mercredi 17 décembre 2008

Que cache la descente du titre de Mega Brands?

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Je l'ai déjà mentionné: un titre qui chute, jour après jour, sans raison apparente, ne fait que cacher momentanément la cause de sa chute, car il y a toujours une cause à pareille chute. On l'a vu avec le titre de Mecachrome (MCH-TSX) qui se retrouve maintenant sous la protection contre les faillites (Chapitre 11).

Lorsque la valeur d'un titre chute de façon continue, sans que des raisons apparentes ou suffisantes semblent le justifier, c'est qu'une partie de la réalité ne nous est pas connue, alors que d'autres, eux, sont au courant de cette réalité et sont en train de liquider progressivement leurs positions. Le petit investisseur dépend de l'information publique pour se faire une idée et cette information devient bien souvent disponible quand le mal est déjà fait. Il n'a pas accès à l'information de l'intérieur. La seule façon pour lui de se protéger contre ces trappes, c'est de se méfier de ces chutes apparemment injustifiées, de ces aubaines "trop belles pour être vrai" que semble lui offrir le marché.

Je regarde aller le cours de l'action de Mega Brands (MB au TSX), le fabricant québécois de jouets, et je me pose la question: que se passe-t-il en coulisses pour que ce titre continue ainsi sa chute vertigineuse? Mega Brands qui se transigeait aux environs de $20 en septembre 2007, a touché les $0.33 hier après-midi. Bien sûr, tout le monde connaît les nombreux problèmes de l'entreprise qui ont précipité son titre vers le bas: baisse des ventes, niveau d'endettement élevé, acquisition douteuse de Rose Art, démêlées avec ses fournisseurs chinois, jouets défectueux qui ont entraîné des rejets et des poursuites, inventaires élevés et émission de débentures convertibles principales au mois d'août... Mais de là à se retrouver à $0.33 l'action, il semble y avoir quelque chose d'autre...

Le dépôt du dernier rapport trimestriel pouvait laisser penser que la situation se stabilisait, que peut-être le pire était passé et que l'entreprise pourrait passer à travers de cette crise. Nous sommes dans le trimestre de l'année le plus favorable pour les fabricants de jouets, le prix des plastiques devrait baisser (avec la chute du coût du pétrole), le dollar canadien a perdu de sa valeur, ce qui favorise les exportateurs... Ne pourrait-on pas espérer de prochains résultats trimestriels positifs malgré la récession? Mais le titre continue de descendre de façon continue, les rares croyants qui misent sur son redressement sont balayés par des vendeurs prêts à laisser partir leurs actions à ces prix dérisoires. Qui sont ces vendeurs et que savent-ils? Les dirigeants de l'entreprise devraient normalement faire l'achat massif d'actions à un prix aussi bas, si la situation était sous contrôle, et empêcher la chute du titre... Qu'en est-il? Ça ne sent pas bon...

Qu'en pensez-vous? Que cache la descente du titre de Mega Brands?
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lundi 15 décembre 2008

Le CELI, particulièrement intéressant pour les actions?

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Le compte d'épargne libre d'impôt (CELI) s'en vient, le 1er janvier 2009. On pourra y mettre à l'abri de l'impôt différentes formes d'épargnes et de placements, jusqu'à un maximum de $5,000 de contributions par année. Il m'apparaît particulièrement intéressant de se servir de cet abri fiscal pour y déposer des actions d'entreprises, puisque vous n'aurez pas à payer d'impôt sur les dividendes ou d'avoir à déclarer de gains de capital quand vous procéderez éventuellement à leur vente (si bien sûr, leur valeur a augmentée entre-temps). En contrepartie, vous ne pourrez pas bénéficier de déduction pour pertes de capital, s'il y a lieu.

Puisque les actions sont, selon moi, présentement sous-évaluées après la débâcle des quinze derniers mois, elles offrent un bon potentiel d'augmentation de leur valeur d'ici quelques années: vous pourrez alors les vendre, sans avoir à être taxé sur votre gain de capital. Utiliser cet abri fiscal pour protéger de l'impôt un certificat de dépôt à 2%, c'est, selon moi, sous-utiliser le potentiel de cet abri fiscal. Mais ce n'est que mon point de vue personnel, je ne suis pas fiscaliste. D'autre part, ce compte n'est pas nécessairement le meilleur choix pour tous, les REER demeurent plus avantageux pour certains (voir le texte de Michel Girard ci-dessous). Comme je ne veux pas vous induire en erreur, je vous suggère donc, pour en savoir plus, de consulter l'un ou l'autre des sites ou textes suivants:




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dimanche 14 décembre 2008

L'impact de la valeur de la monnaie américaine sur les coûts d'investissement

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Dans quelle direction s'en va la valeur du dollar américain? La question est importante pour l'investisseur canadien ou européen, parce qu'elle aura un impact sur le rendement futur des investissements qui sont faits aujourd'hui.

Devant les incertitudes boursières et économiques, le dollar américain s'est transformé en valeur refuge pour plusieurs au cours des derniers mois: sa valeur a ainsi augmentée de façon importante. Alors que les dollars américain et canadien s'échangeaient pratiquement à parité à la fin juillet, le taux de change est maintenant de près de $1,25 canadien pour un dollar américain. Si on ajoute à cela des frais de plus de 2% lors de l'achat du dollar américain et d'un autre 2% lors de sa reconversion éventuelle en dollar canadien, c'est donc, près de $1.30 canadien qu'il en coûte pour chaque dollar américain. C'est même un peu plus, parce qu'au moment de la reconversion en dollar canadien, si votre placement a fructifié entre-temps, le pourcentage des frais de conversion s'appliquera sur une somme plus élevée.

Je ne suis pas un spécialiste des questions monétaires, mais il semble exister un certain consensus pour prévoir une baisse de la valeur du dollar américain d'ici un an, au fur et à mesure que la crise économique s'atténuera et que le dollar US cessera progressivement de jouer son rôle de valeur refuge. Le poids de la dette américaine serait un autre élément qui soutiendrait cette tendance.

