mercredi 5 décembre 2007

LES LEÇONS DE L’INVESTISSEUR : Il faut savoir tourner la page et ne pas regarder en arrière

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Un des mes amis avait investi en 2003 dans l’entreprise Garda World Security (GW au TSX), lorsqu’elle se vendait aux environs d’un dollar l’action. Cette entreprise spécialisée dans les services de sécurité (ex. sécurité physique, transport de valeurs…) connu par la suite une progression boursière spectaculaire : dépassant la barre des $5 en 2004, puis celle des $10 en 2005, pour atteindre celle des $15 au début 2006. Il faut dire qu’après les attentats de septembre 2001, le mot «sécurité» était très populaire chez les investisseurs qui voyaient là un marché fort prometteur. Garda World Security, durant cette période, multipliait les acquisitions partout dans le monde: ce qui laissait penser à certains que sa croissance ne faisait que débuter.

La progression boursière de Garda World Security était telle, qu'au début 2006, mon copain se demandait si ce n’était pas le temps de vendre et d’encaisser ses plantureux profits. Il m’avait demandé mon avis, moi, simple investisseur pas plus expérimenté que lui, je lui avais dit que le ratio prix/bénéfices avait atteint un niveau qui me semblait très élevé (X30) et que les nombreuses acquisitions de l’entreprise, en si peu de temps, pouvaient laisser craindre des erreurs d’exécution au moment de l’intégration de toutes ces composantes.

Quelque temps plus tard, il m’appela pour me dire que l’action avait atteint $16 et qu’il était décidé à vendre. Je lui dis que ça me semblait raisonnable, puisque la valeur de l’action m’apparaissait surestimée. Conseiller un ami en matière de bourse peut être plus risqué que de le conseiller en matière de cœur… En effet, Garda World Security n’avait pas terminé sa croissance boursière qui continua à défier les règles de l’analyse rationnelle: dans les semaines qui suivirent sa décision de vendre, l’action fit plusieurs bonds spectaculaires pour atteindre un sommet de $25 en avril 2006. Mon copain s’en mordait les pouces de regret.

Pensant effacer ce qui lui semblait être une erreur monumentale, il profita du premier repli de l’action pour acheter des actions à $23 avec la somme qu’il avait récoltée au moment de la vente. Mal lui en pris, car le marché commença à dégriser sur la valeur réelle de l’action de Garda World Security qui entra progressivement dans un mouvement descendant qui l’a mené aujourd’hui à $12,60.

Cette petite histoire me permet d’illustrer une leçon toute simple que l’investisseur doit retenir : à la bourse, il faut savoir tourner la page une fois que l’on a pris une décision réfléchie, ne pas regarder en arrière et surtout, ne pas essayer de réécrire des chapitres dont nous n’aimons pas le contenu.
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mardi 4 décembre 2007

Banques américaines : cinq bébés à ne pas jeter avec l’eau du bain selon Pat Dorsey

Pat Dorsey, directeur de l’investissement chez Morningstar, n’en démord pas : la crise actuelle des « subprimes » crée de formidables occasions d’achat dans le secteur bancaire américain. Il affirme qu’il ne faut pas jeter les bébés avec l’eau du bain et il donne cinq exemples d’institutions financières injustement pénalisées par la grogne anti-bancaire : US Bancorp (USB), BB&T Corporation (BBT), Bank of America (BAC), Wachovia Corporation(WB) et Synovus Financial (SNV). Pour connaître les raisons qui motivent ces choix, visionnez la vidéo ci-jointe.

Vidéo de Pat Dorsey: Five Bank Stocks to Buy Today. Cliquez ici.

lundi 3 décembre 2007

FRONTLINE : une machine à «free cash flow » et à dividendes

Il y a des entreprises qui font des millions de profits depuis des années et qui ne trouvent jamais un sous à retourner à leurs actionnaires sous forme de dividendes. Ces entreprises, par contre, font souvent preuve de grande générosité envers leurs dirigeants qu'elles récompensent avec de plantureux salaires, bonis, comptes de dépenses et montagnes de stocks options. On en retrouve beaucoup chez les entreprises technologiques : on a qu’à penser à Dell, Cisco, Apple… Ces dirigeants et certains employés s’en mettent plein les poches mais l’idée d’en retourner de temps en temps aux simples actionnaires ne leur vient jamais à l’esprit.

Frontline ne fait pas partie de ce groupe, et que non! Frontline (FRO au NYSE, $44,63) est une entreprise norvégienne de transport de produits pétroliers. Frontline possède une flotte de 80 pétroliers, dont elle confie la gestion des équipages et de l'entretien à des sous-traitants qui voient à s’assurer que les pétroliers arrivent à bon port et en bon état: Frontline, à son bureau-chef, n’a qu’une centaine d’employés. Périodiquement, selon les occasions qui s’offrent à elle, Frontline se départit des plus vieux vaisseaux pour les remplacer par de plus récents.

