lundi 22 décembre 2008

La boîte de cartes de hockey et mon style d'investissement...

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Quand j'étais enfant, je collectionnais les cartes de joueurs de hockey, je les amassais dans une vielle boîte de souliers. Ma collection était justifiée par l'affection que j'avais pour ce sport et non par des fins de revente éventuelle à d'autres collectionneurs un jour. Rendu à l'adolescence, j'avais encore ma vieille boîte, gonflée au maximum par des années d'accumulation.

Un jour, pendant que j'étais à l'école, ma mère qui faisait le ménage de ma chambre, aperçu la boîte qui traînait et, je ne sais pour quelle raison, se dit qu'un adolescent ne jouait probablement plus avec des cartes de hockey. Elle décida de donner la dite boîte à un gamin qui habitait à la porte d'à côté. Il faut dire que le gamin en question avait connu récemment une dure épreuve: son jeune frère avait été mortellement happé par un autobus et sa douleur était encore vive. Maman s'était donc dit: "Pauvre enfant, ça va lui faire plaisir et Denis, à son âge, ne joue probablement plus avec ses vielles cartes de hockey." L'intention était bonne et très louable. Ma mère avait un coeur immensément généreux et bon, jamais, pour un instant, ne réalisa-t-elle qu'elle allait ainsi me contrarier fortement, en faisant don de ma collection sans mon consentement préalable...

Ce souvenir ne serait pas si douloureux, si ce n'avait été de ce qui allait suivre: à compter des années soixante-dix, la revente de vielles cartes de hockey gagna soudain en popularité auprès des collectionneurs, faisant gonfler les prix de façon spectaculaire pour les cartes devenues rares, en particulier celles des joueurs vedettes. Cette inflation se continua dans les décennies qui suivirent, au point d'atteindre des sommes pharamineuses pour certains de ces vulgaires petits cartons où posaient des joueurs au sourire un peu forcé.

Je ne sais pas si, en vieillissant, j'aurais vraiment gardé précieusement la boîte ou si je m'en serais défait quelques années plus tard lors d'une vente de garage... Mais le doute persistera toujours dans mon esprit. Cette boîte contenait de véritables trésors, des cartes qui se sont revendues quelques décennies plus tard à des centaines de dollars pour les plus recherchées d'entre-elles: des Jean Béliveau, Gordie Howe, Stan Mikita, Bobby Hull et, surtout, quelques cartes de Bobby Orr durant ses premières années dans la LNH...

Cette épisode de mon adolescence a laissé des traces sur mon comportement d'investisseur. Au cours des dernières années, j'ai rempli ma boîte d'une multitude de compagnies que j'ai ramassé à droite et à gauche. Warren Buffett dit que la diversification peut protéger la richesse, mais que c'est la concentration qui la construit. Certains affirment que dix entreprises c'est amplement dans un portefeuille individuel; d'autres, qu'on peut se rendre à vingt au maximum, qu'au delà de ça, il est impossible de bien suivre ses entreprises et que l'on se noie dans une trop grande diversification.

Je crains d'être davantage un collectionneur, qu'un investisseur... Je voudrais bien réduire le nombre d'entreprises dans mon portefeuille et ramener le fruit de la vente vers le noyau le plus solide d'entre elles. Mais voilà, je souffre du "syndrome de la boîte de cartes de hockey", je ne parviens pas à retirer tel ou tel joueur, de crainte de me réveiller avec une mauvaise surprise dans quelques années: et si c'était le prochain Bobby Orr...
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4 commentaires:

Québec Bourse a dit…

Merci pour vos commentaires.

POL a dit…

Alors dans ce cas fait comme j'ai fais! Ne donne pas toutes tes cartes de hockey. Ne garde que celles des meilleurs joueurs et garde les longtemps. Sert toi de l'argent libérer par celles qui ne t'intéressent pas pour t'acheter les autres cartes que tu n'as pas.

Personnellement, mon portefeuille est répartis en 9 titres en bourse. Le plus gros que j'ai fais 21% de mon portefeuille et le plus petit 3%. J'ai l'intention d'avoir au maximum 12 titres dans mon portefeuille sans plus. Autrement, je m'oblige à vendre des titres pour en acheter d'autres. Je veux avoir quelques joueurs qui font partie de l'équipe d'étoile. Je ne veux pas aovir la ligue au complet car je sais que je devrais avoir plusieurs joueurs médiocres.

Enfin, la seule façon de t'assurer que tu as l'équipe d'étoile et d'augmenter continuellement ton champ de connaissance boursier... Autrement, tu n'auras pas l'équipe d'étoiles!

Québec Bourse a dit…

Très amusantes comparaisons POL, tu m'as fait sourire... J'attends que les marchés se redressent (2ème semestre de 2009 ?) avant d'entreprendre un plan de recentrage vers la qualité. Quand Mr. Market va revenir dans sa phase optimiste un peu délirante, plusieurs titres que je possède de compagnies moyennes et qui ont été durement malmenés, devraient avoir des corrections importantes vers le haut, probablement plus fortes à court terme en pourcentage (parce qu’ils partiront de plus bas) que les remontées que connaîtront les titres de qualité, moins abîmés par la crise que nous venons de traverser. Je vais alors commencer à vendre progressivement ces joueurs de 4ème trio pour ramener mes jetons vers mes joueurs étoiles, ceux qui méritent d'être au Panthéon de l'investissement!

Denis

m1ax a dit…

Imagine, j'avais une carte d'Howie Morenz que mon père nous avait donnée...

Elle était usée, bien sûr, mais j'ose pas imaginer ce qu'elle vaudrait aujourd'hui.

M.