Que retrouve-t-on dans le panier hebdomadaire des entreprises à rabais? Je fais allusion au tableau des entreprises qui ont atteint leur creux annuel durant la semaine, leur plus bas niveau des 52 dernières semaines. On retrouve habituellement dans ce tableau des entreprises en difficulté: certaines qui sont sur une pente descendante qui les mènera un jour au Chapitre 11, d'autres qui touchent le fond avant de remonter. Comment distinguer les unes, des autres? C'est ça le challenge du panier des entreprises à rabais.
Je viens de fouiller dans le panier de cette semaine, je remarque quelques entreprises de grande renommée, dont quatre m'apparaissent être de bons placements pour le moyen terme (BCS, IRE, GE, PFE). On retrouve également plusieurs compagnies aériennes touchées de plein front par la hausse vertigineuse du pétrole et le ralentissement économique aux U.S.A..
vendredi 23 mai 2008
Le panier hebdomadaire des entreprises à rabais : des transporteurs aériens qui piquent du nez et autres trouvailles
jeudi 22 mai 2008
Les spéculateurs sont-ils responsables de la hausse spectaculaire du pétrole?
Vous connaissez mon point de vue sur cette question, si sous avez lu mon commentaire de mardi sur Les charognards et la troisième bulle. Lorsqu'un fond de couverture (hedge fund) achète des livraisons futures de pétrole sur le NYMEX, il n’a aucun remord à stimuler une spirale inflationniste, au contraire, il veut profiter du mouvement à la hausse. Ce qui compte pour lui, c'est de s'insérer à temps dans cette spirale ascendante et de retirer ses billes avant le ressac, après avoir fait un bon profit, peu importe les dommages collatéraux. C'est ça de la spéculation et ce sont ces grands joueurs qui influencent de plus en plus les marchés pour les transformer davantage en casinos irresponsables, qu'en lieux qui favorisent la rencontre des capitaux et des entrepreneurs pour le bénéfice de l'économie et de la société.
Dans La Presse de ce matin, un article de Martin Vallières se range dans le même camp. Je vous suggère également un texte de Fabien Major paru sur le blog Café de la bourse qui propose de taxer lordement les fonds spéculatifs: excellente idée! Par contre, certains pensent le contraire: voir le texte ci-joint qui trouve une fonction utile aux spéculateurs. À vous de vous faire une opinion.
Gonflement suspect dans les contrats à terme: texte de Martin Vallières, cliquez >>> ici
Américains timbrés, texte de Fabien Major, cliquez >>> ici
Pétrole: vive les spéculateurs, cliquez >>> ici
mercredi 21 mai 2008
Savoir quand vendre
Pat Dorsey dans son livre « The five rules for successful stock investing » identifie les cinq règles qui doivent guider l’investisseur:
- Faire ses devoirs, aller chercher le maximum d’information (Do your homework)
- Trouver des entreprises qui sont entourées d’une tranchée qui les protège de la compétition (Economic moats)
- Établir une marge de sécurité dans le prix d’achat (Margin of safety)
- Investir pour le long terme (Hold for the Long Haul)
- Savoir quand vendre (Know when to sell)
De ces cinq règles, la plus difficile à assimiler pour moi est la dernière. Alors qu’il nous prêche d’investir pour le long terme dans sa quatrième règle, Dorsey insiste, dans la règle suivante, qu’il faut quand même savoir quand vendre. Cela peut sembler paradoxal. L’auteur mentionne que dans l’idéal on devrait effectivement garder nos investissements pendant des décennies mais que dans les faits, il y a des situations qui exigent de l’investisseur qu’il déroge à cette règle et qu’il sache vendre.
Voici les situations où la vente est souhaitable selon lui :
- Le scénario qui a justifié l’achat ne tient plus : les raisons qui vous avaient amené à acheter un titre ne sont plus valides. L’analyse que vous aviez faite au départ s’avère erronée (ex. perspectives de croissance ou de production de flux de trésorerie). Il faut savoir reconnaître son erreur et vendre. D’où l’importance de rédiger pour chaque achat, le scénario qui le justifie.
- Les fondamentaux de l’entreprise se sont détériorés (ex. le niveau d'endettement de l'entreprise s'est élevé au fil des ans).
- Le marché vous offre un prix démesurément généreux par rapport à la valeur intrinsèque de l’entreprise. On n’a qu’à penser aux prix de vente de certaines entreprises techno au début de 2000. Mr. Market était alors dans sa phase d’optimisme délirant et il fallait savoir en profiter pour vendre ces titres au prix définitivement gonflé.