Frontline a une dette élevée, mais elle génère beaucoup de flux de trésorerie (cash flow): ce qui lui permet de rencontrer ses obligations vis à vis de ses créanciers, d'investir dans le maintien et le renouvellement de sa flotte et de disposer de sommes importantes en bout de ligne, malgré ces dépenses. Ainsi, au cours des quatre dernières années, elle a généré en moyenne l’équivalent de $6,50 par action de free cash flow: pour une action qui s’est transigée aux environs des $40 depuis trois ans, cela représente un ratio prix/FCF très bas (6,2).

Ce qui distingue Frontline depuis 2003, c’est la décision des dirigeants de retourner aux actionnaires pratiquement tout ce qui reste de ces importants flux de trésorerie disponibles, une fois que les coûts d’opération et de paiement de la dette ont été couverts. Les actionnaires ont ainsi reçu, par action, les sommes suivantes : $17,45 (2004), $11,22 (2005), $7,00 (2006) et $8,30 (2007). Le yield annuel a ainsi atteint une incroyable moyenne de 27% durant cette période. À cela, s’est ajouté des paiements de "spin off" de $6,48 sous forme d’actions, suite au détachement d’une de ses composantes : Ship Finance International (SFL au NYSE). En combinant les deux, dividendes et cession d'actions de Ship Finance International, le retour aux actionnaires atteint ainsi plus de 30% annuellement depuis le début 2004.

Ce modèle d’affaire comporte cependant des risques. Tant que le prix moyen (spot market) pour le transport du pétrole se maintient, comme c’est le cas depuis quelques années, l’entreprise peut continuer à générer d'importants flux de trésorerie et à prendre soin de ses actionnaires. Le jour où ce coût moyen se mettra à descendre, la machine à cash flow sera alors en péril, d’autant plus que l’importance de la dette demeure: si les entrées d’argent deviennent plus modestes, les obligations de l’entreprise envers ses créanciers auront alors la priorité sur les dividendes. Dans une telle situation, la valeur de l’action pourrait également chuter brutalement.

Pour l’instant, la demande mondiale pour le pétrole se maintient et le coût moyen de son transport aussi, malgré des fluctuations occasionnelles. Les actions de Frontline, surtout lorsqu’elles sont à l’abri de l’impôt dans un compte REER, offrent ainsi un rendement fort intéressant. Ça demeure tout de même un « placement houleux », à l’image des énormes pétroliers de Frontline parcourant les océans. Au cours des prochaines semaines, maintenant que la date limite pour avoir droit au prochain dividende est passée, et parce que les derniers résultats étaient un peu décevants, l'action pourrait redescendre sous les $40: ce qui peut constituer un point d'entrée valable.

Site web: FRONTLINE

Tableau des versements de dividendes de Frontline, cliquez >>> ici

dimanche 2 décembre 2007

VERNIMMEN.NET : un site incontournable sur la finance d’entreprise

J’ai commencé à lire Finance d’entreprise de Pierre Vernimmen, un ouvrage de référence reconnu qui en est à sa sixième édition, mis à jour par Pascal Quiry et Yann Le Fur (Éditions Dalloz, 2005). Pierre Vernimmen est décédé en 1996, Quiry et Le Fur maintiennent ses connaissances à jour depuis mais vont plus loin par l’intermédiaire d’un site auquel l’inscription est gratuite : www.vernimmen.net

Ce site vous offre des informations utiles en lien avec cet ouvrage, mais beaucoup plus. Vous y retrouverez, entre autres :

·Une lettre mensuelle qui aborde différents aspects de la comptabilité, des marchés financiers et de le bourse
·Différents outils (lexique, glossaire, formules, tableaux, statistiques…)
·Des ressources (données financières sur 16 000 entreprises européennes et nord-américaines, des articles, des mémoires de recherche, des notes d’opérations financières, un listing de sites favoris…)
·Des tests, des études de cas, une section « Questions et réponses »

En résumé, un site à inscrire dans votre onglet «Sites financiers favoris »

Pour accéder à Vernimmen.net, cliquez ici

samedi 1 décembre 2007

CARMAX: Warren Buffett augmente sa participation et Pat Dorsey s'en réjouit

Warren Buffett vient d'augmenter sa participation dans la compagnie de vente d'automobiles CARMAX (KMX au NYSE): la participation de Berkshire Hathaway dans l'actionnariat de l'entreprise atteint maintenant 6,5%. CARMAX est surtout connue pour la vente d'automobiles usagées, bien qu'elle vende également certaines voitures neuves. CarMax a vu ses ventes augmenter de façon constante depuis 2003, cependant, elle ne compte pour l'instant que 80 succursales: ce qui lui laisse un bon potentiel de croissance. Certains diront que la menace de récession aux États-Unis augure mal pour les vendeurs d'automobiles, d'autres argumenteront que l'appauvrissement du consommateur américain l'amènera à privilégier les véhicules usagés, plutôt que les autos neuves. Morningstar a une opinion favorable de CarMax depuis quelques années: dans la vidéo ci-jointe, Pat Dorsey, son directeur de l'investissement, explique pourquoi il pense que cette compagnie à son prix actuel représente un bon placement.

