jeudi 5 juillet 2018

Leçon de l'investisseur: ne laissez pas passer le canot de sauvetage

Lorsqu'une entreprise prononce le "B word" (bankruptcy) dans un de ses communiqués, c'est que l'eau a probablement commencé à entrer dans le bateau et qu'il y a de bonnes chances qu'il coule avant longtemps. L'entreprise pour se protéger de poursuites éventuelles d'actionnaires se doit d'émettre un communiqué évoquant cette possibilité. 

C'est ce que Black Box Corporation (BBOX - Nasdaq) a fait mardi matin avant l'ouverture des marchés. L'entreprise a évoqué dans un communiqué la possibilité de se retrouver en défaut de paiement d'ici la fin de l'année 2018 et d'être en faillite. Le titre a rapidement chuté de $2.02 à $1.55, perdant un quart de sa valeur en quelques minutes. 

Comme ce blog a pour but principal de vous faire partager les erreurs que je peux encore commettre après plusieurs années et bien voici... J'ai donc contemplé le canot de sauvetage qui s'offrait alors à moi à $1.55 et j'ai décidé de ne pas embarquer, trouvant que le prix n'était pas raisonnable (j'avais payé en moyenne $4.00 l'action) et qu'un autre canot se présenterait à $1.65 ou $1.70 d'ici quelques minutes... Ne faites jamais ça, si vous êtes persuadé que le bateau commence à couler, prenez le premier canot de sauvetage qui passe et ne niaisez pas avec le prix. La suite était prévisible, le canot suivant était à $1.45, puis $1.35 et pendant que j'espérais le retour du canot à $1.55 que je trouvais maintenant très raisonnable, la panique s'installait chez les passagers du Black Box qui se précipitaient sur les canots qui se présentaient à des cours de plus en plus bas, le titre continua ainsi à chuter pour finir la session écourtée de mardi à $0.75! 

Ce matin, les actions de Black Box Corporation ont rebondies, le titre est aux alentours de $1.05, je dois avoir l'intelligence de monter à bord de ce canot qui s'offre à moi et qui pourrait être le dernier. Vais-je le faire? Pourquoi cette vigueur du titre? Est-ce qu'il y aurait un bateau de sauvetage en vue, un acheteur pour la compagnie? J'ai un doute, j'hésite... La bourse vous confronte souvent avec vos faiblesses, si vous souffrez facilement d'insécurité, vous n'êtes peut-être pas à la bonne place!

P.S. J'ai finalement pris un canot à $1.20 et je regarde le Black Box s'éloigner en me disant que je suis mieux ici... 

vendredi 15 juin 2018

Diana Containerships: la reine incontestée des reverse splits!

Certaines entreprises peu scrupuleuses utilisent régulièrement la consolidation d'action, communément appelé reverse split, pour leur permettre d'obtenir un refinancement en diluant l'avoir des actionnaires actuels. La technique est la suivante: vous réduisez d'abord le nombre d'actions en faisant par exemple une consolidation d'actions de une action pour dix. Ainsi, s'il y avait cent millions d'actions en circulation qui se transigeaient à $1, le lendemain de la consolidation, il n'y en aura plus que dix millions qui devaient valoir en théorie $10 chacune. Cela rendra le titre plus attrayant pour des investisseurs institutionnels ou de nouveaux créanciers. De plus, cela pourra permettre à l'entreprise d'éviter de devenir un penny stock et de risquer l'expulsion des bourses comme le Nasdaq ou le NYSE. Si ce n'était que ça, l'actionnaire ne serait pas pénalisé, puisque la valeur de ses actions, bien que moins nombreuses, serait la même au total, tout en permettant aux actions de l'entreprise d'être plus stables.

Le hic, c'est que ces reverse splits sont la plupart du temps la première étape d'un refinancement qui passera par l'émission massive de nouvelles actions à prix moindre pour des investisseurs institutionnels ou des créanciers, émission souvent assortie de warrants leur permettant d'acquérir éventuellement des actions additionnelles à prix alléchant, si le cours de l'action en venait un jour à monter. En bout de ligne, les actionnaires initiaux subissent une importante dilution de leur part dans la propriété de l'entreprise. 