- Une occasion d’acheter un titre à bon marché qui a le potentiel pour offrir un rendement supérieur se présente mais vous ne disposez pas de liquidité : vendre alors une entreprise qui offre un rendement anémique pour saisir cette opportunité, est justifié.
- Un titre représente un pourcentage très élevé de votre portefeuille (10 à 15%, voir plus). Il est peut être plus prudent de réduire son poids si l’on peut obtenir un prix raisonnable et prendre cette somme pour se diversifier dans d’autres titres. Une trop grande concentration peut vous rendre vulnérable. Il faut éviter d’avoir trop d’œufs dans un même panier.
mardi 20 mai 2008
Les charognards et la troisième bulle
Les spéculateurs sont la plaie de notre époque. Les spéculateurs n'ont qu'un objectif: faire de l'argent sur le dos et le travail des autres, sans se soucier le moindrement des conséquences. En autant que ça rapporte, c'est tout ce qui compte.
Ils ont d'abord créé la bulle technologique qui a mené le marché boursier vers un état d'irrationnelle exubérance au tournant du millénaire. Délire collectif qui a cumulé sur un brutal retour à la réalité pour des milliers de petits investisseurs complètement enivrés par le rêve de faire de l'argent. Nos charognards de spéculateurs, au moment de l'éclatement de la bulle technologique, la première bulle, ont été les premiers à quitter le navire qu'ils avaient dirigé tout droit vers un iceberg boursier. Spirale spéculative qui allait conduire des milliers d'individus à perdre une bonne partie de leurs économies et, dans certains cas, de leur fonds de pension.
Le marché boursier en déroute, les spéculateurs ont dirigé leur argent vers le marché immobilier, utilisant des outils comme les PCAA, ces amalgames de prêts de type "subprime", pour siphonner le maximum de rendement. Peu importe s'il fallait entraîner dans la tourmente 2,2 millions d'américains à qui on a fait croire qu'ils pouvaient s'acheter une propriété malgré leurs modestes revenus et que la valeur de celle-ci ne cesserait d'augmenter. Puis vint, en 2007, l'éclatement de la seconde bulle, la bulle immobilière, avec les conséquences désastreuses que l'on connaît.
Nous vivons maintenant la troisième bulle, la bulle pétrolière. Les spéculateurs ont fait monter le prix du baril de pétrole de façon démesurée, ce qui va accélérer davantage le ralentissement économique en Amérique du Nord et en Europe et, probablement, nous mener à une récession et à des milliers de pertes d'emplois. Ce n'est pas la croissance du PIB mondial, même stimulée par les économies émergentes, qui justifie que le coût du baril de pétrole ait plus que doublé depuis douze mois. C'est de toute évidence l'effet d'entraînement du jeu des spéculateurs qui, en misant sur sa hausse de semaine en semaine, créent la spirale ascendante qui propulse le prix du baril vers le haut.
Les spéculateurs, en créant une récession que l'on aurait pu éviter (grâce à la performance des économies émergentes), vont aussi causer la chute éventuelle du cours du pétrole: lorsque l’économie ralentie, la consommation de pétrole diminue et son cours également. Les rats sont toujours les premiers à quitter le navire avant qu'il ne coule: quand les spéculateurs vont réaliser que la hausse du baril de pétrole est en train de se retourner contre eux et que le cours s'apprête à changer de direction, ça va être “tout le monde vers la sortie”. Le coût du baril de pétrole devrait redescendre alors rapidement sous les $100, peut-être sous les $80, mais il sera trop tard, les charognards auront laissé derrière eux une économie en récession.
Entre-temps, si le sujet du cours du pétrole et de ses impacts vous intéresse, j'ai trouvé sur internet un rapport du sénat français qui m'apparaît fort intéressant (lien en fin d'article). Je vais essayer de trouver le temps de le parcourir au cours des prochains jours, car comprendre ce sujet me semble essentiel pour prévoir l'évolution des économies, des secteurs et des marchés boursiers.lundi 19 mai 2008
Les douze entreprises du NYSE les plus sous-évaluées selon Morningstar
Les analystes du site Morningstar déterminent une juste valeur (fair value) pour chaque entreprise analysée. Ils appuient leur estimation sur un modèle basé sur la valeur des flux de trésorerie (cash flow) que l'entreprise devrait générer au cours des prochaines années. Ce modèle n'est pas infaillible, j'ai vu nombre d'entreprises qui étaient apparemment fortement sous-évaluées, jusqu'au jour où l'analyste révisait l'évaluation de la valeur des flux de trésorerie futurs.
