paris" ont fonctionnés. J'ai acheté des actions du Groupe ADF (DRX-TSX) à $0.27, le titre vaut $2.23 aujourd'hui. J'ai parié sur la survie de Avis Budget Group (CAR-NYSE) à $0.70 en décembre dernier, le titre se transige maintenant $5.74. J'ai également vu juste en investissant dans Bank of Ireland (IRE-NYSE) à $0.87, alors que le titre vaut $7.09 aujourd'hui. Mais pour ces quelques "billets gagnants" qui ont porté fruit, combien de ces placements m'ont laissé avec rien en bout de ligne? Si je faisais le bilan de mes investissements dans des penny stocks, je découvrirais que ce bilan est largement négatif et que ces placements sont venus miner mes résultats nettement plus positifs dans des entreprises plus solides, en meilleure situation financière.

Je ne vous recommande finalement pas la table des penny stocks au casino de la bourse, vous ferez peut être "la passe" lors d'une première mise, mais à la longue, vous risquez davantage d’y laisser votre chemise.
.

samedi 11 juillet 2009

Jason Crigler - The Books On The Shelf

Connaissez-vous l'histoire de Jason Crigler? Je ne la connaissais pas avant d'avoir vu ce soir (PBS) le très beau documentaire d'Eric Daniel Metzgar : "Life. Support. Music.". En 2004, Crigler, au milieu d'un spectacle a subi une hémorragie cérébrale massive qui a paralysé son cerveau, l'a rendu incapable de parler et encore moins de marcher pendant des mois. Petit à petit, à force de détermination, entouré d'une famille exceptionnelle, il a remonté la pente et aujourd'hui il a recommencé à faire de la musique, comme en témoigne ce vidéo et cette chanson où il raconte un peu ce qu'il a vécu.

Site web de Jason Crigler : http://www.jasoncriglermusic.com/index.html

Site web du documentaire Life.Support.Music: http://www.lifesupportmusic.org/
.

jeudi 9 juillet 2009

Sept blogues à visiter

.
Ce qu'il y a de merveilleux avec les blogues c'est la diversité des thèmes et la démocratisation de l'expression. Vous n'avez pas à être un expert pour vous exprimer: prenez, moi, je ne suis en rien un expert des marchés boursiers et je m'exprime sur le sujet depuis près de deux ans. Remarquez que parfois je ferais mieux de me taire... mais ça, c'est une autre histoire.

Donc, dans la blogosphère on retrouve de tout, pour tous les goûts et tous les intérêts. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler de sept blogues amis, blogues non-boursiers, nourris quasi quotidiennement par des gens généreux de leur temps (parce que cela en demande) qui écrivent pour le plaisir d'échanger avec d'autres internautes et de partager leurs trouvailles.

Vous aimez les chats? Vous appréciez la compagnie de ces petits êtres affectueux, langoureux et fiers? Alors, vous vous devez de visiter le blogue no 1 des amateurs de chats au Québec: Minemine et compagnie http://minemineetcoe.blogspot.com/ Il n'y a pas de plus grande passionnée de l'espèce féline que cette blogueuse qui écrit toujours avec sensibilité, tendresse et humour sur ce sujet qui lui est si cher.

Je vous invite également à visiter les blogues de deux très sympathiques marseillais, un couple, des amateurs de chats, de bonne cuisine, de vins, de peintures, de voyages, de littérature et de plein d'autres sujets. Des passionnés, eux aussi:

elle, c'est Les peintures de Norma C http://lespeinturesdenormac.blogspot.com/
et lui, c'est Totirakapon http://totirakapon.blogspot.com/

Hispong Elbayne se décrit comme "un fonctionnaire pitonneux qui s'pogne le beigne avec l'argent de vos taxes". J'en doute, parce qu'il me semble au contraire très travaillant, du moins, côté navigation internet: il alimente son blog à un rythme infernal, discutant de mille et un sujets, insérant des vidéos et toutes sortes de trouvailles. Ça vaut le détour: Y s'pogne le beigne http://hispong-elbayne.blogspot.com/

Un mot sur la charmante et chaleureuse tenancière de La Taverne Absurde, une nouvelle maman qui sait nous émouvoir et nous faire rigoler, surtout lorsqu'elle est confrontée à la bêtise humaine. Et puis, j'aime le choix musical qu'elle nous offre pour accompagner notre visite dans sa Taverne Absurde http://lataverneabsurde.blogspot.com/

Finalement, mes deux blogues d'humour préférés, dont je vous ai déjà parlés:
Monsieur Réponse, dont le savoir infini qui l'habite, lui permet de répondre à toutes les questions, même les plus complexes que vous pouvez vous poser: http://monsieurreponse.blogspot.com/

et en terminant, le blogue des deux ivrognes les plus hilarants du Québec, Goyette et Michaud, qui nous racontent leurs mésaventures d'éternels incompris: Hier j'tais chaud http://www.hierjtaischaud.com/

Merci à ces braves blogueurs pour leur "petite entreprise" qui ne leur rapporte pas un sous, mais qu'ils entretiennent avec soin, dont ils nous ouvrent les portes avec générosité à toutes heures du jour.

P.S. En juin 2008, on comptait déjà 133 millions de blogues à travers le monde. La durée de vie moyenne d'un blogue serait de trois mois...

.

Bonne question...

.
Un lecteur, Jean-François, me pose la question suivante, suite à mon dernier post:

J'aimerais que vous expliquiez votre commentaire : "Ces rapaces sont parvenus à mettre Lehman Brothers au plancher et à l'amener à la faillite".Si des spéculateurs décidaient de vendre Coca-Cola à découvert jusqu'au prix de zéro, la compagnie n'irait pas en faillite et continuerait de faire des affaires normalement. Des investisseur verraient l'aubaine et le prix remonterait à un niveau justifiable en fonction des bénéfices.

Vous avez raison Jean-François : une telle opération n'est possible qu'avec une "bête" qui est déjà blessée. Les vautours de spéculateurs, qu'on devrait peut-être davantage qualifier de "manipulateurs du marché", ne s'attaqueraient effectivement pas au titre de Coca-Cola.

Lehman Brothers était déjà blessée (investissements importants dans les prêts subprimes), mais cette blessure n'aurait probablement pas été fatale sans la présence des vautours. Pour une banque d'investissement comme Lehman Brothers, tout comme pour une compagnie d'assurances comme AIG, le mot clef est CONFIANCE. Lorsque des rumeurs entretenues par les spéculateurs professionnels se répandent sur Wall Street comme une traînée de poudre et qu’en même temps le titre chute, la panique s’installe sournoisement, peu à peu les clients retirent leurs investissements et progressivement, même si vous n'étiez pas dans un état critique, vous le devenez de jour en jour.

La chute du cours boursier de votre action, même si elle n'est que le fruit de la manipulation des grands spéculateurs, contribue d'heure en heure au mouvement de panique. Personne ne comprend exactement ce qui arrive, mais les marchés ont horreur du doute, alors d'autres retraits de clients de Lehman Brothers se produisaient, en entraînant de nouveaux, créant un siphon vers le bas. Lehman Brothers s'est finalement retrouvée avec une crise de liquidité réelle, mais avec une action dont la valeur fondait à vue d'oeil, personne ne voulait plus se porter à sa rescousse et embarquer sur ce bateau qui prenait l’eau, ce qui amenait d'autres clients à retirer leurs placements et ainsi de suite.

Je ne suis pas un spécialiste de ces questions, je ne suis qu’un simple investisseur, mais je ne suis pas le seul à prétendre que les vautours de spéculateurs/manipulateurs, tels les grands fonds de couverture (hedge funds), ont causé la faillite de Lehman Brothers, en minant la confiance qui la soutenait par une attaque systématique et artificielle sur la valeur de son action. J’observe le titre de AIG et je vois que le cours vient de descendre sous les $10 et je me pose la question en tant que simple actionnaire de AIG : sommes-nous en train d’assister à une répétition de ce qui a été fait à Lehman Brothers? Je n’ai pas la réponse, l’avenir nous le dira.
.

AIG, victime d'une attaque systématique des spéculateurs institutionnels?

.
La descente d'AIG (AIG-NYSE) depuis son reverse split de la semaine dernière ne fait plus de sens, on pouvait s'attendre à un recul, mais là, avec le titre qui touche les $10, il y a anguille sous roche: AIG est visiblement victime d'une attaque systématique des vendeurs à découvert (short sellers) institutionnels (hedge funds). La déclaration d'un analyste ce matin qui laisse entendre que le titre pourrait n'avoir aucune valeur pour les actionnaires (equity) est drôlement pratique pour ceux qui veulent profiter de la descente: un véritable carburant jeté sur un début d'incendie... Il est envoyé par qui ce prophète de malheur?

Ces rapaces sont parvenus à mettre Lehman Brothers au plancher et à l'amener à la faillite, ils s'acharnent maintenant sur une nouvelle proie. Ils utilisent des techniques sophistiquées et usent de leurs moyens énormes pour créer artificiellement une spirale descendante qu'ils alimentent tout au long de la descente, prenant au passage leurs profits morceau par morceau, heure par heure, dans ce va et vient infernal de ventes et de rachats à la baisse.

Il y a également un enjeu politique pour l'administration Obama qui compte dans ces milieux de la spéculation institutionnalisée des ennemis de taille. AIG, c'était l'entreprise "trop grande pour faire faillite" que le gouvernement américain a secouru pour éviter un effet domino catastrophique. Si la descente d'AIG se poursuit, il pourrait y avoir un impact négatif sur les marchés et sur le capital politique d'Obama, à la veille de l'affrontement avec les compagnies d'assurances sur la réforme du système de santé. Est-ce que je tombe dans la paranoïa politico-boursière? Je ne crois pas, les milieux financiers et politiques (républicains) américains sont habités par une multitude de personnes sans scrupules et sans principes, pour qui la fin justifie les moyens.
.

mercredi 8 juillet 2009

La combinaison du coffre-coeur

.
Certains affirment que la structure musicale est d’abord mathématique. Ce qui a de quoi surprendre, puisque l’on associe habituellement la musique aux émotions. Moi je crois un peu à cette théorie. Une pièce musicale est pour moi un code, une combinaison structurée de notes/chiffres qui une fois reliés forment une équation. En quelque sorte, chaque pièce est une combinaison qui a une capacité d’impact sur la structure émotive des humains.

Le cœur c’est un coffre qui contient ce que vous avez de plus beau. Et ce coffre a une porte pour mettre ce trésor à l’abri des intempéries. La porte du coffre-cœur a aussi un système de verrouillage. La combinaison qui permet de déverrouiller la porte et d’accéder à l’intérieur varie d’un individu à l’autre, en fonction de son apprentissage de l’amour durant son enfance, de ses expérience de vie par la suite, en particulier, des amours et des peines d’amour vécues. La combinaison du coffre-cœur évolue donc tout au long de notre vie.

En plus de son propre mécanisme de verrouillage, le coffre-cœur doit cohabiter avec un gardien bienveillant, mais parfois un peu étouffant : la raison. La raison contrôle l’accès à la pièce où se trouve le coffre-coeur. Ce gardien terre-à-terre, calculateur et réfléchi est parfois perçu comme un briseur de fête, d’un autre côté, il est essentiel : parce que l’individu laissé à ses seules émotions devient très vulnérable et aura de la difficulté à se respecter et à être heureux.

Vous est-il déjà arrivé d’en vouloir à votre cœur? De lui en vouloir de s’être ouvert si facilement, d’avoir été débordé par la vague d’une passion incontrôlable? Vous est-il arrivé d’avoir entendu votre raison, jubilant de sa suprématie retrouvée, vous ramener à l’ordre : « Si tu m’avais écouté, rien de cela ne se serait passé, pauvre cœur écervelé ». Et puis d’avoir vu votre cœur humilié se refermer, se durcir, se recroqueviller sur lui-même et se composer une de ses combinaisons à toute épreuve pour son système de verrouillage… Mais à la longue, un cœur sclérosé et emmuré, ça devient pénible même pour la raison qui trouve soudainement ce co-locataire de plus en plus lourd. Elle se met à rêver qu’il retrouve un peu de cet enthousiasme débridé qui l’agaçait pourtant il n’y a pas si longtemps…

Les compositeurs de musiques et de paroles de chansons, puisque les mots ont un peu ce même effet, sont en quelque sorte les serruriers du cœur : ils créent des combinaisons qu’ils lancent ici et là par la voie des haut-parleurs. Chacune d’entre-elles voltige au gré du vent pendant quelques minutes dans un centre commercial, un ascenseur, une automobile coincée dans un bouchon de circulation… pour parfois disparaître sans avoir trouvé preneur. Mais un autre jour, un cœur amoché, passant par là, capte malgré lui les chiffres de la combinaison et soudain le verrouillage cède et le coffre-cœur s’ouvre à nouveau. C’est pour cela qu’il faut traiter les artistes avec beaucoup de respect, ils sont bien souvent, les plus belles et les plus utiles entreprises.

Moi, ma combinaison du coffre-cœur en ce moment, c’est la musique de Michael Nyman: The heart asks pleasure first. Pas original, ça fait dix-sept ans qu’elle est apparue et qu’elle ouvre des milliers de cœurs partout sur la planète. Mais je ne l’ai découverte qu'il y a quelque mois, par hasard, une version abrégée d’une minute trente-trois secondes. Une petite combinaison précise et puissante dont je ne soupçonnais pas l'existence mais qui fonctionne à chaque fois.
.

mardi 7 juillet 2009

AIG confirme ma théorie du "reverse split"

.
La semaine dernière je vous faisais part de mon observation sur le mouvement des cours boursiers des entreprises qui font un "reverse split" ou si vous préférez, un regroupement d'actions. Ma conclusion: habituellement, impact négatif à court terme sur la valeur boursière du titre. Je donnais l'exemple de AIG (AIG-NYSE) qui s'apprêtait à faire un regroupement d'actions qui allait transformer 20 actions en une seule. Au moment du "reverse split", le titre valait en principe, $23.20. Je prédisais qu'il allait descendre pas mal plus bas suite à cette opération. Et bien, le titre d'AIG à touché $13.65 ce matin, perdant plus de 40% de sa valeur en trois séances et une heure de transaction. Ma théorie du "reverse plit" s'en trouve davantage confirmée.
.

mercredi 1 juillet 2009

AIG: le regroupement des actions n'a pas impressionné les investisseurs

.
Le titre d'American International Group (AIG-NYSE) m'a donné raison aujourd'hui. Ce matin, avant l'ouverture des marchés, je prédisais un recul du titre suite au regroupement des actions (reverse split) qui transformait 20 actions en une seule. Le titre a effectivement chuté de 22%, passant de $23.20 à $18.08.

AIG qui était le plus important assureur au monde avant de s'embourber dans des PCAA désastreux, appartient maintenant en bonne partie au gouvernement américain, suite à une opération de sauvetage financier dont la compréhension des arrangements dépasse mon niveau de compétence. Qu'est-ce qui va rester de cette immense entreprise une fois la tempête passée? Peut-elle redevenir rentable? Que valent ses actifs actuels face à son passif? Investir dans AIG c'est en quelque sorte acheter un billet de loterie pour un simple investisseur comme moi. L'analyste de Morningstar se dit même incapable de donner une valeur au titre, tellement il y a de variables incertaines dans l'équation.

Le 29 juin 2007, il y a deux ans, le titre a terminé la séance à $70.03, c'était avant les révélations sur les placements désastreux de AIG et avant le reverse split de ce matin. Si l'on tient compte de ce reverse split de 1-20: le titre se transigeait pour l'équivalent de $1,400 l'action il y a exactement deux ans, je vous rappelle qu'il a terminé la séance d'aujourd'hui à $18. Il a donc perdu près de 99% de sa valeur en 24 mois. Assez hallucinant pour une entreprise qui était considéré comme étant un blue chip à l'époque.

Je garde malgré tout un oeil sur AIG au cours des prochains jours. Est-ce que l'effet négatif du reverse split va l'envoyer encore plus bas? Je vais essayer de voir si ceux qui en savent un peu plus et qui sont équipés pour mieux démêler ce casse-tête, seront prêts éventuellement à parier sur ce grand malade... Si c'est le cas, je m'achèterai peut-être une couple de ces billets de loterie, mais pas beaucoup, promis-juré! Hé là, je suis un investisseur, pas un gambler, tout de même!
.

"Reverse split": perte importante de valeur boursière à court terme?

.
Lorsqu'une entreprise dont le titre regroupe des millions d'actions, décide d'en réduire le nombre en divisant par un ratio leur nombre actuel, on parle d'un "reverse split" ou d'un "regroupement d'actions". Ainsi, dans un regroupement d'actions, si vous possédiez 1000 actions à $0,08 de la compagnie X et que le nombre diviseur est 10, vous allez vous retrouver avec 100 actions qui valent en théorie maintenant $0,80 chaque. Le reverse split est souvent utilisé par des entreprises dont le titre se transige à une très basse valeur (penny stocks) dans l'espoir de leur permettre de relever cette valeur et de répondre ainsi à un critère pour se maintenir sur une bourse principale.

J'ai remarqué au fil des ans que cette opération constitue cependant une sorte de "baiser de la mort", puisque ces titres sont rapidement abandonnés par les day traders qui les manipulent quotidiennement dans un but strictement spéculatif de profit rapide: ainsi, ils achèteront un titre à $0.04 pour le revendre dès qu'il aura touché les $0.05, encaissant du même coup un profit de 25%. Lorsque la valeur du titre quitte cette zone hyper spéculative après le regroupement d'actions, ils auront tendance à l'abandonner pour satisfaire leur appétit spéculatif ailleurs: cela se traduira par une baisse d'activité sur le titre.

Selon mon observation, après un regroupement d'actions, le cours des titres a tendance à descendre rapidement dans les séances qui suivent. Ainsi, la compagnie Victhom Human Bionics (VHB-TSX) a effectué récemment un reverse split qui transformait 10 actions en une seule action. L'action qui se transigeait à $0.06 la veille du reverse split, devrait donc en théorie valoir $0.60 aujourd'hui. Cependant, après quelques séances, le titre ne vaut déjà plus que $0.36, ce qui semble confirmer à nouveau mon observation. Je pourrais nommer de multiples exemples de cet effet de perte de valeur boursière pour les actionnaires qui gardent leurs actions après un reverse split.

Ce matin, nous allons observer un important reverse split, celui d'une compagnie qui était la plus grande compagnie d'assurance au monde il n'y a pas longtemps, avant qu'elle ne tombe dans le marais des PCAA: American International Group (AIG-NYSE). Déjà, depuis que les intentions du reverse split sont connues, le titre a perdu beaucoup de sa valeur: à la fermeture hier il se transigeait à $1.16, alors qu'il s'échangeait près des $2.00 il y a quelques semaines à peine. Le reverse split d'AIG va diviser le nombre d'actions par 20: puisque le titre a clôturé hier à $1.16, il devrait valoir à l'ouverture ce matin: $23.20 l'action. Combien pariez-vous qu'il va se retrouver rapidement beaucoup plus bas?

