vendredi 23 mai 2008

Le panier hebdomadaire des entreprises à rabais : des transporteurs aériens qui piquent du nez et autres trouvailles

Que retrouve-t-on dans le panier hebdomadaire des entreprises à rabais? Je fais allusion au tableau des entreprises qui ont atteint leur creux annuel durant la semaine, leur plus bas niveau des 52 dernières semaines. On retrouve habituellement dans ce tableau des entreprises en difficulté: certaines qui sont sur une pente descendante qui les mènera un jour au Chapitre 11, d'autres qui touchent le fond avant de remonter. Comment distinguer les unes, des autres? C'est ça le challenge du panier des entreprises à rabais.

Je viens de fouiller dans le panier de cette semaine, je remarque quelques entreprises de grande renommée, dont quatre m'apparaissent être de bons placements pour le moyen terme (BCS, IRE, GE, PFE). On retrouve également plusieurs compagnies aériennes touchées de plein front par la hausse vertigineuse du pétrole et le ralentissement économique aux U.S.A..


Lesquelles de ces entreprises n'ont pas fini de descendre? Lesquelles s'apprêtent à remonter? À vous d'y regarder de plus près... En ordre: nom de l'entreprise, code boursier, sommet atteint depuis un an, puis, plus bas niveau des 52 dernières semaines atteint cette semaine.

Barclays Bank PLC (BCS au NYSE) - $61,55 / $30,71
Bank of Ireland (IRE au NYSE) - $91,33 / $51,08
General Motors (GM au NYSE) - $43,20 / $17,38
General Electric (GE au NYSE) - $42,15 / $30,35
Pfizer (PFE au NYSE) - $27,73 / $19,52
Cooper Tire & Rubber (CTB au NYSE) - $28,50 / $11,26
Hansen Natural (HANS au Nasdaq) - $68,40 / $27,90
Eastman Kodak (EK au NYSE) - $30,20 / $15,26
Washington Post (WPO au NYSE) - $885,23 / $620,00

des entreprises canadiennes...

BCE (BCE au TSX) - $41,80 / $31,80
Groupe Jean Coutu (PJC.A au TSX) - $16,50 / $9,21
Cascades (CAS au TSX) - $13,05 / $6,70
IPL Inc (IPI.A au TSX) - $7,35 / $3,50

et les transporteurs aériens américains qui piquent du nez...

US Airways (LCC au NYSE) - $36,81 / $4,18
AMR Corporation (AMR au NYSE) - $29,32 / $6,00
Continental Airlines (CAL au NYSE) - $40,91 / $12,80
Delta Air Lines (DAL au NYSE) - $21,80 / $5,37
Northwest Airlines (NWA au NYSE) - $26,50 / $5,94
Jet Blue Airways (JBLU au Nasdaq) - $11.99 / $4,20
UAL Corporation (UAUA au Nasdaq) - $51,60 / $7,36

Dans ce panier des rejetés, lesquelles suscitent votre intérêt et pourquoi? Faites-moi en part.

jeudi 22 mai 2008

Les spéculateurs sont-ils responsables de la hausse spectaculaire du pétrole?

Vous connaissez mon point de vue sur cette question, si sous avez lu mon commentaire de mardi sur Les charognards et la troisième bulle. Lorsqu'un fond de couverture (hedge fund) achète des livraisons futures de pétrole sur le NYMEX, il n’a aucun remord à stimuler une spirale inflationniste, au contraire, il veut profiter du mouvement à la hausse. Ce qui compte pour lui, c'est de s'insérer à temps dans cette spirale ascendante et de retirer ses billes avant le ressac, après avoir fait un bon profit, peu importe les dommages collatéraux. C'est ça de la spéculation et ce sont ces grands joueurs qui influencent de plus en plus les marchés pour les transformer davantage en casinos irresponsables, qu'en lieux qui favorisent la rencontre des capitaux et des entrepreneurs pour le bénéfice de l'économie et de la société.


Dans La Presse de ce matin, un article de Martin Vallières se range dans le même camp. Je vous suggère également un texte de Fabien Major paru sur le blog Café de la bourse qui propose de taxer lordement les fonds spéculatifs: excellente idée! Par contre, certains pensent le contraire: voir le texte ci-joint qui trouve une fonction utile aux spéculateurs. À vous de vous faire une opinion.

Gonflement suspect dans les contrats à terme: texte de Martin Vallières, cliquez >>> ici

Américains timbrés, texte de Fabien Major, cliquez >>> ici

Pétrole: vive les spéculateurs, cliquez >>> ici


mercredi 21 mai 2008

Savoir quand vendre

Pat Dorsey dans son livre « The five rules for successful stock investing » identifie les cinq règles qui doivent guider l’investisseur:

  1. Faire ses devoirs, aller chercher le maximum d’information (Do your homework)
  2. Trouver des entreprises qui sont entourées d’une tranchée qui les protège de la compétition (Economic moats)
  3. Établir une marge de sécurité dans le prix d’achat (Margin of safety)
  4. Investir pour le long terme (Hold for the Long Haul)
  5. Savoir quand vendre (Know when to sell)

De ces cinq règles, la plus difficile à assimiler pour moi est la dernière. Alors qu’il nous prêche d’investir pour le long terme dans sa quatrième règle, Dorsey insiste, dans la règle suivante, qu’il faut quand même savoir quand vendre. Cela peut sembler paradoxal. L’auteur mentionne que dans l’idéal on devrait effectivement garder nos investissements pendant des décennies mais que dans les faits, il y a des situations qui exigent de l’investisseur qu’il déroge à cette règle et qu’il sache vendre.

Voici les situations où la vente est souhaitable selon lui :

  1. Le scénario qui a justifié l’achat ne tient plus : les raisons qui vous avaient amené à acheter un titre ne sont plus valides. L’analyse que vous aviez faite au départ s’avère erronée (ex. perspectives de croissance ou de production de flux de trésorerie). Il faut savoir reconnaître son erreur et vendre. D’où l’importance de rédiger pour chaque achat, le scénario qui le justifie.

  2. Les fondamentaux de l’entreprise se sont détériorés (ex. le niveau d'endettement de l'entreprise s'est élevé au fil des ans).

  3. Le marché vous offre un prix démesurément généreux par rapport à la valeur intrinsèque de l’entreprise. On n’a qu’à penser aux prix de vente de certaines entreprises techno au début de 2000. Mr. Market était alors dans sa phase d’optimisme délirant et il fallait savoir en profiter pour vendre ces titres au prix définitivement gonflé.

  4. Une occasion d’acheter un titre à bon marché qui a le potentiel pour offrir un rendement supérieur se présente mais vous ne disposez pas de liquidité : vendre alors une entreprise qui offre un rendement anémique pour saisir cette opportunité, est justifié.