Pour ma part, je crois que sur une longue période, la valeur moyenne du dollar américain sera toujours plus élevée que celle du dollar canadien (environ $1.10), parce que l'économie américaine est plus puissante et plus diversifiée. Il y a donc, selon moi, un frais supplémentaire de l'ordre de 15 à 20% (en incluant les frais de conversion) pour l'investisseur canadien qui achète des titres américains présentement. Il y a également l'impact fiscal, les dividendes américains hors REER sont davantage taxés au Canada que ceux des entreprises canadiennes (une aberration fiscale, on pénalise le rapatriement d'argent vers le Canada...). Ceci étant dit, si vous croyez que la valeur des titres américains que vous sélectionnez doublera ou plus d'ici quelques années, le placement peut être amplement justifié.
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samedi 13 décembre 2008

Les leçons de l'investisseur: Investir dans un secteur en déclin, n'est jamais une bonne idée

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J’ai longtemps pensé que même dans les mauvais secteurs pour l’investisseur, les secteurs dont les caractéristiques intrinsèques ne favorisent pas les profits et la rentabilité, on pouvait trouver des entreprises qui se démarquaient et qui représentaient de bons placements. Je ne crois plus à cette théorie : ramer à contre-courant de caractéristiques économiques implacables est foncièrement un exercice stérile, inutile et à la longue, non rentable pour l'investisseur.

Prenons le secteur des journaux écrits. L’évolution technologique (internet) et les préférences des nouvelles générations condamnent, selon moi, ce secteur à un déclin progressif et irrémédiable. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la bourse il y a quelques années, malgré le fait que la montée fulgurante de l’internet était déjà nettement perceptible, une thèse favorable aux investissements dans les journaux continuait à être défendue. Selon de sérieux analystes, comme celui qui couvrait à l'époque ce secteur sur le site d'investissement Morningstar, les grands journaux étaient entourés d’une tranchée (moat) qui les mettait à l’abri de la compétition : les coûts associés au démarrage d’un journal étaient si élevés que cela devenait une protection contre l’arrivée d'éventuels compétiteurs.

Selon cette thèse, les principaux journaux des grandes villes, tout comme les petits hebdos des petites villes, jouissaient donc d'un quasi monopole qui leur permettait un contrôle sur le prix de vente du journal et sur celui de la publicité qu’il incluait. Là où cette théorie se trompait royalement, c’est qu'en fait, ce qui menaçait vraiment les journaux, ce n’était pas la venue d’autres journaux, mais la montée des autres moyens de communication, en particulier, l’internet.

J’ai mordu à la thèse de la « tranchée protectrice » des grands journaux et j’ai investi dans Gannett (U.S.A. Today), New York Times, Tribune, Lee Enterprises, Journal Register... Au fil des dernières années, ce qui est ressorti clairement, c’est que le nombre de lecteurs des journaux diminuait régulièrement d’un trimestre à l’autre. Les plus vieux lecteurs s’accrochaient à leur habitude en papier, mais les plus jeunes n’adoptaient qu’en faible nombre ce moyen d’information auquel ils préféraient, et de loin, l’internet, eux qui ont été nourri par ce média dès leur plus jeune âge. Internet étant en fait pour les jeunes, plus qu’un moyen d’obtenir de l’information, c’est un lieu pour socialiser, échanger, s’exprimer, consommer et, à l’occasion, s’informer…

Le cycle de la vie n'est pas respecté ici : pour chaque vieux lecteur qui décède, on est loin de pouvoir compter sur un jeune lecteur de journaux pour prendre la relève. Et les annonceurs s’ajustent à ce déplacement inter-générationnel et diminuent progressivement la part de leurs budgets destinée aux journaux, en faveur d’autres médias, en particulier, les sites internet. Que peuvent faire les journaux face au pouvoir d'attraction de ce puissant média inter-actif, qui allie, en direct et en continu, textes, images, son et vidéos? Se convertir à l'internet? C'est la bouée de sauvetage à laquelle tous les journaux ont pensé. Le hic, c'est que sur internet, il n'y a pas de "tranchée protectrice", pratiquement pas de "barrière à l'entrée" : la compétition arrive de partout, même un blog comme le mien devient un modeste compétiteur de plus...

Comme l’économie ralenti actuellement aux États-Unis, cela vient accélérer la descente des journaux : les grands annonceurs se font rares et le nombre de petites annonces (emplois, immobilier, automobiles…) est en chute libre. Les derniers résultats trimestriels ont confirmé le rétrécissement des revenus et des profits. Les titres des grands journaux, même les meilleurs (ex. Gannett, GCI au NYSE), continuent ainsi à chuter de mois en mois. Une des pires dégringolades est celle de McClatchy Newspapers (MNI au NYSE) qui valait $75 l’action en avril 2005, le titre a fermé à $2.13 hier, une perte de près de 97% de sa valeur en un peu plus de trois ans!

Le seul attrait qui semble retenir des investisseurs à bord, est la générosité du dividende de certains journaux, dont les yields ont augmenté de façon inversement proportionnel à la chute du cours des actions : ainsi, Gannett à son prix d’aujourd’hui ($7.53), offre un plantureux dividende, un yield de 21%! Méfiez-vous cependant, ces dividendes obèses ne sont pas coulés dans le béton et seront éventuellement remis en question quand les entrées d’argent seront de plus en plus modestes. La preuve de cette imminente éventualité: les marchés continuent à lever le nez sur Gannett et son dividende, et ce, même si l'entreprise publie le journal qui a le plus fort tirage aux États-Unis (U.S.A. Today).

En 2007, Tribune (L.A. Times, Chicago Tribune...) a été rachetée à $33 l'action par le milliardaire Sam Zell qui a alors pris une des pires décisions d'investissement de l'histoire: l'entreprise vient de se placer sous la protection de la Loi contre les faillites (Chapitre 11), un peu plus d'un an plus tard...

Moi je garde mes quelques titres de journaux encore quelque trimestres, le temps qu’une reprise économique aux USA ramène des annonceurs, crée l’illusion d’un certain retour de la rentabilité et fasse remonter le cours de ces actions qui sont aujourd’hui au plancher. J’attends une sorte de « dead cat bounce » pour récupérer une partie de mes investissements et faire mes adieux aux journaux comme choix de placement.