Certaines entreprises font ce petit numéro régulièrement, mais une mérite certainement le titre de reine incontestée des reverse splits: Diana Containerships (DCIX-Nasdaq). Cette entreprise grecque (en partant, c'est un drapeau rouge, les entreprises grecques sont à éviter comme la peste, elles sont à l'image des finances du pays), en a réalisé pas moins de six depuis avril 2017Les ratios étaient les suivants: 1:8, 1:7, 1:6, 1:7, 1:3 et 1:7. Si au départ un investisseur avait possédé 49,392 actions, après la première consolidation, il n'en avait plus que 6,174, après la seconde, il lui en restait 882, puis que 147, puis 21, puis 7... et après le dernier reverse split, il lui restait une seule action entre les mains! C'est un peu comme la puissance des intérêts composés, mais inversée... Et comme l'action vaut actuellement $1.60, il n'y a pas de quoi se payer un souvlaki...

Si l'entreprise était honnête, on pourrait évaluer la valeur aux livres de cette entreprise à $22 l'action, puisqu'il n'y aurait plus, selon le dernier rapport trimestriel et suite à la dernière consolidation,  qu'environ 6 millions d'actions en circulation et que l'avoir des actionnaires est évalué à 134 millions USD. Mais l'entreprise n'avait plus à la fin mars que 5 millions de liquidité... Y aurait-il sur la mer agitée, un autre consolidation/refinancement à l'horizon...          

mardi 12 juin 2018

Activité surprenante pour le titre des magasins Le Chateau


En début d'année, j'ai abordé le titre des magasins Le Chateau (CTU-V), titre complètement abandonné par les investisseurs après une descente continue qui l'avait amené à se transiger à $0.06 il y a un an. Cette descente s'expliquait en particulier par l'augmentation importante de la dette qui avait pratiquement réduit à zéro l'avoir des actionnaires. À son cours actuel, l'entreprise se transige à 43 fois sa valeur aux livres! En contrepartie, le ratio prix de l'action/ventes est inférieur à 0.1, l'entreprise génère $6.80 de ventes par action, alors que le titre se transige actuellement à $0.30.

En janvier, je me demandais ce qui expliquait la remontée du titre vers les $0.25. Depuis quelques jours, les volumes ont augmentés (toute chose étant relative, ce titre étant habituellement très peu transigé) et le titre a atteint la barre des $0.30 pour la première fois depuis deux ans. Je n'ai trouvé qu'une nouvelle positive pouvant justifier cette remontée (voir l'article ci-dessous) et est-ce suffisant pour l'expliquer? Voyez-vous d'autres raisons à la remontée de ce titre?

Roxy Earle x LE CHÂTEAU lancent une gamme de vêtements inclusive visant à bousculer les standards en matière de tailles dans l'industrie du vêtement

Les aubaines sont plus difficiles à trouver, mais il y en a encore...

Je n'ai publié aucun article sur mon blog depuis près de deux mois. Je suis en panne d'inspiration, les marchés me laissent perplexe en ce moment. Je constate cependant que les titres canadiens mentionnés dans ce dernier article comme offrant un bon potentiel, ont connu dans l'ensemble une remontée acceptable de près de 5%. C'est sans compter les dividendes car toutes ces entreprises en paient un. C'est quand même mieux que le rendement d'un certificat de dépôt durant cette période! Après la longue période de croissance que nous venons de traverser depuis 2009, les aubaines se font plus rares, le cherry picking devient plus exigeant, mais il y en a encore des titres sous-évalués, il faut cependant plus de patience pour les trouver.

BCE Inc (BCE-TSX): de $53.51 à $55.12 (+3,0%)
Maxar Technologies (MAXR-TSX): de $58.00 à $65.46 (+12,8%)
Manulife Financial Corporation (MFC-TSX): de $23.90 à $24.82 (+3,8%) 
Saputo (SAP-TSX): de $40.83 à $41.98 (+2,8%)
Nutrien (NTR-TSX): de $60.34 à $68.53 (+13,6%)
Open Text (OTEX-TSX): de $44.78 à $46.53 (+3,9%)
Alimentation Couche-Tard (ATD.B-TSX): de $52.45 à $53.98 (+2,9%)

Uni-Select: (UNS-TSX): de $20.17 à $21.24 (+5.3%)
Metro (MRU-TSX): de $42.44 à $42.70 (+0,6%)
Cascades (CAS-TSX): de $12.77 à $12.68 (-0,1%)


vendredi 20 avril 2018

Marché canadien: dix titres de qualité à prix raisonnable

Est-ce que l'adage "Sell in May, then go away!" sera encore plus vrai cette année avec l'incertitude qui caractérise les marchés depuis le début février? Je suis pour ma part sur la défensive. La hausse des coûts à la pompe pourrait nuire à la performance des économies canadienne et américaine au cours des prochains trimestres, surtout qu'elle sera accompagnée de hausses des taux d'intérêt et que les consommateurs sont déjà très endettés... 