Est-ce que vous partagez mon observation sur l'impact des reverse splits sur le cours des titres à court terme?
.

dimanche 28 juin 2009

Lear: dette fatale

.
Tous les grands fabricants d'automobiles nord-américains et pratiquement tous leurs fournisseurs de pièces, traînaient d'énormes dettes depuis de nombreuses années. Ils parvenaient à survivre malgré tout, des institutions financières leur consentant périodiquement des renouvellements de prêts basés sur la valeur de leurs actifs.

Quand j'ai commencé à m'intéresser au marché boursier en 2002, je fus surpris de constater l'énormité de ces dettes versus l'avoir des actionnaires (equity). Il semblait que ce fait était acceptable pour cette industrie, alors qu'il ne l'était pas pour d'autres. Tout de même, GM n'allait quand même pas faire faillite un jour! Ce qui était bon pour GM était bon pour l'Amérique!


Une énorme dette est une bombe à retardement prête à exploser au visage de l'investisseur, lorsque se présentera une conjoncture défavorable qui mettra le feu à la mèche. C'est ce qui est arrivé à l'industrie automobile nord-américaine avec la récession actuelle qui a vu chuter de façon catastrophique les ventes d'automobiles, en même temps que le crédit devenait soudainement rarissime suite à la crise des "subprimes". En fait, l'industrie automobile nord-américaine vivait sur du "temps emprunté" depuis quelques décennies.

Comme des milliers d'autres petits investisseurs, je me suis aventuré sur ce terrain miné et j'en ai payé le prix: j'y ai perdu beaucoup d'argent. Une des entreprises auxquelles je croyais, parce que son bilan financier me semblait un peu plus solide, le fabricant de pièces d'automobiles Lear Corporation (LEA-NYSE), est la dernière victime emportée par la spirale qui aspire cette industrie vers le fond. Selon un article du Wall Street Journal publié vendredi matin, Lear s'apprêterait cette semaine à se mettre sous la protection du Chapitre 11, l'impact sur le titre fut immédiat: il a clôturé la séance du vendredi à $0,36, très loin des $61 l'action qu'il avait atteint à la fin 2004.

Je peux me consoler en me disant que je n'ai pas été le seul à sous-estimer la vulnérabilité de Lear au poids de sa dette: le grand investisseur Carl Icahn, spécialiste des achats d'entreprises sous-évaluées, ne l'avait pas vu venir non plus. À l'été 2007, Icahn avait fait une offre pour racheter l'ensemble des actions de Lear à $37,25 l'action! Les actionnaires, moi le premier, flairant les perfides intentions de ce faucon d'acquéreur, avaient rejeté cette offre! Carl Icahn doit être mort de rire aujourd'hui....
.

mercredi 24 juin 2009

Croisée des chemins?

.
Hier, la moyenne mobile des 7 dernières séances du S&P 500 est passée sous sa moyenne des 28 dernières séances pour la première fois depuis la mi-mars. Est-ce le signal d'une accentuation de la descente des marchés? Peut-être que cette tendance ne se confirmera pas au cours des prochains jours et que les deux moyennes vont se recroiser à nouveau mais cette fois dans la bonne direction, suite à quelques séances positives. Mes connaissances techniques sont très limitées mais j'avancerais que nous sommes à la croisée des chemins: ou l'indice repart rapidement vers le haut, ou il s'embourbe pour les mois d'été, direction S&P500 vers les 800-820 points. Qu'en pensez-vous?

.

mercredi 10 juin 2009

Virage technique

.
J'ai assisté lundi soir à une conférence de M. Charles Langford, professeur à l'UQAM, sur les techniques de base en analyse technique. Moi qui étais réticent devant ces méthodes qui consistent à analyser uniquement le mouvement des cours boursiers, j'ai senti pour la première fois un intérêt pour le sujet.

Je demeure un adepte de l'analyse fondamentale, mais à cette époque où les marchés boursiers ressemblent de plus en plus à des casinos où les joueurs sont plus intéressés par le mouvement des titres que par la valeur des entreprises, on ne peut passer à côté des enseignements que nous apporte cette approche d'investissement. À partir de maintenant, je vais essayer de concilier ces deux écoles de pensée: je vais d'abord repérer les titres intéressants en analysant leurs données fondamentales et déterminer par la suite le bon moment d'achat ou de vente avec les outils techniques.

En ayant soumis les titres que je possède à un test technique très élémentaire (comparaison des moyennes mobiles sur 7 et 28 jours pour repérer les croisements de tendances), je fais le constat suivant: il y a eu récemment (dernier mois) 25% de mes titres qui ont vu ces moyennes se croiser: donnant soit un signal d'achat (7%), soit un signal de vente (18%). La descente des marchés ne me semble donc pas visible à court terme, mais il y a quand même des nuages à l'horizon... Est-ce que le novice technique que je suis, vois juste?
.

mercredi 20 mai 2009

Hewlett-Packard: un recul qui créera une occasion d'achat?

.
Les marchés n'ont pas aimé les résultats trimestriels présentés hier soir par Hewlett-Packard (HPQ-NYSE). Le titre, après la fermeture des marchés réguliers, a chuté de 5% à $34,75. Cette réaction a suivi l'annonce d'un bénéfice trimestriel de $0,70 l'action, il était de $0,80 au même trimestre l'an dernier. Les revenus ont reculé de 3% à 27,4 milliards de USD. Les ventes reliées au matériel informatique (hardware) ont chuté de façon importante (-19%) suite au ralentissement économique: ordinateurs de bureau (-24%), ordinateurs portables (-13%), imprimantes (-27%). Les ventes de logiciels ont également diminuées de 15%. Ce sont les revenus attribuables à l'acquisition d'Electronic Data Systems dans les services informatiques qui ont permis aux ventes de n'enregistrer qu'un recul total de 3%, cette division a pratiquement doublé ses revenus suite à l'intégration d'EDS.

Si le titre recul davantage au cours des prochaines séances, il pourrait devenir, selon moi, une occasion d'achat. Je m'explique: la transformation en cours chez Hewlett Packard, d'une compagnie de matériel informatique à une entreprise de services informatiques d' entreprise m'apparaît prometteuse pour ses marges bénéficiaires, puisque les pourcentages de bénéfices sont plus élevés du côté des services. De plus, cela crée une stabilisation dans les revenus, puisqu'une entreprise qui confie la gestion de ses services informatiques à HP ne lui retirera pas son contrat du jour au lendemain sans raison majeure, étant donné l'impact d'un tel changement sur ses opérations. IBM a effectué un virage similaire et s'en porte très bien aujourd'hui.

C'est pour cette raison que Hewlett-Packard est maintenant sur mon radar: une chute du titre sous les $33 au cours des prochains jours, constituerait un bon point d'entrée selon moi. Ce n'est que ma modeste opinion de simple investisseur, si cette entreprise vous intéresse, vous devrez fouiller davantage ses états financiers pour vous faire votre propre idée. Je serais curieux de connaître votre opinion par la suite.
.

vendredi 15 mai 2009

Sur mon radar: TEREX CORPORATION

.
Le secteur de la fabrication d'équipements lourds destinés à la construction et à l'industrie minière est hautement cyclique et très compétitif. On y retrouve de grandes entreprises qui dominent le marché depuis des années et dont les noms nous sont familiers: Caterpillar, John Deere, Ingersoll-Rand, Komatsu et autres. Depuis dix ans, une compagnie en faisant plusieurs acquisitions est parvenue à se glisser dans ce groupe de tête : Terex Corporation (TEX-NYSE). Son titre a été durement malmené au cours des derniers mois, suite à la chute de la demande pour ce type de produits: passant de plus de $70 en juin dernier à moins de $8 au début mars, aujourd'hui il se situe à $14,42.

Le ralentissement économique mondial a frappé de plein front cette entreprise qui devrait voir ses revenus décliner de plus de 40% cette année et avoir une marge bénéficiaire négative. Si on regarde au delà de la conjoncture actuelle peu reluisante, cette entreprise, à son cours actuel, peut offrir un potentiel de rendement intéressant d'ici quelques années. Avant le ralentissement économique et la contraction de la demande pour les équipements lourds, Terex était parvenue à générer des retours annuels sur l'avoir des actionnaires d'environ 25%, entre 2004 et 2008. Ses bénéfices par action durant ces quatre années se situaient en moyenne dans les environs des $3,50. Terex par ses acquisitions était parvenue à occuper la première ou la deuxième position dans plusieurs niches de ce secteur d'activité.

Voici quelques avantages que l'anaylste de Morningstar mentionne au sujet de cette entreprise:
  • la diversité de produits de Terex qui ne fabrique pas que les équipements lourds traditionnels (ex. chargeuses à chaînes) mais des grues-mobiles, des plate-formes élévatrices, des camions pour l'installation des câbles de télécommunication et autres
  • son bon positionnement dans des niches spécifiques qui met l'entreprise plus à l'abri des gros joueurs, tel Caterpillar
  • les économies de synergie qu'elle pourra faire suite à l'intégration et à la consolidation de ses nombreuses acquisitions des dernières années
  • son utilisation de la sous-traitance pour la fabrication qui réduit ses coûts de production
  • plus de 70% de ses ventes sont destinées à l'extérieur des USA, ce qui réduit sa vulnérabilité à l'état de cette économie

La situation financière de Terex semble suffisamment forte pour passer sans trop de difficulté à travers la présente contraction de la demande. Les résultats des prochains trimestres vont continuer à être très modestes, cependant, au delà de la récession, cette entreprise devrait revenir à nouveau à une bonne rentabilité. Les investissements des gouvernements dans les infrastructures, comme moyen de relance de l'économie, devraient bénéficier à cette industrie à compter de 2010. Je crois que ce titre, à moyen terme, offre de bonnes possibilités de redressement et de rendement. Ce n'est que ma modeste opinion de simple investisseur, si cette entreprise vous intéresse, vous devrez fouiller davantage ses états financiers pour vous faire votre propre idée. Je serais curieux de connaître votre opinion par la suite.

Site web de Terex Corporation
.

jeudi 14 mai 2009

Information pertinente pour l'investisseur: la rémunération des dirigeants

.
Les revenus des dirigeants d'entreprises ont augmentés de façon scandaleuse depuis une quinzaine d'années: en bout de ligne, ce sont les actionnaires des entreprises qui payent pour ces excès que les gestionnaires et les membres des conseils d'administration s'accordent. J'ai donc trouvé intéressant de retrouver sur le site Market Watch une nouvelle information pour chaque entreprise: EXEC PAY ou si vous préférez, rémunération des dirigeants. Ainsi, si vous êtes intéressé à investir dans une entreprise, vous pouvez d'abord aller visiter cette section dans la fiche de l'entreprise. Cela vous en dira long sur la culture de l'entreprise et sur le respect que l'on accorde aux actionnaires et aux travailleurs.

Malheureusement, vous n'allez retrouver que la rémunération de base, pas les encaissements ponctuels de "stock options" qui font que certains patrons passent périodiquement à la caisse pour encaisser la magot. C'est du côté des options sur actions que l'on a atteint des sommets jamais vus depuis quelques années. Pour avoir une idée des "cadeaux" octroyés, vous devrez fouiller dans la section "Insider Actions" et ce n'est pas toujours évident de s'y retrouver.

.

mercredi 13 mai 2009

Rapport annuel de Bombardier: 10/10!

.
De ce temps-ci, ma boîte aux lettres se remplie quotidiennement de rapports annuels. J'ai reçu celui de Bombardier hier (BBD.B -TSX), si je pouvais donner un premier prix pour la qualité des rapports annuels, celui de Bombardier obtiendrait la première position cette année, haut la main!

On y retrouve non seulement les données financières habituelles mais beaucoup d'information sur les orientations et les stratégies retenues, sur les produits fabriqués, ainsi que sur les enjeux et les défis qui attendent l'entreprise. Le tout est présenté dans un format irréprochable, agréable à consulter et d'une très grande clarté. Les deux divisions, Aéronautique et Transports en commun, ont droit à des rapports de gestion spécifiques. Pour l'investisseur qui songe à investir dans cette entreprise, la lecture préalable de ce document sera d'une grande utilité et est un incontournable.

.

mardi 12 mai 2009

Des milliers de titres: trois catégories

.
Selon moi, il y a trois trois catégories d'actions, en fonction de la solidité financière des entreprises, de la position qu'elles occupent dans leur marché, de la qualité de leur direction et autres éléments qui déterminent, en quelque sorte, le niveau de risque de l'investissement.

Catégorie A: les valeurs sûres, l'élite. Appartiennent à cette catégorie les entreprises qui ont un bilan financier irréprochable, qui génèrent d'importants flux de trésorerie (cash flow) qui leur permettent de faire des acquisitions de qualité au moment opportun, des entreprises qui occupent la première position dans leur marché et qui possèdent des marques reconnues, etc (ex. Microsoft, Coca-Cola, Google, Cisco Systems). Habituellement, ces titres comportent un niveau de risque peu élevé sur une perspective de quelques années. En contrepartie, on ne peut espérer un rendement spectaculaire à court terme: leur prix est assez bien ajusté à leur valeur réelle. En nombre, c'est le plus petit groupe, moins de 5% des entreprises environ.

Catégorie B: les "entreprises ordinaires", les compagnies moyennes. Ces entreprises ont des actifs non négligeables mais n'ont pas un dossier impeccable: elles sont en deuxième, troisième ou quatrième position dans leur marché, elles ne possèdent pas les marques les plus reconnues, leurs bilans financiers peuvent contenir un niveau d'endettement un peu trop élevé et inquiétant, leurs directions prennent parfois des décisions discutables (ex. mauvaises acquisitions), etc.

À cause de ce dossier qui comporte des plus et des moins, des points d'interrogation et des risques, dans un marché baissier (bear market) les titres de catégorie B baisseront davantage que ceux de l'élite. En contrepartie, après avoir été plus durement amochés dans la baisse des marchés, plusieurs d'entre eux se redresseront de façon importante dans un marché haussier (bull market): leur rendement à court terme, pourra même être plus élevé que celui des entreprises stables et reconnues, ces titres feront en quelque sorte un rattrapage par rapport à leur valeur réelle. Ces gains seront cependant vulnérables: les titres de ces entreprises fluctuent davantage que ceux de la catégorie A et, sur plusieurs années, leur rendement sera globalement inférieur à celui des entreprises d'élite. En nombre, c'est entre 25 et 30% des entreprises inscrites en bourse.

Catégorie C: les "billets de loterie". Ces entreprises sont souvent en bourse uniquement parce qu'elles ont besoin de capitaux pour se développer, ou simplement survivre... Plusieurs de ces entreprises de petite taille seront dans le décor pendant des années, elles végéteront, connaîtront une remontée pendant quelques mois suite à une nouvelle, puis retomberont dans l'oublie. Un titre peut ainsi se transiger pendant dix ans, sans offrir rien de vraiment intéressant à l'investisseur, surtout pas la stabilité! Un jour, ces entreprises se mettront à péricliter suite à un évènement, à une crise financière, à la non-approbation d'un médicament: elles feront alors de nouvelles émissions d'actions pour survivre qui viendront diluer la valeur des actions existantes, ou pire, se retrouveront éventuellement sous la protection du Chapitre 11. Je mets également dans cette catégorie, les entreprises de grande taille qui ont de lourdes dettes (ex. General Motors), ou qui fabriquent des produits appelés à devenir désuets, ou qui ont des problèmes de transparence ou d'honnêteté dans leur comptabilité...

Ce groupe C ne mérite pas que vous y investissiez, à moins que vous ne soyez conscient que vous achetez un "billet de loterie". En effet, les chances de se retrouver éventuellement avec rien dans les mains, sont ici élevées. En contrepartie, quand l'une de ces entreprises parvient exceptionnellement à sortir de ce groupe des "produits douteux", pour s'élever dans la catégorie B, le retour sera alors très élevé: puisque, partant de si bas, leur valeur pourra être décuplée en quelques années. Mais ces billets gagnants sont très rares, croyez-en mon expérience. En nombre, la catégorie C est la plus grosse (plus des 2/3 des titres en bourse), puisqu'elle contient toute cette multitude de "small cap" qui promettent à l'investisseur un produit miracle qui s'imposera un jour au consommateur, un médicament qui viendra à bout de la plus terrible maladie, des terrains miniers au riche potentiel... Tous ces rêves qui 19 fois sur 20 finissent par s'évaporer, après avoir fait miroiter la richesse pendant quelques années à l'investisseur qui rêvait de frapper le "coup de circuit".

Pour ma part, j'ai environ 25% d'entreprises de catégorie A, 60% de catégorie B et 15% de catégorie C (beaucoup trop, vestiges de mes premières années d'investissement...). C'est mon côté chasseur d'aubaines qui m'a conduit à cette nette prédominance des compagnies moyennes au fil des ans. Je trouve ça un peu ennuyeux d'investir dans les "blue chips", j'ai davantage de satisfaction à chercher dans la multitude d'entreprises moyennes, celles dont la valeur me semble temporairement sous-estimée ou qui ont le potentiel pour accéder un jour au "grand club". Peut-être plus excitant comme style d'investissement, mais pas nécessairement le meilleur choix pour faire fructifier ses avoirs à long terme... Et vous, la répartition entre ces trois catégories dans votre portefeuille ressemble à quoi?
.

samedi 9 mai 2009

En prenant un café ensemble...

.
Ce que vous pouvez lire sur ce blog ne sont que des commentaires sans prétention sur les marchés boursiers et les entreprises. Je ne suis pas un expert, je ne suis qu'un simple investisseur qui essaie de s'y retrouver dans cet univers complexe et en perpétuel mouvement.

Je sais que certains d'entre vous sont des lecteurs plus réguliers, d'une certaine façon, je vous considère un peu comme des amis. Mes propos sont donc l'équivalent de ceux que je tiendrais à un ami qui partage avec moi un intérêt pour ce domaine de l'activité humaine. C'est un peu comme si on prenait un café ensemble et qu'on s'échangeait des réflexions, encore une fois, sans prétention. Votre opinion vaut la mienne.

Puisque les marchés ont beaucoup progressé depuis deux mois, il est plus difficile de trouver des aubaines. En plus, à l'approche de l'été,on peut craindre un essoufflement de la remontée, ou même un recul des actions au cours des prochains mois. Mais la valeur des actions était descendue si bas en début d'année, qu'il n'est pas exclu que la poussée actuelle se continue durant l'été. Difficile à prévoir.

J'ai tout de même identifié des entreprises qui m'apparaissent encore sous-évaluées malgré la remontée récente des bourses. Je crois que deux secteurs n'ont pas encore vraiment entamé leur remontée et offre donc plusieurs titres valables à leur prix actuel: les services de télécommunication et le secteur pharmaceutique.

Les titres des télécommunications m'apparaissent intéressants à cause de leurs cours actuels qui reflètent la crainte d'une baisse de consommation pour ce type de services lors d'une récession. Au delà de la conjoncture économique, la place grandissante que prennent les produits de télécommunication dans nos vies ne se dément pas (téléphonie cellulaire, internet, télévision numérique). Les entreprises de télécommunication continuent de générer d'importants flux ce trésorerie libres (free cash flow), ce qui est toujours bon pour les actionnaires tôt ou tard. En contrepartie, une certaine saturation des marchés réduit les perspectives de croissance et la menace pèse toujours de voir les législateurs chercher à augmenter la compétition et à réduire les coûts des utilisateurs. En pesant le pour et le contre, plusieurs titres dans ce secteur m'apparaissent tout de même intéressants.

