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samedi 18 avril 2009

Est-ce le temps d'investir dans les pétrolières?

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Est-ce le temps d'investir dans les pétrolières? Est-ce qu'elles ont atteint leur creux et se préparent à remonter?

Il y a un an le coût du baril de pétrole venait de défoncer les $100 US et se dirigeait allègrement vers son sommet de $146 atteint au début juillet. Cette flambée du pétrole s'expliquait certes par la montée de la demande provenant des économies émergentes, mais était grossièrement amplifiée par les spéculateurs du NYMEX qui s'échangeaient férocement les barils-papier. Au milieu de cette folie spéculative, certains avançaient que l'on se dirigeait vers le baril à $200 US! On établissait également un lien entre la valeur de la monnaie américaine et la hausse du pétrole: plus le USD baisserait, plus le coût du baril monterait.

On connaît la suite: la bulle pétrolière s'est dégonflée de façon spectaculaire lorsqu'il est apparu de plus en plus évident que l'économie mondiale se dirigeait vers une importante récession qui ferait chuter la demande pour l'or noir. Après avoir atteint $146 en juillet, le prix du baril de pétrole s'est ainsi retrouvé à $33 au début 2009. Imaginez, un chute de 77% de la valeur du baril en six mois! C'est ça, des économies livrées à la merci des spéculateurs professionnels! Il faut dire que la hausse de la valeur du USD qui s'est transformé en valeur-refuge avec la montée de la récession, a également contribué à cette chute du cours du baril.

Qu'en est-il aujourd'hui? Certes, la récession n'est pas terminée et la demande mondiale pour le pétrole pourrait continuer à chuter d'ici la fin de l'année. Peut-on s'attendre à ce que le cours du pétrole qui se situe dans les $50 actuellement, stagne et même recule à nouveau? C'est possible, si la récession s'étire en 2010... Je n'ai que ma modeste opinion de simple investisseur là-dessus, la vôtre est aussi bonne que la mienne...

Tout dépend donc du moment de la reprise économique. Parce qu'au moment de la reprise, réapparaîtra le spectre d'une demande énergétique mondiale alimentée par la croissance des économies émergentes (Chine, Inde, Brésil...) et, bien sûr, les cours seront enflammés à nouveau par les charognards de spéculateurs qui séviront de plus belle au NYMEX.

Si, comme moi, vous pensez que l'économie américaine sortira de la récession vers la fin de l'année, alors, le baril se prépare à entamer un mouvement à la hausse. Les spéculateurs s'y prennent plusieurs mois à l'avance, au premier signal d'une reprise à l'horizon, ils déposeront leurs jetons sur la table et le cours du pétrole repartira à la hausse. D'autant plus que le dollar américain donne des signes d'affaiblissement qui pourraient l'amener à chuter dans les prochains mois et donc, à contribuer à la remontée de l'or noir.

Est-ce le temps de regarder à nouveau du côté des titres pétroliers? Qu'en pensez-vous? Plusieurs de ces titres se transigent actuellement à la moitié de leur cours de l'an dernier et offrent ainsi d'avantageux yields sur leurs dividendes. Si ce secteur vous intéresse, une des difficultés est de comparer le potentiel des ressources énergétiques possédées par chaque entreprise: ce n'est vraiment pas évident pour un non-initié. Une solution pour contourner cette difficulté: acheter un indice ou un fonds qui regroupe différents titres pétroliers.

Voici mes choix pour ce secteur. Ils ne sont pas le fruit d'une analyse comparative exhaustive, mais d'un survol rapide: ce ne sont donc que des possibilités que je vous soumets, à vous d'y voir de plus près:
  • Royal Dutch Shell PLC (RDS.A-NYSE, $42,96): généreux dividende, bonne situation financière, multiple prix/bénéfices prévus pour l'an prochain de X 6,7 et prix/valeur aux livres de 1.0
  • British Petroleum (BP-NYSE, $40,13): paie un généreux dividende à ses actionnaires et a investi dans de nouvelles formes d'énergies prometteuses (ex. éolienne et solaire)
  • ConocoPhillips (COP-NYSE, $40,17): avec un multiple prix/bénéfices prévus pour l'an prochain de X 7.4, un yield de 4,7% pour son dividende et prix/valeur aux livres de 1.1
  • StatoilHydro (STO-NYSE, $18,12): une compagnie détenue en bonne partie par l'état norvégien, qui retourne régulièrement à ses actionnaires une part substantielle de ses bénéfices.
  • Total SA (TOT-NYSE, $47,24): pétrolière française qui a un multiple prix/bénéfices prévus pour l'an prochain de X 7,6. et un bon bilan financier

vendredi 6 juin 2008

Les charognards sont de retour

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On a annoncé ce matin une forte augmentation du taux de chômage aux États-Unis, 0,5% en un mois, il se situe maintenant à 5,5%. Ça sent de plus en plus la récession chez nos voisins du sud. Les marchés boursiers devant la confirmation de ce scénario ont piqué du nez (plus de 3%), ce qui est normal jusqu'à un certain point.

Ce que je ne comprenais pas, c'est que devant ce signal évident de ralentissement économique, le coût du baril de pétrole, lui, était en forte hausse! Quand l'économie ralentie, la consommation d'énergie est normalement en baisse et le prix du pétrole décline également. L'explication à cette réaction qui défie les lois économiques est finalement la suivante: nos charognards de spéculateurs sont revenus à leur table de jeu au casino du Nymex, ils ont entendu le ministre israélien du Transport insinuer qu'une attaque sur les installations nucléaires de l'Iran devenait de plus en plus inévitable et hop, les voilà! Quand il y a un dollar à faire sur la misère de la planète, on peut compter sur les spéculateurs pour se précipiter sur les lieux.

Certains diront que le ralentissement de l'économie américaine va envoyer le dollar américain à la baisse et, puisque les producteurs de pétrole sont payés dans cette devise, on peut s'attendre qu'ils relèvent leur prix plancher, mais cela ne peut expliquer une remontée de plus de $10 du baril en une journée. Ce qui amplifie de façon éhontée le mouvement à la hausse, c'est le jeu de ventes et achats de "barils papier", on crée un mouvement haussier avec deux mauvaises nouvelles dans une journée (une vielle menace de représailles contre l'Iran et un commentaire d'un analyste de Morgan Stanley) et le cours s'envole. On joue à la roulette sur le dos des économies occidentales.
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