Je vois peu de titres sous-évalués sur le marché américain, j'en vois davantage sur le marché canadien, en particulier ceux de quelques grandes entreprises de qualité présentement accessibles à un cours raisonnable. Quelqu'un qui voudrait faire son entrée en bourse, malgré les temps d'incertitude que nous traversons et l'approche de la saison estivale, pourrait se constituer un bon portefeuille à un coût raisonnable selon moi. Voici les dix titres qui pourraient constituer ce portefeuille:

BCE Inc (BCE-TSX): $53.51
Maxar Technologies (MAXR-TSX): $58.00
Manulife Financial Corporation (MFC-TSX): $23.90
Saputo (SAP-TSX): $40.83
Nutrien (NTR-TSX): $60.34
Open Text (OTEX-TSX): $44.78
Alimentation Couche-Tard (ATD.B-TSX): $52.45
Uni-Select: (UNS-TSX): $20.17
Metro (MRU-TSX): $42.44
Cascades (CAS-TSX): $12.77

jeudi 29 mars 2018

Les chiffres ou le graphique?

J'ai fait une vente récemment: mes actions dans la compagnie Crocs (CROX-Nasdaq). Comme je veux réduire le nombre de titres que je possède, j'ai élaboré un savant tableau Excel qui me permet d'attribuer une "valeur réelle" à un titre que je détiens. Parmi ceux qui semblaient les plus surévalués, il y avait ce titre, mon tableau basé sur différents ratios (Cours/vente, Marge nette DDM, Cours/profits anticipés pour l'année 2018...) lui donnait une valeur réelle de $8.98, alors que son cours atteignait $14.88. Ce titre était donc selon moi surévalué de 40% et devenait un bon candidat à la vente... La seule chose qui m'agaçait, c'était son graphique, sa charte technique montrait une vigueur remarquable que les chiffres comptables ne semblaient pas justifier d'aucune façon. Malgré le graphique positif, j'ai quand même vendu il y a une semaine à $14.88. Aujourd'hui je constate que le titre de Crocs Inc atteint $16.30, il a monté d'un autre 10% en quelque jours, malgré des marchés boursiers chaotiques! 

Je ne sais toujours pas ce qui se cache derrière le graphique vigoureux de Crocs. The trend is your friend, phrase qu l'on entend souvent en bourse et qui aurait dû me faire réfléchir... Pariez contre un graphique en hausse comporte un risque indiscutable, celui de découvrir trop tard la raison de sa bonne santé. Ce qui m'amène à me poser la question suivante: les chiffres ou le graphique? Finalement, la bonne réponse est probablement, les deux: un titre dont les chiffres comptables sont peu impressionnants, doit également avoir un graphique négatif qui démontre qu'une majorité d'investisseurs sont pessimistes quant à son avenir, avant de justifier votre décision de vendre pour de bon.   

vendredi 16 mars 2018

Element Fleet Management continue sa descente...

Element Fleet Management (EFN-TSX, $3.87) a plongé d'un autre 24% hier, atteignant même $3.21 en début de séance. La publication de ses résultats trimestriels est à l'origine de cette nouvelle chute de son titre. Pourtant, ces résultats bien que faibles ne semblent pas désastreux à première vue, je vous invite à lire les deux articles suivants pour vous faire une idée:



Comment expliquer que le titre ait baissé de 60% depuis le début de l'année? La hausse des taux d'intérêt sur sa dette serait-elle l'explication? Pourtant, je comprenais que cette dette imposante faisait partie des services de financement qu'elle accordait à ses principaux clients et que l'entreprise pourrait leur refiler cette hausse des taux, puisqu'ils ne trouveraient pas mieux ailleurs. 

