vendredi 9 janvier 2009

Pourquoi je n'achèterai jamais des actions de DELL...

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Dell Corporation (DELL-Nasdaq), le fabricant américain d'ordinateurs, est un titre que je trouve attirant depuis quelques mois: plusieurs ratios versus son prix, le rendent plus attrayant qu'il y a quelques années. Mais je n'aime pas comment cette compagnie se fout de ses actionnaires. Dell est rentable depuis très longtemps, a généré pendant des années d'énormes flux de trésorerie (cash flow) positifs mais n'a jamais retourné le moindre sous de dividendes à ses actionnaires. Pendant ce temps, les gestionnaires et le personnel à certains niveaux, ont été gavés de "stock options" en quantité industrielle, de bonus de toutes sortes et de salaires pharamineux.

Ce matin, une nouvelle nous apprenait que l'on accordait une compensation de départ de 10 millions de USD et des frais de consultation de 1.5 million à un de ses hauts dirigeants qui quitte bientôt l'entreprise, et ce, malgré la performance médiocre du titre qui est passé de plus de $40 à $11.27 en quatre ans. Ce n'est pas la gêne qui les étouffe. C'est un peu comme si la compagnie leur appartenait et que les actionnaires n'existaient pas. Je déteste ces compagnies technos qu'on retrouve en grand nombre dans le Nasdaq, qui sont officiellement publiques mais qui sont gérées comme si elles étaient des compagnies privées familiales. J'inclus également dans ce groupe Cisco Systems (CSCO-Nasdaq). Voilà pourquoi je n'achèterai jamais d'actions de Dell.
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3 commentaires:

Québec Bourse a dit…

Merci pour vos commentaires.

POL a dit…

Salut Québec Bourse,

Pour ma part, je n'achèterai jamais d'action de Dell parce qu'ils ont une trop grosse dette à mon goût.

Toutefois, je trouve farfelu que tu dises que le non versement de dividende soit une raison de ne pas acheter de leurs actions. Parce que parfois ca peut être bon de réinvestir tout ses bénéfices dans son entreprise, surtout vu le taux de retour très élevés sur l'avoir des actionnaires.

Pour voir si les bénéfices réinvestis par l'entreprise l'ont été de manière rentable, il suffit de comparer les bénéfices totaux sur une période minimale de disons 5 ans avec l'augmentation de la valeur comptable sur la même période.

Exemple:
La société ABS a une valeur comptable de 1M$ (actifs totaux-passifs totaux) en 1999.
En 2009, elle a une valeur comptable de 2M$.

De plus, la société ABC, pendant ses 10 dernières années, a généré des bénéfices totaux de 500 000$ dont 100 000$ en dividendes. Elle a donc réinvesti 400 000$ de ses bénéfices dans ses propres activités sur une période de 10ans.

donc 400 000$ réinvestis sur 10 ans et une augmentation de la valeur aux livres de l'entreprise de 1M$. On arrive donc à une rendement annuel composé de 7,18% pour cette période de 10ans.

Personnellement, je vise toujours au moins 10%. Dans le cas de Dell, j'ignore si les béfécies réinvestis ont été rentables mais je crois que oui, du moins, suffisamment pour justifier le non versement de dividendes aux actionnaires.

Québec Bourse a dit…

Bonjour Pol

Petite nuance. Je comprends que dans certains cas, une compagnie puisse avoir intérêt à réinvestir tous ses bénéfices dans l'entreprise: par exemple, lorsqu'elle est en train de se développer ou s'il y a des occasions extraordinaires d'acquisitions. Par exemple, Berkshire Hathaway, l'entreprise dirigée par Warren Buffett, n'a jamais versé un dividende à ses actionnaires. Pas de problème avec ça, puisque Buffett a démontré qu'il pouvait faire fructifier tous les surplus qu'on lui confiait de brillante façon. De plus, Buffett dirige l'entreprise dans la plus grande frugalité. Cependant, avec Dell, nous sommes en présence d'un groupe de dirigeants qui se payent des rémunérations démesurées, qui se « bourre la face », comme on dit en québécois, avant de payer le moindre dividende aux patients actionnaires. Si au moins, ils utilisaient cet argent pour réduire la dette de l'entreprise…

Le versement d'un dividende pour moi est une question fondamentale quand l'entreprise commence à en avoir les moyens: c'est une façon de dire aux actionnaires: "Tenez, voici une partie des bénéfices que vous méritez, pour avoir investi votre capital dans cette entreprise". Avec Dell, pas de dividende et une action qui a perdu 75% des sa valeur en quatre ans: l'actionnaire perd sur les deux tableaux!

Denis