mercredi 2 septembre 2009

Avons-nous notre place dans ce casino décadent?

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Je me posais la question il y a un an, au milieu de la tempête des subprimes, sur la place du simple investisseur dans des marchés financiers maintenant dominés par des "gamblers professionnels" qui ne recherchent qu'à faire un profit rapide sur les mouvements des différents actifs (actions, monnaies, commodités...) plutôt qu'à vraiment investir dans l'économie réelle pour favoriser son développement.

Le plus bel exemple de ces rapaces qui survolent les marchés à la recherche d'un gain quotidien sont les fonds de couverture, communément appelés hedge funds. Utilisant de puissants outils informatiques et des ressources financières énormes, ils scrutent les mouvements des différentes catégories d'actifs, déposant ou retirant leurs jetons de façon essentiellement opportuniste, quitte à amplifier davantage ces mouvements, comme on l'a vu pour le pétrole et pour les ressources alimentaires essentielles. Pour ces rapaces, seul le chiffre en fin de journée compte, peu importe les conséquences: ils peuvent faire de l'argent sur des marchés haussiers ou en détresse, toutes les situations se prêtent à leurs manipulations.

La bourse n'est plus un moyen de mettre les capitaux au service du développement économique, mais un jeu sauvage et sans règles, où le seul but est de siphonner du cash, peu importe les dommages à l'économie réelle. La popularité croissante des produits dérivés depuis une décennie, vient confirmer que de plus en plus, ce sont les paris sur les mouvements des actifs qui intéressent les grands investisseurs et non plus la valeur réelle de ces actifs. Ce détournement des capitaux d'investissement vers cet aspect superficiel de la bourse, génère beaucoup d'instabilité, de volatilité et nous garantie de nouvelles "bulles" et escroqueries de toutes sortes au cours des années à venir.

Le régime de la mafia républicaine aux États-Unis aura porté cette décadence à son summum: la déréglementation des marchés, la soumission totale au jeu de l'offre et de la demande, aura engendré cet univers malsain et immoral. Les petits investisseurs qui croyaient encore au credo traditionnel de l'investissement, avec des principes du genre: "investir pour le long terme", "buy and hold", "investir dans une entreprise, c'est en faire partie, c'est croire à son avenir", ces petits investisseurs peuvent se demander s'ils doivent rester dans ce lieu qui ressemble maintenant à un énorme casino, ou en sortir.

J'hésiterais beaucoup à conseiller à quelqu'un qui n'a jamais mis les pieds dans ce casino d'y entrer. Moi j'y reste encore un peu, le temps de reprendre les sous perdus quand la bulle se gonflera à nouveau. Après, je sortirai probablement de ce casino décadent, à moins que les gouvernements n'aient eu entre temps le courage d'implanter des règles qui s'attaqueront à la spéculation et à la manipulation institutionnalisées.
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3 commentaires:

Collart Thierry a dit…

C'est un faux débat que vous ouvrez là demon point de vue.
Certes, la spéculation et les actes malsains et malveillants sont de plus en plus nombreux et crée une volatilité importante, mais à long terme, le cours d'une action finit TOUJOURS par refléter ses fondamentaux.
J'en reviens donc à l'analyse des fondamentaux, seule voie pour des gains durables mais qui n'intéresse plus grand monde, hélas ! Mais ce désintérêt de la base nous offre des occasions uniques d'investissement.

En conclusion, et malgré un certain consensus qui ne m'est pas favorable, je persite à considérer l'investissement dans des sociétés comme un acte entrepreneurial et la bourse comme un simple outil dont je pourrais me passer.

Hispong Elbayne a dit…

Le problème, c'est que les taux d'intérêts sont trop bas.

Si j'avais quelque chose qui pourrait m'offrir un 7% après impôt, en bon québécois: «je décâlisserais de la bourse» ça serait pas long.

Dominique Lamy a dit…

Bonsoir!

Pour ma part, je pense qu'il faut rester présent en Bourse, en tout temps, malgré la panique de certains investisseurs, la spéculation des uns et la manipulation des autres. Je sais désormais qu'il est nécessaire de faire évoluer un portefeuille et de l'adapter en fonction d'une multitude de facteurs. Au lieu de retirer tous ses jetons, il est préférable de conserver un pourcentage de liquidités tout en investissant dans les secteurs non-affectés par une future bulle spéculative. Par exemple, les télécommunications n'ont pas la faveur de la majorité, mais certains titres sont assurément enlignés pour rebondir, tôt ou tard (RCI.B, BCE). Ce type de titre n'a pas bénéficié de la hausse récente. Les fondamentaux sont pourtant de qualité.

En dernier lieu, certains aristocrates (MCD, PG, JNJ) sont des incontournables qui se transigent au même prix qu'il y a quelques (plusieurs) années. Ce sont des piliers de portefeuille, à l'abri de certains dangers énumérés par Denis dans son intervention.

Débat intéressant,

Dominique