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dimanche 11 janvier 2009

La dernière webdiffusion de Tembec...

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Lorsque je m'intéresse à une entreprise et que j'envisage d'y investir, je ne manque pas de visiter la section "Investisseurs" de son site internet. On y trouve une multitude d'informations pertinentes à l'analyse de l'entreprise: rapports financiers (rapports trimestriels et annuels), communiqués de presse, présentations en format PDF, foire aux question et webdiffusions de présentations suite aux rapports financiers trimestriels. De plus en plus, ces webdiffusions audio sont accompagnées bien souvent, simultanément de présentations visuelles (graphiques, statistiques, textes...).

Avant d'investir dans une entreprise, je ne saurais trop insister sur la nécessité d'écouter au moins la dernière webdiffusion de l'entreprise. Vous entendrez le point de vue sur la situation de l'entreprise, du président et du v.p. finance et, parfois, d'autres hauts dirigeants. La partie visuelle simultanée vous permettra de suivre plus facilement leurs propos. Ces présentations durent habituellement environ une heure et sont suivies d'une période de questions de la part des analystes. Vous pourrez ainsi prendre connaissance d'une grande somme d'informations pertinentes pour votre prise de décision. De plus, en entendant les explications et réponses verbales de ces dirigeants, vous pourrez mieux percevoir à qui vous songez à confier une partie de votre capital.

Ce qui m'amène à vous parler de Tembec (TMB-TSX), une entreprise canadienne du secteur des produits forestiers, dont les pâtes commerciales, les papiers, les produits du bois, ainsi que les produits sylvichimiques dérivés de ses procédés de production de pâtes et des produits chimiques de spécialité. Tembec, comme la plupart des entreprises de ce secteur, traverse une période extrêmement difficile. Il ne se passe pas une semaine sans que l'on entend parler de fermeture d'usine dans l'une ou l'autre des entreprises de ce secteur. La récession qui prend de l'ampleur laisse craindre le pire.

J'ai acheté des actions de Tembec il y a quelques années, depuis l'entreprise a été forcé de se recapitaliser, ce qui a entraîné une forte dilution de la valeur des actions existantes. Cette recapitalisation était nécessaire pour réduire le poids de la dette et des intérêts qui y étaient associés, et qui menaçaient la survie de l'entreprise. Pour vous donner une idée de la descente que le titre a subie en quelques années, en tenant compte du "reverse split" qui a accompagné la recapitalisation de la compagnie (17 actions sont devenues une), le prix réel des actions que j'ai achetées en mai 2005 équivaut à plus de $53 l'action, alors que le titre se transige actuellement à $1.00. Méchante dilution et méchante perte de valeur!

Je me demandais donc qu'est ce que j'allais faire de la poignée d'actions qui m'étaient restées suite au "reverse split". J'ai été visiter la section "investisseurs" du site de Tembec, j'ai parcouru leur dernier rapport annuel au titre très lucide: "Les quatre vérités". Et surtout, j'ai écouté la dernière webdiffusion qui a fait suite au dépôt du dernier rapport trimestriel. Webdiffusion qui était accompagnée d'une présentation PDF très éclairante sur la situation de l'entreprise et de ses principaux marchés, ainsi que sur la stratégie de l'entreprise pour passer à travers la récession qui va frapper fort.

J'ai été impressionné par la présentation du président et chef de la direction, James L. Lopez, ainsi que de celle de son v.p. Finance, Michel J. Dumas. J'ai trouvé leur langage franc, direct, lucide face à la situation, des propos sobres qui ne cherchaient pas à cacher la réalité des choses. Je me suis dit que ces deux bonshommes là, je leur ferais assez confiance pour être en affaire avec eux, même dans le contexte difficile de cette industrie.

Alors, j'ai décidé de réinvestir dans Tembec, pas beaucoup, une petite somme, qui à cause du cours actuel de l'action ($1.00) et du prix élevé que j'avais payé il y a quelques années, m'a permis de multiplier par huit mes parts, pour sept fois moins qu'il m'en avait coûté en 2005: c'est ça la beauté des mathématiques des marchés dépressifs. Peut-être que Tembec ne survivra pas à la tempête et sera un éventuel "Chapitre 11", mais j'ai décidé de rester à bord, car j'aime le leadership de ses dirigeants et les valeurs environnementalistes de cette entreprise.


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samedi 23 février 2008

Comment différencier les actions moribondes de celles qui pourraient revenir à la santé? (deuxième partie)

Lorsqu’une entreprise connaît une période difficile qui entraîne la chute du cours de son action, deux possibilités se présentent à nous : l’entreprise est sérieusement affaiblie par un mal profond et devrait continuer à se dégénérer progressivement et faire fondre la valeur de ses actions, ou plutôt, la cause de cet affaiblissement est circonstancielle, l’entreprise a de bonne chance de s’en remettre et son cours actuel peut constituer une bonne occasion d’achat.