P.S. J'aimerais bien me tromper sur la diminution progressive du tirage des journaux, ces derniers ont été, et demeurent encore aujourd'hui, de formidables entreprises qui jouent un rôle essentiel pour la liberté d'expression et la cohésion des communautés, petites et grandes.
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vendredi 12 décembre 2008

Finies, les prédictions matinales...

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L'actualité politico-économique change tellement rapidement, qu'il devient de plus en plus hasardeux de prédire la tendance des marchés au quotidien. Ce matin, les nuages étaient vraiment sombres, les marchés européens plantaient, le blocage du plan de sauvetage de l'industrie automobile américaine par les sénateurs républicains laissait présager le pire.

Et puis, après une baisse rapide dans les premières minutes, est sortie la nouvelle que la Maison Blanche irait puiser dans le fonds du plan de sauvetage des institutions financières pour sauver celui de l'industrie automobile. Les marchés ont remonté depuis et risquent de finir la journée dans le vert... à moins qu'une autre nouvelle vienne mêler les cartes dans les prochaines heures. L'action de GM qui avait perdu 37% à l'ouverture est remontée en territoire positif! Décidément, c'est fini pour moi, les prédictions sur le court terme...
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Le plan de sauvetage de l'industrie automobile américaine en péril

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Les sénateurs républicains, même minoritaires, pouvaient bloquer le plan de sauvetage de l'industrie américaine de l'automobile, puisqu'il fallait un accord de 60 sénateurs pour passer au vote. Ils l'ont fait, leur fanatisme idéologique de droite qui aura mené l'économie américaine sur le bord de l'abîme, les aura guidé à nouveau dans leur blocage de cette ultime solution.

Les sénateurs républicains veulent des concessions dès maintenant dans les conventions collectives des travailleurs de l'automobile. Ils affirment que les travailleurs américains de l'automobile ont une rémunération trop généreuse et que les fabricants américains ne seront jamais compétitifs sur cette base. Argument économique qui pourrait mériter une discussion dans des circonstances normales. Le problème c'est que le bateau coule présentement et qu'il faut agir vite. Ils prennent le pari que les syndicats, devant la menace du Chapitre 11 qui remettrait sur la table tout le contenu des conventions collectives, vont céder rapidement quelque chose.

Les sénateurs républicains prennent un pari sur l'économie américaine par fanatisme idéologique, au moment où elle est d'une grande vulnérabilité. Ils ne se sont jamais objectés aux hausses exorbitantes et indécentes dans la rémunération des dirigeants d'entreprises depuis une vingtaine d'années, mais là, selon eux, c'est le temps de remettre en question les acquis des travailleurs, de remettre en question la grosseur des bouées de sauvetage.

Les marchés boursiers vont en payer le prix aujourd'hui. Le titre de GM perd près de 40% de sa valeur en pré-ouverture. Direction: indice Dow Jones à 8000 points à nouveau.
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jeudi 11 décembre 2008

Un peu d'humour pour comprendre un sujet qui n'est pas vraiment drôle...

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Pour continuer dans le même thème que mon message de mardi matin sur la crise générée par les prêts de type "subprimes", voici un petit diaporama rigolo que j'ai retrouvé dans le journal Rue89 qui est publié sur internet, diaporama qui explique cette crise en quelques petits dessins humouristiques. Au point où on en est, vaut mieux en rire...

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mardi 9 décembre 2008

Où est passé le mille milliards de dollars?

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Où est passé le mille milliards de dollars? C'est la question que je me pose. Cette somme pharamineuse, c'est celle de la diminution des valeurs boursières depuis quinze mois, suite à la débâcle des marchés entraînée par la crise des "subprimes", ces mauvais prêts hypothécaires qui ont été accordés lors de transactions qui n'auraient jamais dû avoir lieu.

Comme dit le proverbe: "Rien ne se perd, tout se transforme". Proverbe ou loi de la physique, peu importe. En finance, c'est également vrai, on pourrait dire aussi: "ta perte est mon gain", ou vive versa. Il est extrêmement malheureux que quelques millions d'américains aient payé beaucoup trop cher pour une maison qu'ils n'avaient pas, bien souvent, les moyens de se payer. Cependant, en bout de ligne, ils ne sont pas les seuls qui auront perdu dans cette aventure: les pertes auront été absorbées à la fin, par des institutions financières non seulement aux USA, mais partout sur la planète (via les PCAA) et donc, par des millions d'actionnaires de ces institutions et de cotisants à des fonds de retraite.

Ça ne répond toujours pas à ma question: où est passé le mille milliards? Car, cette perte des uns, s'est transformée en gain pour les autres. Et ces "autres", ce sont d'abord et avant tout des américains (individus et spéculateurs organisés) qui ont obtenu le gros gain lors de transactions hypothécaires aux prix gonflés par un surnombre artificiel d'acheteurs durant la création de la bulle immobilière.

Il y a donc des gens qui ont fait de l'argent, beaucoup d'argent, grâce à ce système nourri par la spéculation et l'irresponsabilité institutionnelle et gouvernementale. Les vrais gagnants de ce triste épisode, ce sont d'abord ceux qui vendaient les maisons dans ces transactions irrationnelles. Des heureux vendeurs individuels qui ont profité d'une conjoncture favorable, certes, mais surtout des spéculateurs organisés qui achetaient et revendaient rapidement aux premiers venus, avec un profit rapide et généreux, des maisons dont le prix était artificiellement gonflé de mois en mois par cette spirale spéculative.

Puis, il y a ceux qui faisaient fonctionner le système, en "vendant" des prêts alléchants et trompeurs à des personnes aux revenus limités, en se prenant au passage une généreuse quote-part. Dans cette chaîne alimentaire que générait cette spirale immobilière, on retrouvait ainsi à la base des courtiers en prêts immobiliers qui bâclaient ces prêts douteux, avant de les refiler à des banques qui les confiaient à leur tour à des banques d'investissement qui les réunissaient dans des produits sophistiqués de type PCAA, qu'ils offraient par la suite à de grands investisseurs institutionnels (ex. Caisse de dépôts et placements du Québec) attirés par des rendements prometteurs. Ce processus tortueux assurait un certain anonymat à ces actifs contaminés, jusqu'au jour où leur toxicité a fait surface...

