dimanche 28 décembre 2008

Des entreprises qui étaient sensées rebondir en 2008...

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L'année 2008 aura été une année difficile pour les prévisionnistes et les analystes des marchés boursiers. La revue Barron's avait jusqu'à là, une excellente réputation: une entreprise qui était recommandée dans son édition du samedi, voyait habituellement son titre gagner quelques points de pourcentage dès l'ouverture des marchés le lundi matin. Le 7 janvier dernier, Barron's publiait un article qui identifiait douze entreprises qui, selon son auteur, étaient prêtes à rebondir en 2008, après de pauvres performances en 2007: Ready to Bounce: 12 Stocks for the Year Ahead. Ce qui arriva par la suite à ces prédictions, relève du désastre prévisionnel...

Le premier titre recommandé était American International Group, premier assureur mondial, mieux connu sous l'appellation: AIG (AIG-NYSE). Pour AIG qui se transigeait alors à $56.45, on mentionnait que l'entreprise possédait certes 25 milliards de prêts "subprimes", mais que la direction de l'entreprise insistait qu'ils n'étaient pas toxiques... En fait, ils l'étaient, toxiques, et pas à peu près: si bien que le gouvernement américain a dû injecter 150 milliards pour éviter que ce géant ne fasse faillite et entraîne avec lui de nombreuses autres victimes. Le titre a terminé la séance de vendredi à $1.57, une chute de son cours de 97% depuis sa recommandation par Barron's.

D'autres titres financiers, dans ce groupe de douze entreprises appelées à connaître une forte remontée en 2008, ont connu un sort similaire. Bear Stearns qui se transigeait alors à $83.83, a évité la faillite en étant rachetée en catastrophe par JP Morgan à $10 l'action, ce qui équivaut à une chute 88%. Legg Mason (LM-NYSE), une firme de gestion d'actifs, qu'on recommandait à $73.43, vaut $20 aujourd'hui. La Sun Trust Banks (STI-NYSE) qu'on trouvait bon marché et prometteuse à $60, est maintenant accessible pour un modeste $27.68.

Barron's avait également mal évalué le sort qui attendait les grands journaux face au ralentissement économique, la revue recommandait Gannett (GCI-NYSE), on soulignait que ses propriétés reliées à la télévision, valaient à elles seules $17. Les investisseurs n'ont apparemment pas acheté l'argument: le titre était alors à $36.50, vous pouvez maintenant vous le procurer pour $7.58! Du côté du secteur du commerce de détail, ce ne fut guère mieux: Starbucks (SBUX-Nasdaq) a chuté d'un autre 50% depuis sa recommandation qui s'appuyait sur une possible rationalisation de ses établissements américains.

En fait, les douze entreprises identifiées comme des titres qui devaient rebondir en 2008, ont toutes vu leur valeur boursière reculer davantage, huit d'entre elles ont connu des chutes de plus de 50%. L'investisseur qui aurait écouté Barron's et qui aurait investi $1,000 sur chacune d'entre elles, aurait vu la valeur de ce portefeuille de $12,000, fondre de mois en mois, pour atteindre 5,388$ aujourd'hui, un recul de 55%!

Je ne veux pas faire de l'acharnement sur cette revue de prestige en relatant ses prédictions. Tout le monde s'est gouré en 2008, même Warren Buffett! Personne n'a vu venir le tsunami boursier, moi le premier. Mon propos est de simplement souligner qu'il faut se méfier des prévisions et prédictions, à la bourse rien n'est garanti, c'est une science hautement inexacte. Celui qui est tenté de s'aventurer sur ce terrain aujourd'hui, doit d'abord se mettre ça en tête. Ceci dit, si on misait sur les onze titres toujours transigés (Bear Stearns n'existant plus comme entreprise publique) à leur prix actuel, qui sait quelle serait leur valeur dans deux ans, cela donnerait peut-être un excellent rendement. C'est ça la bourse...

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7 commentaires:

Québec Bourse a dit…

Merci pour vos commentaires.