VIDEO: Commentaire de Pat Dorsey sur CarMax, cliquez >>> ici

Site web: CarMax

TSO3: la plus susceptible de remonter en 2008, selon le sondage de novembre

Petit sondage du mois de novembre: parmi une dizaine de petites entreprises québécoises malmenées en bourse cette année, les répondants ont identifié TSO3 (TOS au TSX) comme celle qui serait la plus susceptible de remonter la pente en 2008. Cette entreprise de Québec a développé un appareil basé sur une technologie de stérilisation des instruments médicaux à l'ozone qui se veut à la fois rapide, économique et saine pour l'environnement. Une seule autre entreprise a reçu un nombre de votes significatif: Raymor Industries (RAR au TSX) qui se spécialise dans les nanomatériaux.

Pour visionner une vidéo sur cet appareil, cliquez>>> ici

Site web de TSO3 >>> ici

jeudi 29 novembre 2007

ALCOA: la valeur de son action paraît sous-estimée

Au début octobre 2005, l'action d'Alcoa (AA) se vendait environ $23, celle de Alcan, $30. Depuis, Alcan a vu se pointer des acheteurs qui ont fait ressortir sa valeur réelle: elle a finalement été vendue $101 US à Rio Tinto, alors qu'Alcoa a vu sa valeur remonter uniquement à $36. Alcan a été vendue à presque trois fois la valeur de l'avoir des actionnaires qui équivalait à $34 par action. Sur la base de ce même multiple, la valeur de l'action d'Alcoa serait de $56 pour un acheteur éventuel: elle me semble donc sous-estimée. Au prix actuel de son action, Alcoa doit sûrement intéresser des acheteurs potentiels.

Alcoa à $36,55 se transige à 11 fois ses profits prévus pour l'an prochain ($3,33 par action). Depuis 2002, sa marge de profit nette est passée de 2% à 7,3%; son chiffre d'affaires de 20 à 31 milliards; son BPA de $0,49 à $2,61. Alcoa a récemment vendu ses part dans la compagnie chinoise Chalco, ce qui lui a permis de récupérer 2 milliards de $US: cette somme devrait permettre de réduire sa dette.

Même sans acheteur, la valeur de l'action d'Alcoa devrait, selon moi, continuer à remontée au cours des prochaines années: la demande mondiale pour l'aluminium ira en augmentant, alimentée par la croissance des économies émergentes. Je ne suis pas un expert pour prédire l'évolution du prix des métaux, mais si Rio Tinto a évalué qu'Alcan était un bon investissement à $101 l'action, c'est qu'elle anticipe sûrement que le prix de l'aluminium se portera bien au cours de la prochaine décennie.

mercredi 28 novembre 2007

LES LEÇONS DE L’INVESTISSEUR : tant que le scénario original est valable, on ne devrait pas vendre

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Lorsque j’achète les actions d’une entreprise, j’écris un scénario initial, une sorte de repère qui m’aidera à passer les moments difficiles et à ne pas paniquer (i.e. vendre sous l’effet de la peur, de l’impatience ou du désespoir). Ce petit scénario peut ressembler à ceci : l’action de l’entreprise X est actuellement sous-évaluée parce que le contexte sectoriel n’est pas favorable; mais l’entreprise X n’a pas une dette importante, a de bons produits et elle est gérée par des dirigeants sérieux et honnêtes; cette entreprise de qualité devrait même tirer profit de cette crise et en ressortir plus forte car plusieurs de ses compétiteurs y laisseront leur peau; conséquemment, son action remontera à sa juste valeur lorsque la conjoncture sectorielle aura changée et que l’entreprise X pourra réaliser son plein potentiel.

J’ai appris à mes dépens qu’il faut rester fidèle à son scénario initial contre vents et marées. Tant que les raisons qui ont justifié l’achat existent, tant que le scénario est plausible, on ne vend pas! Il ne faut vendre que lorsqu’on y est contraint, c’est-à-dire : lorsque le scénario qui justifiait l’achat ne tient plus parce que des éléments de ce scénario ont évolué dans un sens contraire à ce qu’on avait prévu et ont changé la donne. Alors, dans une telle situation, il faut savoir vendre, mais c’est uniquement là qu’il est requis de le faire.

On doit résister à la tentation de vendre même si les résultats de l’entreprise sont temporairement décevants, même si le marché ne reconnaît pas la valeur réelle de l’action pour l’instant et que son cours est anémique ou décline et ce, même si une autre entreprise peut sembler offrir à court terme un plus grand potentiel de profit rapide et nous inciter ainsi à échanger l’une pour l’autre. Il m’est arrivé plusieurs fois de lancer la serviette trop tôt pour réaliser par la suite que mon scénario initial était très sensé, qu’il se réalisait maintenant et que j’aurais pu mettre la main sur un Oscar, si seulement j’avais été un peu plus patient avec ce scénario!