Les américains ont donc répandu cette pandémie financière, via les PCAA, partout sur la planète. Ceux qui se sont laissés séduire par les attraits de ces produits financiers à la santé douteuse, ont aussi une part de responsabilité pour les malheurs qui suivirent. Il n'en reste pas moins que cette plus grande escroquerie de l'histoire financière a ramené en sol américain une partie des économies de la planète. C'est là qu'il est passé, en très grande partie, le mille milliards de dollars.

La nouvelle administration américaine, si elle veut rebâtir l'image des États-Unis dans le monde, devra mettre sur pied une commission d'enquête pour faire la lumière sur ce système de spéculation, d'avidité et d'irresponsabilité. Système qui aura permis à une telle bulle immobilière d'apparaître en sol américain, de se gonfler artificiellement pendant des années, de se répandre sur la planète via les PCAA, avant d'éclater aux dépens de millions d'actionnaires d'institutions financières et de cotisants à des fonds de pension un peu partout dans le monde.
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dimanche 7 décembre 2008

Quelle est la marque de commerce qui a la plus grande valeur: Google ou Coca-Cola?

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Deux firmes de marketing décernent annuellement des valeurs et un classement aux marques de commerce des grandes entreprises: ces études sont celles de Interbrand et de Millward Brown Optimor. En cette période de dépression boursière où tous les titres, même ceux des grandes entreprises, sont accessibles à moindre coût, il peut être utile de considérer la valeur de cette variable dans les choix que font les investisseurs. Développer une marque de commerce est un travail coûteux et de longue haleine, cet actif, bien que plus difficilement quantifiable que d'autres, a définitivement une valeur en soi. Les deux études identifient les 100 marques de commerce qui ont la plus grande valeur.

Pour Interbrand, c'est Coca-Cola (KO au NYSE) qui remporte la palme. On souligne que Coca-Cola a su renforcer la renommée de sa marque en développant récemment de nouveaux produits qui répondent aux préoccupations des consommateurs en matière de santé et d'apparence physique (Diet Coke Plus et Coke Zero). Parmi les compagnies dont la valeur de la marque de commerce a le plus augmentée au cours de la dernière année, ce sont trois compagnies reliées au domaine informatique qui ont connu les plus fortes croissances: Google (GOOG-Nasdaq), Apple (AAPL-Nasdaq) et Amazon (AMZN-Nasadaq). À l'opposé, voici les cinq compagnies qui ont vu leur marque de commerce perdre le plus de sa valeur au cours de la dernière année: Ford, Citigroup, Morgan Stanley, Gap et Merrill Lynch. On ne sera pas surpris de retrouver trois compagnies qui oeuvrent dans le domaine financier parmi cette liste des marques de commerce endommagées.

Pour Millward Brown Optimor, c'est la marque de commerce de Google qui a la plus grande valeur, suivie de celle de General Electric (GE-NYSE), de Microsoft (MSFT-Nasdaq) et de Coca-Cola. Les valeurs des marques de commerce de BlackBerry (Research in Motion), Apple et Amazon ayant le plus augmentées, pendant que celles de Motorola, Starbucks et Home Depot ont connu les plus importants reculs.

Dans l'étude de Millward Brown Optimor, on établie un lien entre la valeur des marques de commerce des compagnies et leur performance boursière (voir, page 5 de l'étude). Ainsi, deux portefeuilles ont été créés pour la période allant d'avril 2006 à avril 2008, portefeuilles que l'on a comparé à l'indice S&P 500 qui a augmenté de 3% durant cette période. Un premier portefeuille constitué des 100 entreprises ayant les plus fortes marques de commerce a donné un rendement boursier de 14.8% au cours de ces 24 mois. Un second portefeuille, où l'on ne retenait que les compagnies dont la valeur de la marque de commerce contribuait pour plus de 30% aux bénéfices (2/3 des 100 entreprises), a performé encore plus: la valeur de ses titres ayant augmenté de 22.1%, plus de sept fois la performance de l'indice S&P 500. L'étude conclue que cela démontre la valeur d'une solide marque de commerce, particulièrement en période de turbulence économique.

Pour accéder à ces deux études sur les marques de commerce, cliquez sur les liens ci-dessous:


The 100 Most Powerful Brands 2008 - Millward Brown Optimor
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samedi 6 décembre 2008

Les marchés montent après la publication de chiffres désastreux sur l'emploi?

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Celle là, j'ai de la difficulté à la comprendre. Les chiffres sur l'emploi publiés hier matin sont vraiment négatifs. Le coeur de l'économie canadienne, c'est l'Ontario, et on y constate une forte progression du chômage qui pourrait prendre davantage d'ampleur avec ce qui s'en vient dans l'industrie automobile: rationalisation forcée des lieux de production des trois grands fabricants nord-américains. Le Québec s'en tire mieux pour l'instant, mais vas y goûter inévitablement dans le premier semestre de 2009: le lien de son économie avec celles des autres provinces canadiennes et avec l'économie américaine est trop fort pour que notre marché de l'emploi n'en subisse pas les contrecoups.

Aux États-Unis, les 533,000 pertes d'emplois en novembre constitue la baisse mensuelle la plus élevée (en nombre) depuis 34 ans. Elles se sont produites dans une multitude de secteurs (finances, services aux entreprise, manufacturier, commerce de détail...). De plus, d'autres mises à pied ont été annoncées depuis le début du mois de décembre (AT&T, 12,000 postes...). L'économie américaine semble s'embourber dans une récession qui va s'étendre tout au long de 2009.