  5. Un titre représente un pourcentage très élevé de votre portefeuille (10 à 15%, voir plus). Il est peut être plus prudent de réduire son poids si l’on peut obtenir un prix raisonnable et prendre cette somme pour se diversifier dans d’autres titres. Une trop grande concentration peut vous rendre vulnérable. Il faut éviter d’avoir trop d’œufs dans un même panier.

mardi 20 mai 2008

Les charognards et la troisième bulle

Les spéculateurs sont la plaie de notre époque. Les spéculateurs n'ont qu'un objectif: faire de l'argent sur le dos et le travail des autres, sans se soucier le moindrement des conséquences. En autant que ça rapporte, c'est tout ce qui compte.


Ils ont d'abord créé la bulle technologique qui a mené le marché boursier vers un état d'irrationnelle exubérance au tournant du millénaire. Délire collectif qui a cumulé sur un brutal retour à la réalité pour des milliers de petits investisseurs complètement enivrés par le rêve de faire de l'argent. Nos charognards de spéculateurs, au moment de l'éclatement de la bulle technologique, la première bulle, ont été les premiers à quitter le navire qu'ils avaient dirigé tout droit vers un iceberg boursier. Spirale spéculative qui allait conduire des milliers d'individus à perdre une bonne partie de leurs économies et, dans certains cas, de leur fonds de pension.

Le marché boursier en déroute, les spéculateurs ont dirigé leur argent vers le marché immobilier, utilisant des outils comme les PCAA, ces amalgames de prêts de type "subprime", pour siphonner le maximum de rendement. Peu importe s'il fallait entraîner dans la tourmente 2,2 millions d'américains à qui on a fait croire qu'ils pouvaient s'acheter une propriété malgré leurs modestes revenus et que la valeur de celle-ci ne cesserait d'augmenter. Puis vint, en 2007, l'éclatement de la seconde bulle, la bulle immobilière, avec les conséquences désastreuses que l'on connaît.

Nous vivons maintenant la troisième bulle, la bulle pétrolière. Les spéculateurs ont fait monter le prix du baril de pétrole de façon démesurée, ce qui va accélérer davantage le ralentissement économique en Amérique du Nord et en Europe et, probablement, nous mener à une récession et à des milliers de pertes d'emplois. Ce n'est pas la croissance du PIB mondial, même stimulée par les économies émergentes, qui justifie que le coût du baril de pétrole ait plus que doublé depuis douze mois. C'est de toute évidence l'effet d'entraînement du jeu des spéculateurs qui, en misant sur sa hausse de semaine en semaine, créent la spirale ascendante qui propulse le prix du baril vers le haut.

Les spéculateurs, en créant une récession que l'on aurait pu éviter (grâce à la performance des économies émergentes), vont aussi causer la chute éventuelle du cours du pétrole: lorsque l’économie ralentie, la consommation de pétrole diminue et son cours également. Les rats sont toujours les premiers à quitter le navire avant qu'il ne coule: quand les spéculateurs vont réaliser que la hausse du baril de pétrole est en train de se retourner contre eux et que le cours s'apprête à changer de direction, ça va être “tout le monde vers la sortie”. Le coût du baril de pétrole devrait redescendre alors rapidement sous les $100, peut-être sous les $80, mais il sera trop tard, les charognards auront laissé derrière eux une économie en récession.

Entre-temps, si le sujet du cours du pétrole et de ses impacts vous intéresse, j'ai trouvé sur internet un rapport du sénat français qui m'apparaît fort intéressant (lien en fin d'article). Je vais essayer de trouver le temps de le parcourir au cours des prochains jours, car comprendre ce sujet me semble essentiel pour prévoir l'évolution des économies, des secteurs et des marchés boursiers.

lundi 19 mai 2008

Les douze entreprises du NYSE les plus sous-évaluées selon Morningstar

Les analystes du site Morningstar déterminent une juste valeur (fair value) pour chaque entreprise analysée. Ils appuient leur estimation sur un modèle basé sur la valeur des flux de trésorerie (cash flow) que l'entreprise devrait générer au cours des prochaines années. Ce modèle n'est pas infaillible, j'ai vu nombre d'entreprises qui étaient apparemment fortement sous-évaluées, jusqu'au jour où l'analyste révisait l'évaluation de la valeur des flux de trésorerie futurs.

Morningstar suggère de se garder une marge de sécurité entre la juste valeur du titre et le prix où l'on peut envisager l'achat. Les analystes proposent donc un seuil "Consider buying", à partir duquel ils allument la lumière verte. Cette marge de sécurité varie en fonction de la solidité de l'entreprise, de son caractère plus ou moins spéculatif. Lorsque le titre est trop spéculatif, on ne suggère tout simplement pas de prix d'achat acceptable.

À prendre avec une certaine prudence, voici les douze entreprises du NYSE dont l'écart est le plus élevé entre leur juste valeur et leur prix actuel. Dans l'ordre: nom de l'entreprise, code boursier, juste valeur (fair value), prix où l'on peut considérer l'achat (Consider buying price) et prix actuel:

Thomson (TMS) - $20,00 / $15,00 / $6,93
Borders Group Inc. (BGP) - $16,00 / $10,40 / $6,44
Lithia Motors Inc. (LAD) - $21,00 / $13,70 /$8,60
Nortel Networks Corporation (NT) - $20,00 / $13,00 / $8,13
Sprint Nextel Corporation (S) - $22,00 / $16,50 / $9,27
Office Depot (ODP) - $32,00 / $24,00 / $13,62
Rite Aid Corporation (RAD) - $5,50 / $3,60 / $2,35
Qimonda AG (QI) - $9,50 / $5,20 / $4,31
99 Cents Only Stores (NDN) - $18,00 / $11,70 / $8,60
Levitt Corporation (LEV) - $3,00 / $1,70 / $1,45
CKE Restaurants Inc. (CKR) - $22,00 / $16,50 / $10,79
Jabil Circuit Inc. (JBL) - $24,00 / $18,00 / $11,43

vendredi 16 mai 2008

Le panier des entreprises à prix réduit

Lorsque j'étais jeune, nos revenus familiaux étaient plutôt limités... Ma mère devait voir à nourrir ses enfants avec seulement quelques dollars dans son sac à main. Elle faisait preuve de beaucoup d'imagination pour joindre les deux bouts. Ainsi, lorsqu'elle se rendait à l'épicerie, le Dominion ou le Steinberg d'alors, elle s'arrêtait toujours au panier des produits au prix réduit pour vente rapide. Panier dans lequel on retrouvait, pêle mêle, des produits au prix fortement diminué à cause de leur condition particulière: boîtes de conserves déformées, fruits rendus à la limite de leur vie, desserts à la fraîcheur douteuse... Brave maman, elle n'avait pas le choix de s'y arrêter et de voir si, dans ce panier des rejetés, se trouvait un produit malgré tout consommable.