À son cours actuel, Element Fleet Management se transige à la moitié de sa valeur aux livres. Avec la dernière baisse de son cours, le dividende est maintenant de 7,75% et son ratio Cours/Bénéfices de l'année à venir est à 5. Mais le cours d'un titre ne chute jamais de façon spectaculaire pour rien... Je ne comprends pas cette réaction des investisseurs face à ce titre, je garde pour ma part mes actions, mais j'hésiterais à ajouter à ma position, craignant de ne pas voir ce que d'autres voient déjà.

vendredi 9 mars 2018

Corus Entertainment: le marché ne semble plus croire que le dividende puisse tenir

Corus Entertainment (CJR.B-TSX, $7,34) possède directement ou indirectement (via les droits d'exploitation pour le Canada) une cinquantaine de chaînes de télévision et une quarantaine de postes de radio. L'entreprise a obtenu à son dernier trimestre des bénéfices (ajustés) inférieurs à ceux du même trimestre de l'an dernier ($0.38 par action versus $0.41) et aux attentes des analystes. Les revenus ont également été en baisse par rapport au même trimestre de l'an dernier (457,4 millions versus 468 millions). La baisse des revenus publicitaires pour la télévision explique la majeure partie de ce recul. 

Avec la chute importante du titre depuis ces derniers résultats trimestriels, le rendement annuel prévu du dividende atteint au cours actuel 15,5%! Corus Entertainment a réitéré son intention de continuer à verser un dividende mensuel de 0,095$, ce qui équivaut à $1,14 par année. Le marché ne semble pas croire que l'entreprise pourra continuer à livrer un tel dividende, puisque le titre a chuté même après cette affirmation du maintien du dividende. Il faut dire que le ratio de distribution (payout ratio) atteint 117,5% au cours des douze derniers mois, ce qui très élevé et difficilement soutenable malgré des flux de trésorerie disponibles (free cash flow) qui demeurent élevés. La compagnie possède une dette assez importante (ratio Dette/Capitaux propres de 0.8) et devrait subir les contrecoups de la hausse des taux d'intérêts. 

Est-ce que la baisse éventuelle du dividende est déjà incluse dans le cours de l'action? Est-ce que ce titre qui semble bon marché avec un ratio Cours/Bénéfices prévus pour l'année à venir de 7,3 et qui génère de bons flux de trésorerie disponibles, est une trappe ou une occasion d'achat?

mardi 27 février 2018

TSO3: la mise en marché cause encore problème

TSO3 (TOS-TSX, $1.30) est l'exemple parfait d'une entreprise au produit prometteur, mais qui ne semble jamais livrer la marchandise. Depuis 2002, le titre s'est promené dans des allers-retours prononcés entre $0.25 et $3.75 et s'est avéré un mauvais placement pour pratiquement tous ceux qui ont misé sur lui, sauf les traders qui achetaient bas et qui revendaient avant la prochaine descente. TSO3 a développé des stérilisateurs d'instruments médicaux qui fonctionnent à base de peroxyde d'hydrogène et d'ozone et qui, disait-on, allait supplanter les stérilisateurs traditionnels parce que plus performants et plus simples d'utilisation. 

Bien que les produits de TSO3 se soient mérités des éloges, la mise en marché semble depuis toujours être un problème majeur. La petite entreprise de Québec s'était trouvé il y a quelques années un distributeur, Getinge Infection Control, mais l'entente a été récemment revue (lire ici), ce qui a créé de l'inquiétude et fait chuter le titre de façon importante. Ce que je comprends, c'est que TSO3 reprend en main la majeure partie de la vente des produits directement aux hôpitaux. Cela représente un défi de taille et nécessitera le renforcement de son équipe de vente, en particulier pour le lucratif marché américain. Est-ce que TSO3 devra émettre à nouveau des actions pour financer une telle opération? Pour les actionnaires actuels, la meilleure chose serait probablement que l'entreprise soit rachetée par un gros fabricant d'équipements médicaux. Je ne le souhaite pas vraiment car ce serait encore une petite entreprise québécoise dont la propriété et le contrôle nous échapperaient, mais après plus de quinze ans à attendre le grand jour, je comprends l'impatience de certains actionnaires.       

mercredi 21 février 2018

Les vidéos de la firme MEDICI: bonne source d'information et en français!