La correction que subissent les titres de grandes compagnies pharmaceutiques depuis quelques années me semble excessive, si l'on regarde leurs bilans financiers et leurs profits actuels et à venir. D'autant plus que l'augmentation de la durée de vie que l'on constate dans plusieurs pays est un facteur positif pour ce secteur. Les multiples prix actuel/bénéfices prévus pour la prochaine année sont à un très bas niveau pour plusieurs de ces titres. Les dividendes sont également généreux.

Par ailleurs, pour les investisseurs canadiens et européens, si le dollar US continue sa chute au cours des prochaines semaines, cela rendra les titres qui se transigent sur les marchés américains plus abordables, avec un taux de change plus favorable qu'il y a quelques mois.

Je ne vais pas expliquer pourquoi je pense que chacun des titres offre ce potentiel de gain de valeur. Je vous laisse le soin de les regarder de plus près. Peut-être, à notre prochain café, c'est vous qui allez me dire de ne pas toucher à ça, pour telle ou telle raison que vous avez trouvée en y regardant de plus près. Votre point de vue est aussi valable que le mien, on n'en sera pas moins, bons amis...

Marché canadien:
Telus Corporation (T-TSX) - $31.25
Quebecor (QBR.B - TSX) - $17,80
BCE (BCE-TSX) - $24,67
Biovail (BVF-TSX) - $13,08
Alimentation Couche-Tard (ATD.B-TSX) - $13,58

Marché US:
Pfizer (PFE-NYSE) - $14,39
Merck & Company Inc (MRK-NYSE) - $24.82
Johnson & Johnson (JNJ-NYSE) $54.98
Hewlett-Packard (HPQ-NYSE) - $34.68

Marché européen:
Deutsche Telekom AG (DT-NYSE) - $11.06
France Telecom (FTE-NYSE) - $22.67
BT Group TLC (BT-NYSE) - $14,36
Telecom Italia (TI-NYSE) - $12,78
Vodafone Group PLC (VOD-NYSE) - $18.50
Sanofi Aventis (SNY-NYSE) - $30,15
Novartis AG (NVS-NYSE) - $38,36
AstraZeneca PLC (AZN-NYSE) - $36,14
Wolseley (WOSCY-OTC) - $2.09

Marché asiatique:
SK Telecom Co Ltd. (SKM-NYSE) - $16,37
NTT DoCoMo (DCM-NYSE) - $13,95
Nam Tai Electronics Inc (NTE-NYSE) - $4,49
.

vendredi 8 mai 2009

Michael Nyman Band - Time Lapse

dimanche 3 mai 2009

Depuis notre dernier café...

.
Vous vous souvenez du dernier café que nous avons pris ensemble le 6 avril dernier? J'avais plein de titres en tête qui me semblaient offrir de bonnes possibilités de rendement. En fait, je vous avais mentionné 25 titres sur différents marchés. Dans l'ensemble, ces entreprises ont très bien performées, vingt-et-une ont avancé, seulement quatre ont reculé. En moyenne, ces 25 titres ont progressé de 17,2% en quatre semaines. C'est une performance nettement meilleure que l'ensemble des marchés: le S&P 500, par exemple, a augmenté de 4,2% durant cette période.

Les meilleures performances sont celles de Wyndham Worldwide Corp, la chaîne hôtelière américaine qui a fait un bond de 98,7%, d'Office Depot (+50,8%) et de Textron (+47.4%). La pire performance, celle de l'entreprise de télécommunication canadienne Telus, qui a reculé de 16,3%.

On prend un prochain café ensemble vers la fin de la semaine? J'ai d'autres entreprises en tête qui me semblent offrir un bon potentiel et dont j'aimerais discuter avec vous sans prétention....

Ci-dessous, dans l'ordre, nom de l'entreprise, code à la bourse, cours le 6 avril, cours actuel, différence depuis le 6 avril:

Marché canadien:
Bombardier (BBD.B-TSX) - $3.32 /$3.75, +13,0%
Rona (RON-TSX) - $12.98 /$13,98, +7,7%
Saputo Inc. (SAP-TSX) - $21.12/$22.38, +6,0%
Telus Corporation (T-TSX) - $35.19/$29,45, -16,3%

Marché US:
Alcoa (AA-NYSE) - $8.17/$9,69, +18,6%
Office Depot, (ODP-NYSE) - $1.79/$2,70, +50,8%
Valero Energy (VLO-NYSE) - $19.84/$20,65, +4,0%
Supervalu Inc (SVU-NYSE) - $15.00/$16,70, +11,3%
Western Union (WU-NYSE) - $13.82/$17,01, +23,0%
Boeing (BA-NYSE) - $37.69/$41,21, +9,3%
Textron (TXT-NTSE) - $7.42/$10,94, +47,4%
Wyndham Worldwide Corp (WYN-NYSE) - $6.10/$12,12, +98,7%
Mirant Corp New (MIR-NYSE) - $12.38/13,31, +7,5%

Marché européen:
British Telecom (BT-NYSE) - $11.89/$13,67, +15,0%
Thomson (TMS-NYSE) - $1.02/$1,32, +29,4%
Wolseley (WOSCY-OTC) - $4.00/$3,94, -1,5%
European Aero Defense Space Co. (EADSY-OTC) - $13.02/$14,35, +10,2%
Deutsche Telekom AG (DT-NYSE) - $12.76/$11,02, -13,6%
France Telecom (FTE-NYSE) - $22.73/$22,30, -1,9%
Aegon (AEG-NYSE) - $4.49/$5,07, +12,9%
ING Groep NV (ING-NYSE) - $7.37/$9,14, +24,0%

Marché sud-américain:
Embraer-Empresa Brasileira (ERJ-NYSE) - $15.62/$16,75, +7,2%
Tam Sa (TAM-NYSE) - $6.01/$6,86, +14,1%
Gerdau (GGB-NYSE) - $6.61/$7,48, +13,2%
Sadia S A (SDA - NYSE) - $4.30/$5.96, +38,6%.
.

vendredi 1 mai 2009

Sondage de Barron's sur la tendance des marchés

.
Barron's, la revue financière renommée, mène périodiquement des sondages auprès des professionnels de l'investissement pour mesurer leur vision sur l'évolution des marchés à court et moyen termes. Samedi dernier, elle publiait son plus récent sondage. Ce genre de prévisions doivent être prises avec un grain de sel, on a vu à quel point ces experts se sont fourvoyés au cours des dernières années. Ça donne quand même une idée de l'utilisation future des fonds qu'ils ont à gérer.

Près de 60% des répondants croient que les marchés vont continuer à monter d'ici la fin de l'année (bullish) : en moyenne, ils entrevoient une hausse de 3,8% du S&P 500 d'ici la fin de 2009 et de près de 15% d'ici juin 2010. Un bon pourcentage de ces spécialistes demeurent neutres (28%). Seulement 13% sont pessimistes (bearish): ils anticipent en moyenne une baisse du S&P 500 de 13,4% d'ici la fin de l'année et de 10,4% d'ici juin 2010. Sur le court terme, on constate que bien que les optimistes soient plus nombreux, ils ne prévoient qu'une modeste croissance d'ici la fin 2009, alors que les pessimistes croient à une correction à la baisse nettement plus forte en pourcentage.

Vous pouvez consulter l'article de Barron's ci-dessous, en cliquant sur le lien:

.

jeudi 30 avril 2009

"Sell in May and go away": vrai ou faux cette année?

.
Une idée répandue veut que les six mois de mai à la fin octobre, offrent à l’investisseur des performances nettement inférieures aux six mois qui vont du début novembre à la fin avril. D’où la maxime « Sell in May and go away » : « Vend en mai et puis part ». Le tableau ci-dessous révèle que les rendements des mois de mai à la fin octobre sont effectivement, en moyenne, inférieurs à ceux des mois de novembre à la fin avril. Vaut-il la peine alors, de vendre une partie de ses actions à cette période de l’année que nous débutons, pour ramener la somme obtenue à l’automne sur le marché boursier?


En se basant sur le S&P 500, une étude (Sell in May and Go Away: Fact or Fallacy?) a révélé que si, depuis 1950, un investisseur avait vendu toutes ses actions au début mai et qu'il avait investi temporairement la somme dans le marché monétaire jusqu'à la fin octobre, pour revenir dans le marché des actions en novembre, il serait parvenu à obtenir un rendement annuel moyen de 11,2%. En contrepartie, celui qui serait resté calmement présent dans le marché des actions à l'année, même durant le semestre faible (mai-octobre), aurait obtenu un rendement annuel moyen de 11,9%. Le rendement des actions de mai à la fin octobre, bien que plus faible que celui obtenu durant l'autre partie de l'année, étant quand même plus fort que celui du marché monétaire.

Cette petite différence de 0,7% par année, en faveur d'une présence continue sur le marché des actions contre la théorie du "Sell in May and go away", semble peu importante, mais sur une longue période, la différence est énorme. Ainsi, celui qui depuis 1950, en utilisant la stratégie du "Sell in May and go away", aurait investi $1,000 à chaque année, en alternant les actions du S&P 500 avec le marché monétaire d'un semestre à l'autre, aurait eu accès à une somme de $4,677,821 à la fin 2007 avec son rendement annuel de 11,2%. Avec le même investissement annuel de $1,000, celui qui serait resté sagement dans le marché des actions, sans s'agiter continuellement, grâce à son rendement annuel de 11,9%, aurait pu compter sur la rondelette somme de $6,379,526 à la fin de la période. Une différence de $1,701,705 en s'évitant le stress d'un mouvement continue du marché des actions aux marchés monétaires et vice versa. Et c'est sans compter, les frais de transactions et l'impact négatif sur la taxation d'une stratégie de ventes régulières (déclarations fréquentes de gains de capital).

Ceci étant dit, cette année, nous avons assisté depuis le 6 mars à un important redressement des marchés: l'indice S&P 500 a remonté de près de 31%, passant de 666 points à 872 points. Une telle hausse à l'approche de l'été devrait normalement laissé craindre une correction vers le bas durant la saison estivale. Mais il ne faut pas perdre de vue que malgré la hausse récente, le S&P 500 demeure inférieure de près de 40% du point où il se situait le 19 mai 2008 (1440 points).

Deux scénarios sont possibles. Le premier: le rattrapage entrepris pourrait peut-être perdre de la vigueur, mais tout de même se continuer doucement durant l'été, parce que l'évaluation des actions avait glissé nettement en dessous de leur valeur réelle en début d'année. Deuxième scénario: le redressement s'essoufle et l'on entre dans une phase de stagnation ou de recul, en attendant que les indices de reprise économique deviennent plus clairs à l'automne. À vous de choisir.
.

mardi 28 avril 2009

École de la bourse

.
Le site boursier Morningstar.com offre certains services pour lesquels il faut payer: par exemple, l'accès aux analyses de quelques 2000 entreprises couvertes par son équipe d'analystes. Par contre, vous trouverez sur ce site beaucoup d'information mise à votre disposition gratuitement: bilans financiers des dix dernières années pour toutes les entreprises présentes sur les bourses américaines, une section d'interprétation des données, les ratios clefs (marges de profits, ROE, taux de croissance, etc), profil de chaque entreprise (snapshot), analyses sur vidéos de certaines entreprises...

Parmi les services gratuits, un est particulièrement intéressant pour celui qui débute et qui souhaite apprendre les bases de cet univers relativement complexe qu'est l'investissement boursier. Si vous lisez l'anglais, vous pouvez ainsi suivre une formation découpée en plusieurs modules (actions, fonds de placements, portefeuille boursier, obligations). Chacun de ces modules est divisé en niveaux (100, 200, 300...), divisés en une série de cours thématiques divisés à leur tour en plusieurs sections. Chaque cours contient une série d'explications suivies d'un quiz pour vérifier votre compréhension (pour accéder aux quiz, vous devez vous inscrire ici free access et choisir un mot de passe pour accéder au site, c'est gratuit).


Si vous préférez un livre en français pour apprendre à vous débrouiller en bourse, je vous suggère Investir à la bourse et s'enrichir de Bernard Mooney (Les Éditions Quebecor)

Autre source pédagogique: le site web de la firme de courtage Disnat, en particulier son Centre du savoir et, spécifiquement, la section "Notions de base"
.

dimanche 26 avril 2009

Savoir quand vendre

.
Pat Dorsey dans son livre « The five rules for successful stock investing » identifie les cinq règles qui doivent guider l’investisseur:
  1. Faire ses devoirs, aller chercher le maximum d’information (Do your homework)
  2. Trouver des entreprises qui sont entourées d’une tranchée qui les protège de la compétition (Economic moats)
  3. Établir une marge de sécurité dans le prix d’achat (Margin of safety)
  4. Investir pour le long terme (Hold for the Long Haul)
  5. Savoir quand vendre (Know when to sell)
De ces cinq règles, la plus difficile à assimiler pour moi est la dernière. Alors qu’il nous prêche d’investir pour le long terme dans sa quatrième règle, Dorsey insiste, dans la règle suivante, qu’il faut quand même savoir quand vendre. Cela peut sembler paradoxal. L’auteur mentionne que dans l’idéal on devrait effectivement garder nos investissements pendant des décennies mais que dans les faits, il y a des situations qui exigent de l’investisseur qu’il déroge à cette règle et qu’il sache vendre. Voici les situations où la vente est souhaitable selon lui :
  1. Le scénario qui a justifié l’achat ne tient plus : les raisons qui vous avaient amené à acheter un titre ne sont plus valables. L’analyse que vous aviez faite au départ s’avère erronée (ex. perspectives de croissance des ventes ou de production constante de flux de trésorerie postifs). Il faut savoir reconnaître son erreur et vendre. D’où l’importance de rédiger pour chaque achat, le scénario qui le justifie.
  2. Les fondamentaux de l’entreprise se sont détériorés (ex. le niveau d'endettement de l'entreprise s'est élevé au fil des ans).
  3. Le marché vous offre un prix démesurément généreux par rapport à la valeur intrinsèque de l’entreprise. On n’a qu’à penser aux prix de vente de certaines entreprises techno au début de 2000. Mr. Market était alors dans sa phase d’optimisme délirant et il fallait savoir en profiter pour vendre ces titres au prix définitivement gonflé (vendre les actions de Nortel à $120 en 2000 était une très bonne idée!).
  4. Une occasion d’acheter un titre à bon marché qui a le potentiel pour offrir un rendement supérieur se présente mais vous ne disposez pas de liquidité : vendre alors une entreprise qui offre un rendement anémique pour saisir cette opportunité, est justifié.
  5. Un titre représente un pourcentage très élevé de votre portefeuille (10 à 15%, voir plus). Il est peut être plus prudent de réduire son poids si l’on peut obtenir un prix raisonnable et prendre cette somme pour se diversifier dans d’autres titres. Une trop grande concentration peut vous rendre vulnérable. Il faut éviter d’avoir trop d’œufs dans un même panier.

Deux réalités exquises

.

Parfois, nous ne sommes pas assez reconnaissants pour ce que la vie nous amène de bon. On se plaint du temps qu'il fait, de l'élimination des Canadiens de Montréal ou autres sujets sans importance qui parviennent à affecter notre moral. Alors, juste pour le plaisir de réaliser pleinement deux réalités exquises, je vous les rappelle:

1. Georges Bush, son administration médiocre et le Parti Républicain n'occupent plus la Maison Blanche. La démagogie de la droite religieuse et guerrière ne sévit plus à la gouvernance des USA.

2. Barack Obama, le magnifique, est président des États-Unis d'Amérique depuis 100 jours. Durant ces 100 jours, il a déjà entrepris de nombreuses réformes qui vont transformer son pays, le réconcilier avec le reste de la planète et avoir sur cette dernière un impact majeur.

Longue vie à Barack Obama!

It was a creed written into the founding documents that declared the destiny of a nation.
Yes we can.
It was whispered by slaves and abolitionists as they blazed a trail toward freedom through the darkest of nights.
Yes we can.
It was sung by immigrants as they struck out from distant shores and pioneers who pushed westward against an unforgiving wilderness.
Yes we can.
It was the call of workers who organized; women who reached for the ballots; a President who chose the moon as our new frontier; and a King who took us to the mountain top and pointed the way to the Promised Land.
Yes we can to justice and equality.
Yes we can to opportunity and prosperity.
Yes we can heal this nation.
Yes we can repair this world. Yes we can.
We know the battle ahead will be long, but always remember that no matter what obstacles stand in our way, nothing can stand in the way of the power of millions of voices calling for change.
We have been told we cannot do this by a chorus of cynics who will only grow louder and more dissonant in the weeks to come.
We've been asked to pause for a reality check.
We've been warned against offering the people of this nation false hope.
But in the unlikely story that is America, there has never been anything false about hope.
For when we have faced down impossible odds; when we've been told that we're not ready, or that we shouldn't try, or that we can't, generations of Americans have responded with a simple creed that sums up the spirit of a people.
Yes we can.
And so tomorrow, as we take this campaign South and West; as we learn that the struggles of the textile worker in Spartanburg are not so different than the plight of the dishwasher in Las Vegas; that the hopes of the little girl who goes to a crumbling school in Dillon are the same as the dreams of the boy who learns on the streets of LA; we will remember that there is something happening in America; that we are not as divided as our politics suggests; that we are one people; we are one nation; and together, we will begin the next great chapter in America's story with three words that will ring from coast to coast; from sea to shining sea.
Yes. We. Can.

- Barack Obama (New Hampshire, 8 janvier 2008)
.

vendredi 24 avril 2009

Bourse et jardin: deux univers avec de nombreuses ressemblances

.
Je n'ai pas que la bourse comme intérêt dans la vie, heureusement pour moi, j'ai d'autres passions un peu moins stressantes: une d'entre elles, c'est le jardinage. Je perçois cependant beaucoup de similitudes entre ces deux univers.

Un bon jardinier, comme un bon investisseur, se devra d'être patient, informé et travaillant. Un jardin, les premières années, donne souvent des résultats modestes, tout comme un portefeuille boursier, et puis le jardin prendra de la maturité et progressivement les fruits de votre dur labeur apparaîtront et viendront vous récompenser pour l'effort investi.

Le jardinier devra d'abord s'informer sur les plantes qu'il souhaite intégrer à ses plates-bandes, avant de les acheter: quelles sont leurs caractéristiques, lesquelles traverseront le mieux le temps, lesquelles auront la plus forte croissance, lesquelles résisteront le mieux aux maladies... L'investisseur fera de même avant de garnir son portefeuille boursier de compagnies.

Et puis, dans un centre horticole, tout comme dans le marché boursier, vous vous retrouvez devant une multitude de variétés et de possibilités, il faut arriver à un agencement qui assurera équilibre, croissance et diversité. Vos plates-bandes ne peuvent pas contenir que des plantes vedettes (entreprises technos), spectaculaires à la floraison mais dont le feuillage peut se détériorer rapidement par la suite et dont la durée de vie sera peut-être courte. Vous devrez y inclure des plantes un peu plus rugueuses, à la floraison plus modeste mais au feuillage vigoureux, des "blue chips" qui seront là, année après année, peu importe la rigueur des hivers.