Morningstar suggère de se garder une marge de sécurité entre la juste valeur du titre et le prix où l'on peut envisager l'achat. Les analystes proposent donc un seuil "Consider buying", à partir duquel ils allument la lumière verte. Cette marge de sécurité varie en fonction de la solidité de l'entreprise, de son caractère plus ou moins spéculatif. Lorsque le titre est trop spéculatif, on ne suggère tout simplement pas de prix d'achat acceptable.vendredi 16 mai 2008
Le panier des entreprises à prix réduit
Lorsque j'étais jeune, nos revenus familiaux étaient plutôt limités... Ma mère devait voir à nourrir ses enfants avec seulement quelques dollars dans son sac à main. Elle faisait preuve de beaucoup d'imagination pour joindre les deux bouts. Ainsi, lorsqu'elle se rendait à l'épicerie, le Dominion ou le Steinberg d'alors, elle s'arrêtait toujours au panier des produits au prix réduit pour vente rapide. Panier dans lequel on retrouvait, pêle mêle, des produits au prix fortement diminué à cause de leur condition particulière: boîtes de conserves déformées, fruits rendus à la limite de leur vie, desserts à la fraîcheur douteuse... Brave maman, elle n'avait pas le choix de s'y arrêter et de voir si, dans ce panier des rejetés, se trouvait un produit malgré tout consommable.
Je viens de fouiller dans le panier de cette semaine, une douzaine d'entreprises ont retenu mon attention. Lesquelles n'ont pas fini de descendre? Lesquelles s'apprêtent à remonter? À vous d'y regarder de plus près...
LES LEÇONS DE L'INVESTISSEUR: Acheter une énorme dette n'est jamais un bon investissement
Il y a quelques années, j’ai acheté des actions de Delphi, un important fabricant de pièces automobiles. Le ratio cours/vente était très bas, à un point tel que je me disais qu’avec une marge nette de 2% cette compagnie serait amplement rentable. Je ne m’étais pas attardé à la dette qui était énorme et que Delphi, qui était un spin-off de General Motors, avait hérité de sa compagnie-mère. Quand l’industrie automobile a ralenti en 2005, Delphi s’est rapidement retrouvée devant une crise de liquidité, ne pouvant respecter ses obligations envers ses créanciers : elle a dû se réfugier sous la protection de la Loi contre les faillites (Chapitre 11), d’où elle est ressortie récemment en éliminant pratiquement toute valeur aux anciennes actions en circulation. Résultat : l’action payée 10$ vallait quelques sous à la fin. C’était ça « acheter une dette » et non investir, je l’ai appris à mes dépens.mercredi 14 mai 2008
BARRON'S: les 500 entreprises qui ont offert le meilleur rendement depuis un an
Le magasine Barron's vient de publier sa liste des 500 entreprises américaines et canadiennes qui ont offert les meilleurs performances au cours de la dernière année, en termes de capacité à générer des ventes et des flux de trésorerie positifs (cash flow). Le gestionnaire d'actif BlackRock (BLK au NYSE) arrive premier, suivi d'une entreprise canadienne, Research in Motion (RIMM au Nasdaq, RIM au TSX). Dans l'article, ci-joint, sélectionnez "Table: Barron's 500" pour voir l'ensemble de la liste.
lundi 12 mai 2008
HP veut acheter EDS: qui se fait rouler au juste?
Allez, je vais me vanter un peu... Qui vous a parlé d'Electronic Data Systems (EDS au NYSE) il y a deux mois, alors que le titre était à $16,17? C'est votre humble serviteur... Aujourd'hui, le Wall Street Journal a annoncé que Hewlett-Packard (HPQ au NYSE) négociait pour acheter EDS à environ $25 l'action, le titre a terminé la journée à $24,13 (+27%). Les marchés ont puni l'action de Hewlett-Packard après l'annonce de la nouvelle (- 4,6%), comme si le prix payé pour EDS leur apparaissait trop élevé.L'offre de HP peut paraître généreuse, mais l'est-elle vraiment? HP a-t-elle trop payé pour cette entreprise qui domine le marché de la gestion déléguée des applications informatiques? Le titre d'EDS se transigeait à $29 il y a moins d'un an et à plus de $70 à la fin 2001, avant les déboires que l'entreprise a connus, suite à des contrats désastreux avec la U.S. Navy. L'analyste de Morningstar évaluait, quant à lui, la valeur d'Electronic Data Systems à $32 l'action.