À mes débuts à la bourse, j'avais repéré une aciérie canadienne nommée Algoma Steel que j’avais finalement acheté à 2,05$ l’action en mai 2003. J’avais regardé les rapports financiers et pris connaissance de tous les articles qui en traitaient. Les prix de l’acier étaient très bas à l’époque et plusieurs aciéries étaient en sérieuses difficultés, Stelco se dirigeait allégrement vers le chapitre 11.

Algoma Steel était d’ailleurs passée par là auparavant et en était ressortie dans un meilleur état, mais son action était malmenée parce que l’ensemble du secteur l’était et que tout le monde perdait de l’argent. Le prix de son action par rapport au volume de ses ventes était extrêmement bas, ce qui m’avait frappé : je me disais que si cette entreprise faisait éventuellement 1% de profit, l’investissement serait rentable. Le prix de l'action versus la valeur au livre de l'entreprise était tout aussi ridiculement bas. J’aimais également le président et c.e.o. d'Algoma Steel, un dénommé Denis Turcotte, qui tenait un langage franc et direct sur la situation. Mais la tempête faisait rage et Algoma Steel n’attirait pas beaucoup les investisseurs qui craignaient probablement qu’elle ne retourne sous la protection du chapitre 11.

Mon petit scénario était simple : cette entreprise dont le capital avait déjà été restructuré avait les reins un peu plus solides pour passer à travers la tempête, elle avait un bon capitaine qui pourrait la mener dans ces eaux troubles jusqu’au jour où le soleil réapparaîtrait (i.e. le jour où le cours de l’acier repartirait vers le haut) et elle était drôlement bon marché. Je n’ai vraiment pas été patient avec mon scénario. Le cours de l’action a continué à descendre sous les 2$ et j’ai décidé spontanément, trois semaines plus tard, de vendre mes parts et de les échanger pour les actions d'une entreprise techno qui me semblait sur le point de décoller… La techno en question essaie toujours de décoller quatre ans plus tard, alors qu’Algoma Steel, propulsée par la hausse du cours de l’acier, dépassait quelques mois après les 10$, puis les 20$, les 30$, les 40$, pour finalement être vendue à 56$ l’action à Essar Steel Holding en juin dernier, mettant ainsi fin à mon calvaire, mais pas à mes regrets.

Vendre à moins de 2$, une action qui allait en valoir 56$ quatre ans plus tard : vous comprendrez qu’aujourd’hui, je ne jette plus mes scénarios par dessus bord avant de les avoir bien relus.
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mardi 27 novembre 2007

Ce que j'ai retenu de la présentation de Bernard Mooney ce soir

J'ai assisté ce soir à la présentation de Bernard Mooney organisée par BMO Ligne d'action. Présentation fort intéressante où M.Mooney a présenté sa méthode personnelle d'analyse et d'investissement. Cette méthode est expliquée en détails dans son livre Investir à la bourse et s'enrichir! J'ai noté également quelques commentaires pertinents sur l'investissement de nos jours, je vous les présente en ajoutant quelques éléments du livre à ce qui a été dit ce soir:

1. Les cotes boursières sont devenues un véritable "cancer" de l'environnement boursier: passer ses journées à observer leurs moindres mouvements relève de l'obsession et non de l'investissement. Lorsque quelqu'un s'achète une maison, il ne cherche pas à savoir quelle est sa valeur marchande à chaque jour où il en est propriétaire, et ce, plusieurs fois par jour.

2. Il faut prendre ses distances face aux médias financiers qui à tous les jours cherchent à créer de la nouvelle et des sensations fortes: cela génère beaucoup d'insécurité et peut amener les simples investisseurs à agir quand ce n'est pas nécessaire ou à paniquer.

3. Le simple investisseur ne peut espérer battre les investisseurs professionnels sur le terrain du court terme. De nos jours, les professionnels de l'investissement (ex. gestionnaires de fonds de placement, de caisses de retraite, de fonds de couverture) ont un horizon court terme, douze mois maximum. Sur ce terrain perpétuellement agité, le simple investisseur ne peut pas compétitionner avec eux: il ne possède pas la masse d'informations dont ces professionnels disposent, il n'a pas accès aux mêmes outils pour gérer cette information, il apprend les nouvelles bien après eux. Sur ce terrain du court terme, le combat est inégal.