Pour que le coup d'oeil soit agréable, vous ne pourrez vous limiter à quatre ou cinq plantes, vous devrez apporter à vos plates-bandes une diversité qui assurera un étalement des floraisons et qui protégera votre jardin contre les périodes de monotonie (cycles sectoriels et économiques). Vous prendrez soin d'inclure à votre jardin des plantes de diverses tailles pour créer un tout harmonieux, tout comme l'investisseur avisé ne se limitera pas à une catégorie d'entreprises, mais inclura à la fois de grandes compagnies établies et des plus petites au développement prometteur, car les unes et les autres ont leur place dans un portefeuille équilibré.

Comme on peut le constater, on retrouve beaucoup de ressemblances entre ces deux univers. On prévoit jusqu'à 25 degrés en fin de semaine, le printemps est là! À vos pelles investisseurs, je veux dire, jardiniers...
.

mercredi 22 avril 2009

Dure, dure, la vie de blogueur...

.
Vraiment, je n'ose plus rien dire: tout ce que j'affirme cette semaine se retourne contre moi! D'abord, ma prédiction samedi sur la hausse prochaine du cours du pétrole, suivie lundi d'une baisse de 8.8% en un jour du prix du baril... Puis, aujourd'hui, voici que Crocs à qui j'annonçais des jours difficiles ce matin avec l'arrivée des copies chinoises en magasin, en profite pour remonter de 22% en un jour! Décidément, cette semaine, les astres sont mal enlignés pour votre modeste blogueur. Et si je m'ouvrais à la place un blogue sur l'horticulture...
.

CROCS: le danger d'investir dans une compagnie à produit vedette unique

.
Crocs Inc (CROX-Nasdaq, $1.91), le fabricant des étranges chaussures en plastique est l'exemple type de l'entreprise qui connaît soudain une montée spectaculaire, suite à l'engouement des consommateurs pour un produit vedette. Cette compagnie a donc vu son titre passé de $13 à son arrivée en bourse au début 2006, à plus de $73, vingt mois plus tard, à l'automne 2007!

Comme si certains investisseurs étaient persuadés que tous les habitants de la planète allaient se convertir au port de la bizarroïde chaussure... Tel ne fut pas le cas bien sûr et le titre est redescendu de son nuage d'abrupte façon en 2008: il s'est retrouvé à $0.79 en novembre dernier, suite à plusieurs prévisions et résultats trimestriels décevants. La déception des investisseurs fut grande surtout du côté des taux de croissance qui avaient été l'assise de la spéculation sur ce titre. Le titre de Crocs a effectué une remontée depuis et son cours actuel ($1.91) est beaucoup plus près de la valeur réelle de l'entreprise.

Je soulignais en avril 2008 que Crocs met en évidence le danger d'investir dans une entreprise qui n'est basée que sur un produit vedette. Les modes en consommation passent tôt ou tard et le château de cartes peut s'écrouler rapidement. D'autant plus que les fabricants chinois ne tardent jamais à mettre sur le marché une copie similaire, à moindre prix, qui fera rapidement fondre les généreuses marges bénéficiaires des premiers temps. Malgré mes propres mises en garde, je me suis laissé tenter par ce titre et j'ai acheté des actions lorsqu'elles sont descendues sous les $4, je pensais qu'elles avaient alors atteint un point d'entrée intéressant...

Et bien, en faisant mes emplettes samedi, j'ai pu constater que la menace chinoise s'était concrétisée. J'ai aperçu chez Dollarama, des copies quasi exactes des fameuses sandales, "Made in China", qui se vendent pour un très abordable $2. Le même après-midi, je me suis retrouvé devant un étalage du produit original chez Costco: les tailles pour enfants se vendaient $20, pour adultes, $25. On aura beau dire que le produit original a des qualités antidérapantes supérieures ou qu'il ne provoque pas de problèmes de transpiration, je doute que la plupart des consommateurs se laissent convaincre: l'argument d'un prix dix fois inférieur, est un argument massue!

Crocs est mieux d'avoir des designers très imaginatifs car ça va lui prendre bientôt un autre produit miracle pour survivre à une telle attaque du rouleau compresseur chinois...
.

lundi 20 avril 2009

Quelle prédiction! Quel pif!

.
La bourse m'a appris la modestie une fois de plus aujourd'hui... Samedi après-midi, je demande à mes lecteurs si c'est le temps de retourner vers les pétrolières... Je me risque à une prévision: le cours du baril de pétrole est à la veille d'entamer une remontée entraînant les titres pétroliers dans son sillon... Quelle prédiction! Aujourd'hui le cours du baril de pétrole a chuté de 8,8% en une seule journée pour se retrouver à $45! De quoi me donner envie de fermer mon blogue et de laisser la place à d'autres...

Faut dire qu'un cocktail de nouvelles a contribué à cette baisse soudaine du pétrole. Bank of America a averti les marchés que les pertes dues à des mauvais prêts hypothécaires iraient en augmentant, pas en diminuant: la nouvelle a entraîné plusieurs titres financiers vers des chutes spectaculaires. La crainte d'un prolongement de la crise financière et de la récession a précipité les marchés boursiers vers le bas, fait remonter le dollar US comme valeur refuge et conséquemment, a contribué à la baisse la valeur du baril de pétrole. Comme si ce n'était pas assez: le département de l'Énergie aux États-Unis révélait au même moment que les inventaires étaient à leur niveau le plus élevé en deux décennies. La cerise sur le sundae: les contrats de livraison pour mai expirent mardi et les spéculateurs qui ne sont pas intéressés à prendre possession de véritables barils de pétrole, se sont vus forcés de vendre leurs barils-papiers au plus pressant dans ce contexte difficile....

Le timing pour une telle prédiction était donc lamentable. Ceci dit, je n'ai pas changé d'idée sur le fond: le baril de pétrole repartira bientôt vers le haut et les titres pétroliers avec, dès les premiers signes d'une reprise économique à l'horizon... Bon, la question est de savoir si la récession prendra fin avec l'année 2009 ou si elle se poursuivra en 2010...
.

Inside the Meltdown: un reportage exceptionnel sur la crise du système financier américain

.

Frontline, la prestigieuse émission d'enquête de la Public Broadcasting Service (PBS), diffusait en février dernier un reportage d'une très grande qualité sur la crise qui a failli mener à l'effondrement du système financier américain: Inside the Meltdown. Véritable thriller où se mêlent et s'affrontent les principaux acteurs financiers et politiques, confrontés à une crise sans précédent. Ce reportage permet de mieux comprendre, avec du recul, comment la crise s'est développée et comment l'économie et le système financier américains se sont trouvés devant la perspective d'un effondrement complet. À visionner sans faute, pour comprendre ce qui s'est passé durant cette crise de l'automne 2008.

.

samedi 18 avril 2009

Est-ce le temps d'investir dans les pétrolières?

.
Est-ce le temps d'investir dans les pétrolières? Est-ce qu'elles ont atteint leur creux et se préparent à remonter?

Il y a un an le coût du baril de pétrole venait de défoncer les $100 US et se dirigeait allègrement vers son sommet de $146 atteint au début juillet. Cette flambée du pétrole s'expliquait certes par la montée de la demande provenant des économies émergentes, mais était grossièrement amplifiée par les spéculateurs du NYMEX qui s'échangeaient férocement les barils-papier. Au milieu de cette folie spéculative, certains avançaient que l'on se dirigeait vers le baril à $200 US! On établissait également un lien entre la valeur de la monnaie américaine et la hausse du pétrole: plus le USD baisserait, plus le coût du baril monterait.

On connaît la suite: la bulle pétrolière s'est dégonflée de façon spectaculaire lorsqu'il est apparu de plus en plus évident que l'économie mondiale se dirigeait vers une importante récession qui ferait chuter la demande pour l'or noir. Après avoir atteint $146 en juillet, le prix du baril de pétrole s'est ainsi retrouvé à $33 au début 2009. Imaginez, un chute de 77% de la valeur du baril en six mois! C'est ça, des économies livrées à la merci des spéculateurs professionnels! Il faut dire que la hausse de la valeur du USD qui s'est transformé en valeur-refuge avec la montée de la récession, a également contribué à cette chute du cours du baril.

Qu'en est-il aujourd'hui? Certes, la récession n'est pas terminée et la demande mondiale pour le pétrole pourrait continuer à chuter d'ici la fin de l'année. Peut-on s'attendre à ce que le cours du pétrole qui se situe dans les $50 actuellement, stagne et même recule à nouveau? C'est possible, si la récession s'étire en 2010... Je n'ai que ma modeste opinion de simple investisseur là-dessus, la vôtre est aussi bonne que la mienne...

Tout dépend donc du moment de la reprise économique. Parce qu'au moment de la reprise, réapparaîtra le spectre d'une demande énergétique mondiale alimentée par la croissance des économies émergentes (Chine, Inde, Brésil...) et, bien sûr, les cours seront enflammés à nouveau par les charognards de spéculateurs qui séviront de plus belle au NYMEX.

Si, comme moi, vous pensez que l'économie américaine sortira de la récession vers la fin de l'année, alors, le baril se prépare à entamer un mouvement à la hausse. Les spéculateurs s'y prennent plusieurs mois à l'avance, au premier signal d'une reprise à l'horizon, ils déposeront leurs jetons sur la table et le cours du pétrole repartira à la hausse. D'autant plus que le dollar américain donne des signes d'affaiblissement qui pourraient l'amener à chuter dans les prochains mois et donc, à contribuer à la remontée de l'or noir.

Est-ce le temps de regarder à nouveau du côté des titres pétroliers? Qu'en pensez-vous? Plusieurs de ces titres se transigent actuellement à la moitié de leur cours de l'an dernier et offrent ainsi d'avantageux yields sur leurs dividendes. Si ce secteur vous intéresse, une des difficultés est de comparer le potentiel des ressources énergétiques possédées par chaque entreprise: ce n'est vraiment pas évident pour un non-initié. Une solution pour contourner cette difficulté: acheter un indice ou un fonds qui regroupe différents titres pétroliers.

Voici mes choix pour ce secteur. Ils ne sont pas le fruit d'une analyse comparative exhaustive, mais d'un survol rapide: ce ne sont donc que des possibilités que je vous soumets, à vous d'y voir de plus près:
  • Royal Dutch Shell PLC (RDS.A-NYSE, $42,96): généreux dividende, bonne situation financière, multiple prix/bénéfices prévus pour l'an prochain de X 6,7 et prix/valeur aux livres de 1.0
  • British Petroleum (BP-NYSE, $40,13): paie un généreux dividende à ses actionnaires et a investi dans de nouvelles formes d'énergies prometteuses (ex. éolienne et solaire)
  • ConocoPhillips (COP-NYSE, $40,17): avec un multiple prix/bénéfices prévus pour l'an prochain de X 7.4, un yield de 4,7% pour son dividende et prix/valeur aux livres de 1.1
  • StatoilHydro (STO-NYSE, $18,12): une compagnie détenue en bonne partie par l'état norvégien, qui retourne régulièrement à ses actionnaires une part substantielle de ses bénéfices.
  • Total SA (TOT-NYSE, $47,24): pétrolière française qui a un multiple prix/bénéfices prévus pour l'an prochain de X 7,6. et un bon bilan financier

vendredi 17 avril 2009

Dans les cas de Chapitre 11, faut-il se précipiter vers la sortie?

.
Comme c'est le cas dans la plupart des situations où une compagnie se place sous le Chapitre 11 pour se protéger contre la faillite et s'entendre avec ses créanciers: Quebecor World (IQW-TSX), l'imprimeur, est en voie de parvenir à un accord avec ses créanciers qui ne donnera plus, apparemment, aucune valeur aux anciennes actions suite à ce processus de recapitalisation et de désendettement.

J'ai commencé à acheter des actions de cette compagnie il y a quelques années, quand elle était considérée être un des joyaux du Québec Inc. et que ses actions se transigeaient à plus de $20 l'unité, elles s'échangeaient aux environs de $0.02 hier, lorsque l'entreprise a annoncé que les actions cesseraient bientôt de se transiger à la bourse de Toronto.

Durant mes sept années en bourse, j'ai vécu plusieurs situations semblables d'entreprises qui se réfugiaient sous la protection du Chapitre 11 pour se protéger de ses créanciers. À chaque fois, après l'annonce, il y avait toujours arrivée d'acheteurs optimistes qui faisaient remonter l'action de quelques sous pendant une journée ou deux, spéculateurs espérant que la restructuration du capital redonnerait une certaine valeur aux actions déjà existantes. Puis, quasi immanquablement, en quelques jours, les volumes sur ces titres moribonds chutaient et le cours se retrouvait pratiquement à zéro.

Il apparaît donc qu'il faut vendre au plus vite au moment du sursaut qui suit l'annonce. Je n'ai vécu qu'une situation où la restructuration du capital a prévu une place significative, mais tout de même modeste, aux actions déjà existantes: celle de Mirant aux États-Unis (conversion d'un faible pourcentage des anciennes actions en nouvelles et octroi de warrants). Connaissez-vous d'autres cas où il était avantageux de garder ce type d'actions, au lieu de s'en débarrasser au plus vite? Peut-on perdre une somme intéressante en liquidant immédiatement ces restes qui, dès l'annonce du Chapitre 11, n'ont déjà plus une grande valeur? Faut-il s'accrocher désespérément ou prendre la petite somme qui reste? Je serais curieux d'avoir des exemples de mes lecteurs. Parce que de nombreuses autres situations semblables s'en viennent: Abitibi-Bowater hier, probablement General Motors bientôt...
.

jeudi 16 avril 2009

Que pensez-vous du titre de Telus?

.
L'opérateur de services de télécommunication Telus Corporation (T-TSX, $29.96) voit le cours de son action être à son plus bas niveau depuis 2004: l'entreprise a averti les marchés la semaine dernière que ses prochains résultats trimestriels (1er trimestre) seraient inférieurs à ses prévisions. Telus subit les contrecoups du ralentissement de l'économie canadienne et de la hausse du taux de chômage.

C'est du côté du téléphone cellulaire que la situation se détériore le plus. Le volume de la croissance de nouveaux clients ralentit (48 000 de plus au 1er trimestre, une baisse de croissance de 46% en comparaison de la croissance de l'an dernier). Les revenus par client sont également en baisse à $58, une diminution de 5,6% par rapport à l'an dernier: ses clients sont plus prudents et économes dans l'utilisation de leur cellulaire. Le nombre de clients qui se désabonnent ("churn") augmente aussi, il atteint 1,6% par mois. Les entreprises réduisent également leurs dépenses devant la perspective d'une baisse de leur chiffre d'affaire.

La situation du côté des services filaires semble relativement stable pour l'instant, quoique que la compétition croissante des câbleurs avec leur offre de téléphonie via internet (IP) est toujours menaçante. Pour contrecarrer ces tendances négatives du côté de la téléphonie, Telus investie davantage dans son offre de services de télévision numérique et sur le renforcement de son réseau internet.

Pour résumer, voici les arguments positifs et négatifs à considérer avant de décider d'investir dans Telus Corporation:


Éléments positifs:
  • Le marché canadien de la téléphonie demeure dominé par trois joueurs (Telus, Rogers et Bell), malgré les changements apportés à la réglementation qui augmenteront la compétition au cours des prochaines années. Les coûts associés au démarrage de telles entreprises sont élevés et protègent donc jusqu'à un certain point cet oligopole. Cette concentration protège mieux les prix et les revenus par client au Canada que dans d'autres pays où la compétition est plus grande.
  • La gestion de Telus est de qualité: l'entreprise est reconnue pour avoir de très bonnes pratiques comptables et de gestion de ses ressources humaines. Son bilan financier est sain. De plus, contrairement à Bell, son service à la clientèle a une bonne réputation.
  • Telus favorise ses actionnaires depuis des années: en offrant un généreux dividende (6,3% au cours actuel) et en rachetant régulièrement de ses actions, ce qui réduit le nombre d'actions en circulation.
  • Le taux de pénétration de 60% du téléphone sans-fil au Canada laisse de la place à une croissance additionnelle du nombre d'abonnés, en particulier lorsque le ralentissement économique sera chose du passé.

Éléments négatifs:

  • Le ralentissement économique canadien pourrait se continuer jusqu'en 2010 et l'impact négatif observé sur la consommation de services de télécommunication, en particulier du cellulaire, pourrait s'amplifier davantage au cours des prochains trimestres.
  • La compétition croissante de la téléphonie IP dans le marché de la téléphonie filaire devrait continuer à grignoter mensuellement des clients à cette technologie traditionnelle.
  • Telus devra investir de façon importante si elle veut continuer sa percée du côté des services de télévision.
  • Les assouplissement récents du CRTC qui forcent les grandes entreprises à partager leurs tours avec de nouveaux joueurs devraient maintenir une pression sur les prix.

Pour ma part, je serais porté à croire que Telus Corporation offre une occasion intéressante de placement avec un horizon moyen terme: avec un cours qui équivaut à 8.5 X ses bénéfices de la présente année, le prix pour l'investisseur m'apparaît attrayant. La prudence s'impose cependant à l'investisseur qui doit considérer le risque d'une plus grande détérioration de la consommation des services de téléphonie cellulaire avec la dégradation de l'économie canadienne, il devra faire ses recherches et non pas se fier à ma modeste opinion...

Pour vous aider à vous faire votre propre opinion, vous pouvez consulter la présentation du dernier rapport trimestriel et des résultats annuels de Telus Corporation en 2008.

Rapport annuel 2008 de Telus Corporation

lundi 13 avril 2009

Revue des sites boursiers

.
Ma liste des meilleurs sites qui traitent de la bourse comprend maintenant une soixantaine de suggestions. Vous retrouvez cette liste, avec les liens internet pour chacun d'eux, dans la colonne de gauche. Ce n'est donc pas le choix qui manque. Le défi c'est de cibler les meilleurs sources qui vous permettront d'accéder à l'information la plus pertinente, celle qui vous aidera à vous y retrouver dans cet univers complexe de la finance et des marchés boursiers.

Ma liste des "top sites boursiers" ci-dessous exclus les blogs boursiers (ex. Forcast Invest, Café de la Bourse...) qui feront l'objet d'un "top blogs boursiers" dans une prochaine chronique. Mes préférences ont peu changées depuis les dernières années, je suis un lecteur assez régulier des sites suivants (en cliquant sur le titre du site, vous allez y accéder par un lien):

Top 7 des sites québécois et canadiens:
La Presse Affaires: beaucoup à cause de ses blogueurs et commentateurs de premier niveau (Cousineau, Dufour, Girard, Rochon...).
Les Affaires.com : très bonne couverture de l'actualité et une forte équipe de commentateurs (Mooney, Vézina, Les investigateurs financiers...).
Argent - Quebecor Media: actualité, vidéos et son Forum qui est le plus fréquenté au Québec, on y retrouve une faune de boursicoteurs assez colorée...
L'heure des comptes: les entrevues de l'émission radio sur internet.
Globeinvestor.com: j'aime bien le tableau des entreprises qui composent le S&P/TSX Composite, on peut le remanier pour faire des sélections en un clic, du type par ordre des gagnants et perdants du jour.
Business News Network: pour sa section TV Clips où on peut visionner la plupart des entrevues qui passent sur ce canal financier de télé.
Financial Post: assez complet, actualités, opinions et vidéos.

