mercredi 18 novembre 2009

La fidélité n'est plus à la mode

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Les titres spéculatifs de tout temps ont été caractérisés par des mouvements spectaculaires et prononcés de leur cours. Cette caractéristique est particulièrement accentuée de nos jours, à cause de la place grandissante dans l'investissement qui est maintenant allouée à miser sur le mouvement ou le momentum, plutôt que sur la valeur réelle des entreprises.

Chez les grands investisseurs, les champions de ces techniques opportunistes sont sans contredit les fonds de couverture ou si vous préférez, les hedge funds. Cette tendance prend également de la popularité chez les investisseurs individuels de plus en plus friands de l'analyse technique et des transactions de type aventure d'un soir. La fidélité a de moins en moins la cote. Deux facteurs encouragent maintenant les simples investisseurs à abandonner le buy and hold: la simplicité des transactions en ligne et la baisse spectaculaire des frais de transaction. Plusieurs se disent, pourquoi ne pas prendre un profit rapide en passant, plutôt que de s'accrocher lors des inévitables replis.

Regardez la trajectoire spectaculaire que vient de prendre le titre de Mega Brands (MB-TSX): en quelques séances, le cours est passé de $0.47 à $2.02 lundi, avant de chuter en 48 heures à $0.98... Plusieurs regrettent maintenant de ne pas avoir vendu leurs actions lundi matin. Moi qui suis de la vieille école, il n'était pas question que "je trompe mon nouveau placement" à la première occasion. Suis-je la nouvelle version du cocu parfait? Faut-il maintenant être volage, prendre son profit et déguerpir au plus vite? Le problème avec l'investissement de type "day trading" c'est qu'il est en train de transformer la bourse en casino, ou en un lieu de débauche qui n'a plus rien à voir avec l'investissement. Je me demande si j'y suis à ma place...

En terminant, une citation de Warren Buffett sur le sujet qui m'apparaît à propos:

"We believe that according the name 'investors' to institutions that trade actively is like calling someone who repeatedly engages in one-night stands a 'romantic.' "
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6 commentaires:

Pierre-Olivier Langevin a dit…

À mon avis, les gens qui achètent et vendent régulièrement sous-estiment l'impact fiscal de leurs placements...

Québec Bourse a dit…

Très juste Pierre-Olivier. Les "day traders" se vantent de leurs profits rapides mais ne parlent jamais de leur bilan fiscal.

En faits, je serais en faveur d'une taxe pour décourager le "day trading", cela stabiliserait les marchés et réduirait l'ampleur des mouvements que connaissent les cours. Il faudrait cependant que l'exemple parte des USA, royaume de la spéculation et de la manipulation boursière. Et je doute que quelqu'un ose un jour s'attaquer ainsi à l'industrie des firmes de courtage.

Denis

Denis a dit…

Bonjour Denis,
Vous posez la question..Quel type d'investisseur êtes-vous?'.
Personnellement j'investis toujours avec un horizon de 5 ans. Mais parfois je me trompe et je dois me débarrasser de certains boulets qui ne referont jamais surface.
Je ne crois pas que vous soyez un dinosaure. La qualité de vrotre blog me permet de penser que vous êtes un investisseur sérieux qui vise le rendement progressif... pas la loterie.
Je vais continuer à vous lire avec intérêt: quoique je ne suis pas du même avis que vous sur Mega Brands:-)
Si j'ai tort, je reviendrai faire acte de contrition, je vous le promets!

Philippe Rancourt a dit…

En effet Denis, peut-être que les gens qui investissent dans Mega Brands sont infidèles et volages...

Mais laisse moi te suggérer une autre explication :

Des investisseurs peu sophistiqués on fait monter le titre en croyant que les derniers résultats de Mega Brands signifiaient que la société commençait à s'en sortir...

Pourtant, au delà des bénéfices comptables, je remarque que les ventes se sont effondrées de 33% et que les cash flows sont négatifs (-10 millions). La dette n'a pas été réduite d'un sous et la société continue "d'explorer des options".

Bref, la réalité est en train de reprendre ses droits et l'action s'en retourne à la case départ... Celle d'une société en difficulté ou le risque de faillite est toujours présent...

Québec Bourse a dit…

à Denis et Philippe

Commentaires intéressants. Peut-être avez-vous raison et Mega Brands ne reviendra pas à la santé sans passer par une restructuration de son capital qui se fera aux dépens des actionnaires actuels. C'est un investissement risqué, un billet de loterie pour la section "spéculative" de mon portefeuille. Je n'ai pas misé gros sur ce titre et dans ce cas on peut parler de "miser" car ça tient davantage du jeu que de l'investissement, je vous l'accorde.

Denis

Dominique Lamy a dit…

Bon matin Denis,

Je suis d'accord avec ta vision des choses.

Je n'ai pas vraiment de titres spéculatifs dans mon portefeuille, si l'on fait exception d'un titre minier ou deux.

Je préfère diversifier mon portefeuille par l'entremise de précieuses Daubasses, du site du même nom. Acheter 1$ d'actif net-net pour 50 sous, ça facilite grandement la décision d'achat. Souvent, et même en cas de pépins, l'actionnaire en sort gagnant.

Pour revenir à l'essence même de ton texte, je t'invite à lire mon plus récent commentaire sur le site de Pierre-Olivier. J'y expose une partie de ma théorie sur les bienfaits de vendre un titre, ou plutôt, de faire un arbitrage occasionnel sur une portion d'une position.

Je suis un fervent défenseur du buy and hold, mais il faut être en mesure de s'adapter au nouveau marché boursier influencé par les hedge funds, spéculateurs, trop grandes institutions et autres contextes économiques nébuleux.

Je t'invite aussi à lire mon plus récent exposé sur HWKN-Q.

Amicalement,

Dominique