Moi, ça me frustre un peu les offres qui paraissent généreuses parce que l'entreprise achetée traverse une période difficile et que le titre est à son plus bas, et que des dirigeants complaisants s'empressent d'accepter parce qu'ils se feront généreusement récompensés dans les clauses de la transaction.Pour moi, EDS, qui a généré $2,50 par action de flux de trésorerie disponibles (free cash flow) au cours des deux dernières années, et bien que ce free cash flow aurait été moindre cette année à cause de nécessaires investissements, valait davantage: au dessus de $35. Je vais voter contre la transaction en bon actionnaire consciencieux, ça ne fera aucune différence et la vente va se faire. Ma seule consolation: j'ai des actions de Hewlett-Packard...
Site web de Hewlett-Packard, cliquez >>> ici
PETROLIA: du pétrole en Gaspésie?
Le titre de Petrolia (PEA au TSXV) a connu une forte hausse la semaine dernière avec l'annonce d'un projet commun d'investissement de cinq millions (avec Junex et Gastem) dans le projet pétrolier Haldimand en Gaspésie. Ce projet vise à approfondir l'exploration de ce secteur et à augmenter la production de ce site qui est demeurée modeste jusqu'à présent (34 barrils par jour).
vendredi 9 mai 2008
Les secrets de Warren Buffett...
Je sais, je suis un peu emmerdant avec Warren Buffett depuis une semaine... Ce n'est pas parce qu'il est le plus grand investisseur de tous les temps qu'il est une de mes idoles, ça c'est un peu secondaire pour moi. En fait, je suis loin de pratiquer un style d'investissement qui respecte ses principes, je n'y parviens pas, même si je sais que c'est sa méthode qui est la bonne, moi je m'éparpille beaucoup trop, je déborde allègrement de mon cercle de compétence...
Revenons à Warren, ce que j'aime chez cet homme c'est sa sagesse, son humour, sa fine intelligence, sa générosité et le fait que c'est quelqu'un de foncièrement bien et humain. Il faut savoir en profiter pendant qu'il est là. Longue vie à Warren!
Je vous propose un site dédié à la méthode et aux écrits de Warren Buffett:
Liste d'articles traitant de la philosophie d'investissement de Warren Buffett: Warren Buffett Secrets, cliquez >>> ici
et un article récent du magasine Fortune où il aborde différentes questions:
What Warren thinks... (cliquez >>> ici)
jeudi 8 mai 2008
L'écran radar du chasseur d'aubaines
En tant d'investisseur, comme moi, vous avez sûrement une liste de surveillance de titres que vous suivez depuis quelques temps et auxquels vous avez attribué un "prix acceptable" où vous seriez prêt à considérer l'achat.
Suite à ce dépôt d'un rapport trimestriel négatif hier matin, on se serait attendu à une chute du titre. Il s'est pratiquement maintenu durant la journée d'hier, ce qui est un bon signe: les investisseurs ont probablement pris note en contrepartie des pertes, de l'augmentation substantielle des revenus qui sont passés à 6,5 milliards, ils étaient de 3,8 milliards un an plus tôt. Cette augmentation s'explique par la hausse du prix de vente à la pompe, mais aussi par l'acquisition d'une raffinerie que lui a vendu Shell en mai dernier qui augmente sa capacité de raffinage. Avec un retour de conditions propices aux profits, on pourrait ainsi s'attendre à une croissance des bénéfices par action, suite à l'augmentation de la capacité de raffinage. Cependant, le contexte difficile demeure pour l'instant. mardi 6 mai 2008
Les leçons de l'investisseur: Ne jamais essayer d'attraper un couteau qui tombe
Après une mauvaise nouvelle majeure, il faut attendre au moins quelques jours avant d’acheter les actions d'une compagnie qui continue à nous intéresser en dépit de cette nouvelle, et dont le prix est soudainement devenu attrayant. Le nouveau plancher ne se présentera pas avant cinq, dix, vingt, ou trente séances, selon l’ampleur négative de cette nouvelle.
Il ne faut surtout pas se précipiter le jour même ou le lendemain, même si le nouveau prix nous fait saliver. Il faut laisser à la mauvaise nouvelle le temps d’être pleinement absorbée par le marché et que passe la première vague des affamés impatients d'acheter. Il faut aussi laisser aux spécialistes des ventes à découvert (short sellers) le temps de se défouler sur le titre éclopé. Ces premières journées ne constituent qu’un faux plancher qui, la plupart du temps, ne tient pas bien longtemps. Ne tombez pas dans le panneau, je l'ai fait à plusieurs reprises avant de comprendre. Cette loi de la gravité boursière ne se dément pratiquement jamais!