4. Le simple investisseur doit penser "long terme" (5 à 10 ans). Là où il a un avantage majeur sur les professionels de l'investissement. Ces derniers cherchent à performer à court terme, à chaque trimestre pour répondre aux attentes de leurs clients: ce qui les amène à sur-réagir, à multiplier les transactions, ce qui entraîne des frais et des coûts fiscaux, à se défaire de titres avant qu'ils n'atteignent leur plein potentiel. À cela, s'ajoutent d'importants frais administratifs que génèrent les firmes d'investissement à tous les ans et que doivent absorber leurs clients. Le simple investisseur peut ainsi mieux performer que le professionnel de l'investissement sur le terrain du long terme car il n'a pas à répondre à personne d'autre que lui-même et n'a pas à revoir constamment son plan de match: il peut se limiter à quelques investissements dans de solides entreprises et laisser le temps faire son oeuvre.

5. Il faut être prudent face à ce qui est très populaire, face à ce qui est à la mode. Par exemple, M. Mooney est méfiant face à la popularité des titres chinois. Il ne comprend pas que certains investisseurs soient craintifs face aux perspectives de "blue chips" américains mais qu'ils soient prêts à investir dans des petites entreprises chinoises sur lesquelles ils ne disposent que de très peu d'information. M. Mooney trouve que les attentes de profits des investisseurs à court terme sont démesurées: on s'attend à voir le cours des actions monter de façon importante en quelques semaines. Alors on se met à croire à des scénarios de succès instantané. On cherche le prochain Microsoft...

lundi 26 novembre 2007

MEGA BRANDS: investir en faisant ses emplettes de Noël...

Peter Lynch, dans son livre One up on Wall Street, suggère que le premier endroit où regarder pour dénicher de bons investissements, n'est pas très loin d'où vous habitez: au centre d'achats le plus près de chez vous... Cette méthode n'a rien de très scientifique mais, parfois, on peut effectivement aller y chercher une bonne idée d'investissement.

Donc, dimanche après-midi, je commence mes emplettes de Noël, premier arrêt: Wal-Mart. Section des jouets, qu'est-ce que j'aperçois dans trois énormes étalages à différents endroits: les mega-blocs de Mega Brands (MB au TSE), dont des ensembles conçus à partir d'aventures de Disney (Pirates des Caraïbes). Je m'en vais chez Costco, encore plein de jouets de Mega Brands. Intéressant... J'en suis venu à me poser des questions... Comment cette entreprise, dont l'action a perdu 82% de sa valeur depuis son sommet du 6 mars dernier ($27,20) pour se retrouver aujourd'hui à $4,81, peut-elle avoir un "positionnement" aussi intéressant chez des géants comme Wal-Mart et Costco et avoir comme partenaire Disney? Est-ce que les ventes du trimestre en cours, trimestre fort dans l'industrie des jouets, ne vont-elles pas ramener les bénéfices et rassurer les investisseurs?

C'est vrai que le dépôt du dernier rapport trimestriel de Mega Brands n'était pas rassurant. Mais les trois causes principales de ce désastreux rapport trimestriel ont un caractère qui m'apparaît conjoncturel et elles peuvent être corrigées : incapacité des fournisseurs à livrer à temps, modèle de jouet controversé (sécurité) et mauvais contrôle des inventaires. Ce qui inquiète sûrement les investisseurs, c’est que tout ça est arrivé en même temps : ça soulève des questions sur la qualité du management de l’entreprise. Et puis, d'ici la fin de l'année, plusieurs gros investisseurs vont être tentés de liquider ce titre pour encaisser la perte de capital, quitte à en racheter en janvier.

Malgré ces risques, je me suis laissé convaincre par ma visite au centre d'achats et j'ai acheté des actions de Mega Brand aujourd'hui. L'avenir me dira si mes cadeaux de cette année m'apparaîtront particulièrement coûteux en janvier, ou si j'ai rencontré le père Noël un mois avant les autres...

Site web : MEGA BRANDS

dimanche 25 novembre 2007

La crise des "subprimes": le pire à venir?

Un article du très influent Wall Street Journal aborde le sujet de la crise des "subprime" aujourd'hui et laisse entrevoir une détérioration de la situation en 2008. La pression politique sur les prêteurs pour qu'ils assouplissent les termes des prêts hypothécaires pourrait limiter un peu les dommages, mais cela ne sera peut-être pas suffisant pour éviter le pire. Quel impact cela aura sur l'économie américaine, sur les secteurs les plus directement concernés (institutions financières, constructeurs d'habitations, fabricants de composants du bâtiment, détaillants et grossistes de la construction et de la rénovation...), sur le marché boursier en général? C'est la grande question à laquelle il n'est pas évident de répondre.

Rising Rates to Worsen Subprime Mess, cliquez ici pour lire l'aricle du Wall Street Journal

SEEKING ALPHA: un site riche en analyses sur les entreprises et l'investissement boursier

Seeking Alpha www.seekingalpha.com est un site où différents investisseurs soumettent leurs analyses et expriment leurs points de vue sur le marché boursier et les entreprises. Les contributeurs (400) à ce site sont à la fois des investisseurs individuels, des gestionnaires financiers professionnels, des analystes et des éditeurs de « newletters ». Ce site est orienté sur l’analyse fondamentale.