Top 7 des sites américains:
Marketwatch.com: celui que je fréquente sur une base régulière depuis des années pour les actualités, on peut également se faire un tableau très pratique de suivi de notre portefeuille qui contiendra autant des titres américains que canadiens (CA + code).
Morningstar.com: pour les statistiques sur les entreprises (dix ans) et les analyses pour plusieurs d'entre elles (section payante).
Bloomberg.com : parce que c'est Bloomberg...
Business Week: beaucoup de contenu, d'analyses en profondeur, le tout gratuitement. Pourquoi achèterait-on la revue? Tout est là...
The Wall Street Journal: la référence des marchés financiers et, en prime, une bonne partie de ce site incontournable est gratuite...
Barron's: revue qui beaucoup d'influence, une mention favorable dans le numéro du samedi provoque souvent une hausse du titre le lundi matin.
MSN Money: de bonnes analyses, entre autres celles de Jim Jubak.

Top 7 des sites européens:
Cantos.com: pour les vidéos, des entrevues éclairantes avec des dirigeants d'entreprises, des analystes, des économistes...
Boursorama: site complet, actualités, opinions, conseils boursiers, forum...
Financial Times: quotidien financier très influent fondée en 1888, une institution...
ABC Bourse : pour les analyses et la très éducative section "Apprendre la bourse".
La Tribune.fr : beaucoup d'actualités et commentaires.
Vernimmen.net: pour le glossaire des termes financiers, difficile d'être plus complet.
Euroland: des fiches par entreprises qui offrent beaucoup d'informations corporatives pertinentes.

Si vous avez des suggestions, faites-moi en part en utilisant la section commentaire.
.

samedi 11 avril 2009

Emploi au Canada: l'impact du ralentissement américain se fait maintenant sentir

.
L'économie canadienne étant à la remorque de l'économie américaine, il y a toujours un décalage entre la situation de la seconde et son impact sur la première. L'économie canadienne est entrée plus tard en récession, elle devrait également prendre un trimestre ou deux de plus pour en ressortir.

L'emploi au Canada commence à ressentir pleinement l'impact du ralentissement économique qui frappe notre voisin américain depuis quelques trimestres. Le Canada a perdu 61,300 emplois en mars, ce qui a fait grimper le taux de chômage à 8%, son niveau le plus élevé en sept ans. Depuis octobre 2008, c'est plus de 350,000 emplois qui ont disparus. Au mois de mars, les pertes d'emploi se sont concentrés dans le secteur de la production des biens, de la construction et et des ressources naturelles. Le secteur manufacturier a perdu un autre 34,000 postes en mars.

Bien que certains entrevoient déjà une amélioration aux USA dès l'automne prochain (lien: La récession terminée en septembre, selon des analystes), l'économie canadienne pourrait s'enliser davantage d'ici la fin de l'année et ne voir une amélioration que vers le milieu de 2010. Ce décalage invite donc l'investisseur à une certaine prudence face à certains titres canadiens de consommation discrétionnaire qui pourraient connaître des résultats décevants d'ici la fin 2009. Un chômeur y pensera par deux fois avant de renouveler sa garde-robe ou de s'acheter le dernier gadget électronique!
.

mercredi 8 avril 2009

Orientation des marchés: affrontement entre Jim Cramer et Nouriel Roubini

.
Jim Cramer, le célèbre analyste et vedette télé de CNBC, traverse une période difficile. Il s'est d'abord fait ridiculiser par Jon Stewart du Daily Show qui, en lui rappelant ses mauvaises prédictions des dernières années dans un reportage incisif, a miné considérablement sa crédibilité. Voici qu'il subit maintenant les foudres de Nouriel Roubini, le célèbre économiste que certains surnomment "Dr Doom" pour la justesse de ses prévisions économiques. M. Roubini avait annoncé dès 2006 que la pire récession des dernières quarante années se dirigeait vers les États-Unis (Lien: Nouriel Roubini, l’homme qui avait prédit la crise...) . Il avait également prédit l'effondrement du système financier américain.

Or, Nouriel Roubini s'en prend aujourd'hui à Jim Cramer qu'il accuse d'être un "bouffon" qui induit actuellement les gens en erreur en prétendant que le marché baissier est terminé et que nous sommes entrés dans un "bull market" (marché haussier). Car M. Roubini est persuadé que la remontée des marchés depuis le 9 mars n'est qu'un "bear market rally", un sursaut à l'intérieur d'un marché baissier, sursaut typique qui suit habituellement les interventions gouvernementales en période de crise. Il est persuadé que les marchés vont revisiter et tester le creux atteint au début mars, parce que les nouvelles macro-économiques à venir vont être pires que ce qui est présentement envisagé, que les résultats trimestriels vont décevoir et que les difficultés des banques ne sont pas terminées. Pour l'économiste, une fois que les investisseurs vont avoir eu ce rappel à la réalité (reality check), les marchés vont se remettre à déprimer.

M. Roubini rappelle que M. Cramer a déjà annoncé à six occasions la fin de ce marché baissier et qu'à chaque fois, il était dans l'erreur: il lui recommande donc de se taire. Jim Cramer réplique que si l'indice Dow Jones retournait à nouveau sous les 7000 points, on assisterait rapidement à une forte remontée car il y aurait une arrivée massive d'acheteurs qui ne voudraient pas manquer cette fois, cette seconde opportunité (après celle du début mars).

Qui croire? La trajectoire des marchés boursiers, plus que jamais, apparaît difficile à prévoir. Pour ma part, et ce n'est que la modeste opinion d'un simple investisseur, je crois que nous ne retournerons pas sous les 7000 points pour l'indice Dow Jones: les interventions massives et concertées des gouvernements relanceront l'économie dès 2010. Puisqu'on dit que les marchés anticipent l'évolution de l'économie environ six mois à l'avance, la reprise boursière actuelle serait le reflet de ce scénario. Mais ce n'est que ma modeste opinion, la vôtre vaut la mienne, l'avenir dira qui a vu juste.

N.B. Mon message est en partie une traduction d'un texte paru sur Globeinvestor.com que vous pouvez consulter ici : Dr. Doom lashes out at CNBC's Cramer.
.

lundi 6 avril 2009

En prenant un café ensemble...

.
Ce que vous pouvez lire sur ce blog ne sont que des commentaires sans prétention sur les marchés boursiers et les entreprises. Je ne suis pas un expert, je ne suis qu'un simple investisseur qui essaie de s'y retrouver dans cet univers complexe et en perpétuel mouvement.

Je sais que certains d'entre vous sont des lecteurs plus réguliers, d'une certaine façon, je vous considère un peu comme des amis. Mes propos sont donc l'équivalent de ceux que je tiendrais à un ami qui partage avec moi un intérêt pour ce domaine de l'activité humaine. C'est un peu, comme si on prenait un café ensemble et qu'on s'échangeait des réflexions, encore une fois, sans prétention.


Alors, disons qu'on a décidé d'aller prendre un café ce matin, je vous dirais amicalement que j'ai identifié des entreprises qui m'apparaissent encore sous-évaluées malgré la remontée récente des bourses. Idéalement, un petit repli des marchés les rendrait encore plus attrayantes... mais ce repli tarde à venir.

Je ne vais pas expliquer pourquoi je pense que chacune d'elles offre ce potentiel. Je vous laisse le soin de les regarder de plus près. Peut-être, à notre prochain café, c'est vous qui allez me dire de ne pas toucher à ça, pour telle ou telle raison que vous avez trouvée en y regardant de plus près. Votre point de vue est aussi valable que le mien, on n'en sera pas moins, bons amis...

Marché canadien:
Bombardier (BBD.B-TSX) - $3.32
Rona (RON-TSX) - $12.98
Saputo Inc. (SAP-TSX) - $21.12
Telus Corporation (T-TSX) - $35.19

Marché US:
Alcoa (AA-NYSE) - $8.17
Office Depot, (ODP-NYSE) - $1.79
Valero Energy (VLO-NYSE) - $19.84

Supervalu Inc (SVU-NYSE) - $15.00
Western Union (WU-NYSE) - $13.82
Boeing (BA-NYSE) - $37.69
Textron (TXT-NTSE) - $7.42
Wyndham Worldwide Corp (WYN-NYSE) - $6.10
Mirant Corp New (MIR-NYSE) - $12.38

Marché européen:
British Telecom (BT-NYSE) - $11.89
Thomson (TMS-NYSE) - $1.02
Wolseley (WOSCY-OTC) - $4.00

European Aero Defense Space Co. (EADSY-OTC) - $13.02
Deutsche Telekom AG (DT-NYSE) - $12.76
France Telecom (FTE-NYSE) - $22.73
Aegon (AEG-NYSE) - $4.49
ING Groep NV (ING-NYSE) - $7.37

Marché sud-américain:
Embraer-Empresa Brasileira (ERJ-NYSE) - $15.62
Tam Sa (TAM-NYSE) - $6.01
Gerdau (GGB-NYSE) - $6.61

Sadia S A (SDA - NYSE) - $4.30
.

dimanche 5 avril 2009

De bons placements récemment...

.
Il n'est pas difficile de bien paraître comme sélecteur de titres quand les marchés sont en hausse comme c'est le cas récemment: lorsque la marée monte, tous les poissons montent. Tout de même, j'ai fais quelques placements au cours des dernières semaines qui me remontent le moral d'investisseur. Bien sûr, je ne vous parle que de mes bons coups...

Voici quelques uns de ces placements, dans l'ordre: nom de l'entreprise, code boursier, prix payé, cours actuel et pourcentage de croissance. Ces titres qui ont fortement augmenté après avoir touché le fond, ne sont peut-être plus des bons choix maintenant: le balancier boursier pourrait les faire reculer de quelques pas dans les prochaines semaines, alors prudence...

Bank of Ireland (IRE-NYSE), $0.87/$4.52 + 419%
Sprint Nextell (S-NYSE), $1.88/$4.25, + 126%
Bank of America (BAC-NYSE), $4.22/$7.60, +80%
Lloyds Banking Group (LYG-NYSE), $2.80/$4.67, +67%
Radian Group (RDN-NYSE), $1.35/$2.00, + 48%
Nissan (NSANY-Nasdaq), $6.42/$9.39, + 46%
.

Espérer un recul temporaire des marchés...

.
C'est un peu paradoxal, après des mois a espérer une remontée boursière, je prendrais bien un petit recul temporaire des marchés. Genre, un retour de l'indice Dow Jones vers les 7200 points. C'est que j'aimerais bien y entrer modestement, avec quelques petits investissements sur certains titres que je possède déjà et qui ont été sérieusement malmenés au cours des derniers dix-huit mois.

L'indice Dow Jones vient de remonter de près de 25% en quatre semaines, malgré une récession mondiale qui prend racines. Les 633,000 pertes d'emploi en mars et le taux de chômage à 8.5% aux États-Unis ne semblent pas arrêter la vigueur retrouvée des investisseurs. La confiance qu'inspire l'administration Obama doit y être pour beaucoup: enfin, les États-Unis sont dirigés par un président intelligent qui a une vision pour l'avenir de son pays. Mais tout de même, avec le début, la semaine prochaine, de la publication des résultats financiers pour le premier trimestre de l'année... ne devrait-on pas assister à un refroidissement temporaire des ardeurs?

Allez, un petit recul, on entre, et puis on repart définitivement vers le haut!
.

mardi 31 mars 2009

Que pensez-vous du titre de Bombardier?

.
Je mentionnais au début février qu'avec le titre de Bombardier, il fallait voir au delà de 2009. Lapalissade me direz-vous, puisque pour tous les titres industriels, il faut voir au delà de la récession actuelle. Certes, mais dans le cas de Bombardier (BBD.b-TSX, $2.96), je crois que cela est particulièrement vrai.

La baisse des ventes d'avions d'affaires va affecter certainement les marges de l'entreprise au cours des prochains trimestres, mais au delà de la tempête, les perspectives de Bombardier me semblent très prometteuses. Sa division Transports est bien placée pour profiter de l'augmentation des dépenses dans les infrastructures de transport en commun dans plusieurs parties du monde. Après la récession, sa division d'avions commerciaux, avec éventuellement ses modèles de la Série C, devrait connaître une bonne croissance, alimentée par l'augmentation du trafic aérien au cours de la prochaine décennie avec le développement des économies émergentes.


Hier, d'ailleurs, Bombardier Aéronautique a annoncé qu'elle avait obtenu une commande ferme de Lease Corporation International Aviation Limited pour 20 appareils de la CSeries, soit trois biréacteurs de ligne CS100 et de 17 biréacteurs CS300: une valeur d'environ 1,44 milliard $ US. Le client a également pris une option d'achat sur 20 autres appareils de cette série. Cette commande d'appareils de la C Series s'ajoute à celle du transporteur aérien allemand Lufthansa, confirmée le 11 mars dernier, pour 30 avions d'une valeur de 1,53 milliard $ US. L'entente avec Lufthansa prévoit également des options sur 30 autres avions de la CSeries. Bombardier serait-elle en train de s'installer définitivement dans cette section du marché (110-130 passagers) au potentiel prometteur, bien que ces nouveaux modèles ne soient encore que sur la planche à dessin?

Je crois qu'à $2.96, ce titre a un bon potentiel sur un horizon de cinq ans, tant du côté de sa division Transports que de celui de sa division aéronautique. La prudence s'impose cependant à l'investisseur qui s'aventure sur ce terrain qui est celui d'un secteur cyclique qui requiert d'énormes investissements en R&D et où la compétition de nouveaux joueurs (Russie, Chine, Japon...) pourrait changer la donne, il devra faire ses recherches et non pas se fier à ma modeste opinion... Alors, que pensez-vous du titre de Bombardier?
.

lundi 30 mars 2009

Un repli qui pourrait créer un bon point d'entrée?

.
Il fallait s'y attendre, la remontée des marchés allait rencontrer tôt ou tard de la résistance de la part des pessimistes, ceux qui croient que cette remontée n'était qu'un "bear market rally", un de ces sursauts positifs temporaires qui se produisent à l'intérieur d'un long marché baissier. Et puis, après les gains des trois dernières semaines, des prises de profits étaient à prévoir. En Europe, l'indice Euro Stoxx 50 perd actuellement 3.6% en ce début de semaine.

Ce repli des marchés s'il se continuait au cours des prochaines séances ferait bien mon affaire: selon moi, un indice Dow Jones qui retournerait vers les 7000/7200 points, créerait une occasion intéressante d'entrer à nouveau dans ce marché. La prudence s'impose cependant à l'investisseur qui s'aventure sur ce terrain qui est celui d'un marché boursier encore fragile après une longue maladie, il devra faire ses propres recherches et non pas se fier à ma modeste opinion avant d'y entrer...
.

dimanche 29 mars 2009

Que pensez-vous du titre de Rhodia?

.
Le titre de Rhodia (RHAYY sur OTC et RHA sur Euronext), une des dix plus grandes entreprises mondiales de la chimie de spécialités, est en chute libre depuis deux ans: en Amérique, il valait plus de $50 en juillet 2007, il a clôturé la séance de vendredi à $3.63 aux USA. La même journée, il fermait à 2.82 euros à Paris. Rhodia traîne une forte dette qu'elle a réussi à réduire de 173 millions d'euros en 2008, mais qui demeure énorme: 1 311 millions d'euros. Comme il y a un peu plus de 101 millions d'actions en circulation, cela représente près de 13 euros de dettes par action!

Rhodia a subit de plein front le ralentissement économique mondial qui a fait chuter la demande pour les commodités industrielles: son chiffre de vente a baissé de 17% au 4ème trimestre de 2008. Par contre, paradoxalement, les prix pour ses produits sont parvenus à augmenter de 11%. L'entreprise est également parvenue à générer un free cash flow (fonds autogénérés libres) de 168 millions d'euros durant ce trimestre. Rhodia a généré un chiffre d'affaire de plus de 4.7 milliards d'euros en 2008, soit environ 47 euros de ventes par action: avec un cours européen de 2.82 euros, cela représente un très faible ratio Prix par action/vente (0.06).

Que pensez-vous de ce titre? Est-ce que Rhodia peut parvenir à effectuer finalement un redressement de sa situation ou est-elle condamnée éventuellement à une restructuration inévitable de son capital pour alléger le poids de sa dette? Si le premier scénario se réalise, au moment de la relance économique, ce titre pourrait remonter de façon importante. Si le second scénario se concrétise, les actionnaires actuels pourraient en faire les frais. C'est un couteau à deux tranchants.

Pour ma part, je serais tenté de croire au premier des deux scénarios, la génération de free cash flow au 4ème trimestre et la réduction de la dette en 2008, me laissent espérer un retournement de situation. Rhodia a également des équipements à l'avant-garde en matière de contrôle des émissions polluantes, ce qui pourrait lui valoir des revenus à la bourse du carbone. La prudence s'impose cependant à l'investisseur qui s'aventure sur ce terrain qui est celui des entreprises lourdement endettées, il devra faire ses recherches et non pas se fier à ma modeste opinion...

Pour vous aider à vous faire votre propre opinion, vous pouvez consulter la présentation du dernier rapport trimestriel et des résultats annuels de Rhodia en 2008:


N.B. En Amérique, ce titre n'est disponible que via le marché "over the counter", le volume d'échanges quotidiens du titre est très limité et les coûts de transaction demandés par votre firme de courtage risquent d'être plus élevés.
.

samedi 28 mars 2009

Suivi du message sur les banques canadiennes

.
Le jeudi 5 mars, je publiais un message où j'abordais les actions des banques canadiennes, je soulevais l'intérêt qu'elles offraient alors: des cours très bas avec de substantiels dividendes (en pourcentages). La récompense pour l'investisseur pouvait être double: une remontée de la valeur du titre et d'importants yields qui se situaient alors entre 6.5 et 10% selon les banques. Le risque c'était la solidité de ces dividendes, s'ils étaient remis en question, les cours des actions pourraient baisser davantage. Depuis, pas de nouvelles inquiétantes au sujet d'une remise en question de la taille des dividendes. Si ça tient, le timing au début du mois pour investir dans les banques canadiennes était donc très bon, puisque les titres bancaires ont connu une importante remontée depuis. Aujourd'hui, après cette correction haussière des trois dernières semaines, leur attrait est moins évident.

Ci-dessous, la progression des titres des banques canadiennes depuis le 5 mars:

Banque Royale (RY-TSX): $29.22/$36.99 (+ 27%)
TD Bank (TD-TSX): $35.18/43.86 (+ 25%)
CIBC (CM-TSX): $37.86/$46.82 (+ 24%)
Banque de Montréal (BMO-TSX): $27.16/$33.41 (+ 23%)
Bank of Nova Scotia (BNS-TSX): $26.21/$31.88 (+ 22%)
Banque Nationale (NA-TSX): $35.75/$40.75 (+ 14%)
.

vendredi 27 mars 2009

Deux questions...