J'ai été un peu marqué par cette expérience de jeunesse. Si bien qu'une fois devenu investisseur et amateur de marchés bousiers, j'ai été tout naturellement attiré par le panier hebdomadaire des produits à rabais. Je fais allusion au tableau des entreprises qui ont atteint leur creux annuel durant la semaine, leur plus bas niveau des 52 dernières semaines. Ainsi, à la fin de la semaine, je jette un coup d'oeil sur ce tableau que vous retrouvez sur la plupart des sites boursiers. On retrouve dans ce tableau des entreprises en difficulté: certaines sont sur une pente descendante qui les mènera un jour au Chapitre 11, d'autres touchent le fond avant de remonter. Comment distinguer les unes, des autres? C'est ça le challenge du panier des produits à rabais.

Je viens de fouiller dans le panier de cette semaine, une douzaine d'entreprises ont retenu mon attention. Lesquelles n'ont pas fini de descendre? Lesquelles s'apprêtent à remonter? À vous d'y regarder de plus près...

En ordre: nom de l'entreprise, code boursier, sommet atteint depuis un an, puis, plus bas niveau des 52 dernières semaines atteint cette semaine.

American International Group (AIG au NYSE) - $72,96 / $38,15
CanWest Global Communications (CGS au TSX) - $11.15 / $3.85
Forest Laboratories (FRX au NYSE) - $56.65 / $33.26
Heroux-Devtek Inc. (HRX au TSX) - $11.30 / $7.00
Kingsway Financial Services (KFS au TSX) - $21.00 / $9.66
Mecachrome International (MCH au TSX) - $14.01 / $6.01
National City (NCC au NYSE) - $36.01 / $5.44
RONA Inc (RON au TSX) - $24.41 / $12.72
Royal Bank Scotland Group PLC (RBS au NYSE) - $11.50 / $6.05
UnitedHealth Group (UNH au NYSE) - $59.46 / $31.49
Western Refining (WNR au NYSE) - $66.13 / $7.81
Whole Foods Market (WFMI au Nasdaq) - $53.65 / $28.45

LES LEÇONS DE L'INVESTISSEUR: Acheter une énorme dette n'est jamais un bon investissement

La valeur d’une action, c’est en bonne partie : actifs - dettes / nombre d’actions. Lorsqu’on détermine la valeur d’une action, il ne faut pas s’arrêter uniquement aux ratios cours/bénéfices et cours/ventes mais regarder le bilan financier, et le regarder en premier. Lorsqu’on achète une entreprise, on achète ses dettes également. Une dette récente, contractée pour faire une acquisition ou pour faire fructifier ses actifs, peut avoir un effet de levier, mais une vieille dette qu’une entreprise traîne comme un boulet, la rend très vulnérable à l’état du marché de l’emprunt et peut devenir fatale.

Pour mesurer l'avoir des actionnaires (equity), on soustrait les dettes de la valeur des actifs. Lorsqu'on divise cet avoir total des actionnaires par le nombre d’actions, on a une idée de la valeur réelle de chaque action. Parfois le chiffre est bien maigre et bien révélateur.

Il y a quelques années, j’ai acheté des actions de Delphi, un important fabricant de pièces automobiles. Le ratio cours/vente était très bas, à un point tel que je me disais qu’avec une marge nette de 2% cette compagnie serait amplement rentable. Je ne m’étais pas attardé à la dette qui était énorme et que Delphi, qui était un spin-off de General Motors, avait hérité de sa compagnie-mère. Quand l’industrie automobile a ralenti en 2005, Delphi s’est rapidement retrouvée devant une crise de liquidité, ne pouvant respecter ses obligations envers ses créanciers : elle a dû se réfugier sous la protection de la Loi contre les faillites (Chapitre 11), d’où elle est ressortie récemment en éliminant pratiquement toute valeur aux anciennes actions en circulation. Résultat : l’action payée 10$ vallait quelques sous à la fin. C’était ça « acheter une dette » et non investir, je l’ai appris à mes dépens.

mercredi 14 mai 2008

BARRON'S: les 500 entreprises qui ont offert le meilleur rendement depuis un an

Le magasine Barron's vient de publier sa liste des 500 entreprises américaines et canadiennes qui ont offert les meilleurs performances au cours de la dernière année, en termes de capacité à générer des ventes et des flux de trésorerie positifs (cash flow). Le gestionnaire d'actif BlackRock (BLK au NYSE) arrive premier, suivi d'une entreprise canadienne, Research in Motion (RIMM au Nasdaq, RIM au TSX). Dans l'article, ci-joint, sélectionnez "Table: Barron's 500" pour voir l'ensemble de la liste.


lundi 12 mai 2008

HP veut acheter EDS: qui se fait rouler au juste?

Allez, je vais me vanter un peu... Qui vous a parlé d'Electronic Data Systems (EDS au NYSE) il y a deux mois, alors que le titre était à $16,17? C'est votre humble serviteur... Aujourd'hui, le Wall Street Journal a annoncé que Hewlett-Packard (HPQ au NYSE) négociait pour acheter EDS à environ $25 l'action, le titre a terminé la journée à $24,13 (+27%). Les marchés ont puni l'action de Hewlett-Packard après l'annonce de la nouvelle (- 4,6%), comme si le prix payé pour EDS leur apparaissait trop élevé.

L'offre de HP peut paraître généreuse, mais l'est-elle vraiment? HP a-t-elle trop payé pour cette entreprise qui domine le marché de la gestion déléguée des applications informatiques? Le titre d'EDS se transigeait à $29 il y a moins d'un an et à plus de $70 à la fin 2001, avant les déboires que l'entreprise a connus, suite à des contrats désastreux avec la U.S. Navy. L'analyste de Morningstar évaluait, quant à lui, la valeur d'Electronic Data Systems à $32 l'action.

Moi, ça me frustre un peu les offres qui paraissent généreuses parce que l'entreprise achetée traverse une période difficile et que le titre est à son plus bas, et que des dirigeants complaisants s'empressent d'accepter parce qu'ils se feront généreusement récompensés dans les clauses de la transaction.

Pour moi, EDS, qui a généré $2,50 par action de flux de trésorerie disponibles (free cash flow) au cours des deux dernières années, et bien que ce free cash flow aurait été moindre cette année à cause de nécessaires investissements, valait davantage: au dessus de $35. Je vais voter contre la transaction en bon actionnaire consciencieux, ça ne fera aucune différence et la vente va se faire. Ma seule consolation: j'ai des actions de Hewlett-Packard...

Site web de Hewlett-Packard, cliquez >>> ici

PETROLIA: du pétrole en Gaspésie?

Le titre de Petrolia (PEA au TSXV) a connu une forte hausse la semaine dernière avec l'annonce d'un projet commun d'investissement de cinq millions (avec Junex et Gastem) dans le projet pétrolier Haldimand en Gaspésie. Ce projet vise à approfondir l'exploration de ce secteur et à augmenter la production de ce site qui est demeurée modeste jusqu'à présent (34 barrils par jour).