Seeking Alpha se distingue d’autres sites boursiers par l’accent qu’il met davantage sur les opinions et les analyses, plutôt que sur la nouvelle. Ce site n’est pas alimenté par des journalistes mais par des investisseurs qui expliquent leur approche personnelle et leurs différents choix d’investissement. C’est en quelque sorte un lieu d’échange et d’expression.

Pour accéder à Seeking Alpha, cliquez >>> ici

samedi 24 novembre 2007

Conférence de Bernard Mooney, mardi soir à Montréal (malheureusement, c'est complet)

Mardi soir, le 27 novembre, M. Bernard Mooney donnera une conférence sur les éléments fondamentaux qu'il faut considérer pour réussir ses placements. M. Mooney est un investisseur expérimenté, un commentateur respecté du marché boursier et l'auteur d'un des best seller de l'investissement au Québec: "Investir à la bourse et s'enrichir!". Cette conférence est gratuite et je crois qu'il y a encore des places de disponibles. Pour vous informer et réserver une place, voir les informations suivantes.

Montréal, mardi 27 novembre, 2007, de 18:30 à 19:45
Bernard Mooney : Comment réussir vos placements en Bourse
BMO Ligne d'action est heureuse de vous inviter à un séminaire spécial portant sur le marché boursier. Joignez-vous à nous et rencontrer Bernard Mooney, du Journal Les AFFAIRES, qui vous parlera des éléments fondamentaux qu’il faut considérer afin de réussir vos placements dans le marché actuel. Venez poser vos questions à M. Mooney et profiter de ses 20 ans d’expérience comme investisseur.

Bourse de Montréal, Tour de la Bourse 800, Square Victoria – 4e étage
Réservez en composant le 1-877-747-7741 ou par courriel : Conferences2007@bmo.com

jeudi 22 novembre 2007

Les erreurs à éviter selon Pat Dorsey : Paniquer quand le marché est bas

N.B. Ce texte est une libre traduction que j’ai faite d’un extrait du livre de Pat Dorsey : The five rules for successful stock investing. Éditions Morningstar, 2004.

C’est le temps d’acheter des actions quand plus personne ne veut en acheter, pas quand votre coiffeur vante les mérites de la bourse et vous suggère d’investir dans certaines compagnies… Quand vous investissez, il est tentant de chercher l’approbation des autres ou de faire la même chose qu’eux. Mais l’histoire a démontré plusieurs fois, et de façon répétitive, que les actions sont vraiment le placement idéal quand tout le monde veut éviter ce type d’investissement. Pour reprendre les mots de Sir John Templeton : « Lorsque le pessimisme atteint son maximum, c’est le meilleur temps pour acheter ».

L’exemple le plus célèbre de ce fait, s’est produit lorsque le magazine Business Week a affiché une page couverture qui titrait en 1979 : « La mort de l’investissement boursier ». Quelques semaines plus tard débutait un « bull market » qui allait durer dix-huit ans!

Un autre exemple plus récent, le 27 décembre 1999, quand la revue Barron’s sur sa page couverture affichait une photo de Warren Buffett et un titre interrogateur : « Qu’est-ce qui ne va pas Warren? ». L’article soulignait l’incapacité de Buffett de s’adapter au nouveau « bull market », marché propulsé par les actions des compagnies technologiques. Au cours des trois années suivantes : le Nasdaq allait perdre 60% de sa valeur, pendant que Berkshire Hathaway, le holding dirigé par Buffett, augmentait de 40%!

Aller à contre courrant demande du courage, mais le courage paie toujours. Vous obtiendrez de meilleurs résultats comme investisseur si vous pensez par vous-même et recherchez des aubaines dans les coins du marché boursier que tous les autres ont délaissés, plutôt que d’acheter la « saveur du mois » des revues financières.

mercredi 21 novembre 2007

Québec Inc. : la débâcle

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Dans les années 90, l’expression « Québec Inc » était à la mode : elle était synonyme de la réussite des entreprises québécoises, en particulier celle des manufacturiers. Cette croissance était cependant un peu artificielle, basée sur la faiblesse du dollar canadien qui nourrissait la montée des exportations vers les États-Unis. La hausse spectaculaire de la valeur du dollar canadien depuis 2002, a fait disparaître cet avantage: l'impact a été dévastateur, tant sur la rentabilité des entreprises que sur la performance de leurs actions en bourse.

Voici quelques exemples de cette débâcle boursière de Québec Inc., entre janvier 2002 (janvier 2003 pour Mega Brands) et aujourd’hui :

Quebecor World (IQW), de $36,55 à $2,49
Tembec (TBC), de $12,20 à $0,42
Shermag (SMG), de $10,00 à $1,00
Bombardier (BBD.B), de $14,70 à $5,33
Mega Brands (MB), de $23,00 à $5,55
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mardi 20 novembre 2007

INVESTOPEDIA.COM: une encyclopédie et une université de l'investissement!