Alors, comment expliquer le redressement des marchés hier devant ces chiffres inquiétants? On dit que habituellement les marchés remontent six mois avant l'économie, mais douze? Il faut dire que les actions ont été "survendues" depuis quelques mois, en particulier les titres financiers. Il y a des titres qui sont maintenant nettement sous-évalués et les marchés n'attendent qu'un signal que le pire de la crise des subprimes/PCAA est passé pour faire le plein, avant que ces titres ne remontent définitivement. Hier, un tel signal a été perçu par certains: la compagnie d'assurance Hartford Financial Services Group (HIG au NYSE) a fait savoir que sa situation en terme de liquidité était plus solide que certains ne le craignaient et qu'elle revoyait à la hausse ses bénéfices pour 2009. Le titre a augmenté de 102% durant la journée, entraînant avec lui d'autres titres financiers dans sa montée.

Et puis, il y a les rumeurs politiques qui circulaient durant la journée que Barack Obama et le Congrès américain présenteraient leur plan de sauvetage de l'industrie automobile et de relance globale de l'économie, en début de la semaine prochaine. Pour moi, ça n'efface pas la réalité de l'économie américaine qui s'annonce plutôt sombre pour 2009, avec beaucoup de révisions à la baisse de prévisions de profits précédemment annoncées. On verra bien la semaine prochaine.
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vendredi 5 décembre 2008

Les chiffres sur l'emploi vont faire mal aux marchés

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Les chiffres sur l'emploi en novembre viennent de sortir: pertes de 533,000 emplois aux USA, pertes de 71,000 emplois au Canada. On s'embourbe dans la récession. Vraiment pas beau comme perspectives. Dure journée en vue sur les marchés boursiers aujourd'hui...
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jeudi 4 décembre 2008

Sears & Roebuck: une marque de commerce reconnue n'est pas un atout éternel

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Il y a quelques années, ma soeur et moi allions visiter une fois par été notre vieille tante aux États-Unis. Ma tante vouait une affection particulière aux magasins Sears & Roebuck (SHLD au Nasdaq) : ainsi, à chacune de nos visites, elle nous amenait à la succursale la plus proche pour magasiner avec elle, et elle en profitait pour nous faire quelques cadeaux. Pour elle, ce détaillant était dans une classe à part: elle était persuadée que les items que l'on y vendait étaient de meilleure qualité et étaient offerts à meilleurs prix. Elle avait acquis cette conviction à la fin des années cinquante, lors de son arrivée aux États-Unis, alors que Sears & Roebuck dominait réellement son secteur, bien avant qu'apparaissent deux concurrents qui allaient s'en prendre agressivement à sa position de tête: Wal-Mart et Target.

Lors de nos visites chez Sears & Roebuck, j'étais impressionné par la propreté du magasin, ses planchers resplendissants comme si on venait de les cirer, le calme qui régnait dans ce commerce. Je possédais alors un certaine quantité d'actions de Sears & Roebuck. J'ai soudainement réalisé que ne n'était peut-être pas bon signe de pouvoir contempler les planchers d'un commerce ou de pouvoir y faire une séance de méditation. Il manquait visiblement chez Sears & Roebuck un détail essentiel pour ce type de commerce: des clients. J'aimais aller dans ce commerce parce que l'on ne se faisait pas piler sur les pieds, contrairement à ses deux gros compétiteurs. Ce qui est agréable pour un client, ne l'est pas nécessairement pour un actionnaire...

J'ai donc décidé de vendre mes actions de Sears & Roebuck. Décision que j'ai regretté dans un premier temps, lorsque la valeur des biens immobiliers aux États-Unis a connu une forte augmentation. Les ventes de ce détaillant n'augmentaient pas, sa part du marché se rétrécissait face à ses concurrents, mais la valeur de ses nombreux immeubles était en forte hausse et, sur cette base uniquement, le titre est ainsi passé du $65 l'action que j'avais obtenu à $195 au début 2007.

Mais les trimestres qui ont suivi ont confirmé la diminution de la popularité de ces magasins auprès des consommateurs américains qui préféraient définitivement les Wal-Mart surpeuplés avec leurs prix coupés, aux grands espaces zen de Sears & Roebuck... Avec l'éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis, le détaillant a perdu ce qui soutenait la croissance de son titre. Le titre de Sears & Roebuck a entamé une descente qui l'a mené à $27 il y a deux semaines, depuis il a effectué une remontée, il se situe aujourd'hui près des $40.

Ce qui m'amène à conclure qu'une marque de commerce reconnue ne suffit pas, si la compagnie ne sait pas s'adapter à l'évolution de son secteur et de son temps. Une marque, après avoir été dominante à une certaine époque, peut perdre progressivement sa renommée et son attrait auprès des consommateurs, pour se voir reléguer aux oubliettes ou presque. Quand j'étais jeune, les grands magasins qui dominaient à Montréal, s'appelaient Eaton's, Simpsons, Morgan's et Dupuis Frères: ils ont tous, soit fermé leurs portes au Québec, été racheté par une autre chaîne ou ont carrément disparus.

Sears & Roebuck a été bâtie au début du 20ème siècle, sur une innovation née d'une juste observation des besoins des consommateurs de l'époque: la vente par catalogue et par la poste à des habitants dans les régions rurales qui n'avaient pas accès à plusieurs biens de consommation et qui étaient à la merci d'intermédiaires qui faisaient indûment augmenter les prix des produits. Par la suite, tout au long de sa montée vers le premier rang du commerce de détail, Sears&Roebuck n'a cessé d'innover: marques maison (ex. Kenmore, Craftsman, Die Hard...), autres commerces à l'intérieur de ses magasins (ex. opticien et vente d'assurance Allstate), carte de crédit maison...

Je ne prétends pas que Sears & Roebuck n'a aucune valeur aujourd'hui: ses énormes actifs immobiliers ont une valeur en soi non négligeables. Cependant, dans la guerre des détaillants, je crois que son modèle d'affaire est dépassé et qu'elle ne fait plus le poids face à Wal-Mart et Target qui ont su mieux s'ajuster à l'évolution des besoins et des préférences des consommateurs américains.
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mardi 2 décembre 2008

Bombardier: voir au delà de 2009

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Jeudi matin, avant l'ouverture des marchés, Bombardier (BBD.B au TSX) publiera son rapport trimestriel pour la période qui s'est terminée le 31 octobre dernier. Il y a trois mois, le 4 septembre, Bombardier publiait un rapport trimestriel satisfaisant qui répondait aux attentes des analystes: bénéfices de $0,14 par action, hausse de 22% des revenus en comparaison de l'année précédente, solide carnet de commandes de 57.2 milliards...