Pétrolia est une société d’exploration pétrolière et gazière junior qui possède des intérêts dans un domaine minier couvrant 14 929 km² (3,7 millions d’acres) ce qui représente 21% du territoire québécois sous permis. Situés majoritairement sur la péninsule Gaspésienne et sur l’Île d’Anticosti ces permis sont considérés comme les plus prospectifs et représentent plus de 70% du potentiel pétrolier terrestre du Québec. (extrait du site de Petrolia)

Ça demeure très spéculatif comme investissement, il y a déjà 34 millions d'actions en circulation, un peu plus de 10% appartiennent à des investisseurs suisses (Pilatus Energy). Le titre est actuellement à $1,83, il était à $0,36 en juin dernier. Combien valent ces actions? Je n'en ai pas la moindre idée. On est dans le domaine de la loterie boursière.

Un peu plus au nord-est, sur les rives de Terre-Neuve, on a découvert il y a quelques années des zones riches en hydrocarbures qui sont maintenant en exploitation. Ces découvertes ont fait de cette province, jadis la plus pauvre du Canada, une province en plein développement économique. Je souhaite que Petrolia, Junex et Gastem réussissent, ça ferait du bien à notre chère Gaspésie, un boom pétrolier. Mais il faut rester les deux pieds sur terre, il y a encore beaucoup de chemin à faire avant d'en arriver là et rien ne garanti qu'on y trouvera des richesses similaires. Celui qui achète ce titre actuellement, ne doit pas oublier, qu'il joue à la loterie.

vendredi 9 mai 2008

Les secrets de Warren Buffett...

Je sais, je suis un peu emmerdant avec Warren Buffett depuis une semaine... Ce n'est pas parce qu'il est le plus grand investisseur de tous les temps qu'il est une de mes idoles, ça c'est un peu secondaire pour moi. En fait, je suis loin de pratiquer un style d'investissement qui respecte ses principes, je n'y parviens pas, même si je sais que c'est sa méthode qui est la bonne, moi je m'éparpille beaucoup trop, je déborde allègrement de mon cercle de compétence...

Revenons à Warren, ce que j'aime chez cet homme c'est sa sagesse, son humour, sa fine intelligence, sa générosité et le fait que c'est quelqu'un de foncièrement bien et humain. Il faut savoir en profiter pendant qu'il est là. Longue vie à Warren!

Je vous propose un site dédié à la méthode et aux écrits de Warren Buffett:

Liste d'articles traitant de la philosophie d'investissement de Warren Buffett: Warren Buffett Secrets, cliquez >>> ici

et un article récent du magasine Fortune où il aborde différentes questions:

What Warren thinks... (cliquez >>> ici)

jeudi 8 mai 2008

L'écran radar du chasseur d'aubaines

En tant d'investisseur, comme moi, vous avez sûrement une liste de surveillance de titres que vous suivez depuis quelques temps et auxquels vous avez attribué un "prix acceptable" où vous seriez prêt à considérer l'achat.


Cette liste devient une sorte d'écran radar sur lequel apparaît périodiquement des titres égarés dans la constellation du mouvement boursier perpétuel. Voici un titre qui est apparu sur mon écran radar cette semaine:

TESORO CORPORATION (TSO au NYSE), une raffinerie et un détaillant d'essence (890 stations service), surtout présente dans l'ouest des États-Unis (Californie, État du Washington...). L'entreprise a présenté son rapport trimestriel hier, elle a connu des pertes par action substantielles ($0,60), plus importantes que ce qui était prévu : les marges des raffineurs indépendants sont actuellement coincées entre la hausse de la matière première (pétrole) d'un côté et le ralentissement économique aux USA qui réduit l'achalandage à la pompe, de l'autre. Les marges de raffinage sont descendues à $6,54 par baril, elles étaient de $13,50 l'an dernier.

Suite à ce dépôt d'un rapport trimestriel négatif hier matin, on se serait attendu à une chute du titre. Il s'est pratiquement maintenu durant la journée d'hier, ce qui est un bon signe: les investisseurs ont probablement pris note en contrepartie des pertes, de l'augmentation substantielle des revenus qui sont passés à 6,5 milliards, ils étaient de 3,8 milliards un an plus tôt. Cette augmentation s'explique par la hausse du prix de vente à la pompe, mais aussi par l'acquisition d'une raffinerie que lui a vendu Shell en mai dernier qui augmente sa capacité de raffinage. Avec un retour de conditions propices aux profits, on pourrait ainsi s'attendre à une croissance des bénéfices par action, suite à l'augmentation de la capacité de raffinage. Cependant, le contexte difficile demeure pour l'instant.

POSITIF: La capacité de raffinage a augmentée avec l'acquisition importante de la dernière année, d'autant plus que cette nouvelle raffinerie à une technologie plus avancée qui lui permet de raffiner du pétrole de plus basse qualité (meilleures marges). Également, le prix de l'action est bas ($24,68) : ainsi, en novembre dernier, le milliardaire Kirk Kerkorian avait fait une offre d'acheter 16% des actions à $64 par action, offre qui a été refusée. Depuis, il y a eu la hausse phénoménale du coût du pétrole et le titre a perdu plus de la moitié de sa valeur. Je crois tout de même que Kerkorian devait voir une valeur dans cette compagnie pour faire une offre à ce prix...

NÉGATIF: Les raffineurs indépendants, comme Tesoro, sont à la merci des grandes pétrolières pour leur matière première: ils ne peuvent refiler aux clients entièrement la hausse du coût du pétrole, puisqu'ils ont comme compétiteurs des pétrolières complètement intégrées, comme Exxon Mobil, qui font à la fois l'extraction, le raffinage et la vente au détail et qui imposent en quelque sorte le prix à la pompe. Les grandes pétrolières profitent de la hausse du coût du baril de pétrole du côté de l'extraction, pas les raffineurs indépendants, comme je l'ai expliqué plus tôt. Tant que le coût du baril demeurera élevé et la capacité des consommateurs limitée par la récession, la pression sur les marges des indépendants demeurera forte.

mardi 6 mai 2008

Les leçons de l'investisseur: Ne jamais essayer d'attraper un couteau qui tombe

Après une mauvaise nouvelle majeure, il faut attendre au moins quelques jours avant d’acheter les actions d'une compagnie qui continue à nous intéresser en dépit de cette nouvelle, et dont le prix est soudainement devenu attrayant. Le nouveau plancher ne se présentera pas avant cinq, dix, vingt, ou trente séances, selon l’ampleur négative de cette nouvelle.

Il ne faut surtout pas se précipiter le jour même ou le lendemain, même si le nouveau prix nous fait saliver. Il faut laisser à la mauvaise nouvelle le temps d’être pleinement absorbée par le marché et que passe la première vague des affamés impatients d'acheter. Il faut aussi laisser aux spécialistes des ventes à découvert (short sellers) le temps de se défouler sur le titre éclopé. Ces premières journées ne constituent qu’un faux plancher qui, la plupart du temps, ne tient pas bien longtemps. Ne tombez pas dans le panneau, je l'ai fait à plusieurs reprises avant de comprendre. Cette loi de la gravité boursière ne se dément pratiquement jamais!