Pour ceux qui lisent l'anglais, je me dois de vous suggérer un site où l'on retrouve une multitude d'informations utiles pour faire son apprentissage de la finance et des marchés boursiers: INVESTOPEDIA.COM. Ce site est une véritable encyclopédie du savoir financier et de l'investissement.

Sur le site Investopedia.com, vous pourrez d'abord accéder à un dictionnaire complet de 7000 termes financiers et boursiers (section Dictionary). Une courte définition est proposée pour chaque terme (What does it mean?), accompagnée d'un commentaire qui précise davantage sa signification (Investopedia says...). Pour chaque terme, on vous propose d'autres termes reliés (related terms). Finalement, on vous suggère des articles reliés (related links) qui approfondissent le sujet.

Investopedia.com offre également gratuitement toute une série de textes (section Articles) à teneur pédagogique sur différents sujets de la finance et de la bourse, et ce, sous différents angles: investissement de base, actions, obligations, fonds mutuels, analyse technique...

Ce qui distingue ce site et qui en fait une véritable université pour autodidacte de l'investissement, ce sont les cours (tutorials) qu'il vous propose en quatre classes (débutants, investisseurs expérimentés, investisseurs actifs, retraités).

Une section vous propose de répondre à vos questions (Ask us). Vous pouvez poser votre question et obtenir par la suite une réponse ou consulter les questions et réponses déjà publiées.

Pour accéder à Investopedia.com, cliquez >>> ici.

LES LEÇONS DE L'INVESTISSEUR: Ne jamais essayer d'attraper un couteau qui tombe!

Après une mauvaise nouvelle majeure, il faut attendre au moins quelques jours avant d’acheter les actions d'une compagnie qui continue à nous intéresser malgré cette nouvelle, et dont le prix est soudainement attrayant. Le nouveau plancher ne se présentera pas avant cinq, dix, vingt, ou trente séances, selon l’ampleur négative de cette nouvelle. Ne surtout pas se précipiter le jour même ou le lendemain, même si le nouveau prix nous fait saliver. Durant ces premières journées se forme un faux plancher réservé aux affamés impatients d’acheter, mettre les pieds là-dessus est à vos risques et périls, je l'ai fais à plusieurs reprises avant de comprendre. Il faut laisser le temps à la mauvaise nouvelle d’être pleinement absorbée par le marché et que ce faux plancher soutenu par les impatients cède. Cette loi de la gravité boursière ne se dément pratiquement jamais!

Bien que la valeur des actions touchées par une mauvaise nouvelle de première importance (ex. échec de la reconnaissance d'un médicament majeur par la FDA, diminution soudaine de la rentabilité, dilution suite à un refinancement…) puisse remonter dans les jours qui suivent le choc initial, elle redescendra par la suite quand les affamés impatients se seront gavés et qu'il n'y aura plus rien pour soutenir le cours de l'action. C'est alors que se dessinera lentement le "vrai plancher", la vrai valeur que le marché donne maintenant à cette action. À ce moment, on peut se pencher, regarder le couteau et si on lui trouve une certaine valeur, décider de le ramasser.

C'est la troisième fois que je publie ce message sur mon blog, mais c'est le plus important que je puisse transmettre à mes amis investisseurs et il m'arrive encore, moi-même, de ne pas respecter cette règle fondamentale: la semaine dernière, lors de l'annonce négative du refinancement avec dilution de Quebecor World (IQW), à la fin de cette journée où le titre avait descendu de 22%, je n'ai pu résister et j'ai acheté des actions à $4,00. Ce faux plancher, bien sûr, n'a pas tenu longtemps: quatre séances plus tard, le titre atteignait $2,88 hier!

dimanche 18 novembre 2007

Les grands éclopés de 2007 n'auront peut-être pas de répit d'ici la fin de l'année

L'année boursière 2007 aura été marquée par la "crise des subprimes" et la chute spectaculaire du marché immobilier aux États-Unis. Cette crise aura fait naître la perspective d'une récession américaine en 2008, ce qui a rendu les grands investisseurs davantage craintifs vis à vis du marché des actions.

Plusieurs entreprises de grande taille ont perdu plus de la moitié de leur valeur boursière. Les grands éclopés de 2007 risquent de ne pas avoir de répit au cours des prochaines semaines: puisque de nombreux investisseurs seront tentés de liquider ces titres pour enregistrer des pertes de capital, quitte à les racheter au début 2008. D'autant plus, qu'au cours des prochains mois, l'étendue des dommages de la crise des subprimes et les perspectives de l'économie américaine devraient se préciser: d'ici là, c'est investir sans vraiment savoir ce qui s'en vient.

Lorsque le portrait définitif de cette crise sera connu, certaines de ces entreprises, si elles y ont survécue, apparaîtront être des aubaines et pourraient offrir des rendements supérieurs en 2008. Tant que la poussière ne retombera pas, la plupart de ces titres demeurent cependant des investissements à risque élevé, surtout d'ici la fin de l'année.