Un lecteur m'a fait découvrir la chaîne youtube de la firme Gestion de portefeuille stratégique MeDICI. Les analystes fort intéressants de cette firme commentent la situation de certains titres et abordent également différentes questions reliées à l'investissement boursier. Je vous suggère à mon tour de consulter cette chaîne et ses différentes vidéos, vous n'avez qu'à cliquer sur le lien ci-dessous:

https://www.youtube.com/channel/UC0lvizPrzHIIS9ZJ3a7ZiBA/videos

jeudi 15 février 2018

Teva Pharmaceutical reçoit la bénédiction de l'Oracle d'Omaha

Il y a un an quasiment jour pour jour, je faisais un post sur Teva Pharmaceutical (TEVA-NYSE), le plus important fabricant au monde de produits pharmaceutiques génériques qui traversait une période difficile. Le titre était alors à $32.19 et il a continué sa descente par la suite atteignant même un cours de $10.85 au début novembre. Puis, suite à l'embauche d'un nouveau CEO venu de Novo Nordisk, Kare Schultz, qui a su rassurer les marchés, le titre a remonté peu à peu la pente dans les semaines qui ont suivi. On apprenait hier que Warren Buffett avait commencé à faire l'acquisition d'actions de ce titre durant cette période, cela a eu un effet positif sur le cours de l'action  qui a augmenté de 7% aujourd'hui et qui s'établit maintenant à $20.81. 

Il reste à cette entreprise israélienne et à son nouveau CEO encore beaucoup de travail à accomplir, sa dette gonflée par l'acquisition de la division des produits génériques d'Allergan demeure très élevée et est toujours une préoccupation. Buffett n'est pas parfait, il lui arrive de se tromper, mais s'il a vu de la valeur dans ce titre, ça me rassure un peu en tant qu'actionnaire de cette compagnie.

mardi 13 février 2018

Plus facile d'acheter que de vendre

En cette période trouble que traversent les marchés boursiers, je me suis donné comme objectif de réduire mon nombre de titres et de me dégager davantage de liquidités. Je dois donc vendre des titres et je réalise qu'il est plus difficile d'identifier des titres à vendre que des titres à acheter. Tous les jours, surtout quand les marchés connaissent des corrections à la baisse, je vois des titres qui me semblent sous-évalués et constituer des occasions d'achat. Par contre, vendre mes titres actuels m'apparaît plus difficile. 

Privilégiant depuis des années l'achat de titres de type retournement (turnaround stocks) achetés après une mauvaise période qu'a connue une compagnie et qui a fait chuter le cours de son titre, je me retrouve devant trois possibilités:

1. La compagnie s'est rétablie depuis l'achat et son titre a considérablement augmenté conséquemment. Comment déterminer le potentiel de retournement qu'il reste encore à cette compagnie et de mouvement à la hausse de son titre? Mon meilleur achat à la bourse fut l'achat d'actions de Brunswick Corporation (BC-NYSE) à $3.50 en 2008, alors que le titre était à son plus bas. En 2011, j'ai décidé d'en vendre une partie car l'action avait atteint $20 et je craignais un recul. La compagnie a cependant continué de se redresser et le titre à monter, il est aujourd'hui à $57. J'ai donc un regret d'avoir vendu une partie de mes actions trop tôt... 

2. La compagnie vivote depuis que j'ai acheté son titre. Elle est parvenue à arrêter l'hémorragie, mais elle n'a rien démontrer pour l'instant qui puisse provoquer l'emballement des investisseurs. Combien de temps dois-je lui accorder pour qu'elle fasse finalement ses preuves? Le temps c'est de l'argent et l'argent qui dort ne rapporte rien...  

3. La compagnie au lieu de se rétablir a vu sa situation se détériorer encore plus et son titre a chuté davantage depuis l'achat. La plupart du temps, j'ai cherché à réduire mon coût moyen en achetant des actions additionnelles lors de la descente de leur cours (double down). Le titre est souvent rendu à un cours ridicule (ex. Concordia International - CXR-TSX), la vente rapporterait maintenant bien peu et si l'entreprise effectuait finalement un revirement de situation, la remontée pourrait être spectaculaire  et me faire regretter de m'en être départi après l'avoir gardé si longtemps... 

