mercredi 28 mai 2008

Le paradoxe du secteur du transport aérien

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Le secteur du transport aérien a une très mauvaise réputation auprès des investisseurs, et pour cause : regardez le rendement boursier des compagnies aériennes au cours des dernières années et vous comprendrez. Est-ce que ce secteur devrait être carrément à éviter, à première vue, oui… mais. Il y a un paradoxe auquel est confronté l’investisseur : d’un côté des variables favorables, de l’autre, des facteurs négatifs qui ont de quoi nous éloigner.

Toutes les études prédisent une augmentation dans le volume de voyageurs utilisant le transport aérien au cours des vingt prochaines années. L’importance du volume migratoire sur la planète et la mondialisation des échanges économiques amèneront de plus en plus d’individus à utiliser l'avion : soit pour leurs vacances à des distances éloignées (par exemple, vers leur pays d’origine), soit pour se déplacer par affaires (ex. pays asiatiques). Autre facteur favorable aux compagnies aériennes : les progrès technologiques font en sorte que les nouvelles générations d’appareils sont nettement moins énergivores (ex. le Boeing 787, le «Dreamliner »), ce qui, normalement, devrait faire baisser considérablement la part des frais de carburant dans le coût d’un billet d’avion.

Les facteurs négatifs sont connus. Le coût du baril de pétrole a littéralement explosé au cours des derniers mois et a amené la chute du cours des transporteurs aériens. Certaines compagnies aériennes américaines seraient carrément menacées de faillite, si le coût du carburant continue à croître (voir vidéo des analystes de Morningstar >>> ici): leur niveau d'endettement les rend vulnérables à une baisse soudaine des passagers aux États-Unis. Le transport aérien est également une « commodité », un produit comparable d’une compagnie à l’autre, la pression à la baisse sur les prix est constante. Cette pression est accentuée par l’utilisation de l’internet (ex. Expedia) pour magasiner les billets : les demandeurs peuvent ainsi se promener plus facilement d’un offreur à l’autre, pour obtenir le meilleur prix. Finalement, la plupart des compagnies aériennes ont un historique de mauvaise gestion et de peu de respect pour leurs actionnaires (parlez-en aux anciens actionnaires d’Air Canada…).

Du pour et du contre. Une chose est sûre, ce secteur n’était pas une bonne idée d’investissement il y a un an. L’est-il davantage aujourd’hui, alors que les titres des compagnies aériennes se vendent à rabais? Qu’en pensez-vous?

P.S. Paradoxe: opinion, fait contraire à la logique ou à la raison. Le paradoxe étant ici qu'un secteur dont le volume d'activité est appelé à croître, soit perçu comme un mauvais secteur au niveau de l'investissement.
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3 commentaires:

Québec Bourse a dit…

Merci pour vos commentaires.

Julien N. de V. a dit…

Je comprend tout a fait ce paradoxe et je dois vous avouer que je ne l'avais jamais réfléchis sous cet angle (action à rabais vis-à-vis marché estimé à augmenté). Cependant, ce qu'on peut remarquer également chez la clientèle des services aériens est, d'un avis personnel, toujours en recherche de plus. Je m'explique : Il y a ne serait-ce que dix ans, les voyageurs prenaient tel quel les services qui leur était offert. Prendre l'avion était vue comme quelque chose de la haute société accessible seulement aux gens plus fortunés. Quelqu'un qui prenait alors l'avion a ce moment-ci était plus enclin a n'exiger que de se rendre du point A au point B. Desormais, la clientèle semble avoir banaliser complètement le service et il y a non seulement une guerre des prix entre les compagnies, mais une guerre des services offerts. Plus de services demande des coûts plus élevés des billets, mais ceux-ci ne peuvent en demander tant à cause de la compétition entre les compagnies aériennes. Il faut non seulement donner des billets à bas prix pour attirer la clientèle, mais en plus offrir un maximum de service. Ceci est très normal en soi de se montrer plus innovateur et d'offrir plus que la compétition, mais il ne semble plus y avoir de limite. Le consommateur en demande toujours plus et il y a une limite a ce qu'un transporteur pour fournir sans couper toujours dans sa marge de profit.

L'idée est de savoir si tout ces éléments destiné à approcher une clientèle rendu plus sélective aide au rendement de l'entreprise ou si celle-ci ne fait que s'efforcer de maintenir son niveau actuel au risque de perdre des profits qui serviront à réinvestir dans des nouveaux appareils, l'entretiens, etc.

Je ne suis pas un spécialiste en aéronautique, mais ayant déjà pris l'avion plusieurs fois, c'est ce que je constate.

Québec Bourse a dit…

Point de vue intéressant Julien.

La fidélisation de la clientèle n'est pas évidente dans ce secteur. Le prix semble être l'élément déterminant et il est effectivement difficile de pouvoir se démarquer du compétiteur.