Quelques exemples d'entreprise américaines, européennes et canadiennes qui ont perdu une part importante de leur valeur boursière depuis le début de l'année. Dans l'ordre: nom de l'entreprise, code boursier et pourcentage de perte de la valeur boursière depuis le 1er janvier 2007.

E Trade Financial Corporation (ETFC au Nasdaq): -77%
Radian Group (RDN au NYSE): -77%
Circuit City Stores (CC au NYSE): -75%
Hovnanian Entreprises (HOV au NYSE): -71%
Countrywide Financial (CFC au NYSE): -70%
Warner Music Group (WMG au NYSE): -69%
Ambac Financial Group (ABK au NYSE): -67%
US Airways Group (LCC au NYSE): -63%
McClatchy Company (MNI au NYSE): -62%
YRC Worldwide (YRCW au Nasdaq): -58%
Centex Corporation (CTX au NYSE): -58%
Pulte Homes (PHM au NYSE): -58%
Office Depot (ODP au NYSE): -55%
Washington Mutuals (WM au NYSE): -51%

Du côté des compagnies européennes accessibles sur la bourse de New York, il y a beaucoup moins de grands éclopés de 2007, voici les principaux:

Qimonda AG (QI au NYSE): -50%
Alcatel-Lucent (ALU au NYSE): -39%
Wolseley (WOS au NYSE): -36%
Corporate Express NV (CXP au NYSE) -34%
Ericsson Telephone Company (ERIC au Nasdaq): -26%
Bank of Ireland (IRE au NYSE): -25%

Du côté canadien, les grands éclopés sont surtout québécois:

Quebecor World (IQW au TSE): -78%
Tembec Inc (TBC au TSE): -76%
Mega Brands (MB au TSE): -71%
Breuvages Cott (BCB au TSE): -65%
Nortel Networks (NT au TSE): -43%
Cascades (CAS au TSE): -38%
Loblaw Companies (L au TSE): -31%

Le forum WEBFIN: le lieu d'échanges au Québec pour les passionnés du marché boursier

Pendant un certain temps, le forum du site financier Argent-WEBFIN était en compétition avec celui du site La Presse Affaires pour le titre de lieu d'échanges par excellence au Québec pour les passionnés de la bourse. La Presse Affaires a réorganisé son site en faisant peu de cas de son forum dans sa réorganisation, résultat: les internautes l'ont complètement abandonné et il n'y a plus qu'un forum qui domine les autres, celui de WEBFIN.

On y retrouve sept forums thématiques (Day trading, Guide des analystes, Les disciples de Buffett...) qui ont chacun leurs adeptes qui débattent amicalement de la valeur des titres. Certains de ces internautes ont une bonne expérience et de solides connaissances du marché boursier, leurs propos éclairent souvent les aspects parfois nébuleux de l'actualité boursière. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce forum, je vous invite à le visiter

Forum du site ARGENT-WEBFIN >>>> ici

samedi 17 novembre 2007

LES LEÇONS DE L'INVESTISSEUR: Acheter une énorme dette est rarement un bon investissement...

La valeur d’une action c’est en bonne partie : actifs - dettes / nombre d’actions. Lorsqu’on détermine la valeur d’une action, il ne faut pas s’arrêter uniquement aux ratios cours/bénéfices et cours/ventes mais regarder le bilan financier, et le regarder en premier. Lorsqu’on achète une entreprise, on achète ses dettes également. Une dette récente, contractée pour faire une acquisition ou pour faire fructifier ses actifs, peut avoir un effet de levier mais une vieille dette qu’une entreprise traîne comme un boulet, la rend très vulnérable à l’état du marché de l’emprunt et peut devenir fatale. Pour mesurer l'avoir des actionnaires (equity), on soustrait les dettes de la valeur des actifs. Lorsqu'on divise cet avoir total des actionnaires par le nombre d’actions, on a une idée de la valeur réelle de chaque action. Parfois le chiffre est bien maigre et bien révélateur.

Il y a quelques années, j’ai acheté des actions de Delphi, un important fabricant de pièces automobiles. Le ratio cours/vente était très bas, à un point tel que je me disais qu’avec une marge nette de 2% cette compagnie serait amplement rentable. Je ne m’étais pas attardé à la dette qui était énorme et que Delphi, qui était un spin-off de General Motors, avait héritée de sa compagnie-mère. Quand l’industrie automobile a ralenti en 2005, Delphi s’est rapidement retrouvée dans une crise de liquidité, ne pouvant respecter ses obligations envers ses créanciers : elle a dû se réfugier sous la protection de la Loi contre les faillites (Chapitre 11), d’où elle n’est pas encore ressortie. Résultat : l’action payée 10$ vaut aujourd’hui 0,25$. C’était ça « acheter une dette » et non investir, je l’ai appris à mes dépens.