Bien que le cours des actions touchées par une mauvaise nouvelle de première importance (ex. échec de la reconnaissance d'un médicament majeur par la FDA, diminution soudaine de la rentabilité d'une compagnie établie, arrêt de la croissance des ventes d'une compagnie techno…) puisse remonter un peu dans les jours qui suivent le choc initial, il redescendra par la suite quand les impatients se seront gavés et qu'il n'y aura plus rien pour soutenir le cours de l'action. C'est alors que se dessinera lentement le "vrai plancher", la vrai valeur que le marché donne maintenant à cette action. À ce moment, on peut se pencher, regarder le couteau, et si on lui trouve encore une certaine valeur, décider de le ramasser.

Propos de Warren Buffett à l'assemblée annuelle de Berkshire Hathaway

Lors de l'assemblée annuelle de Berkshire Hathaway en fin de semaine, Warren Buffett s'est exprimé sur la situation de l'économie, de la finance et de la bourse. Voici quelques propos rassemblés:


Sur la crise que traverse Wall Street...

«Wall Street va où l'argent se trouve. Wall Street ne se préoccupe pas des conséquences de ses gestes. Mais cette fois-ci, les institutions financières se sont fait prendre dans la maison après y avoir mis le feu, comme des pyromanes.»

«Au début, les produits dérivés n'étaient pas compliqués. Mais Wall Street a commencé à vendre des produits très compliqués. Ils ont appelé ça des déchets toxiques (toxico waste). Les institutions financières en étaient arrivées à tellement vouloir peindre un beau tableau pour augmenter leurs profits qu'elles ont commencé à tricher dans leur comptabilité.»

«Wall Street est un milieu très dur qui est régi par un seul code: si tout le monde le fait, fais-le toi aussi. Et si tu n'es pas prêt à le faire, quelqu'un d'autre va faire de l'argent à ta place.»

Sur sa philosophie d'investissement...

«Ce que font les autres m'indiffère. Les gens qui vont seulement voir les films ou qui lisent seulement les livres qu'on leur suggère seraient mieux de ne pas investir à la Bourse. Ils feraient de mauvais investisseurs car ils achèteraient et ils vendraient leurs actions en même temps que tout le monde. Chez Berkshire, nous faisons exactement le contraire.»

Sur la récession ...

«Une récession n'est jamais agréable pour les gens qui doivent en subir les conséquences. On ne se réjouit pas d'une récession, mais elle provoque toujours de nouvelles occasions d'achat pour Berkshire Hathaway»

«Je sais que ma définition d'une récession n'est pas la même que celle du gouvernement américain (une baisse du PIB durant deux trimestres consécutifs)... À titre d'exemple, notre population augmente de 1% chaque année. Si le PIB augmente de moins de 1%, je considère qu'il y a une récession car le PIB par personne a reculé. Pourtant, le gouvernement prétend le contraire.»

«À court terme, les revenus de nos entreprises dans certains secteurs comme la construction devraient diminuer. Ce qui doit arriver va arriver, mais ça ne change rien à la vision à long terme que nous avons de Berkshire.»

Sur le rendement que peuvent espérer ses actionnaires ...

«Nous ne pensons pas que nous pourrons faire aussi bien que nos résultats des quarante dernières années. Si un actionnaire s’attend aux mêmes résultats, il devrait vendre.»

Sur l'attitude de certains dirigeants...

«Parler aux PDG des entreprises que nous voulons acquérir ne donne généralement pas grand-chose. Ils nous mentent et, la plupart du temps, ils ne le savent même pas parce qu'ils croient leurs mensonges.»

Sur le dollar canadien ...

«Si je devais faire une prédiction, je crois que le dollar canadien s'appréciera à long terme par rapport au dollar américain. Avec le pétrole et les sables bitumineux, l'économie canadienne est en meilleure posture que celle des États-Unis»

«Si le dollar canadien continue de monter, le rendement des actions américaines pour un investisseur canadien diminuera. Cela dit, il faut faire attention car c'est beaucoup plus facile de se tromper dans ses prédictions avec les devises qu'avec les actions.»

Pour voir les textes en entier d'où proviennent ces différents extraits, cliquez sur les liens suivants qui vous mèneront à la série de textes de Vincent Brousseau-Pouliot du site LaPresseAffaires.com:

dimanche 4 mai 2008

« Sell in May and go away » : vrai ou faux?


Une idée répandue veut que les six mois de mai à la fin octobre, offrent à l’investisseur des performances nettement inférieures aux six mois qui vont du début novembre à la fin avril. D’où la maxime « Sell in May and go away » : « Vend en mai et puis part ». Le tableau ci-dessus révèle que les rendements des mois de mai à la fin octobre sont effectivement, en moyenne, inférieurs à ceux des mois de novembre à la fin avril. Vaut-il la peine alors, de vendre une partie de ses actions à cette période de l’année que nous débutons, pour ramener la somme obtenue à l’automne sur le marché boursier?

En se basant sur le S&P 500, une étude a révélé que si, depuis 1950, un investisseur avait vendu toutes ses actions au début mai et qu'il avait investi temporairement la somme dans le marché monétaire jusqu'à la fin octobre, pour revenir dans le marché des actions en novembre, il serait parvenu à obtenir un rendement annuel moyen de 11,2%.

En contrepartie, celui qui serait resté calmement présent dans le marché des actions à l'année, même durant le semestre faible (mai-octobre), aurait obtenu un rendement annuel moyen de 11,9%. Le rendement des actions de mai à la fin octobre, bien que plus faible que celui obtenu durant l'autre partie de l'année, étant quand même plus fort que celui du marché monétaire.

Cette petite différence de 0,7%, en faveur d'une présence continue sur le marché des actions contre la théorie du "Sell in May and go away", semble peu importante, mais sur une longue période, la différence est énorme.

Ainsi, celui qui depuis 1950, en utilisant la stratégie du "Sell in May and go away", aurait investi $1,000 à chaque année, en alternant les actions du S&P 500 avec le marché monétaire d'un semestre à l'autre, aurait accès à une somme de $5,202,849 à la fin 2008 avec son rendement annuel de 11,2%.

Avec le même investissement annuel de $1,000, celui qui serait resté sagement dans le marché des actions, sans s'agiter continuellement, grâce à son rendement annuel de 11,9%, pourrait compter sur la rondelette somme de $7,139,809 à la fin de l'année. Une différence de près de 2 millions de dollars, en s'évitant le stress d'un mouvement continue du marché des actions aux marchés monétaires et vice versa. Et c'est sans compter, les frais de transactions et l'impact négatif sur la taxation d'une stratégie de ventes régulières (déclarations fréquentes de gains de capital).

"I rest my case", comme ils disent en anglais. La démonstration est claire: il vaut mieux rester dans le marché des actions que d'essayer de le synchroniser.

vendredi 2 mai 2008

Citations de Warren Buffett

Demain, à Omaha, aura lieu l'assemblée annuelle de Berkshire Hathaway (BRK.A et BRK.B au NYSE), quels seront les propos du plus grand investisseur de tous les temps, dont le jugement, la sagesse et l'humour n'ont pas d'égal...