Mon expérience m’amène à penser qu’il y a beaucoup plus des ces entreprises sérieusement malades qui ne s’en remettront pas, plutôt que l’inverse. Cependant, lorsqu’on identifie une entreprise qui a le potentiel pour se sortir du pétrin dans lequel elle se trouve, on détient là un placement dont le rendement pourra être fort rémunérateur. Comme séparer le bon grain de l'ivraie?

LE BILAN FINANCIER

L’élément clef à vérifier, c’est le bilan financier : quelle est la nature du passif, quelle est la part de l’avoir des actionnaires (equity) par rapport aux dettes de l’entreprise? Quelle a été l’évolution entre ces deux composantes du passif au cours des derniers trimestres et des dernières années? Le ratio dettes totales/avoir des actionnaires est facile à vérifier dans le bilan financier; certains vont se fixer un ratio 1/1, au dessus duquel ils n’iront pas. Cela peut être trompeur, certains entreprises rentables ont des dettes plus élevées que l’avoir des actionnaires mais génèrent des profits substantiels : elles utilisent les emprunts comme un levier efficace. Cependant, vous devez vous fixer une limite d’endettement, au dessus de laquelle vous n’irez jamais.

Là ou ça se complique encore davantage pour le simple investisseur, c’est dans l’analyse de la dette. Quelle est la nature des emprunts, quelles en sont les conditions et quels sont les échéanciers de remboursement? Est-ce que l’entrée d’argent au cours des prochains trimestres et années sera suffisant pour remplir les obligations de la dette? Sinon, on pourrait se retrouver forcé d’aller en refinancement, ce qui pourrait être particulièrement coûteux et difficile à obtenir dans l’état actuel du marché du crédit, échaudé par la crise des « subprimes ». Méfiez-vous des possibilités de « debt squeeze » : pour les éviter, il faut donc fouiller davantage le passif de l’entreprise et sa capacité à générer des profits et du « cash », pas se limiter aux simples ratios d’endettement.

Il y a deux ans, j’ai investi dans Movie Gallery, une chaîne de clubs vidéo américaine, dont la valeur de l’action était passée en un an de $34 à $2. Malgré ses déboires, je trouvais attrayant le cours de l’action versus la valeur de ses actifs et de ses ventes. J’aurais pourtant dû m’arrêter plutôt à la valeur de l’avoir des actionnaires qui était NÉGATIVE, tellement la dette générée par de récentes et énormes acquisitions était élevée. Avec du recul, j’ai de la difficulté à croire que j’ai pu faire un placement aussi médiocre : c’était carrément acheter une gigantesque dette et rien d’autre, et ce, dans un secteur en déclin où les entreprises peinent à maintenir leurs ventes et à générer le moindre profit ou « cah flow » positif. Movie Gallery a été inévitablement obligé de se refinancer et l’ancienne action vaut aujourd’hui $0,04…

Au Québec, Tembec (TBC) est un bon exemple d’une entreprise qui n’était pas une bonne occasion d’achat quand les premiers symptômes de la maladie se sont présentés au début 2005 : une dette qui grandissait aux dépens de l’avoir des actionnaires dans un secteur en difficulté, où il était pratiquement impossible de générer des profits qui auraient permis de redresser la situation. Tembec a restructuré son capital cette semaine, les actionnaires se sont retrouvés avec 5% des nouvelles parts de l’entreprise. Et ça aurait pu être pire…

Le seul moyen pour une entreprise de sortir du bourbier de l’endettement est de générer des profits et surtout, d'importants flux de trésorerie libres (free cash flow). Sinon, c’est la spirale irréversible vers la recapitalisation aux dépens des actionnaires actuels.

Prochaine chronique : les flux de trésorerie

mercredi 21 novembre 2007

Québec Inc. : la débâcle

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Dans les années 90, l’expression « Québec Inc » était à la mode : elle était synonyme de la réussite des entreprises québécoises, en particulier celle des manufacturiers. Cette croissance était cependant un peu artificielle, basée sur la faiblesse du dollar canadien qui nourrissait la montée des exportations vers les États-Unis. La hausse spectaculaire de la valeur du dollar canadien depuis 2002, a fait disparaître cet avantage: l'impact a été dévastateur, tant sur la rentabilité des entreprises que sur la performance de leurs actions en bourse.

Voici quelques exemples de cette débâcle boursière de Québec Inc., entre janvier 2002 (janvier 2003 pour Mega Brands) et aujourd’hui :

Quebecor World (IQW), de $36,55 à $2,49
Tembec (TBC), de $12,20 à $0,42
Shermag (SMG), de $10,00 à $1,00
Bombardier (BBD.B), de $14,70 à $5,33
Mega Brands (MB), de $23,00 à $5,55
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