Pourtant, il faut bien vendre un jour, vous n'apporterez pas vos actions de "l'autre bord" comme on dit en québécois. On investit nos économies, se privant de la jouissance à court terme que cet argent pourrait nous apporter, pour que ces économies fructifient et que nous puissions en retirer un plus grand plaisir, une plus grande satisfaction un jour. Il me faut donc être cohérent et ne pas tomber en amour avec mes titres. Au cours des prochains mois, je vais donc profiter des périodes où le marché remonte après un recul, pour me délester de titres.

vendredi 9 février 2018

Est-ce que les ordinateurs ont pris le contrôle de la bourse?

Il n'y a rien dans les perspectives économiques autant américaines que mondiales qui justifie le pessimisme actuel des marchés. Il est vrai que les titres boursiers s'étaient gonflés de façon démesurée, profitant de l'absence de compétition des autres véhicules financiers qui offraient des taux d'intérêt ridicules depuis des années. Cela a créé une bulle qui devait tout ou tard se dégonfler, une correction était inévitable et salutaire d'une certaine façon car elle allait ramener les titres plus près de leur valeur réelle. 

Là où je trouve ça plus déconcertant pour le simple investisseur, c'est le rôle que jouent ces puissants ordinateurs qui déclenchent des ordres de vente à partir d'algorithmes mystérieux qui défient les fondamentaux de l'économie et des titres boursiers et qui s'appuient davantage sur des paramètre de volatilité que sur la réalité. Et ces ordinateurs avec leurs savants calculs créent par eux-mêmes le mouvement à la baisse, font naître un scepticisme chez les investisseurs qui se transforme en peur que le fond soit encore plus bas... et qui amène les acheteurs à rester sur les lignes de coté des journées comme aujourd'hui, laissant toute la place aux puissants ordinateurs et à leurs ordres de vente. C'est un véritable cercle vicieux mathématique. Les marchés vont finir par le briser ce cercle vicieux, je pensais que ce serait aujourd'hui, il semble que non, pour l'instant du moins car avec la volatilité actuelle qui peut prédire où seront les indices boursiers à 16h00 aujourd'hui.     

mardi 6 février 2018

Element Fleet Management: chute de 33%?

Element Fleet Management (EFN-TSX) a annoncé hier soir le départ de son CEO et a donné des prévisions de baisse de ses bénéfices d'exploitation de 3 à 5% en 2018 (justifiée par des difficultés d'intégration...). L'entreprise prévoit cependant un retour à la croissance des profits en 2019. Le titre a chuté aujourd'hui de façon spectaculaire: de 33% ($5.28 vers 11h30). Trouvant la réaction à ces nouvelles démesurée, je me suis laissé tenter en début de séance à $5.70, répétant une erreur élémentaire digne d'un débutant: on n'essaie jamais d'attraper un couteau qui tombe!!! Il doit y avoir quelque chose de plus derrière ces nouvelles que je ne voyais pas encore pour provoquer une pareille réaction. Voyez-vous la cause de cette baisse disproportionnée?

vendredi 2 février 2018

Ouch!


Très mauvaise journée sur toutes les bourses. Recul de 2,1% pour les S&P500, de 2,5% pour le Dow Jones. Il faut prendre du recul et relativiser, ce mini Black Friday n'a rien à voir avec le Black Monday de 1987 qui avait vu l'indice Dow Jones reculer de 22% ce lundi 19 octobre 1987! À l'époque, la bourse ne m'intéressait pas du tout et j'avais appris cette nouvelle avec détachement. Ceux qui se sont précipités pour acheter le lendemain de ce lundi noir, ont eu un rendement exceptionnel sur leurs investissements: deux ans plus tard l'indice Dow Jones avait remonté de 54% à partir du creux atteint à la fermeture des marchés le 19 octobre 1987.

Cette petite correction sera-t-elle suivie d'un retour à la normal lundi, où est-ce la première secousse annonçant une deuxième secousse plus forte? L'avenir le dira... 

mercredi 31 janvier 2018

Une découverte: StockChase, un blog qui compile les opinions des analystes

Je viens de découvrir un blog boursier qui sort de l'ordinaire: un blog qui compile les opinions des analystes qui participent aux différentes émissions de Business News Network (BNN). Un travail de moine assez gigantesque, une énorme base d'information alimentée par des volontaires d'après ce que je comprends, volontaires qui se partagent la surveillance des différents émissions pour rédiger des résumés des opinions émises. Vous pouvez faire des tris par analyste ou par compagnie. Une façon simple de faire un survol d'information sur une compagnie avant d'appuyer sur le bouton "acheter" ou "vendre". En prime, si vous vous inscrivez au blog (c'est gratuit), vous aurez droit à un E-book fort intéressant: My 72 rules for investing in stocks and winning in the market. À vous d'en profiter!