En attendant, quelques citations de l'Oracle d'Omaha:


« Quelqu'un s'assoit à l'ombre aujourd'hui, parce que quelqu'un d'autre a planté un arbre il y a longtemps. »

« Je veux pouvoir expliquer mes erreurs. C'est pourquoi je ne fais que des choses que je comprends. »

« Quand on est dans un trou, la pire chose à faire est de continuer de creuser. »

« Quand un dirigeant avec une réputation d'excellence s'attaque à une entreprise avec une réputation de médiocrité, c'est la réputation de l'entreprise qui demeure intacte. »

«Les prévisions vous en disent beaucoup sur ceux qui les font, elle ne vous disent rien sur l'avenir.»

« Ne demandez jamais à un barbier si vous avez besoin d’une coupe de cheveux. »

« Mieux vaut avoir approximativement raison qu'avoir précisément tort. »

« Dans le monde des affaires, malheureusement, le miroir arrière est toujours plus clair que le pare-brise. »

« Si jamais vous vous retrouvez dans un bateau qui coule, l'énergie pour changer de bateau est plus productive que l'énergie pour colmater les trous. »

« Vous n'avez pas raison parce que d'autres sont d'accord avec vous. Vous avez raison parce que vos faits sont exacts et que votre raisonnement est juste. »

« La plupart des gens s’intéressent aux actions quand tout le monde s’y intéresse. Le moment d’acheter est quand personne ne veut acheter. Vous ne pouvez acheter ce qui est populaire. »

« Quand vous recherchez des gens à recruter, vous devez rechercher trois qualités : l'intégrité, l'intelligence, et l'énergie, s'ils ne possèdent pas la première, les deux autres vous tueront. »

« C'est quand la mer se retire qu'on voit ceux qui se baignent nus. » (les entreprises lorsqu'une récession se présente...)

« Si vous ne connaissez pas les bijoux, connaissez le bijoutier. »

«Un sondage n'est pas un substitut à la réflexion»

Et quelques unes en anglais:

"Chains of habit are too light to be felt until they are too heavy to be broken."

"In the short run, the market is a voting machine. In the long run, it's a weighing machine."

"Be fearful when others are greedy. Be greedy when others are fearful."

"Risk comes from not knowing what you're doing."

"Wide diversification is only required when investors do not understand what they are doing."

"[On the dot-com bubble:] What we learn from history is that people don’t learn from history."

"Diversification may preserve wealth, but concentration builds wealth."

"Invest within your circle of competence, It's not how big the circle is that counts, it's how well you define the parameters"

"I never attempt to make money on the stock market. I buy on the assumption that they could close the market the next day and not reopen it for five years."

"I don't look to jump over 7-foot bars: I look around for 1-foot bars that I can step over. "

"Look at market fluctuations as your friend rather than your enemy; profit from folly rather than participate in it."

" There seems to be some perverse human characteristic that likes to make easy things difficult. "

"Time is the friend of the wonderful company, the enemy of the mediocre."

"We believe that according the name 'investors' to institutions that trade actively is like calling someone who repeatedly engages in one-night stands a 'romantic.' "

mardi 29 avril 2008

Bourse et jardin: deux univers avec de nombreuses ressemblances

Je n'ai pas que la bourse comme intérêt dans la vie, heureusement pour moi, j'ai d'autres passions un peu moins stressantes: une d'entre elles, c'est le jardinage. Je perçois cependant beaucoup de similitudes entre ces deux univers.

Un bon jardinier, comme un bon investisseur, se devra d'être patient, informé et travaillant. Un jardin, les premières années, donne souvent des résultats modestes, tout comme un portefeuille boursier, et puis le jardin prendra de la maturité et progressivement les fruits de votre dur labeur apparaîtront et viendront vous récompenser pour l'effort investi.

Le jardinier devra d'abord s'informer sur les plantes qu'il souhaite intégrer à ses plates-bandes, avant de les acheter: quelles sont leurs caractéristiques, lesquelles traverseront le mieux le temps, lesquelles auront la plus forte croissance, lesquelles résisteront le mieux aux maladies... L'investisseur fera de même avant de garnir son portefeuille boursier de compagnies.

Et puis, dans un centre horticole, tout comme dans le marché boursier, vous vous retrouvez devant une multitude de variétés et de possibilités, il faut arriver à un agencement qui assurera équilibre, croissance et diversité. Vos plates-bandes ne peuvent pas contenir que des plantes vedettes (entreprises technos), spectaculaires à la floraison mais dont le feuillage peut se détériorer rapidement par la suite et dont la durée de vie sera peut-être courte. Vous devrez y inclure des plantes un peu plus rugueuses, à la floraison plus modeste mais au feuillage vigoureux, des "blue chips" qui seront là, année après année, peu importe la rigueur des hivers.

Pour que le coup d'oeil soit agréable, vous ne pourrez vous limiter à quatre ou cinq plantes, vous devrez apporter à vos plates-bandes une diversité qui assurera un étalement des floraisons et qui protégera votre jardin contre les périodes de monotonie (cycles sectoriels et économiques). Vous prendrez soin d'inclure à votre jardin des plantes de diverses tailles pour créer un tout harmonieux, tout comme l'investisseur avisé ne se limitera pas à une catégorie d'entreprises, mais inclura à la fois de grandes compagnies établies et des plus petites au développement prometteur, car les unes et les autres ont leur place dans un portefeuille équilibré.

Comme on peut le constater, on retrouve beaucoup de ressemblances entre ces deux univers. Bon jardinage ce printemps et bon investissement!

lundi 28 avril 2008

SEEKING ALPHA: un site riche en analyses sur les entreprises et l'investissement boursier

Seeking Alpha http://seekingalpha.com/ est un site où différents investisseurs soumettent leurs analyses et expriment leurs points de vue sur le marché boursier et les entreprises. Les contributeurs (400) à ce site sont à la fois des investisseurs individuels, des gestionnaires financiers professionnels, des analystes et des éditeurs de « newletters ». Ce site est orienté sur l’analyse fondamentale.


Seeking Alpha se distingue d’autres sites boursiers par l’accent qu’il met davantage sur les opinions et les analyses, plutôt que sur la nouvelle. Ce site n’est pas alimenté par des journalistes mais par des investisseurs qui expliquent leur approche personnelle et leurs différents choix d’investissement. C’est en quelque sorte un lieu d’échange et d’expression.

vendredi 25 avril 2008

L'écran radar du chasseur d'aubaines

En tant qu'investisseur, comme moi, vous avez sûrement une liste de surveillance de titres que vous suivez depuis quelques temps et auxquels vous avez attribué un "prix acceptable" où vous seriez prêt à considérer l'achat.

Cette liste devient une sorte d'écran radar sur lequel apparaît périodiquement des titres égarés dans la constellation du mouvement boursier perpétuel. Voici deux titres qui sont apparus sur mon écran radar cette semaine:


EXCELTECH AEROSPACE (XLT au TSE): une entreprise québécoise de maintenance d'aéronefs en croissance, mais n'ayant pas encore atteint le seuil de la rentabilité. Les résultats du dernier trimestre ont déçu mais la punition des investisseurs me semble démesurée. Le titre a terminé la semaine à $0,145, il est même descendu à $0,135 hier.