Bien que le cours des actions touchées par une mauvaise nouvelle de première importance (ex. échec de la reconnaissance d'un médicament majeur par la FDA, diminution soudaine de la rentabilité d'une compagnie établie, arrêt de la croissance des ventes d'une compagnie techno…) puisse remonter un peu dans les jours qui suivent le choc initial, il redescendra par la suite quand les impatients se seront gavés et qu'il n'y aura plus rien pour soutenir le cours de l'action. C'est alors que se dessinera lentement le "vrai plancher", la vrai valeur que le marché donne maintenant à cette action. À ce moment, on peut se pencher, regarder le couteau, et si on lui trouve encore une certaine valeur, décider de le ramasser..gif)
Propos de Warren Buffett à l'assemblée annuelle de Berkshire Hathaway
Lors de l'assemblée annuelle de Berkshire Hathaway en fin de semaine, Warren Buffett s'est exprimé sur la situation de l'économie, de la finance et de la bourse. Voici quelques propos rassemblés:
«À court terme, les revenus de nos entreprises dans certains secteurs comme la construction devraient diminuer. Ce qui doit arriver va arriver, mais ça ne change rien à la vision à long terme que nous avons de Berkshire.»Pour voir les textes en entier d'où proviennent ces différents extraits, cliquez sur les liens suivants qui vous mèneront à la série de textes de Vincent Brousseau-Pouliot du site LaPresseAffaires.com:
dimanche 4 mai 2008
« Sell in May and go away » : vrai ou faux?
En se basant sur le S&P 500, une étude a révélé que si, depuis 1950, un investisseur avait vendu toutes ses actions au début mai et qu'il avait investi temporairement la somme dans le marché monétaire jusqu'à la fin octobre, pour revenir dans le marché des actions en novembre, il serait parvenu à obtenir un rendement annuel moyen de 11,2%.
En contrepartie, celui qui serait resté calmement présent dans le marché des actions à l'année, même durant le semestre faible (mai-octobre), aurait obtenu un rendement annuel moyen de 11,9%. Le rendement des actions de mai à la fin octobre, bien que plus faible que celui obtenu durant l'autre partie de l'année, étant quand même plus fort que celui du marché monétaire.
Cette petite différence de 0,7%, en faveur d'une présence continue sur le marché des actions contre la théorie du "Sell in May and go away", semble peu importante, mais sur une longue période, la différence est énorme.
Ainsi, celui qui depuis 1950, en utilisant la stratégie du "Sell in May and go away", aurait investi $1,000 à chaque année, en alternant les actions du S&P 500 avec le marché monétaire d'un semestre à l'autre, aurait accès à une somme de $5,202,849 à la fin 2008 avec son rendement annuel de 11,2%.
Avec le même investissement annuel de $1,000, celui qui serait resté sagement dans le marché des actions, sans s'agiter continuellement, grâce à son rendement annuel de 11,9%, pourrait compter sur la rondelette somme de $7,139,809 à la fin de l'année. Une différence de près de 2 millions de dollars, en s'évitant le stress d'un mouvement continue du marché des actions aux marchés monétaires et vice versa. Et c'est sans compter, les frais de transactions et l'impact négatif sur la taxation d'une stratégie de ventes régulières (déclarations fréquentes de gains de capital).
"I rest my case", comme ils disent en anglais. La démonstration est claire: il vaut mieux rester dans le marché des actions que d'essayer de le synchroniser.
vendredi 2 mai 2008
Citations de Warren Buffett
Demain, à Omaha, aura lieu l'assemblée annuelle de Berkshire Hathaway (BRK.A et BRK.B au NYSE), quels seront les propos du plus grand investisseur de tous les temps, dont le jugement, la sagesse et l'humour n'ont pas d'égal...
En attendant, quelques citations de l'Oracle d'Omaha:
« Je veux pouvoir expliquer mes erreurs. C'est pourquoi je ne fais que des choses que je comprends. »
« Ne demandez jamais à un barbier si vous avez besoin d’une coupe de cheveux. »
« Mieux vaut avoir approximativement raison qu'avoir précisément tort. »
« Si jamais vous vous retrouvez dans un bateau qui coule, l'énergie pour changer de bateau est plus productive que l'énergie pour colmater les trous. »
« Vous n'avez pas raison parce que d'autres sont d'accord avec vous. Vous avez raison parce que vos faits sont exacts et que votre raisonnement est juste. »
« Quand vous recherchez des gens à recruter, vous devez rechercher trois qualités : l'intégrité, l'intelligence, et l'énergie, s'ils ne possèdent pas la première, les deux autres vous tueront. »
« C'est quand la mer se retire qu'on voit ceux qui se baignent nus. » (les entreprises lorsqu'une récession se présente...)