Site de StockChase: www.stockchase.com

lundi 29 janvier 2018

Gérer ses émotions pour prendre de meilleures décisions boursières!

Les analystes de Business News Network

Le canal Business News Network (BNN, canal 79 à Montréal) est spécialisé dans les émissions portant sur l'investissement. Deux émissions quotidiennes sont particulièrement populaires: Market Call et Market Call Tonight. Durant ces deux émissions, des analystes répondent aux questions des téléspectateurs, de simples investisseurs individuels. À la fin de l'émission, l'analyste invité propose trois titres qu'il considère intéressants, ses "Top Picks". On n'apprend pas nécessairement quelque chose à chaque réponse de ces analystes, mais à la longue, on en tire de l'information utile et on peut percevoir ce qui intéresse l'investisseur moyen. Les analystes ne sont pas tous égaux, certains peuvent être ennuyeux et peu éclairants, alors que d'autres font des analyses justes et sont de bons pédagogues.

Voici les analystes que je trouve les plus intéressants:

1. Dave Burroughs
2. Andy Nasr
3. Bryan Acker
4. Cameron Hurst
5. Paul Harris
6. Don Lato
7. Lorne Steinberg
8. David Cockfield
9. Norman Levine
10. Gordon Reid
11. Kash Pashootan
12. John Zechner
13. Stan Wong

Ces émissions et des extraits de chacune d'elle sont également disponibles sur le site de BNN:  www.bnn.ca

vendredi 19 janvier 2018

Le Chateau: dégonflage rapide...

Après la montée soudaine et toujours inexpliquée du titre des magasins Le Chateau (CTU-TSX.V) hier après-midi, de $0.14 à $0.25, le retour sur terre ce matin à $0.16. Les penny stocks sont souvent l'objet de manipulations avec des techniques de "pump and dump" où des traders cherchent à pousser un titre vers le haut pour le revendre avant qu'il ne retombe. Ils utilisent parfois les forums boursiers pour faire monter l'hameçon. Dans ce cas-ci (voir post précédent), le seul hameçon que j'ai pu retrouver était tellement ridicule que ça prenait tout un poisson pour y mordre... 

Pour ma part, j'ai investi une petite somme sur ce titre il y a quelques mois sur la base de sa valeur et des projets de la direction, mais ça demeure un titre très spéculatif avec habituellement un faible volume de transactions.

jeudi 18 janvier 2018

Que se passe-t-il avec le titre des magasins Le Chateau aujourd'hui?

Le titre des magasins de vêtements Le Chateau (CTU-TSX, $0.25) avait atteint un creux historique en juin dernier à $0.06 par action, son énorme dette de 93 millions faisant craindre le pire, une faillite imminente. Depuis, le titre a pris du mieux mais demeurait famélique, les résultats n'était pas terribles, mais la descente des ventes semblait ralentir. L'entreprise affirmait miser sur de nouveaux modèles de magasins et sur son site web pour les ventes en ligne, afin de redresser sa situation. Je me suis laissé tenter par leurs arguments et j'ai pris une petite position sur le titre il y a quelques mois. 

Aujourd'hui, le titre est passé de $0.14 à $0.25 (+78%!) en ce moment à 14h10, sans que je ne trouve aucune nouvelle justifiant une pareille hausse. Quand on ne trouve pas de nouvelles, on peut toujours se tourner vers des forums comme Stock Twits (titres américains), TVA-Argent ou Stockhouse, pour savoir si quelqu'un d'autre est au courant. Tout ce que j'ai trouvé c'est sur Stockhouse, un participant anonyme affirmait que l'entreprise se convertissait vers les "blockchains", la technologie derrière les cryptomonnaies, et que la nouvelle serait annoncée à la fermeture des marchés... mais qu'il n'en était pas certain... Pardon, du commerce de détail aux blockchains? Ça sent l'arnaque, le "pump and dump". Si certains investissent sur de pareilles rumeurs, ils sont aussi bien de s'acheter un billet de 6/49!