Malgré ces résultats, depuis le 4 septembre, l'action n'a pas cessé de faiblir, passant de $8,50 à $3,78 en fin de séance aujourd'hui. Une baisse de 56% en trois mois. Pourtant, Bombardier n'a pas annoncé d'annulations ou de reports majeurs de commandes au cours du trimestre. L'entreprise n'a pas non plus révisé à la baisse ses projections de bénéfices, de livraisons ou de revenus. Alors, comment expliquer cette désaffection du titre?

Ce qui a vraiment changé, ce sont les perspectives économiques aux États-Unis: il y a trois mois, on entrevoyait une possibilité de récession, aujourd'hui, l'économie américaine est officiellement en récession. Il y a trois mois, on se disait que si cette récession avait lieu, elle serait de courte durée, alors qu'aujourd'hui, beaucoup d'économistes prévoient qu'elle s'étendra tout au long de 2009. Les grands investisseurs ont donc conclu que Bombardier qui compte parmi ses principaux clients plusieurs transporteurs aériens américains, subirait tôt ou tard des reports ou des annulations de commandes qui l'obligeraient à revoir à la baisse ses prévisions de bénéfices pour 2009.

Bombardier peut se consoler, ce scénario d'une diminution du trafic aérien en 2009, donc des revenus des transporteurs aériens et conséquemment des commandes d'avions neufs, semble affliger tous les fabricants d'aéronefs et leurs fournisseurs de pièces. Depuis le début septembre, la plupart d'entre eux ont vu le cours de leur action chuter de façon importante:

Boeing (BA-NYSE) de $67,00 à $40,70 (-39%)
Airbus/EADS (EADSY-OTC) de $23,20 à $15,65 (-32%)
Pratt & Whitney/United Technologies (UTX-NYSE) de $66,43 à $46,06 (-31%)
Bell Helicopter/Textron (TXT au NYSE) de $41,10 à $13,90 (-66%)
Embraer (ERJ-NYSE) de $34,25 à $14,77 (-57%)
RTI International Metals (RTI-NYSE) de $33,52 à $11,56 (-66%)
Goodrich (GR-NYSE) de $52,53 à $32,15 (-39%)
CAE Electronics (CAE-TSX) de $11,39 à $6,27 (-45%)

Pour Bombardier, il faut voir au delà de la conjoncture à court terme: au delà de 2009, il y aura la reprise économique, la croissance du volume de passagers et de marchandises au cours de la prochaine décennie, les besoins de remplacement de flottes désuètes et trop énergivores et la production éventuelle des modèles de la Série C. Et l'on ne parle pas ici de son autre division du Transport (trains et métro) qui profitera du développement des économies émergentes, ainsi que de la modernisation et de l'expansion des réseaux de transport en commun dans les sociétés occidentales, avec les pressions en faveur de l'environnement.

Peu importe les résultats de Bombardier jeudi matin et de la direction qu'ils donneront à son titre, cette entreprise représente un placement valable pour l'investisseur dans un horizon de moyen terme. Alors, si le titre chutait un peu plus, suite à des résultats inférieurs aux attentes, l'occasion ne serait que plus belle...

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lundi 1 décembre 2008

Le bottom fishing est un sport hasardeux

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En une journée, les marchés ont perdu ce qu'ils avaient mis une semaine à gagner. La violence de la réplique des "bears" est révélatrice de leur force. L'économie américaine est tellement inquiétante qu'il devient hasardeux d'essayer de trouver le fond, de s'aventurer à faire du "bottom fishing", embarquer dans ce marché est actuellement une entreprise risquée.

Il y a plein d'occasions d'achat dans ce marché dans une perspective de long terme, j'en mentionne régulièrement sur ce blog et je suis persuadé que vous en voyez également plusieurs que vous pourriez me suggérer. Le hic, c'est que le prix que vous allez payer aujourd'hui, bien que attrayant à première vue, est peut-être encore trop élevé par rapport à celui qui s'offrira à vous dans quelque temps, quand l'ampleur de la récession américaine sera davantage visible. Est-ce que la déprime des marchés amènera alors l'indice Dow Jones à 7,000 points, le S&P 500 à 700 points et le TSX sous les 7,500 points? Si de tels fonds étaient atteints, ce qui semble une aubaine aujourd'hui, nous apparaîtra trop cher payé.

Certains jours, j'ai envie de mettre une pancarte devant ce blog: "Fermé jusqu'au printemps". Je me sens un peu mal à l'aise de parler d'une "occasion d'achat", en pensant que le titre pourrait reculer d'un autre 10 ou 15%. D'un autre côté, même si le jour J n'est pas encore en vue, il faut se préparer, ouvrir nos radars, remplir notre liste de surveillance de titres prometteurs. Même si l'on décide de ne pas acheter maintenant, il faut se préparer longtemps à l'avance, pour être prêt quand on aura l'impression que le point de retournement est en vue.
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BCE, à $23.00, le titre devient-il attrayant?

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Les actionnaires de BCE (BCE au TSX et au NYSE) auraient dû recevoir dans quelques jours $42.75 pour chacune de leurs actions. On connaît la suite, Teachers' a trouvé la faille dans l'entente qui lui a permis d'échapper à ses engagements. L'entente annulée, l'action a été ramenée brutalement à $23.00 en quelques jours, la preuve que Teachers' aurait fait une très mauvaise affaire, si la vente s'était concrétisée au prix prévu dans les conditions actuelles des marchés.