Hispong Elbayne a dit…

Pas vrai que personne n'a vu venir le tsunami boursier.

Nouriel Roubini l'a prévu aussi tôt qu'en 2006 (et peut-être même avant).

Plus près de chez nous, Paul Dontigny Jr le disait dès sa première chonique vidéo sur le site Les Affaires que le risque sur les marchés était énorme. De se protéger.

Malheureusement, nous étions tous illusionnés par la hausse fulgurante des marchés de 2002 à fin 2007. Hausse qui était artificielle, créé par l'utilisation de la dette à effet de levier sans pudeur de la part des institutions.

L'économie c'est aussi la psychologie...alors comment ces BEARS (réalistes) ont-ils été traités lorsqu'ils nous disaient que nous étions dans une bulle, que le retour sur Terre serait extrêmement douloureux, qu'un recul monstre en bouse se préparait? Comme des prophètes de malheur. Pourtant, ils ne se sont que basés sur des données historiques pour faire leur analyse...

Je ne dis pas que nous avons tous été cons, j'ai moi-même été pris par surprise par la violence de la crise financière. Dire que ce n'est pas fini... Le signe de rebond viendra lorsque les banques (la base du système capitaliste) arrêteront d'en arracher et d'être frileuses à prêter.

Québec Bourse a dit…

Qui en avait cependant prévu l'ampleur, une chute de 40% en douze mois?

Denis

Hispong Elbayne a dit…

Sur le chiffre, 40%, là-dessus t'as un point...

Même Jarislowski a dit que dans ses pires rêves il n'avait imaginé une telle débandade.

Anonyme a dit…

Salut quebec bourse

je suis 2 titres en particulier pour 2009:

Home Capital Group (HCG) qui etait tout recemment a $16.50 qui maintient une feuille deroute exemplaire deouis plusieurs annees et 2009 sera aussi interessante,et finalement

Reitmans (ret) je sais le temps n'est pas tres favorable a la vente au detail mais etant un ancien batisseur de magasins je peux dire que se sont les king dans leur domaine et si tu analyse le bilan tu verras qu'il s'y cache un tresor de liquidites.ret est une entreprise tres prudente et tres rentable.

je porte une attention particuliere a ton blogue

a la prochaine

LACHENAIE

Québec Bourse a dit…

Merci de l'attention que tu portes à mon modeste blog. Tu n'es pas le premier qui me parle de Home Capital Group: un de mes collègues au bureau m'en a déjà vanté les mérites. Cependant, je crains un ralentissement du marché immobilier avec la récession qui va toucher le Canada en 2009. Est-ce qu'une entreprise comme Home Capital Group n'en subirait pas les conséquences?

Anonyme a dit…

HOME CAP GR. A CECI DE PARTICULIER
C'EST QU'IL APPLIQUE LA REGLE DU 75% DE COUVERTURE POUR L'HYPOTHEQUE
MAIS APPLIQUE A DES CONSOMMATEUR DEJA REFUSES PAR LE SYSTEME BANCAIRE CONVENTIONNEL DONC LA CLIENTELE EST PRESENTE EN GRAND NOMBRE ET HCG EST PASSE MAITRE DANS LE TRI DES MEILLEURS CLIENTS DANS CE BASSIN. LA BAISSE DES TAUX DEVRAIT STIMULER L'ACHAT
D'UNE PROPRIETE . IL EST VRAI QUE LA RECESSION PEUT AVOIR UNE INCIDENCE SUR LE TAUX DE DELINQUENCE,MAIS HCG LORS DES DERNIERS TRIMESTRES A TRES BIEN REUSSIT A CE NIVEAU.MEME SI IL Y A UN LEGER FLECHISSEMENT DE LA RENTABILITE,AU NIVEAU ACTUEL DES PROFITS ET LE COURS ACTUEL IL Y A UNE MARGE CONFORTABLE
CETTE CIE GERE DE FACON TRES CONSERVATIVE , AVEC DES FRAIS FIXES
PLUS QUE RAISONNABLE
A $ 18.00 ET MOINS C'EST UN ACHAT

LACHENAIE