« Si vous ne connaissez pas les bijoux, connaissez le bijoutier. »
«Un sondage n'est pas un substitut à la réflexion»
Et quelques unes en anglais:
"In the short run, the market is a voting machine. In the long run, it's a weighing machine."
"Be fearful when others are greedy. Be greedy when others are fearful."
"Wide diversification is only required when investors do not understand what they are doing."
"[On the dot-com bubble:] What we learn from history is that people don’t learn from history."
"Invest within your circle of competence, It's not how big the circle is that counts, it's how well you define the parameters""I never attempt to make money on the stock market. I buy on the assumption that they could close the market the next day and not reopen it for five years."
"I don't look to jump over 7-foot bars: I look around for 1-foot bars that I can step over. "
" There seems to be some perverse human characteristic that likes to make easy things difficult. "
"Time is the friend of the wonderful company, the enemy of the mediocre."
"We believe that according the name 'investors' to institutions that trade actively is like calling someone who repeatedly engages in one-night stands a 'romantic.' "
mardi 29 avril 2008
Bourse et jardin: deux univers avec de nombreuses ressemblances
Je n'ai pas que la bourse comme intérêt dans la vie, heureusement pour moi, j'ai d'autres passions un peu moins stressantes: une d'entre elles, c'est le jardinage. Je perçois cependant beaucoup de similitudes entre ces deux univers.
Un bon jardinier, comme un bon investisseur, se devra d'être patient, informé et travaillant. Un jardin, les premières années, donne souvent des résultats modestes, tout comme un portefeuille boursier, et puis le jardin prendra de la maturité et progressivement les fruits de votre dur labeur apparaîtront et viendront vous récompenser pour l'effort investi.
Le jardinier devra d'abord s'informer sur les plantes qu'il souhaite intégrer à ses plates-bandes, avant de les acheter: quelles sont leurs caractéristiques, lesquelles traverseront le mieux le temps, lesquelles auront la plus forte croissance, lesquelles résisteront le mieux aux maladies... L'investisseur fera de même avant de garnir son portefeuille boursier de compagnies.
Et puis, dans un centre horticole, tout comme dans le marché boursier, vous vous retrouvez devant une multitude de variétés et de possibilités, il faut arriver à un agencement qui assurera équilibre, croissance et diversité. Vos plates-bandes ne peuvent pas contenir que des plantes vedettes (entreprises technos), spectaculaires à la floraison mais dont le feuillage peut se détériorer rapidement par la suite et dont la durée de vie sera peut-être courte. Vous devrez y inclure des plantes un peu plus rugueuses, à la floraison plus modeste mais au feuillage vigoureux, des "blue chips" qui seront là, année après année, peu importe la rigueur des hivers.
Pour que le coup d'oeil soit agréable, vous ne pourrez vous limiter à quatre ou cinq plantes, vous devrez apporter à vos plates-bandes une diversité qui assurera un étalement des floraisons et qui protégera votre jardin contre les périodes de monotonie (cycles sectoriels et économiques). Vous prendrez soin d'inclure à votre jardin des plantes de diverses tailles pour créer un tout harmonieux, tout comme l'investisseur avisé ne se limitera pas à une catégorie d'entreprises, mais inclura à la fois de grandes compagnies établies et des plus petites au développement prometteur, car les unes et les autres ont leur place dans un portefeuille équilibré.
Comme on peut le constater, on retrouve beaucoup de ressemblances entre ces deux univers. Bon jardinage ce printemps et bon investissement!
lundi 28 avril 2008
SEEKING ALPHA: un site riche en analyses sur les entreprises et l'investissement boursier
Seeking Alpha http://seekingalpha.com/ est un site où différents investisseurs soumettent leurs analyses et expriment leurs points de vue sur le marché boursier et les entreprises. Les contributeurs (400) à ce site sont à la fois des investisseurs individuels, des gestionnaires financiers professionnels, des analystes et des éditeurs de « newletters ». Ce site est orienté sur l’analyse fondamentale.
vendredi 25 avril 2008
L'écran radar du chasseur d'aubaines
En tant qu'investisseur, comme moi, vous avez sûrement une liste de surveillance de titres que vous suivez depuis quelques temps et auxquels vous avez attribué un "prix acceptable" où vous seriez prêt à considérer l'achat.