.
Marc, un lecteur de la Polynésie Française, soulevait hier dans un commentaire une interrogation que je partage: quel sera l'effet de la volonté des chinois de se défère d'une partie de leurs dollars US. On sait qu'ils possèdent des quantités importantes de cette monnaie. Des ventes massives au cours des prochains mois ou années pourraient faire chuter la valeur de la monnaie américaine, ce qui compliquerait drôlement le remboursement de l'énorme dette des États-Unis. La valeur des actions américaines que les canadiens ou les européens possèdent subirait également les contrecoups d'une telle dévalorisation. Est-ce que cette crainte est fondée? Qu'en pensez-vous?


Autre question. Le plan Geithner a comme objectif en délestant les grandes banques de leurs "actifs toxiques", de relancer l'accès au crédit aux États-Unis qui se figeait par des pratiques hyper-défensives. Si ce plan fonctionne, cela signifierait un accès plus facile au crédit pour les entreprises qui ont d'importantes dettes. Plusieurs titres ont été littéralement déchiquetés par la perspective de voir ces entreprises coincées par un "debt squeeze", une impossibilité d'accès au crédit qui les obligerait à se placer sous la protection contre les faillites (Chapitre 11). Certaines des ces entreprises qui avaient tout de même des actifs considérables, ont vu leurs actions perdent parfois plus de 80% de leur valeur en deux ans.

Est-ce que l'amélioration de l'accès au crédit pour ces entreprises qui pourraient ainsi survivre à la crise actuelle sans restructuration du capital, ne crée-t-elle pas d'intéressantes occasions d'achats pour ces titres qu'on comptait pour morts et qui pourraient de cette façon connaître un redressement considérable au cours des prochains mois, puisqu'ils partent de très bas? Qu'en pensez-vous?
.

mercredi 25 mars 2009

Une correction haussière relativement modeste

.
Plusieurs analystes des marchés mettent présentement les investisseurs en garde contre un enthousiasme prématuré. La remontée des marchés (environ 20% depuis deux semaines) pourrait être un feu de paille. Apparemment, d'un point de vue d'analyse technique, on ne peut conclure que nous avons quitté pour de bon cet énorme marché baissier que nous venons de traverser. Il est également difficile de conclure que les interventions des différents gouvernements viendront à bout rapidement de la récession en cours. Pour ma part, je suis persuadé que nous avons atteint le creux le 9 mars dernier (Dow Jones à 6440 points) et que nous sommes au début d'un nouveau "bull market". L'avenir dira qui avait raison.

S'il y avait repli au cours des prochaines semaines, disons vers les 7000 points pour l'indice Dow Jones, selon moi, ce serait l'occasion d'entrer sur le marché pour ceux qui disposent de liquidité. Et même s'il n'y avait pas repli, selon moi, les actions à leur niveau actuel demeurent bon marché. Lorsqu'on compare les prix des actions de certaines grandes entreprises avec leurs BPA (bénéfices par action) moyens ou leurs fonds autogénérés moyens (cash flow) des dix dernières années, on réalise qu'elles sont démesurément pénalisées par rapport à leur valeur réelle.

Tout ça pour vous dire, et ce n'est que la modeste opinion d'un simple investisseur, qu'il y a encore beaucoup de bonnes occasions d'investissement dans une perspective moyen terme, même après une correction à la hausse de 20%. Ne pas oublier que malgré ce rebond, l'indice Dow Jones est encore en retard de 13% par rapport à son niveau du 1er janvier 2009 et de 46% par rapport à son niveau d'octobre 2007! Ces chiffres mettent en perspective la correction haussière des deux dernières semaines: elle est bien relative. S'il y avait effectivement recul vers un Dow Jones à 7000 points, les occasions offertes par ce marché d'acheteurs n'en seraient que plus intéressantes selon moi.

Je peux être complètement dans l'erreur et l'avenir donnera peut-être raison aux "oiseaux de malheur" qui affirment que le fond est beaucoup plus bas que ce que l'on a connu. Je demeure très modeste dans ma capacité à prédire la tendance des marchés, j'ai déjà été déçu plus d'une fois au cours des derniers mois, votre point de vue est tout aussi valable que le mien...
.

lundi 23 mars 2009

Le plan Geithner: un pas dans la bonne direction

.
Les investisseurs nord-américains ont réagi très favorablement à l'annonce par le secrétaire au Trésor américain, Tim Geithner, d'un plan pouvant aller jusqu'à 1000 milliards de dollars pour "débarrasser" les banques de leurs actifs douteux. Le plan vise à purger au départ environ 500 milliards $US de ces créances douteuses qui plombaient les comptes des banques et les amenaient à des pratiques hyper-défensives en matière de prêts, ce qui étouffait progressivement l'économie américaine. Ces "actifs toxiques" seront offerts à des conditions avantageuses aux investisseurs privés, en partenariat avec le gouvernement fédéral.

Les marchés semblent avoir conclu que le plan Geithner allait fonctionner et revitaliser le secteur bancaire américain. Les titres financiers ont fait des bonds spectaculaires: Bank of America (+26%), Wells Fargo (+24%), JP Morgan (+25%), Citigroup (+19%)... Est-ce que cet optimisme se continuera dans les prochains jours, propulsant le Dow Jones au dessus des 8000 points? Assistera-t-on plutôt à des ventes importantes d'investisseurs qui profiteront de l'embellie des marchés depuis le 9 mars (augmentation du Dow Jones de 21% en deux semaines), pour prendre leurs profits avant que la réalité de la récession américaine ne rattrape à nouveau le moral des marchés?

Pour ma part, j'ai connu ma meilleure journée en bourse à vie: + 7,77%!!! Il faut cependant demeurer réaliste, remonter de 7%, ou de 21% en deux semaines, demeure relativement peu quand on compare ces chiffres aux reculs des marchés depuis 18 mois. On ne sablera pas le champagne trop vite, la pente à remonter est encore énorme, mais c'est tout de même un pas dans la bonne direction.
.

mardi 17 mars 2009

Est-ce que l'on a atteint le fond le 9 mars dernier?

.
Les bourses vont bien depuis une semaine, je devrais normalement festoyer et nourrir ce blog facilement... Je n'y parviens pas, ma tête est ailleurs. L'inspiration me manque. Ça me rassure quand même cette remontée des marchés: quand je pense qu'il y a deux semaines, certains "oiseaux de malheur" avançaient un scénario apocalyptique où l'indice Dow Jones allait toucher les 4000 points avant de remonter.

Est-ce un "bear market rally" que nous traversons, un de ces sursauts positifs temporaires qui se produisent à l'intérieur d'un long marché baissier? J'en doute, je crois que le fond a été atteint lorsque l'Indice Dow Jones a touché les 6440 points lundi dernier, le 9 mars. Les sommes gigantesques injectées par les différents gouvernements de la planète dans les économies et les taux d'intérêts minimalistes décrétés par les banques centrales, viennent supporter l'hypothèse d'une reprise réelle des économies en 2010. Puisque les bourses réagissent habituellement à l'avance, on peut penser que ce "bear market" soit chose du passé, c'est du moins ma modeste opinion. Ceci dit, on peut s'attendre à un recul au cours des prochaines séances: ceux qui ne croient pas que ce marché baissier soit terminé, vont sûrement profiter de cette remontée pour vendre et se faire des liquidités pour profiter éventuellement de cours qu'ils voient encore plus bas.
.

dimanche 15 mars 2009

Quelle est la marque de commerce qui a la plus grande valeur?

.
Deux firmes de marketing décernent annuellement des valeurs et un classement aux marques de commerce des grandes entreprises: ces études sont celles de Interbrand et de Millward Brown Optimor. En cette période de dépression boursière où tous les titres, même ceux des grandes entreprises, sont accessibles à moindre coût, il peut être utile de considérer la valeur de cette variable dans les choix que font les investisseurs. Développer une marque de commerce est un travail coûteux et de longue haleine, cet actif, bien que plus difficilement quantifiable que d'autres, a définitivement une valeur en soi. Les deux études identifient les 100 marques de commerce qui ont la plus grande valeur.

Pour Interbrand, c'est Coca-Cola (KO au NYSE) qui remporte la palme. On souligne que Coca-Cola a su renforcer la renommée de sa marque en développant récemment de nouveaux produits qui répondent aux préoccupations des consommateurs en matière de santé et d'apparence physique (Diet Coke Plus et Coke Zero). Parmi les compagnies dont la valeur de la marque de commerce a le plus augmentée au cours de la dernière année, ce sont trois compagnies reliées au domaine informatique qui ont connu les plus fortes croissances: Google (GOOG-Nasdaq), Apple (AAPL-Nasdaq) et Amazon (AMZN-Nasadaq). À l'opposé, voici les cinq compagnies qui ont vu leur marque de commerce perdre le plus de sa valeur au cours de la dernière année: Ford, Citigroup, Morgan Stanley, Gap et Merrill Lynch. On ne sera pas surpris de retrouver trois compagnies qui oeuvrent dans le domaine financier parmi cette liste des marques de commerce endommagées.

Pour Millward Brown Optimor, c'est la marque de commerce de Google qui a la plus grande valeur, suivie de celle de General Electric (GE-NYSE), de Microsoft (MSFT-Nasdaq) et de Coca-Cola. Les valeurs des marques de commerce de BlackBerry (Research in Motion), Apple et Amazon ayant le plus augmentées, pendant que celles de Motorola, Starbucks et Home Depot ont connu les plus importants reculs.

Dans l'étude de Millward Brown Optimor, on établie un lien entre la valeur des marques de commerce des compagnies et leur performance boursière (voir, page 5 de l'étude). Ainsi, deux portefeuilles ont été créés pour la période allant d'avril 2006 à avril 2008, portefeuilles que l'on a comparé à l'indice S&P 500 qui a augmenté de 3% durant cette période. Un premier portefeuille constitué des 100 entreprises ayant les plus fortes marques de commerce a donné un rendement boursier de 14.8% au cours de ces 24 mois. Un second portefeuille, où l'on ne retenait que les compagnies dont la valeur de la marque de commerce contribuait pour plus de 30% aux bénéfices (2/3 des 100 entreprises), a performé encore plus: la valeur de ses titres ayant augmenté de 22.1%, plus de sept fois la performance de l'indice S&P 500. L'étude conclue que cela démontre la valeur d'une solide marque de commerce, particulièrement en période de turbulence économique.

Pour accéder à ces deux études sur les marques de commerce, cliquez sur les liens ci-dessous:

Best Global Brands 2008 - Interbrand

The 100 Most Powerful Brands 2008 - Millward Brown Optimor
.

samedi 14 mars 2009

Merci, monsieur Bashung...

Alain Bashung 1947-2009

jeudi 12 mars 2009

Les leçons de l'investisseur: La bourse n'est qu'un moyen, pas une fin en soi

.
Devrait-on dire "boursicomane" comme cocaïnomane ou "boursicoolique" comme alcoolique? Peu importe, je ne crois pas qu'il y ait pour l'instant un mot dans la langue française qui décrive la dépendance à la bourse. Mon père était un mordu des courses de chevaux et autres formes de jeux dont on peut devenir esclave et qui peuvent gâcher votre vie et celle de vos proches. Mon fils m'a dit un jour: "Tu sais, entre bourse et course, il n'y a qu'une lettre de différence". Brillante observation.

Prendre soin de ses finances personnelles quand notre qualité de vie et celle de notre famille en dépend, est une responsabilité importante. La bourse peut nous permettre de profiter davantage du fruit de notre travail et donc, de la vie. Elle peut cependant se transformer progressivement en un jeu dont on peut devenir dépendant. Il faut se méfier. Quand on construit une maison, c'est dans le but de connaître le bonheur de l'habiter un jour; si on ne fait que la monter et la démonter ou y ajouter des étages sans jamais l'habiter, cet exercice n'est plus qu'un gaspillage du précieux temps qui nous ait alloué dans cette vie.

Investir, c'est reporter à plus tard la jouissance de la vie à laquelle notre labeur nous donne droit, en se disant que ce qui pourra alors être accompli, ou le bonheur que l'on pourra en tirer dans quelques années, sera nettement supérieur au plaisir que l'on pourrait obtenir aujourd'hui. Mais il ne faut pas que reporter à plus tard, il faut aussi profiter de la vie maintenant. J'ai connu une femme qui avait économisé toute sa vie en vivant dans une relative pauvreté. Dans les derniers mois de sa vie, elle avait finalement réalisé qu'elle n'avait pas joui de la vie et que maintenant il était trop tard. Triste constat. Elle avait travaillé sans relâche pour bâtir une maison qu'elle n'aura jamais habitée.

J'essaie d'associer chacun de mes investissements à un projet futur: au moment opportun, telles ou telles actions se transformeront en un voyage en Europe, une rénovation majeure dans ma maison, le paiement des frais de scolarité de mon fils. L'investissement boursier n'est qu'un moyen, pas une fin en soi. Il ne faut jamais le perdre de vue.
.

mardi 10 mars 2009

La pire décennie de l'histoire des marchés boursiers

.
Il y a sept ans aujourd'hui, je faisais mon premier placement boursier. Arriver en bourse en mars 2002, quasiment au début de la pire décennie dans l'histoire des marchés boursiers, n'était pas un timing idéal. J'en ai durement payé le prix, du moins en pertes théoriques, parce que éventuellement le cours de mes actions, je l'espère, reflétera davantage la valeur réelle des entreprises dans lesquelles j'ai investies.

Nous sommes donc dans la pire décennie de l'histoire de l'investissement boursier. Nous payons le prix aujourd'hui pour l'optimisme démesuré des investisseurs au cours des années 80 et 90, période qui avait vu l'indice Dow Jones passer de 838 à 11497 points: une augmentation de 1271% en vingt ans! Depuis le 1er janvier 2000, le même indice a reculé de plus de 42%. Depuis son sommet de 14225 points atteint le 10 octobre 2007, le recul est de 53%!

Si l'indice Dow Jones se situait à son niveau actuel le 31 décembre prochain, cela équivaudrait à la pire décennie pour les investisseurs, pire que la période 1930-39 où on avait assisté à un recul de près de 40%. Les marchés s'étaient complètement écroulés en 1932, mais s'étaient redressés à compter de l'année suivante pour limiter les dégâts tout de même considérable de la décennie.

Ne pas paniquer: après une pareille décennie, un redressement au cours des années 2010, si l'on se fie à la tendance historique, est plus que probable.

Indice Dow Jones (points au début de la période et à la fin, suivi du pourcentage)

1920-1929: 107.23 à 248.48, +132 %
1930-1939: 248.48 à 150.24, -40 %
1940-1949: 150.24 à 199.39, +33 %
1950-1959: 199.39 à 679.36, +241 %
1960-1969: 679.36 à 800.36, + 18%
1970-1979: 800.36 à 838.74, +5%
1980-1989: 838.74 à 2753.20, + 228%
1990-1999: 2753.20 à 11497.12, + 318%
2000-2009 (6 mars): 11497.12 à 6626.94, -42%
.

jeudi 5 mars 2009

Jon Stewart passe le KO à CNBC!

Merci Jon Stewart, ça fait du bien...

Les dividendes des banques canadiennes tiendront-ils le coup?

.
La Banque de Montréal (BMO-TSE) paie actuellement un dividende qui, au prix actuel de l'action ordinaire, équivaut à un rendement de près de 10% annuellement. Placé dans un CELI à l'abri de l'impôt, cela peut devenir fort intéressant. Pour les autres banques canadiennes, les yields sont également alléchants: CIBC (8.8%), Bank of Nova Scotia (7.1%), TD Bank (6.8%), Banque Nationale (6.8%), Banque Royale (6.5%). La question est de savoir si ces dividendes peuvent tenir le coup, seront-ils prochainement remis en question pour permettre à ces institutions de disposer de liquidités suffisantes en ces temps difficiles.

On a vu récemment le Mouvement des Caisses Populaires Desjardins réduire la ristourne annuelle qu'il verse à ses actionnaires. Aux États-Unis, de nombreuses banques ont coupé leur dividende de façon importante. Qu'arrivera-t-il avec les dividendes des grandes banques canadiennes? On entend régulièrement dire que la situation des banques canadiennes est nettement plus solide que celle de leurs vis-à-vis américaines. Si, effectivement, elles tiennent le coup et ne remettent pas en question leur dividende, elles seraient à leur prix actuel des placements valables à deux niveaux: en garantissant un revenu annuel intéressant par leur dividende, en plus d'offrir éventuellement une prime au niveau de leurs cours qui remonteront certes, une fois la crise actuelle passée.

Par contre, si elles réduisent prochainement leurs dividendes sur leurs actions ordinaires, on peut s'attendre à une chute importante de leurs cours boursiers, puisqu'elles perdraient ainsi leur principal attrait pour l'investisseur. Elles constituent donc un investissement qui comporte un facteur important d'incertitude et de risque. À vous de juger.

Banque de Montréal (BMO-TSX - $27.16)
CIBC (CM-TSX - $37.86)
TD Bank (TD-TSX - $35.18)
Banque Nationale (NA-TSX - $35.75)
Banque Royale (RY-TSX - $29.22)
Bank of Nova Scotia (BNS - $26.21)
.

dimanche 1 mars 2009

Face à ce marché imprévisible, même Warren Buffett s'est trompé

.
Hier se tenait l'assemblée annuelle des actionnaires de Berkshire Hathaway, le holding dirigé par l'investisseur le plus célèbre de la planète, Warren Buffett. Il a admis avoir commis quelques erreurs au cours des derniers mois, entre autres, d'avoir acheté des actions de Conoco Phillips (COP-NYSE) alors que le prix du pétrole était élevé, il n'avait pas anticipé la chute spectaculaire de son cours qui allait entraîner avec elle à la baisse les titres pétroliers.

Dans le cas des énormes investissements de Berkshire Hathaway dans Goldman Sachs Group (GS-NYSE) et dans General Electric Co. (GE-NYSE), comme il s'agit d'actions préférentielles garantissant un important dividende protégé, à première vue, ce ne sont pas de mauvais investissements en soi.

Cependant, ces deux transactions incluaient également des warrants qui donnent la possibilité d'acheter éventuellement des actions communes de ces deux compagnies à un prix prédéterminé: pour Goldman Sachs Group le prix fixé était de $115, pour General Electric de $22.25. Si Warren Buffett avait mieux évalué la chute des marchés, en particulier des titres financiers, nul doute qu'il aurait pu négocier de meilleurs warrants quelques mois plus tard. Le titre de Goldman Sach s'est écroulé pour atteindre $47.41, deux mois après l'investissement massif de Berkshire Hathaway, il est remonté à $90 aujourd'hui: quelques semaines d'attente et ces warrants auraient donc pu être obtenus à des prix nettement plus bas. Quant à elles, les actions de General Electric, minées par sa division financière (GE Capital), ont connu depuis une chute de 65% de leur valeur, elles se transigent actuellement à $8.51, rendant les warrants obtenus par Buffett très peu attrayants pour l'instant.

