mercredi 12 août 2009

Les leçons de l'investisseur: Quand une fusée monte, il doit bien y avoir un carburant qui la propulse...

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J'ai acheté il y a quelques mois des actions de la compagnie Avis Budget Group (CAR-NYSE) à $0.70. La crainte que cette entreprise se retrouve sous la protection du chapitre 11 en avait fait un penny stock. Je n'en ai pas acheté beaucoup, comme j'avais déjà des actions de cette entreprise que j'avais payées une trentaine de dollars l'action, je me suis dit que je pourrais couper mon prix moyen pour une modeste somme. Une sorte de quitte ou double.

Depuis le titre n'a pas cessé de monter, malgré des résultats trimestriels très ordinaires. Quand j'ai vu monter le titre de semaine en semaine, j'ai commencé à me poser des questions. Je m'attendais à un certain rattrapage mais pourquoi une telle propulsion? L'entreprise traîne une énorme dette, ses revenus baissent, il n'y a pas eu d'annonce spectaculaire... Je me suis dit qu'il fallait croire que les investisseurs pensaient que Avis Budget pourrait remplir ses obligations vis-à-vis ses prêteurs... Et puis tant mieux pour moi!

Mais lorsque le titre a franchi les $10.50 en début de semaine, me disant que ça ne faisait aucun sens, j'ai vendu la moitié de mes actions. Depuis, je vis dans la crainte de voir le titre continuer à défier la loi de la gravité boursière. Ce n'est pas d'avoir vendu qui me chicote, Avis Budget va peut-être retomber brutalement sur le plancher des vaches d'ici quelques mois... Ce qui m'agace c'est d'avoir vendu sans savoir ce qui faisait monter ce titre, la nature du carburant qui le propulsait. Ce qui m'amène à publier à nouveau une leçon de l'investisseur que j'avais rédigée en octobre 2007...

Parfois la valeur des actions d’une compagnie se met à monter de façon constante, même si l’on ne retrouve aucune nouvelle ou cause apparente qui justifie pareil mouvement. Vendre ses actions à ce moment, en se disant qu’il faut profiter de cette vigueur injustifiée, équivaut à prendre ceux qui achètent à ce moment là pour de parfaits idiots. Personne n’achète sans raison, il y a toujours un motif qui justifie la décision : ce n’est pas parce que vous ne voyez pas ce motif, qu’il n’existe pas. Il faut donc se méfier et attendre de connaître la nature du carburant qui propulse le titre.

Tôt ou tard le chat sortira du sac. Vous pourrez alors décider en toute connaissance de cause si le motif qui expliquait ces achats et cette montée était fondé ou pas, et, alors profiter de l’occasion pour vendre, s'il y a lieu. Vendre à l’aveuglette n’est pas recommandé, croyez-moi, j’ai commis cette faute trop souvent. Il faut avoir les faits sous les yeux avant de prendre une décision d’investissement, que ce soit acheter ou vendre.
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5 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour,

Vous parlez ici d'une situation où vous ne maîtrisez pas toute l'information: et cela nous arrive souvent lorsque nous sommes de petits investisseurs.
Personnellemnt j'aurais retiré mes billes... pour les placer dans une entreprise qui affichera moins de surprises.
La peur est souvent le début de la ssgesse.
Bonne journée

Québec Bourse a dit…

J'ai effectivement replacer mes pions sur une case qui m'apparaissait plus sûr: Deutsche Telekom AG (DT-NYSE) qui paie un généreux dividende. À long terme, je n'ai pas de doutes que c'est une bien meilleure entreprise que Avis Budget, mais à court terme, "investir à l'aveuglette" peut nous réserver de pénibles déceptions. C'était mon point: il faut avoir l'information avant de prendre une décision.

Denis

Hispong Elbayne a dit…

Hmm, pas tout à fait d'accord avec ta leçon de l'investisseur.

À la bourse, souvent il faut être le premier, laisser passer le train c'est souvent manquer des occasions.

D'ailleurs il n'y a pas un diction qui dit «acheter la rumeur, vendre la nouvelle»?

Mes deux derniers paragraphes sonnent plus spéculation que investissement, c'est vrai.

De plus, je ne crois pas que ce n'est jamais une erreur de prendre des profits. Peu importe la hausse que l'on peut manquer.

L'important c'est d'atteindre son objectif, non?

Vincent a dit…

Personnellement,, je crois qu'on ne possède jamais toute l'information ! Il y a la compagnie, l'action et son prix, l'environnement micro et macro-économique et une infinie d'autres facteurs. Il y a aussi le nom de la compagnie aussi bête que ça peut sembler ! Il y a l'intuition et la chance. Acheter en mai 2007, c'est pas acheter en janvier 2009 !

Je crois surtout qu'il faut désormais avoir une énorme encaisse, construire une cabane dans un arbre et attendre ; et attendre encore ; et attendre encore et encore. Et quand vient la crise du siècle et notre proie, on fonce. On obtient alors, à peu de frais, notre trophée de chasse : un chevreuil, un caribou, un lion, un tigre ou une pomme, etc. Et à un prix dérisoire !

Depuis 2004, dans notre cabane dans l'arbre, c'était à la cueillette de pommes qu'il fallait aller ! Et si notre cabane était déjà dans le pommier ...

Vincent a dit…

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/200907/10/01-883185-faut-il-ecouter-les-dictons.php

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«D'ailleurs il n'y a pas un diction qui dit «acheter la rumeur, vendre la nouvelle»?»

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Les dictons de la bourse. À croire ou ne pas croire. Pour moi c'est : à ne pas croire.