Positif: Exceltech Aerospace appartient à un secteur en croissance qui suivra la hausse du trafic aérien dans les années à venir.

Négatif: la force du dollar canadien gruge sa marge de profit.

Prix minimum et maximum des 52 dernières semaines: $0,135 - $0,43

Pour en savoir plus long, lire l'analyse de la direction pour le dernier trimestre, en cliquant >>> ici

NETGEAR (NTGR au Nasdaq): fabricant américain de différents produits électroniques (routeurs, modems, cartes-réseau, switchs, stockage réseau...) destinés aux particuliers et aux petites entreprises. L'entreprise a annoncé hier des résultats trimestriels décevants en terme de croissance, attribuables à la faiblesse du marché britanique et à une pression à la baisse sur les prix aux U.S.A. provoquée par son principal compétiteur (Linksys). Le titre a terminé la semaine en forte baisse à $16,76 l'action. La chute n'est pas terminée selon moi, l'action pourrait descendre sous les $15 et alors constituer un investissement valable.

Positif: entreprise bien gérée et qui contrôle bien ses coûts, marge nette de plus de 6% au cours des quatre dernières années, ce qui est un tour de force dans ce type d'industrie.

Négatif: produits appartenant à un marché très compétitif et destinés à des strates particulièrment sensibles aux prix. Netgear subit la concurrence, entre autres, du géant Cisco qui possède Linksys.

Prix minimum et maximum des 52 dernières semaines: $16,41 - $41,33

Pour en savoir plus long sur les résultats du dernier trimestre, écoutez la conférence téléphonique suite au dépôt du dernier rapport trimestriel, en cliquant >>> ici

mercredi 23 avril 2008

Les grands journaux : il n’y a pas de bons placements à faire dans un mauvais secteur

J’ai longtemps pensé que même dans les mauvais secteurs pour l’investisseur, les secteurs dont les caractéristiques intrinsèques ne favorisent pas les profits et la rentabilité, on pouvait trouver des entreprises qui se démarquaient et qui représentaient de bons placements. Je ne crois plus à cette théorie : ramer à contre-courant de caractéristiques économiques implacables est foncièrement un exercice épuisant, inutile et à la longue, non rentable pour l'investisseur.

Prenons le secteur des journaux écrits. L’évolution technologique (internet) et les préférences des nouvelles générations condamnent, selon moi, ce secteur à un déclin progressif et irrémédiable.

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la bourse il y a quelques années, malgré le fait que la montée fulgurante de l’internet était déjà nettement perceptible, une thèse favorable aux investissements dans les journaux continuait à être défendue. Selon de sérieux analystes, comme celui qui couvrait ce secteur au Morningstar à l’époque, les grands journaux étaient entourés d’une tranchée (moat) qui les mettait à l’abri de la compétition : les coûts associés au démarrage d’un journal étaient si élevés que cela devenait une protection contre l’arrivée d'éventuels compétiteurs. Les principaux journaux des grandes villes, tout comme les petits hebdos des petites villes, jouissaient quasiment d’un monopole qui leur permettait un contrôle sur le prix de vente du journal et sur celui de la publicité qu’ils incluaient. Là où cette théorie se trompait royalement, c’est qu'en fait, ce qui menaçait vraiment les journaux, ce n’était pas la venue d’autres journaux, mais la montée des autres moyens de communication, en particulier, l’internet

J’ai mordu à la thèse de la « tranchée protectrice » des grands journaux et j’ai investi dans Gannett (U.S.A. Today), New York Times, Lee Enterprises, Journal Register... Au fil des dernières années, ce qui est ressorti clairement, c’est que le nombre de lecteurs des journaux diminuait régulièrement d’un trimestre à l’autre. Les plus vieux s’accrochaient à leur habitude, mais les plus jeunes n’adoptaient qu’en faible nombre ce moyen d’information auquel ils préféraient, et de loin, l’internet, eux qui ont été nourri par ce média dès leur plus jeune âge. Internet étant en fait, plus qu’un moyen d’obtenir de l’information pour les jeunes : c’est un lieu pour socialiser, échanger, s’exprimer, consommer et, à l’occasion, s’informer…

Le cycle de la vie n'est pas respecté ici : pour chaque vieux lecteur qui décède, on est loin de pouvoir compter sur un jeune lecteur de journaux pour prendre la relève. Et les annonceurs s’ajustent à ce déplacement inter-générationnel et diminuent progressivement la part de leurs budgets destinée aux journaux, en faveur d’autres médias, en particulier, les sites internet.

Que peuvent faire les journaux face au pouvoir d'attraction de ce puissant média inter-actif, qui allie textes, images, son et vidéos? Se convertir à l'internet? C'est la bouée de sauvetage à laquelle tous les journaux ont pensé. Le hic, c'est que sur internet, il n'y a pas de "tranchée protectrice", pratiquement pas de "barrière à l'entrée" : la compétiton arrive de partout, même un blog comme le mien devient un modeste compétiteur de plus...

Comme l’économie ralenti actuellement aux États-Unis, cela vient accélérer la descente des journaux : les grands annonceurs se font rares et le nombre de petites annonces (emplois, immobilier, automobiles…) est en chute libre. Les derniers résultats trimestriels ont confirmé le rétrécissement des revenus et des profits. Les titres des grands journaux, même les meilleurs (ex. Gannett, GCI au NYSE), continuent ainsi à chuter de mois en mois. Une des pires dégringolades est celle de McClatchy Newspapers (MNI au NYSE) qui valait $75 l’action en avril 2005, le titre s’est transigé à $8,30 aujourd’hui, une perte de près de 90% de sa valeur en 36 mois!

Le seul attrait qui semble retenir des investisseurs à bord est la générosité du dividende des journaux dont les yields ont augmenté de façon inversement proportionnel à la chute du cours des actions : ainsi, Lee Enterprises (LEE au NYSE), à son prix d’aujourd’hui, offre un plantureux yield de 10,2%! Méfiez-vous cependant, ces dividendes ne sont pas coulés dans le béton et pourraient être remis en question quand les entrées d’argent seront de plus en plus modestes.

Moi je reste à bord encore quelque trimestres, le temps qu’une reprise économique aux USA ramène des annonceurs, crée l’illusion d’un certain retour de la rentabilité et fasse remonter le cours de ces actions qui sont aujourd’hui au plancher. J’attends une sorte de « dead cat bounce » pour récupérer une partie de mes investissements et faire mes adieux aux journaux comme choix de placement.

P.S. J'aimerais bien me tromper sur la diminution progressive du tirage des journaux, ces derniers ont été, et demeurent encore aujourd'hui, de formidables entreprises qui jouent un rôle essentiel pour la liberté d'expression et la cohésion des communautés, petites et grandes.