Ceci étant dit, à son cours actuel, l'action commence à être attrayante: le titre est à son plus bas niveau depuis 1999. L'action ne valait peut-être pas $42.75, mais tout de même, la réaction semble disproportionnée: les experts qui avaient analysé l'entreprise en long et en large, avant de recommander une offre d'achat à ce prix, devaient bien y voir des éléments positifs. BCE génère beaucoup de flux de trésorerie positifs (cash flow): cela devrait lui permettre de continuer à réduire sa dette, de racheter des actions et de ramener un dividende qu'elle avait suspendu en prévision de la vente. Ce dividende, s'il est ramené au même niveau, au cours actuel de l'action équivaudrait à 6.3%.

BCE, une occasion d'achat? Qu'en pensez-vous?
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samedi 29 novembre 2008

New York & Co: différencier le bon grain de l'ivraie

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J'avais acheté des actions de New York & Company (NWY au NYSE) à $9.00 l'action à l'été 2007. Puis est survenue la débâcle que vous connaissez et qui a frappé d'aplomb les titres des détaillants de vêtements aux États-Unis. L'action de cette chaîne de vêtements pour dames a même touché les $0.82 la semaine dernière quand le pessimisme a atteint son comble et que les vendeurs à découvert s'en donnaient à coeur joie sur les titres abandonnés.

J'en ai profité pour doubler ma mise dans cette compagnie, pour presque rien. J'aurais dû en profiter davantage, le titre est déjà remonté à $1.88. C'était l'exemple parfait des excès de Mr. Market quand il devient dépressif: tout le monde y goûte, il ne fait plus de différence entre le bon grain et l'ivraie.

Je ne prétends pas que New York & Co, comme tous les détaillants de vêtements, s'apprête à vivre une année facile en 2009: ses clientes, dans le contexte difficile qui s'annonce, vont y penser par deux fois avant de renouveler leur garde-robe. Cependant, ce qui différencie ce détaillant parmi d'autres en péril, c'est la bonne santé relative de son bilan financier: il possède 41 millions de USD de liquidité et seulement 21 millions de dettes à long terme (en excluant les coûts différés de location de locaux - deffered rent - de 77 millions).

Hier, l'entreprise a annoncé un plan pour racheter 3.75 millions de ses actions d'ici douze mois. Son actionnaire majoritaire, Bear Stearns Merchant Banking, a également signifié son intention de faire l'acquisition de 3.75 millions d'actions d'ici douze mois. Si ces deux intentions se concrétisent, cela représente des achats qui équivalent à 12.5% des actions de la compagnie. L'annonce de cette nouvelle a fait bondir le titre de 51 cents hier, il a clôturé à $1.88.

Je ne vous dis pas de vous précipiter et d'acheter ce titre qui a doublé sa valeur en une semaine. Qui sait l'étendue des ravages que causera la baisse de confiance des consommatrices américaines sur les ventes de cette entreprise en 2009... Qui sait à quel point New York & Co devra puiser dans ce qui lui reste de liquidités pour traverser ces trimestres difficiles... C'est à vous de faire vos devoirs: de mesurer les risques que comporte la conjoncture actuelle, d'analyser par vous-même les résultats financiers, de peser le pour et le contre.

Cet exemple démontre seulement qu'au milieu de cette multitude de titres abandonnés dans ce marché de la grande déprime: il faut rechercher les entreprises qui n'ont pas ou peu de dettes, qui ont ainsi de bien meilleures chances de traverser la tempête et qui pourront même en profiter pour améliorer la situation de leurs actionnaires actuels, en rachetant leurs propres actions à bas prix.


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vendredi 28 novembre 2008

Groupe ADF: conjoncture à l'horizon, favorable ou non?

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J'ai acheté des actions de Groupe ADF (DRX au TSX, $1,37) cette semaine. Pas beaucoup, je n'ai pas les liquidités pour faire des abus... Groupe ADF fabrique des structures d'acier qui sont destinées aux infrastructures et aux bâtiments industriels, institutionnels et commerciaux.

Je comprends qu'on puisse apréhender une réduction dans la construction industrielle et commerciale en 2009, avec le ralentissement économique qui s'en vient. D'un autre côté, celui des infrastructures, le portrait est tout autre: autant les gouvernements américain, canadien que québécois ont tous mis de l'avant des programmes d'investissements dans les infrastructures pour relancer l'économie en 2009.

La stratégie de Barack Obama, en particulier, est centrée sur ce type de dépenses (réfection des routes, ponts, viaducs, aéroports...). Or, Groupe ADF exporte presque entièrement sa production aux États-Unis. Ne serait-il pas logique que cette entreprise aille chercher sa part des nombreux contrats que cela va générer? D'autant plus que la baisse de la valeur du dollar canadien la rend maintenant nettement plus compétitive dans les appels d'offres que ce n'était le cas il y a six mois. Autre facteur qui me semble favorable: la diminution importante du prix de l'acier qui est un élément important dans les coûts que doivent assumer ce type de fabricants. Groupe ADF a amélioré son bilan financier au cours des deux dernières années. La qualité de son équipe de direction est également reconnue.

Ce n'est que mon modeste point de vue. Il ne faut pas s'emballer trop rapidement. Il est possible que des points défavorables m'échappent. En voyez-vous? Avant d'investir dans cette entreprise, comme dans toutes autres, vous devez faire vos devoirs: analyser par vous-même les résultats financiers, peser le pour et le contre.

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jeudi 27 novembre 2008

COMPTON PETROLEUM: un "penny stock" à regarder de plus près

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Investir dans les entreprises d'exploration et de production de gaz naturel peut s'avérer être un placement risqué. Ce type d'entreprises ont des besoins importants de capitaux pour réaliser leurs programmes d'exploration, de forage et de mise en production et sont à la merci des fluctuations des prix de vente sur les marchés de l'énergie.

Le cours de l'action de Compton Petroleum (CMT au TSX) au cours des douze derniers mois, témoigne du niveau élevé de risque associé à ces titres: l'action de cette entreprise de l'Alberta est passée de $13,00 en juin dernier à moins de $1,00 cette semaine ($0,95 actuellement). Est-ce que ce nouveau "penny stock" pourrait se redresser sans avoir à retourner sur les marchés pour demander de nouveaux capitaux, afin de continuer ses programmes d'exploration et de production? Je n'ai pas la réponse, l'avez-vous?