Cette liste devient une sorte d'écran radar sur lequel apparaît périodiquement des titres égarés dans la constellation du mouvement boursier perpétuel. Voici deux titres qui sont apparus sur mon écran radar cette semaine:
EXCELTECH AEROSPACE (XLT au TSE): une entreprise québécoise de maintenance d'aéronefs en croissance, mais n'ayant pas encore atteint le seuil de la rentabilité. Les résultats du dernier trimestre ont déçu mais la punition des investisseurs me semble démesurée. Le titre a terminé la semaine à $0,145, il est même descendu à $0,135 hier.
Positif: Exceltech Aerospace appartient à un secteur en croissance qui suivra la hausse du trafic aérien dans les années à venir.
Négatif: la force du dollar canadien gruge sa marge de profit.
Prix minimum et maximum des 52 dernières semaines: $0,135 - $0,43
NETGEAR (NTGR au Nasdaq): fabricant américain de différents produits électroniques (routeurs, modems, cartes-réseau, switchs, stockage réseau...) destinés aux particuliers et aux petites entreprises. L'entreprise a annoncé hier des résultats trimestriels décevants en terme de croissance, attribuables à la faiblesse du marché britanique et à une pression à la baisse sur les prix aux U.S.A. provoquée par son principal compétiteur (Linksys). Le titre a terminé la semaine en forte baisse à $16,76 l'action. La chute n'est pas terminée selon moi, l'action pourrait descendre sous les $15 et alors constituer un investissement valable.
Positif: entreprise bien gérée et qui contrôle bien ses coûts, marge nette de plus de 6% au cours des quatre dernières années, ce qui est un tour de force dans ce type d'industrie.
Négatif: produits appartenant à un marché très compétitif et destinés à des strates particulièrment sensibles aux prix. Netgear subit la concurrence, entre autres, du géant Cisco qui possède Linksys.
Prix minimum et maximum des 52 dernières semaines: $16,41 - $41,33
mercredi 23 avril 2008
Les grands journaux : il n’y a pas de bons placements à faire dans un mauvais secteur
Prenons le secteur des journaux écrits. L’évolution technologique (internet) et les préférences des nouvelles générations condamnent, selon moi, ce secteur à un déclin progressif et irrémédiable.
Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la bourse il y a quelques années, malgré le fait que la montée fulgurante de l’internet était déjà nettement perceptible, une thèse favorable aux investissements dans les journaux continuait à être défendue. Selon de sérieux analystes, comme celui qui couvrait ce secteur au Morningstar à l’époque, les grands journaux étaient entourés d’une tranchée (moat) qui les mettait à l’abri de la compétition : les coûts associés au démarrage d’un journal étaient si élevés que cela devenait une protection contre l’arrivée d'éventuels compétiteurs. Les principaux journaux des grandes villes, tout comme les petits hebdos des petites villes, jouissaient quasiment d’un monopole qui leur permettait un contrôle sur le prix de vente du journal et sur celui de la publicité qu’ils incluaient. Là où cette théorie se trompait royalement, c’est qu'en fait, ce qui menaçait vraiment les journaux, ce n’était pas la venue d’autres journaux, mais la montée des autres moyens de communication, en particulier, l’internet
J’ai mordu à la thèse de la « tranchée protectrice » des grands journaux et j’ai investi dans Gannett (U.S.A. Today), New York Times, Lee Enterprises, Journal Register... Au fil des dernières années, ce qui est ressorti clairement, c’est que le nombre de lecteurs des journaux diminuait régulièrement d’un trimestre à l’autre. Les plus vieux s’accrochaient à leur habitude, mais les plus jeunes n’adoptaient qu’en faible nombre ce moyen d’information auquel ils préféraient, et de loin, l’internet, eux qui ont été nourri par ce média dès leur plus jeune âge. Internet étant en fait, plus qu’un moyen d’obtenir de l’information pour les jeunes : c’est un lieu pour socialiser, échanger, s’exprimer, consommer et, à l’occasion, s’informer…
Le cycle de la vie n'est pas respecté ici : pour chaque vieux lecteur qui décède, on est loin de pouvoir compter sur un jeune lecteur de journaux pour prendre la relève. Et les annonceurs s’ajustent à ce déplacement inter-générationnel et diminuent progressivement la part de leurs budgets destinée aux journaux, en faveur d’autres médias, en particulier, les sites internet.
Que peuvent faire les journaux face au pouvoir d'attraction de ce puissant média inter-actif, qui allie textes, images, son et vidéos? Se convertir à l'internet? C'est la bouée de sauvetage à laquelle tous les journaux ont pensé. Le hic, c'est que sur internet, il n'y a pas de "tranchée protectrice", pratiquement pas de "barrière à l'entrée" : la compétiton arrive de partout, même un blog comme le mien devient un modeste compétiteur de plus...