Comme quoi, même le plus brillant et le plus sage investisseur de tous les temps a été quelque peu dépassé par ce marché invraisemblable que nous traversons depuis dix-huit mois. Imaginez alors le désarroi du simple investisseur, comme vous et moi. D'une certaine façon, on peut se consoler du piètre rendement de nos investissements, en se disant que ce marché là, il était vraiment imprévisible, même pour le meilleur d'entre nous.
.

lundi 23 février 2009

En attendant que la tempête passe, la sagesse de l'Oracle d'Omaha

.

En attendant que la tempête passe, et elle passera, quelques citations de Warren Buffett, ça calme et ça redonne de la perspective:

« Quelqu'un s'assoit à l'ombre aujourd'hui, parce que quelqu'un d'autre a planté un arbre il y a longtemps. »
« Je veux pouvoir expliquer mes erreurs. C'est pourquoi je ne fais que des choses que je comprends. »
« Quand on est dans un trou, la pire chose à faire est de continuer de creuser. »
« Quand un dirigeant avec une réputation d'excellence s'attaque à une entreprise avec une réputation de médiocrité, c'est la réputation de l'entreprise qui demeure intacte. »
«Les prévisions vous en disent beaucoup sur ceux qui les font, elle ne vous disent rien sur l'avenir.»
« Ne demandez jamais à un barbier si vous avez besoin d’une coupe de cheveux. »
« Mieux vaut avoir approximativement raison qu'avoir précisément tort. »
« Dans le monde des affaires, malheureusement, le miroir arrière est toujours plus clair que le pare-brise. »
« Si jamais vous vous retrouvez dans un bateau qui coule, l'énergie pour changer de bateau est plus productive que l'énergie pour colmater les trous. »
« Vous n'avez pas raison parce que d'autres sont d'accord avec vous. Vous avez raison parce que vos faits sont exacts et que votre raisonnement est juste. »
« La plupart des gens s’intéressent aux actions quand tout le monde s’y intéresse. Le moment d’acheter est quand personne ne veut acheter. Vous ne pouvez acheter ce qui est populaire. »
« Quand vous recherchez des gens à recruter, vous devez rechercher trois qualités : l'intégrité, l'intelligence, et l'énergie, s'ils ne possèdent pas la première, les deux autres vous tueront. »
« C'est quand la mer se retire qu'on voit ceux qui se baignent nus. » (les entreprises lorsqu'une récession se présente...)
« Si vous ne connaissez pas les bijoux, connaissez le bijoutier. »
«Un sondage n'est pas un substitut à la réflexion»

Et quelques unes en anglais:

"Chains of habit are too light to be felt until they are too heavy to be broken."
"In the short run, the market is a voting machine. In the long run, it's a weighing machine."
"Be fearful when others are greedy. Be greedy when others are fearful."
"Risk comes from not knowing what you're doing."
"Wide diversification is only required when investors do not understand what they are doing."
"What we learn from history is that people don’t learn from history."
"Diversification may preserve wealth, but concentration builds wealth."
"Invest within your circle of competence, It's not how big the circle is that counts, it's how well you define the parameters"
"I never attempt to make money on the stock market. I buy on the assumption that they could close the market the next day and not reopen it for five years."
"I don't look to jump over 7-foot bars: I look around for 1-foot bars that I can step over. "
"Look at market fluctuations as your friend rather than your enemy; profit from folly rather than participate in it."
" There seems to be some perverse human characteristic that likes to make easy things difficult. "
"Time is the friend of the wonderful company, the enemy of the mediocre."
"We believe that according the name 'investors' to institutions that trade actively is like calling someone who repeatedly engages in one-night stands a 'romantic.' "
.

vendredi 20 février 2009

Quelle idée de démarrer un blog sur la bourse le 15 septembre 2007...

.
Le 15 septembre 2007, les marchés boursiers allaient plutôt bien, depuis mars 2003 que les indices grimpaient de façon régulière: en 4 ans et demie, le S&P 500 avait presque doublé, passant de 800 à plus de 1500 points. Mes investissements durant cette période avaient suivi la tendance des marchés et même, fait un peu mieux. J'eus alors la brillante idée ce samedi après-midi du 15 septembre 2007 de démarrer un blog sur la bourse. Je m'étais dit que ce serait sympathique d'échanger avec d'autres simples investisseurs sur cette passion que nous avions en commun. Quel timing!

Quand on démarre un blog, peu importe le sujet, le défi c'est de se faire connaître. On écrit pour être lu, après tout. La blogosphère compte des millions de blogs, ce n'est pas évident de sortir de l'anonymat. J'ai utilisé dans les premiers temps une stratégie marketing plutôt ratoureuse: j'ai envahi les différentes sections du forum Webfin pour y laisser des messages sur différents sujets en laissant ma carte de visite, l'adresse de mon blog, à la fin de chaque message. Les administrateurs du forum boursier le plus populaire au Québec ont été tolérants avec moi, je les en remercie. Grâce à eux, j'ai pu me développer un premier noyau de lecteurs. Au fil des mois, j'ai tenu le coup, lorsque périodiquement je frappais un mur dans mon inspiration et que je remettais en question la pertinence de continuer.

Depuis le 15 septembre 2007, l'indice S&P 500 a perdu en moins de dix-huit mois près de 50% de sa valeur, passant de 1484 points à 770 aujourd'hui. Ce n'était vraiment pas la période idéale pour démarrer un blog boursier. J'ai démarré ma "petite entreprise" au début d'une des périodes les plus négatives de l'histoire des marchés boursiers.

Imaginez l'inverse, si les marchés avaient doublé leur valeur, nous aurions partagé ensemble ces moments d'allégresse boursière, nous félicitant mutuellement de nos coups les plus fumants... Mais là, c'est le contraire avec ce marché de déprime: ce n'est pas évident de vous entretenir quasi quotidiennement de ce sujet qui devient quasiment lugubre. Il y a des jours où j'aurais davantage envie d'aborder des sujets plus légers, de rigoler avec vous, plutôt que de faire le bilan d'une autre semaine marquée par la chute des cours boursiers.

Je me dis que les titres des institutions financières sont tellement rendus bas, qu'ils ne peuvent plus descendre vraiment plus bas (Citigroup à $1.95!). Je me dis que General Electric à $9.38, ça ne peut pas rester là bien longtemps. Je me dis qu'à ces niveaux, il n'y aura bientôt plus de motivation à vendre et que la situation va s'inverser rendue à un certain seuil. On dit que c'est lorsque le simple investisseur est complètement déprimé que les marchés s'apprêtent à changer de direction, je le suis, alors ça doit être bon signe.

Malgré ma déprime d'investisseur, je crois vraiment que cette fois le fond est proche, encore deux ou trois séances de déprime, l'indice Dow Jones qui frôle les 7000 points et hop, on repart vers le haut! Il ne faut pas désespérer, le début de la remontée n'est peut-être pas loin. Je sais, j'ai dit ça quand l'indice Dow Jones était rendu à 11000 points, puis à 10000, 9000, 8000... Est-ce que je fais encore preuve d'un optimisme non fondé? On s'en reparle dans un mois.
.

Direction Dow Jones à 7000 points?

.
Autre journée critique pour la direction des marchés aujourd'hui. Je ne suis pas un spécialiste de l'analyse technique mais les principaux indices ont rejoint à nouveau leur support de la fin novembre (7400 points pour l'indice Dow Jones) et le plancher pourrait craquer, et si ça cède, on déboule de quelques marches supplémentaires, on se dirige vers les 7000 points pour l'indice phare. Je ne suis qu'un simple investisseur comme vous, ce n'est que ma perception des marchés, votre point de vue vaut le mien. Il faut rester calme, ce n'est pas le temps de paniquer et de vendre ses actions aux prix ridicules où elles sont en ce moment, c'est ma modeste opinion. Je ne suis pas un "day trader", vendre pour racheter quelques points de pourcentage plus bas dans deux jours, ce n'est pas ma tasse de thé.

Il y a tellement de mauvaise nouvelles depuis quelques semaines, la dernière en lice étant la fraude de 8 milliards de Banque Stanford Internationale, que la déprime des investisseurs semble totale, la confiance dans le système boursier est à son plus bas. On dirait que les investisseurs attendent le grand coup vers le bas pour se pointer, comme s'il y avait déjà un consensus que le fond est plus bas. Pourtant, nombre de titres de qualité sont en vente à prix d'aubaines. Mais où sont les acheteurs? Il y en a sûrement plein sur les lignes de côté qui observent, mais tous semblent attendre "le" signal avant de sauter sur le terrain.

Ne pas oublier les paroles du sage Warren: "Be fearful when others are greedy. Be greedy when others are fearful.". Ou si vous préférez: "Soyez craintifs quand les autres sont gourmands, soyez gourmands quand les autres sont craintifs."
.

mardi 17 février 2009

Direction Dow Jones à 7500 points?

.
Les bourses nord-américaines étaient en congé hier, si je me fie aux bourses européennes hier et ce matin et à la multitude de nouvelles négatives de la semaine dernière, j'ai l'impression que l'on se dirige vers les 7500 points pour l'indice Dow Jones. En novembre dernier, l'indice phare avait percé brièvement le plancher des 7400 points avant de remonter rapidement au dessus des 9000 points en une douzaine de séances. C'était un faux départ bien sûr, les marchés sont repartis vers le bas par la suite.

Ce qui m'amène à croire que l'on s'apprête à revisiter les environs du creux de novembre: l'incapacité de l'indice à revenir au dessus des 8000 points lors des trois dernières séances de la semaine dernière. Ce n'est qu'une impression, je ne suis pas un spécialiste de l'analyse technique. Qu'en pensez-vous?
.

lundi 16 février 2009

Investir dans les énergies renouvelables

.
Le documentaire d'Al Gore m'a fait penser aux investissements dans les compagnies reliées aux énergies renouvelables. Ces énergies sont fort prometteuses pour ce qui est de la protection de l'environnement, mais constituent-elles un domaine d'investissement valable? L'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche n'est-elle pas un facteur favorable au développement de ce secteur et des entreprises qui lui sont associées?

Avant de s'aventurer sur ce terrain, l'investisseur doit cependant y penser par deux fois, plusieurs de ces entreprises se transigent à des multiples Prix/bénéfices très élevés ou ne sont tout simplement pas encore rentables. Certaines traînent un niveau d'endettement élevé et pourraient avoir des difficultés à accéder à du renouvellement de crédit dans le marché actuel, cela pourrait mettre en danger la survie des plus fragiles. Investir dans un monde meilleur peut être attirant pour la conscience mais désastreux pour le portefeuille... Alors, prudence.

La récession mondiale, par contre, a déjà fait chuter plusieurs de ces titres qui avaient atteint des niveaux démesurés, portés par des anticipations irréalistes de croissance. Selon moi, ces titres demeurent à première vue encore trop dispendieux, mais si la déprime boursière les entraîne encore plus bas, certains d'entre eux pourraient devenir intéressants dans une perspective long terme. Voici quelques titres que j'ai repérés et que je mets pour les prochains mois sur mon radar "énergies renouvelables".

Énergie solaire:

First Solar (FSLR-Nasdaq - $144.45)
Suntech Power Holding Co (STP-NYSE - $9.46)
JA Solar Holding Co. (JASO-Nasdaq - $2.66)
Evergreen Solar Inc (ESLR-Nasdaq - $1.66)
Sunpower Corp (SPWRA-Nasdaq - $35.00)

Si on veut investir dans ce secteur en prenant moins de risques, du côté du marché des turbines d'éoliennes, on retrouve plusieurs grandes entreprises...

General Electric (GE-NYSE - $11.44)
Siemens AG (SI-NYSE - $59.20)
Vestas (VWDRY.PK - $17.45)
Gamesa (GCTAF.PK - $16.87)

et si vous n'avez pas peur du risque, il y a également une multitude de petites entreprises en développement, de véritables billets de loterie...

J'aimerais améliorer cette liste. Connaissez-vous d'autres entreprises reliées aux énergies renouvelables qui offrent un potentiel intéressant? J'attends vos suggestions.

Dow Jones U.S. Renewable Energy Equipment, cliquez >>> ici
.

dimanche 15 février 2009

Une vérité qui dérange

.
Ça m'aura pris trois ans avant de visionner le documentaire de Al Gore sur les conséquences du réchauffement climatique: Une vérité qui dérange (An Inconvenient Truth). Mieux vaut tard que jamais.

Le mouvement écologiste, je dois l'admettre, me tombe habituellement un peu sur les nerfs, je lui trouve un petit côté "nouvelle religion moralisatrice" et moi, devant les porteurs de la "grande vérité", j'ai toujours eu un réflexe défensif, une crainte d'être enrégimenté, de subir un lavage de cerveau.

Ça remonte à l'université, quand je faisais Science Politique au Pavillon Reid de l'UQAM... Il y avait un couloir à l'entrée où de chaque côté on apercevait des tables où se retrouvaient les représentants des groupuscules de gauche de l'époque. Tels des missionnaires, ils nous accrochaient au passage pour nous parler de la grande vérité qu'ils détenaient maintenant et qui était toute expliquée clairement dans les petits volumes qu'ils vendaient: les écrits de Marx, de Lénine, de Mao, de Trotsky, de Joseph Staline... Ça me puait au nez, ça me rappelait le catéchisme de mon enfance, les 100 questions et réponses sur la vie et l'existence. Où est Dieu? Dieu est partout. Bonne réponse, deux points...

Bon, les écolos quand ils s'opposent à toute amélioration du réseau routier pour mieux punir ces damnés automobilistes qui mettent la planète en péril en se rendant travailler à tous les matins, ils me rappellent les marxistes-léninistes de cette époque. Et puis, ils font une erreur de calcul: plus la circulation automobile est fluide, moins il y a de pollution, c'est dans les bouchons de circulation que les automobiles sont le plus polluantes. Pas que je ne sois pas conscient de l'environnement, je remplis mes bacs verts méticuleusement, j'ai planté une douzaine d'arbres et des centaines de plantes tout autour de ma demeure, je surveille ma consommation d'électricité... mais je conduis une automobile... et pour ça, à entendre certains représentant de groupes écologistes, je suis la personnification du diable de banlieue qui vient semer ses CO2 au centre-ville avant de retourner passer ses soirées dans sa banlieue insignifiante...

Le film de Al Gore, par contre, n'a pas ce ton moralisateur, il ne présente que les faits, que les données que les scientifiques nous fournissent, en nous mettant en garde contre les conséquences et qu'il faut agir maintenant pour éviter le pire pour nos enfants.

Alors, j'en suis là, j'ai été convaincu. Je dois trouver une solution: où j'habite, il n'y a pas de trains de banlieue, on nous en promet un depuis vingt ans. Ça veut donc dire l'autobus, deux heures et demie par jour pour aller et revenir du travail dans des conditions pénibles: la course pour ne pas manquer le départ, des autobus sans amortisseurs, ou presque, des sièges avec rembourrage minimaliste quand on en a un siège... mais la plupart du temps, en position debout, avec la sensation étouffante d'être compressé dans un espace de deux pieds carrés, les secousses à chaque départ et arrêt, avec le soleil qui vous chauffe dessus durant les mois d'été, le bruit et la chaleur du moteur, etc. Pour moi, le transport en commun de la STM, c'est la torture en commun.

Ceci dit, ce film vous fait réaliser que le réchauffement climatique c'est de loin l'enjeu le plus important pour l'espèce humaine. Les hauts et les bas des marchés boursiers vous apparaissent bien secondaires face à ce péril qui menace notre planète et la qualité de vie des générations futures. Notre petite planète... le minuscule pixel sur la photo renvoyée par le satellite Hubard et que l'on peut voir dans ce documentaire remarquable.

.

samedi 14 février 2009

DOW CHEMICAL: Ne jamais essayer d'attraper un couteau qui tombe

.
Je publie à nouveau une "leçon de l'investisseur" intitulée: Ne jamais essayer d'attraper un couteau qui tombe. Je la publie à nouveau parce qu'elle vient de se confirmer de façon flagrante avec le titre de Dow Chemical (DOW-NYSE).

Le 29 décembre dernier, une nouvelle a été publiée comme quoi la compagnie Petrochemical Industries qui appartient à l'état du Koweit, voulait se retirer d'un projet de rachat d'installations de Dow Chemical qui aurait éventuellement permis à cette dernière de faire un profit de 9 milliards de USD. Dow Chemical avait déjà signifié qu'elle utiliserait cette somme pour financer la majeure partie du rachat de Rohm & Haas dans laquelle elle s'était déjà engagée. Avec la décision de Petrochemical Industries, Dow Chemical se retrouvait soudainement avec un important besoin de financement dans un marché du crédit en pleine contraction, sinon elle allait subir des pénalités importantes de Rohm & Haas.

La nouvelle était tout à fait négative et le titre de Dow Chemical plongea de 21% cette journée du 29 décembre, pour se retrouver à $15.32. Le titre qui se transigeait à $43 en mai dernier, pouvait paraître sur le coup fort appétissant aux chasseurs d'aubaines imprudents comme moi... Une première lecture de la nouvelle ne laissait pas nécessairement entrevoir au simple investisseur toutes les conséquences d'un tel bourbier financier. Le nouveau plancher des $15 résista pendant une quinzaine de séances, le temps que les autres conséquences de la nouvelle devinrent plus évidentes aux grands investisseurs: décotes probables du bilan financier par les les grandes agences de cotation de crédit et surtout, possible remise en question du dividende, élément essentiel au maintien du cours d'une compagnie de catégorie "commodités", au moment où les prix des produits chimiques étaient, en plus, en chute libre.

Les décotes suivirent inévitablement créant une première faille, puis, il apparut de plus en plus évident que le dividende allait être en bonne partie sacrifié. À compter du 20 janvier, à chaque séance, on voyait des grands investisseurs se précipiter en dehors de ce vaisseau en péril. Une fois que le plancher des $15 céda, ce fut la chute régulière du titre qui l'amena sous les $10, il a terminé la séance d'hier à $9.53. La confirmation d'une coupure de 64% de la valeur du dividende fut effectivement annoncée jeudi.

On voit donc à quel point, il faut se méfier de réagir trop vite à une mauvaise nouvelle, en pensant que l'on peut entrevoir toutes les conséquences rapidement et surtout, l'impact que cela aura sur le cours du titre. On doit laisser au marché tout le temps d'absorber la mauvaise nouvelle et qu'il en fasse pleinement payer le prix au titre. Ce qui m'amène à publier à nouveau une des premières "leçons de l'investisseur" que j'ai mentionnée sur ce blogue. La voici:

Les leçons de l'investisseur: Ne jamais essayer d'attraper un couteau qui tombe

Après une mauvaise nouvelle majeure, il faut attendre plusieurs séances avant d’acheter les actions d'une compagnie qui nous intéresse malgré cette nouvelle et dont le prix est soudainement attrayant. Le nouveau plancher ne se présentera pas avant dix, vingt, voir trente séances ou plus, selon l’ampleur négative de cette nouvelle. Il ne faut surtout pas se précipiter le jour même ou le lendemain, même si le nouveau prix nous fait saliver. Ces journées ne constituent qu’un faux plancher réservé aux affamés impatients d’acheter, je l'ai fait à plusieurs reprises avant de comprendre. Il faut laisser à la mauvaise nouvelle le temps d’être pleinement absorbée par le marché et que ce faux plancher soutenu par les impatients cède. Cette loi de la gravité boursière ne se dément pratiquement jamais!

