dimanche 1 mars 2009

Face à ce marché imprévisible, même Warren Buffett s'est trompé

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Hier se tenait l'assemblée annuelle des actionnaires de Berkshire Hathaway, le holding dirigé par l'investisseur le plus célèbre de la planète, Warren Buffett. Il a admis avoir commis quelques erreurs au cours des derniers mois, entre autres, d'avoir acheté des actions de Conoco Phillips (COP-NYSE) alors que le prix du pétrole était élevé, il n'avait pas anticipé la chute spectaculaire de son cours qui allait entraîner avec elle à la baisse les titres pétroliers.

Dans le cas des énormes investissements de Berkshire Hathaway dans Goldman Sachs Group (GS-NYSE) et dans General Electric Co. (GE-NYSE), comme il s'agit d'actions préférentielles garantissant un important dividende protégé, à première vue, ce ne sont pas de mauvais investissements en soi.

Cependant, ces deux transactions incluaient également des warrants qui donnent la possibilité d'acheter éventuellement des actions communes de ces deux compagnies à un prix prédéterminé: pour Goldman Sachs Group le prix fixé était de $115, pour General Electric de $22.25. Si Warren Buffett avait mieux évalué la chute des marchés, en particulier des titres financiers, nul doute qu'il aurait pu négocier de meilleurs warrants quelques mois plus tard. Le titre de Goldman Sach s'est écroulé pour atteindre $47.41, deux mois après l'investissement massif de Berkshire Hathaway, il est remonté à $90 aujourd'hui: quelques semaines d'attente et ces warrants auraient donc pu être obtenus à des prix nettement plus bas. Quant à elles, les actions de General Electric, minées par sa division financière (GE Capital), ont connu depuis une chute de 65% de leur valeur, elles se transigent actuellement à $8.51, rendant les warrants obtenus par Buffett très peu attrayants pour l'instant.

Comme quoi, même le plus brillant et le plus sage investisseur de tous les temps a été quelque peu dépassé par ce marché invraisemblable que nous traversons depuis dix-huit mois. Imaginez alors le désarroi du simple investisseur, comme vous et moi. D'une certaine façon, on peut se consoler du piètre rendement de nos investissements, en se disant que ce marché là, il était vraiment imprévisible, même pour le meilleur d'entre nous.
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7 commentaires:

Québec Bourse a dit…

Merci pour vos commentaires.

symbiose a dit…

Salut,

Je pense vraiment que cette semaine va être terrible pour les marchés. (mon humble avis) Le 4000 points du Dow Jones que plusieurs avaient prédits ne sera pas très loin. Même Jim Rogers dit de "shorter" les titres américains. Rien ne va plus. Le vent de panique de l'automne réaparaîtra (avec moins de violence). J'ai déjà lu à quelque part que la fin du communisme est le début de la fin du capitalisme. Je commence à le croire.

L'autre fois tu parlais de CNBC.(143) Je suis parfaitement d'accord avec toi concernant ton point de vue c'est à dire que l'on dirait qu'il y a un match sportif en cour.
Larry Kudlow un vrai free-market qui se plaint toujours du gouverment (encore plus depuis que les démocrates sont au pouvoir)est à chier. (désolé de l'expression). Plus à droite que ça tu meurs...

J'ai de la difficulté à comprendre les médias américains tels que CNBC. Le système free-market est en train de crasher d'aplomb et on continue de vouloir moins d'intervention du gouvernement. On privatise les profits mais on socialise hypocritement les pertes.
Quand Robert Reich est invité à une discussion on lui coupe la parole avec vélocité puisqu'il préconise que la demande doit venir de la masse et non la théorie néo-conservatisme supply-side cad donnons des "tax cuts" aux riches pour qu'ils investissent dans l'économie...

En tout cas je suis inquiet pour l'avenir de ma fille. J'espère que l'arrivée de M. Obama n'est pas trop tard. 8 années de Bush, Cheeney, Rove et Greenspan ont peut être anéanti une nation et ces valeurs qui lui ont procuré le succès.

Salutations,

Québec Bourse a dit…

Bonjour Symbiose

Je suis d'accord avec toi, j'ai beaucoup de difficulté à comprendre l'entêtement idéologique d'une partie de l'élite politico-économique américaine qui continue à prôner des solutions (ex. coupures d'impôts pour les bien-nantis) qui ont emmené les États-Unis dans le marasme actuel. Ces stratégies de l’ère Bush ont créé le problème et on les ramène maintenant comme étant les solutions à la crise qu’ils ont générée. Le Parti Républicain, en particulier, est le véritable cancer de la société américaine, il est inconcevable qu'un démagogue comme Russ Limbaugh soit considéré par plusieurs comme un phare idéologique. Ça donne effectivement la frousse.

Je ne partage cependant pas ton pessimisme face aux marchés boursiers mais mon optimisme n’est pas en béton armé… Je crois que les actions sont actuellement « survendus » et que leurs cours ont absorbés pleinement les mauvaises perspectives économiques des prochains trimestre. Je pense que mars va être finalement positif. Je prends peut-être mes rêves pour des réalités.

Denis

Anonyme a dit…

SAUF QUE L'ACTION BRK A MIEUX QUE RESISTE EN NE CEDANT QUE 9% SUR 2008

Minemine et coe a dit…

Alors Barack Obama avait raison de dire que ça ira mieux mais avant que ça ira plus mal encore (commentaire pour répondre au reproche de Bill Clinton).
Si «symbiose» voit juste quand il parle du début de la fin du capitalisme (dumoins sous sa forme actuelle) alors peut-être que ce n'est pas une si mauvaise chose. Une nouvelle pensée économique va venir nous sortir de là et nous donner de nouvelles valeurs. Mais laquelle ? La connaissez-vous ?
Linda

Collart Thierry a dit…

On peut également rajouter Bank of America et US Bancorp au nombre des erreurs de Buffett durant cette crise.

Cela étant, Buffett reste pour moi le plus grand investisseur de tous les temps.

Bravo pour votre blog dont je ferai écho sur le mien...

http://cervininvest.blogspot.com/

Anonyme a dit…

"The Four Filters Invention of Warren Buffett et Charlie Munger" examine chacune des étapes de base qu'ils accomplissent dans l'élaboration et de faire "une décision d'investissement. Ce livre est un regard porté sur cette étonnante invention "Behavioral Finance". Le génie de Buffett et Munger parcimonieuse quatre filtres processus a été de "capter tous les acteurs importants" dans une "multi-variable" équation ou formule.