Comme l’économie ralenti actuellement aux États-Unis, cela vient accélérer la descente des journaux : les grands annonceurs se font rares et le nombre de petites annonces (emplois, immobilier, automobiles…) est en chute libre. Les derniers résultats trimestriels ont confirmé le rétrécissement des revenus et des profits. Les titres des grands journaux, même les meilleurs (ex. Gannett, GCI au NYSE), continuent ainsi à chuter de mois en mois. Une des pires dégringolades est celle de McClatchy Newspapers (MNI au NYSE) qui valait $75 l’action en avril 2005, le titre s’est transigé à $8,30 aujourd’hui, une perte de près de 90% de sa valeur en 36 mois!
Le seul attrait qui semble retenir des investisseurs à bord est la générosité du dividende des journaux dont les yields ont augmenté de façon inversement proportionnel à la chute du cours des actions : ainsi, Lee Enterprises (LEE au NYSE), à son prix d’aujourd’hui, offre un plantureux yield de 10,2%! Méfiez-vous cependant, ces dividendes ne sont pas coulés dans le béton et pourraient être remis en question quand les entrées d’argent seront de plus en plus modestes.
Moi je reste à bord encore quelque trimestres, le temps qu’une reprise économique aux USA ramène des annonceurs, crée l’illusion d’un certain retour de la rentabilité et fasse remonter le cours de ces actions qui sont aujourd’hui au plancher. J’attends une sorte de « dead cat bounce » pour récupérer une partie de mes investissements et faire mes adieux aux journaux comme choix de placement.
P.S. J'aimerais bien me tromper sur la diminution progressive du tirage des journaux, ces derniers ont été, et demeurent encore aujourd'hui, de formidables entreprises qui jouent un rôle essentiel pour la liberté d'expression et la cohésion des communautés, petites et grandes.
Le top 500 des grandes entreprises américaines en 2008: le classement de FORTUNE
Le magazine Fortune a développé une spécialité dans le classement des entreprises en fonction de différentes variables (revenus, profits, croissance, meilleurs employeurs...). Fortune vient de publier sa liste 2008 des plus grands entreprises américaines par revenus. Pas de surprises, Wal-Mart garde sa première position (ventes de 378 milliards), suivi de Exxon Mobil.
Une entreprise a vu ses revenus (suite à des acquisitions) faire un bond de 88% l'an dernier: AT&T (T au NYSE) qui se retrouve maintenant en 10ème position, un gain de 17 places.
lundi 21 avril 2008
LES LEÇONS DE L'INVESTISSEUR: ne pas négocier les yeux bandés!
Au fil des dernières années, j'ai remarqué que très souvent les compagnies technos déçoivent les attentes démesurées des marchés et subissent une baisse brutale et rapide après le dépôt de leur rapport trimestriel. J'explique ce phénomène ainsi: les compagnies « technos » demeurent encore nettement surévaluées dans leur ensemble par rapport à leur valeur réelle (actifs, rentabilité…). Leurs actions se vendent à des multiples très élevés qui ne sont pas justifiés par leurs profits mais par des projections de forts taux de croissance. Ces attentes démesurées au niveau de la croissance, très souvent ne peuvent se réaliser, du moins pas à la hauteur des projections irréalistes de certains investisseurs. Le retour sur terre est alors abrupte : sans le maintien des projections de forte croissance, ces actions se dégonflent rapidement car c’est ce qui soutien leur valeur.
dimanche 20 avril 2008
RHODIA: sur-réaction des marchés, bon potentiel de retournement?
Le titre de Rhodia (RHAYY sur OTC et RHA sur Euronext), une des dix plus grandes entreprises mondiales de la chimie de spécialités, a chuté de plus de 8% ce matin, suite à une baisse de la recommandation d'un analyste. L'analyste de BNP Paribas pense que la hausse du coût du pétrole et l'affaiblissement du $US face à l'euro empêcheront l'atteinte des résultats prévus pour 2008:
Qu'en pensez-vous?
jeudi 17 avril 2008
Groupe Bikini Village: enfin de bons résultats!
Dans mon message du 12 décembre dernier , je racontais ma longue saga d'investisseur dans Bikini Village (GBV au TSE), unique rejeton des Ailes de la Mode. Saga qui m'avait vu m'accrocher de trimestre en trimestre dans l'espoir du grand soir. Je n'irais pas jusqu'à dire que ce dernier est arrivé mais les résultats trimestriels publiés aujourd'hui sont pour une fois encourageants et m'amènent à penser que finalement la stratégie mise en place par la direction commence à porter fruit.