Bien que le cours des actions touchées par une mauvaise nouvelle de première importance (ex. échec de la reconnaissance d'un médicament majeur par la FDA, diminution soudaine de la rentabilité, arrêt de la croissance des ventes pour un titre dont la valeur était basée sur cette variable…) puisse remonter dans les jours qui suivent le choc initial, il redescendra par la suite quand les affamés impatients se seront gavés et qu'il n'y aura plus rien pour le soutenir. C'est alors que se dessinera lentement le "vrai plancher", la vrai valeur que le marché donne maintenant à ces actions. À ce moment, on peut se pencher, regarder le couteau et si on lui trouve une certaine valeur, décider de le ramasser.
.

mercredi 11 février 2009

Les petites bandes passantes sur Business News Network...

.
Je préfère et de loin, le ton modéré et calme du canal boursier canadien, Business News Network, à celui de son vis-à-vis américain, CNBC, où les animateurs et les invités s'engagent souvent dans des affrontements criards qui frôlent l'hystérie. Sur cette chaîne américaine, on se demande parfois, si l'on n'est pas en train d'assister à un évènement sportif où "le plus fort en gueule" l'emportera...

Donc, ce soir, entre 19h00 et 19h30, tout en soupant calmement, je regardais Market Call Tonight à BNN, une émission que j'apprécie particulièrement. Durant cette émission, un invité commente certains titres à la demande des téléspectateurs. Pendant que l'analyste ou le gestionnaire de fonds exprime son point de vue, on peut voir dans le bas de l'écran deux bandes passantes, une pour les titres canadiens, l'autre pour les titres américains, bandes où défilent à bonne vitesse des codes boursiers d'entreprises avec leur prix à la fermeture. Ce soir, je ne parvenais pas à relever les yeux vers l'invité, mon attention était souvent attirée par ce qui défilait sur les bandes. Je voyais des prix pour certains titres, tout simplement ahurissants, surtout si l'on se souvient où ces titres se situaient, il y a douze mois à peine.

J'ai aperçu plusieurs titres que j'avais perdu de vue et qui m'ont fait sursauté. Trois exemples. Liz Claiborne (LIZ-NYSE), le fabricant renommé de vêtements qui a terminé la séance d'aujourd'hui à $2.71, il avait même atteint $1.46 à la fin novembre, il se transigeait à $22.70, il y a un an... Regions Financial Corp (RF-NYSE), une banque régionale américaine qui avait une très bonne réputation et qui a fermé aujourd'hui à $3.68, il y a une semaine le titre était à $2.35, en mai dernier, à $24.31... Un autre titre qui avait disparu de mon radar, NCR Corporation (NCR-NYSE), un fabricant de guichets automatiques et de caisses enregistreuses électroniques: $10.36 à la fermeture aujourd'hui, $28 en juillet, au dessus des $50, il y a moins de 24 mois.

Il y avait des dizaines d'autres titres à des prix que l'on n'aurait jamais imaginés, il y a quelques mois à peine. Je n'ai pas regardé de plus près ces titres, peut-être méritent-ils la punition qu'ils viennent de recevoir... Ce que je veux souligner, c'est que nous traversons une période assez étourdissante, une période unique que nous ne revivrons probablement pas de toute notre vie d'investisseur. Un titre, comme celui de Liz Claiborne, qui perd plus de 90% de sa valeur en neuf mois, puis remonte de 85% en moins de trois mois et qui pourrait tout aussi bien reperdre 25% d'ici une semaine ou deux... ça fait manège extrême et ces montagnes russes "ça fout la trouille", comme disent mes amis français. Mais d'un autre côté, il y a sûrement dans ce marché d'énormes possibilités, si on parvient à identifier le moment où on doit embarquer dans le manège ou en sortir... Et ces moments là, bien malin celui qui peut prétendre les prédire actuellement...
.

Le piège des compagnies aux produits prometteurs...

.
Une des pire erreurs que peut commettre un nouvel investisseur, et je l'ai commise à plusieurs reprises, c'est d'investir dans une compagnie simplement parce qu'elle vient de faire la manchette des journaux lors de la présentation aux médias d'un "produit prometteur". Cette semaine, une jeune entreprise québécoise, AAER (AAE au TSXV), lors d'une conférence de presse, a présenté ses nouvelles installations de production, ainsi qu'une turbine d'éolienne qu'elle s'apprête à expédier à un client américain. N'y a-t-il pas là, produit plus prometteur? L'énergie éolienne n'est-telle pas vouée à un brillant avenir? Le piège est tentant, mais je dis au simple investisseur, méfiez vous avant de vous y précipiter...

Mon propos n'est pas d'enlever du mérite à AAER mais bien de partager avec vous quelques exemples d'investissements dans des produits qui semblaient voués à un avenir des plus prometteur. Mon constat: une entreprise peut avoir un excellent produit dans un domaine d'avenir et être un piètre investissement. Bien souvent, ces jeunes compagnies sont en bourse uniquement pour recueillir des capitaux pour leur permettre de démarrer, l'objectif de rapporter un éventuel profit aux investisseurs initiaux n'est qu'un mirage lointain qui ne se concrétisera, la plupart du temps, jamais. Si vous voyez ces placements comme des billets de loterie, ça va, mais si vous comptez là dessus pour financer votre retraite, c'est autre chose.

Ces entreprises ont habituellement un nombre incroyable d'actions en circulation et ne font, bien sûr, pas de profits, elles fonctionnent à perte. Même dans un scénario de rentabilité éventuelle, vous risquez de ne pas trouver votre compte. Cet éventuel profit, s'il se concrétisait, serait parcellisé en une minuscule somme, une fois divisé par le nombre élevé d'actions mises en circulation. C'est là, le premier piège dans lequel tombent plusieurs de ces valeureux investisseurs qui ne connaissent même pas le nombre d'actions émises par la compagnie dans laquelle ils décident d'investir leurs économies.

Ces "start up" qui ne génèrent aucun fonds de roulement autogénérés (cash flow) sont également pour la plupart des machines qu'il faut alimenter périodiquement de capitaux, simplement pour les maintenir en vie durant ces premières années où elles ne sont pas rentables. La plupart se retourneront éventuellement vers les marchés pour se réalimenter par de nouvelles émissions, ou vers des emprunteurs privilégiés, simplement pour continuer leurs opérations. Les investisseurs initiaux seront alors noyés dans ces refinancements et verront disparaître progressivement toute valeur à leur placement.

J'ai crû à la jambe artificielle de Victhom Human Bionics (VHB-TSXV), aux chaises simulatrices pour les jeux vidéo de D-BOX Technologies (DBO.A - TSXV), aux nanomatériaux de Raymor Industries (RAR-TSXV), au médicament pour le diabète de ConjuChem Biotechnologies (CJB-TSX) et j'en passe... Tous ces investissements se sont avérés désastreux et ont perdu pratiquement toute valeur aujourd'hui. Toutes ces compagnies avaient elles aussi fait naître, lors de conférences de presse, des espoirs fabuleux pour leurs "produits prometteurs" voués au plus bel avenir, espoirs qui ne se sont jamais concrétisés. Je laisse maintenant ces chimères à d'autres, si je veux jouer à la loterie, je m'arrête au magasin du coin et je m'achète un billet de 6/49. C'est plus simple et moins coûteux.
.

mardi 10 février 2009

Journée cruciale pour la confiance des marchés

.
Journée cruciale aujourd'hui pour l'économie des États-Unis et la bourse, non seulement américaine, mais planétaire: présentation du plan de sauvetage des banques du nouveau Secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, et vote du plan de relance de l'économie américaine au Sénat. La réaction des investisseurs qui suivra nous en dira long sur l'évolution des marchés au cours des prochaines semaines.

Tout est question de confiance, si le doute s'installe après ça, après que l'administration Obama ait sorti son artillerie lourde, on pourrait aller revisiter et tester les creux atteints en novembre dernier (indice Dow Jones à 7,392 points). Au contraire, si la lumière semble apparaître au bout du tunnel, le printemps pourrait amener une embellie des cours boursiers.
.

lundi 9 février 2009

Bourse et jardin: deux univers avec de nombreuses ressemblances

.
Je n'ai pas que la bourse comme intérêt dans la vie, heureusement pour moi, j'ai d'autres passions un peu moins stressantes: une d'entre elles, c'est le jardinage. Je perçois cependant beaucoup de similitudes entre ces deux univers.

Un bon jardinier, comme un bon investisseur, se devra d'être patient, informé et travaillant. Un jardin, les premières années, donne souvent des résultats modestes, tout comme un portefeuille boursier, et puis le jardin prendra de la maturité et progressivement les fruits de votre dur labeur apparaîtront et viendront vous récompenser pour l'effort investi.

Le jardinier devra d'abord s'informer sur les plantes qu'il souhaite intégrer à ses plates-bandes, avant de les acheter: quelles sont leurs caractéristiques, lesquelles traverseront le mieux le temps, lesquelles auront la plus forte croissance, lesquelles résisteront le mieux aux maladies... L'investisseur fera de même avant de garnir son portefeuille boursier de compagnies.

Et puis, dans un centre horticole, tout comme dans le marché boursier, vous vous retrouvez devant une multitude de variétés et de possibilités, il faut arriver à un agencement qui assurera équilibre, croissance et diversité. Vos plates-bandes ne peuvent pas contenir que des plantes vedettes (entreprises technos), spectaculaires à la floraison mais dont le feuillage peut se détériorer rapidement par la suite et dont la durée de vie sera peut-être courte. Vous devrez y inclure des plantes un peu plus rugueuses, à la floraison plus modeste mais au feuillage vigoureux, des "blue chips" qui seront là, année après année, peu importe la rigueur des hivers.

Pour que le coup d'oeil soit agréable, vous ne pourrez vous limiter à quatre ou cinq plantes, vous devrez apporter à vos plates-bandes une diversité qui assurera un étalement des floraisons et qui protégera votre jardin contre les périodes de monotonie (cycles sectoriels et économiques). Vous prendrez soin d'inclure à votre jardin des plantes de diverses tailles pour créer un tout harmonieux, tout comme l'investisseur avisé ne se limitera pas à une catégorie d'entreprises, mais inclura à la fois de grandes compagnies établies et des plus petites au développement prometteur, car les unes et les autres ont leur place dans un portefeuille équilibré.

Comme on peut le constater, on retrouve beaucoup de ressemblances entre ces deux univers. Il ne faut pas désespérer, l'hiver n'en a que pour quelques semaines, le printemps n'est pas si loin... Qui sait, cette année, la renaissance de votre jardin coïncidera peut-être avec celle de votre portefeuille boursier.
.

samedi 7 février 2009

Jim Cramer: bon divertissement, piètre rendement...

.
Il m'arrive de regarder Mad Money, le "show" quotidien du tonitruant Jim Cramer. Cette vedette des médias boursiers n'hésite pas un instant, avec peu d'explications et de nuances, à dire à ses téléspectateurs d'acheter ou de vendre sur le champ, tel ou tel titre.

La confiance aveugle que plusieurs portent à ce gourou des marchés boursiers pourrait à nouveau être secouée par une enquête que la revue Barron's a mené sur la performance des recommandations de Jim Cramer. De mai à décembre de l'an dernier, les marchés américains ont reculé de 30%, les choix de Cramer de 35%. C'est la seconde fois qu'une enquête de Barron's révèle la modeste performance du génie de Mad Money. Comme quoi, à la bourse, il faut se méfier des gourous qui semblent posséder la vérité absolue.

.

Démocratie boiteuse...

.
J'ai de la difficulté à comprendre le système politique américain. Les républicains se font botter le derrière par les électeurs après huit ans de gouvernance où ils ont démontré une incompétence totale qui a mené la plus forte puissance économique mondiale au bord de l'abîme, et Barack Obama doit maintenant se rallier deux ou trois sénateurs républicains "modérés" pour faire passer de justesse son plan de relance. La règle du 60% de votes nécessaires pour faire approuver au sénat un projet présidentiel est carrément antidémocratique, une minorité peut ainsi bloquer une volonté clairement exprimée par la majorité.

Au moins, un plan de relance "aminci" semble en voie de sortir du sénat, ça ne peut pas nuire à l'économie américaine qui en a grandement besoin.
.

mercredi 4 février 2009

Mega Brands: sursaut d'un jour ou décollage définitif?

.
Mega Brands (MB-TSE) a connu un rebond spectaculaire hier de 182%, passant de $0.39 à $1.10 en une séance: le titre du fabricant québécois de jouets a été propulsé par l'annonce d'une entente avec Microsoft Game Studios pour développer des jouets basés sur le jeu vidéo Halo Wars.

Au delà de l'entente qui est une bonne nouvelle en soi pour Mega Brands, faut-il comprendre que les investisseurs ont été, du même coup, rassurés sur les risques que comporte le lourd bilan financier de l'entreprise? Peut-on conclure que Microsoft ne s'associerait pas à une entreprise qui s'apprêterait à se mettre sous la protection du Chapitre 11? L'avenir nous le dira. Au cours des prochains jours, ce titre sera sûrement très volatile, comme le sont tous les titres qui connaissent un rebond spectaculaire suite à une nouvelle. Terrain délicat...
.

lundi 2 février 2009

Lululemon Athletica: un titre "hot" en 2007, refroidi par la récession...

.
Vous connaissez Lululemon Athletica (LLL-TSE et LULU-Nasdaq)? C'est une chaîne de boutiques spécialisées dans la vente de vêtements et d'accessoires pour les adeptes du yoga en particulier, mais également d'autres vêtements athlétiques. L'entreprise conçoit plusieurs des vêtements. Elle compte des magasins au Canada, aux États-Unis et en Australie. Assez pointu comme créneau, me direz-vous... Rien n'empêche que ce titre, lorsqu'il est arrivé en bourse en août 2007, a fait un tabac: les premières actions ont été offertes à $30.00 l'unité (au TSE), mais rapidement la demande fut-elle qu'elles se transigèrent près des $57 à la fin octobre de la même année.

C'était l'exemple parfait de l'emballement démesuré auquel on assiste fréquemment sur Wall Street et Bay Street: la popularité du yoga et de la méditation étant grandissante, certains investisseurs voyaient pour Lululemon une expansion planétaire. D'autant plus que ces boutiques ne visaient pas la classe ouvrière, mais une clientèle intellectuelle plus aisée, prête à payer un bon prix pour avoir le "look adéquat", cela semblait protéger les marges bénéficiaires de l'entreprise.

Mr. Market, vous le savez, est maniaco-dépressif. Lorsque l'action atteint son sommet à l'automne 2007, il ne voyait plus clair, prenait ses rêves pour des réalités. L'année 2008 allait ramener notre maniaco-optimiste sur le plancher des vaches. Les ventes et les bénéfices avaient doublés en 2007, alimentés par l'ouverture de nombreux nouveaux magasins, mais les résultats des trois premiers trimestres de 2008 laissaient entrevoir une croissance plus modeste, d'environ 25% pour l'année. De plus, les ventes des boutiques ouvertes depuis plus d'un an ne connaissaient qu'un maigre 4% de croissance au dernier trimestre. Le ralentissement économique aux États-Unis refroidissait les ardeurs même des consommateurs plus aisés. Ce titre qui était porté par la perspective de forts taux de croissance, se multipliant les uns aux autres d'année en année, se dégonfla ainsi en 2008 de près de 80% de sa valeur.

Pour vous donner une idée du niveau de délire collectif qui peut parfois sévir sur Wall Street, Lululemon Athletica se transigeait à 128 fois ses profits en 2007, à 33 fois sa valeur aux livres et à près de 10 fois ses ventes... Le titre a terminé la séance d'aujourd'hui à $8.27 sur le TSE ($6.64 USD au Nasdaq): il se transige maintenant à un ratio beaucoup plus raisonnable de 11 fois ses profits des douze derniers mois. L'année 2009 ne sera pas facile pour Lululemon Athletica, il y aura parmi les millions de nouveaux chômeurs aux États-Unis et au Canada, sûrement de nombreux professionnels adeptes du yoga qui renonceront à payer la prime pour avoir le "look" à la mode pour pratiquer leur passe-temps. C'est un peu le même phénomène que pour Starbuck et ses dispendieux cafés sophistiqués: quand les temps sont durs, on se contente souvent d'un substitut moins cher.

Lululemon n'a pratiquement pas de dettes, ce qui devrait lui permettre de passer à travers la tempête qui s'annonce. Elle possède une marque de commerce qui est maintenant reconnue dans ce créneau commercial particulier. Les prochains résultats trimestriels, s'ils étaient particulièrement décevants (on prévoit déjà un recul des ventes), pourraient faire chuter le titre encore plus bas. Si le cours de l'action descend encore de quelques dollars, l'entreprise pourrait devenir intéressante pour le chasseur d'aubaines que je suis, toujours à l'affût de titres mal aimés... Car au delà de la récession, Lululemon Athletica n'a-t-elle pas un potentiel réel de croissance et de rentabilité? Qu'en pensez-vous?
.

dimanche 1 février 2009

Bombardier: baisse des ventes d'avions d'affaires?

.
Le titre de Bombardier (BBD.B-TSX) est descendu sous la barre des $4.00 cette semaine, il a terminé la séance de vendredi à $3.80. Les perspectives économiques qui s'assombrissent davantage de semaine en semaine et leur impact à prévoir sur les bénéfices des grandes corporations, laissent craindre une contraction du marché des avions d'affaires. En effet, il est plus difficile de faire accepter aux actionnaires et aux conseils d'administration, l'achat de luxueux avions d'affaires quand les profits ne sont pas au rendez-vous.

Un concurrent de Bombardier, Textron (TXT-NYSE) qui fabrique les Cessna, a annoncé jeudi que les commandes pour ses modèles avaient chutées de façon importante, qu'il y avait eu 23 annulations et un nombre sans précédent de reports. Or, selon l'analyste Cameron Doerksen, de Partenaires Versant, on estime que les avions d'affaires représentent 27 pour cent des revenus de Bombardier, mais ils rapporteraient 44 pour cent des bénéfices d'exploitation. On peut donc comprendre l'impact sur les bénéfices de 2009 de l'entreprise, si effectivement ce segment du marché aéronautique se contracte.

Avec Bombardier, selon moi, il faut voir au delà de 2009, comme je le mentionnais dans un message au début décembre. Certes la baisse des ventes d'avions d'affaires va affecter les marges de l'entreprise au cours des prochains trimestres, mais au delà de la tempête, l'entreprise offre des avantages intéressants. Sa division Transports est bien placée pour profiter de l'augmentation des dépenses dans les infrastructures de transport en commun dans plusieurs parties du monde. Après la récession, sa division d'avions commerciaux, avec éventuellement ses modèles de la Série C, devrait connaître une bonne croissance alimentée par l'augmentation du trafic aérien au cours de la prochaine décennie avec le développement des économies émergentes.

Si le titre continue sa descente et se rapproche à nouveau des $3.00, il pourrait constituer une très belle occasion d'achat pour l'investisseur qui voit au delà de 2009.
.