Si le coût du gaz naturel remontait, cela apporterait les fonds autogénérés (cash flow) nécessaires pour éviter l'émission d'actions additionnelles. Compton Petroleum possède des ressources non négligeables et pourrait générer des retours intéressants lorsqu'elle passera à une phase plus avancée de production. Mais, pour y arriver, les entrées d'argent en provenance de ses puits déjà en opération doivent l'alimenter convenablement. Tout est là, dans quelle direction s'en va le coût du gaz naturel sur les marchés de l'énergie? Comme ma connaissance de ce domaine est limitée, j'ai consulté le site de l'Office National de l'Énergie, voici un extrait de leur analyse

Partout en Amérique du Nord, les prix du gaz naturel ont beaucoup régressé depuis le début de juillet. Les prix de référence à l'égard des contrats gaziers à terme à la NYMEX se situent maintenant entre 7,75 $US et 8,00 $US par MBTU pour le mois d'octobre, et entre 8,40 $US et 8,65 $US par MBTU pour la période hivernale de novembre à mars. (...) Les préoccupations liées à la baisse de la demande gazière industrielle, compte tenu d'un ralentissement de l'économie nord-américaine, sont maintenant partout présentes sur le marché du gaz naturel et les attentes actuelles sont que les prix demeureront sous les 10 $US par MBTU tout au long des mois intermédiaires d'octobre et de novembre. Par la suite, une possibilité de rehaussement des prix existe si la température baisse rapidement cet hiver dans les grands marchés de chauffage résidentiel au gaz autour des Grands Lacs et dans le Nord-Est des États-Unis.

Pas concluant, mais ça donne une idée, je vous invite à lire l'analyse complète, en cliquant le lien ci-dessous:


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mardi 25 novembre 2008

Garda World et Mega Brands: deux nouveaux "penny stocks"

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La débâcle boursière que nous traversons aura fait chuter certains titres d'une manière que l'on n'aurait même pas pu imaginer, il y a à peine un an. Au Québec, deux des victimes de la tourmente sont des entreprises que l'on citait comme des exemples de succès de l'entrepreneurship québécois: l'entreprise de transport de valeurs et de sécurité, Garda World (GW au TSX) et le fabricant de jouets en plastique Mega Brands (MB au TSX). Les deux viennent de rejoindre piteusement le club des "penny stocks" cette semaine.

Ces deux titres se transigeaient dans les $20 l'action en septembre/octobre 2007: aujourd'hui, Mega Brands a clôturé la séance à $0,79 et Garda World à $0,75. Ils ont donc perdu plus de 95% de leur valeur boursière dans le temps de le dire. Leurs descentes spectaculaires ont des similitudes:

  • Impact négatif de la hausse de la valeur du dollar canadien au cours des dernières années (une bonne partie de leurs revenus leur parviennent en USD), avant le recul de cette valeur depuis le début octobre.
  • Impact négatif de la hausse abrupte du prix du pétrole (Garda World consomme beaucoup d'essence pour ses véhicules de transport de valeurs, Mega Brands utilise beaucoup de résines de plastique dérivées du pétrole), avant la descente tout aussi prononcée du coût de cette ressource depuis la fin juillet.
  • Des acquisitions dispendieuses.
  • Une dette importante au moment où le marché du crédit se resserre brutalement.
Que valent ces deux titres maintenant? Qui les a vendus de façon aussi importante au cours des derniers mois et pourquoi? Une partie de la pression à la baisse est attribuable aux vendeurs à découvert (encore eux), à n'en pas douter.

Les actifs de ces deux entreprises ne sont pourtant pas négligeables, mais leur passif est inquiétant. Est-ce que les baisses de la valeur du dollar canadien et du coût du pétrole vont leur donner un peu de répit, malgré le ralentissement économique aux États-Unis? Est-ce que ce ralentissement leur sera plutôt fatal, en coupant une partie de leurs revenus à un moment critique? Tout est là, tout dépend de leur capacité à remplir leurs obligations face à leurs dettes au milieu de la récession que l'on s'apprête à traverser. Est-ce qu'elles vont y parvenir ou non? Qu'en pensez-vous?
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RIO TINTO: l'acquisition d'Alcan pèse lourd sur son bilan financier

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Les mégas acquisitions sont des manoeuvres à haut risque, surtout dans un secteur cyclique. Rio Tinto (RTP-NYSE), le géant des mines (cuivre, diamants, uranium, or, fer...) et de la production d'aluminium, est en train de l'apprendre à ses dépens. Lorsqu'en 2006, Rio Tinto a offert d'acquérir Alcan pour 38 milliards USD ($101 par action), le prix de l'aluminium était à son plus haut, porté par la demande des économies émergentes (ex. Chine et Inde). Peu d'analystes semblaient contrariés par le poids de cette acquisition, deux ans plus tard, le portrait est tout autre: avec la récession mondiale qui se pointe, le prix de l'aluminium a chuté de 30% depuis septembre dernier et le titre est en chute libre.

L'acquisition d'Alcan pèse maintenant lourd dans le bilan financier de Rio Tinto qui a vu son ratio dettes à long terme/avoir des actionnaires passé de 0.48 en 2006 à 2.29. Ce bilan financier alourdi et la chute du prix de l'aluminium et des métaux dans leur ensemble, ont fait fuir BHP Billiton qui a mis sur la glace aujourd'hui ses intentions d'acquérir Rio Tinto (66 milliards, $205 l'action). Le titre de Rio Tinto en paie le prix: il chute actuellement de 35% en Europe et se transige à $95 en marché de pré-ouverture aux USA, perdant $50 sur son prix à la fermeture hier.

Pour vous donner une idée de la descente qu'a prise ce titre: il s'est transigé à $558 l'action au mois de mai! Rio Tinto a perdu 83% de sa valeur boursière en six mois! Comme quoi, une acquisition imprudente, menée durant une période d'euphorie économique et boursière, peut s'avérer désastreuse, même pour une entreprise de grande taille et de bonne renommée.
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