Le top 500 des grandes entreprises américaines en 2008: le classement de FORTUNE

Le magazine Fortune a développé une spécialité dans le classement des entreprises en fonction de différentes variables (revenus, profits, croissance, meilleurs employeurs...). Fortune vient de publier sa liste 2008 des plus grands entreprises américaines par revenus. Pas de surprises, Wal-Mart garde sa première position (ventes de 378 milliards), suivi de Exxon Mobil.

Une entreprise a vu ses revenus (suite à des acquisitions) faire un bond de 88% l'an dernier: AT&T (T au NYSE) qui se retrouve maintenant en 10ème position, un gain de 17 places.


lundi 21 avril 2008

LES LEÇONS DE L'INVESTISSEUR: ne pas négocier les yeux bandés!

Au fil des dernières années, j'ai remarqué que très souvent les compagnies technos déçoivent les attentes démesurées des marchés et subissent une baisse brutale et rapide après le dépôt de leur rapport trimestriel. J'explique ce phénomène ainsi: les compagnies « technos » demeurent encore nettement surévaluées dans leur ensemble par rapport à leur valeur réelle (actifs, rentabilité…). Leurs actions se vendent à des multiples très élevés qui ne sont pas justifiés par leurs profits mais par des projections de forts taux de croissance. Ces attentes démesurées au niveau de la croissance, très souvent ne peuvent se réaliser, du moins pas à la hauteur des projections irréalistes de certains investisseurs. Le retour sur terre est alors abrupte : sans le maintien des projections de forte croissance, ces actions se dégonflent rapidement car c’est ce qui soutien leur valeur.


Acheter les actions d’une compagnie techno avant le dépôt de son rapport trimestriel comporte donc beaucoup de risques. La possibilité d’une déception des marchés est réelle avec la débarque qui l'accompagnerait. Et dites-vous bien que même avec des résultats au delà des attentes du marché, la hausse de l'action qui suivrait sera rarement élevée, puisque son prix contient déjà des projections de croissance importante. À l’opposé, les jours et les semaines qui suivent le dépôt trimestriel constituent souvent le moment idéal pour acheter les actions des compagnies technos, une fois qu’elles ont été malmenées. Après cette période où les investisseurs qui carburent aux taux de croissance ont fuit le bateau et fait chuter le titre, l’action revient à un niveau plus raisonnable, plus près de sa valeur réelle.

Cette règle, éviter d'investir à quelques jour des résultats trimestriels, qui est particulièrement vrai pour les compagnies technos, pourrait s'appliquer pour toutes les entreprises. Avant de prendre une décision d'achat, n'est-il pas logique de vouloir connaître d'abord l'information la plus récente sur la compagnie qui nous intéresse? Lorsque vous souhaitez acheter les actions d'une entreprise, vous vous assoyez en quelque sorte à une table devant quelqu'un qui, lui, veut les vendre. À quelques jours du dépôt du rapport trimestriel de l'entreprise en question, c'est un peu comme si vous vous présentiez à cette table les yeux bandés pour négocier; alors que devant vous, vous avez de bonnes chances d'avoir quelqu'un qui a une vision claire, parce qu'il possède déjà de l'information sur ce qui s'en vient.

dimanche 20 avril 2008

RHODIA: sur-réaction des marchés, bon potentiel de retournement?

Le titre de Rhodia (RHAYY sur OTC et RHA sur Euronext), une des dix plus grandes entreprises mondiales de la chimie de spécialités, a chuté de plus de 8% ce matin, suite à une baisse de la recommandation d'un analyste. L'analyste de BNP Paribas pense que la hausse du coût du pétrole et l'affaiblissement du $US face à l'euro empêcheront l'atteinte des résultats prévus pour 2008:


"Compte tenu d'un environnement toujours aussi défavorable pour les matières premières et les devises, nous anticipons un recul de l'EBITDA aux premier et deuxième trimestre qui risque de placer hors d'atteindre l'objectif d'EBITDA 2008". Lors de la publication de ses résultats 2007 le 28 février dernier, Rhodia s'était déclaré "confiant dans sa capacité à poursuivre l'amélioration de ses performances en 2008" et visait "une nouvelle progression de son EBITDA récurrent et de son Bénéfice Net Par Action". Exane BNP Paribas table désormais sur un EBITDA de 713 millions d'euros en 2008, soit une baisse de 6% par rapport à l'EBITDA 2007 (extrait de Boursorama).

Si l'action de Rhodia continue sa chute dans les prochains jours, je pense que cela va créer une occasion d'achat pour ce titre qui possède, selon moi, une bonne capacité de retournement à moyen terme. Il ne faut pas oublier que Rhodia a vu S&P relever récemment sa cote de crédit (de BB- à BB). Cela peut rassurer jusqu'à un certain point les investisseurs inquiets depuis quelques années de sa situation financière, bien que le remboursement des intérêts de la dette dépend d'un maintien de la rentabilité retrouvée. Autre facteur encourageant, les atteintes à sa réputation suite à des pratiques comptables douteuses entre 2001 et 2003, semblent maintenant être chose du passé: les autorités financières françaises ont fermé ce dossier en imposant une amende équivalent à 1 million de dollars, l'entreprise peut maintenant passer à autre chose.

Au cours des dernières années, Rhodia a recentré ses activités sur les marchés où sa position était la plus forte (polyamide, Novecare, silcea...) et qui offrent de meilleurs potentiels de croissance. Grâce à ses technologies industrielles moins polluantes, Rhodia continue de bénéficier de crédits pour la réduction d'émissions polluantes, crédits qu'elle vend à d'autres entreprises (protocole de Kyoto). Les entreprises du secteur de la chimie des spécialités devraient bénéficier de l'industrialisation des pays à économies émergentes au cours des années à venir. Le titre de Rhodia demeure fragile, à cause du poids de sa dette, du coût des matières premières et de la force de l'euro, mais s'il descend sous les $21 (ou près des 13 euros), il devient intéressant pour un retournement à moyen terme.

Qu'en pensez-vous?

jeudi 17 avril 2008

Groupe Bikini Village: enfin de bons résultats!

Dans mon message du 12 décembre dernier , je racontais ma longue saga d'investisseur dans Bikini Village (GBV au TSE), unique rejeton des Ailes de la Mode. Saga qui m'avait vu m'accrocher de trimestre en trimestre dans l'espoir du grand soir. Je n'irais pas jusqu'à dire que ce dernier est arrivé mais les résultats trimestriels publiés aujourd'hui sont pour une fois encourageants et m'amènent à penser que finalement la stratégie mise en place par la direction commence à porter fruit.


On constate une nette amélioration des Bénéfices avant intérêts, taxation, dépréciation et amortissement (ou EBITDA) qui atteignent 1,8M de $CA, soit l'équivalent de 14,2% des ventes (au même trimestre l'an dernier, ils étaient d'un peu moins de 1M de $CA ou 8% des ventes). La marge bénéficiaire avant impôt a atteint 11,3%, au même trimestre l'an dernier elle étai