jeudi 15 novembre 2007

STARBUCKS: de bons résultats mais une diminution du taux de croissance prévu pour l’an prochain

Starbucks (SBUX au Nasdaq) vient de présenter ses résultats du dernier trimestre : dans l’ensemble, de bons résultats, en particulier à l’extérieur des U.S.A., résultats qui rejoignent les prévisions des analystes. Mais les investisseurs pour ce titre ne carburent qu’à la croissance et Starbucks a revu à la baisse ses prévisions pour le taux de croissance de ses profits en 2008 : une croissance qui serait de 17% à 21%, plutôt que le 20% à 22% antérieurement prévu. L’entreprise craint que le premier semestre de l’année soit plus difficile aux États-Unis avec un ralentissement dans les dépenses de consommation, ce qui devrait avoir un impact sur la croissance de ses ventes et de ses profits sur ce marché. L’entreprise entend également ouvrir 2500 nouveaux magasins en 2008, et non 2600, comme elle avait initialement prévu.

Cette révision bien que modeste a fait chuter l’action de près de 10%, sous les $22 dans le marché d’après séance. Pourtant, les résultats ont répondu aux attentes et l’entreprise réaffirme que la croissance se continuera l’an prochain : poussant les profits entre $1.02 à $1.05 par action. Malheureusement pour Starbucks, les titres qui se vendent à un ratio prix/bénéfices plus élevé parce que les investisseurs anticipent une croissance plus élevée que la moyenne, n’ont pas le droit de les décevoir à ce niveau, même légèrement. La brutalité de la réaction a tout de même de quoi surprendre, puisque l’action avait déjà perdu une bonne partie de sa valeur au cours des derniers mois : elle se vendait $40 il y a un an!

Pareille correction après des résultats forts respectables est une autre preuve de l’instabilité et de l'irritabilité de Mr. Market, surtout actuellement. Le titre risque de se faire malmener au cours des prochaines semaines et de se retrouver sous les $20. À ce prix, l’action de Starbuck qui a une marque de commerce mondialement reconnue et encore un bon potentiel de croissance à l’extérieur des États-Unis, pourrait éventuellement donner un bon retour sur l’investissement à ceux qui profiteront de sa déprime pour en faire l'acquisition.

Résultats du dernier trimestre, cliquez >>> ici
Site web: STARBUCKS

mercredi 14 novembre 2007

BANK OF IRELAND: un recul qui crée un bon point d'entrée

Bank of Ireland (IRE au NYSE) a présenté aujourd’hui ses résultats semestriels qui étaient dans l’ensemble positifs, malgré le ralentissement dans le marché immobilier irlandais, résultats en accord avec les attentes des analystes. En enlevant des éléments non récurrents, les profits ont augmenté de 12%. La banque a déclaré un niveau de pertes attribuables à de mauvais prêts qui n’était pas particulièrement élevé, là aussi rejoignant les prévisions des analystes. Voir une présentation sur les résultats en cliquant >>> ici.

Cependant, Bank of Ireland a révisé à la baisse ses prévisions de bénéfices pour 2008: d’une prévision de croissance de l’ordre des « low double digit », elle passe à une prévision de l’ordre des « high single digit »: de 10-12% à 8-9%. Les marchés ont durement réagi face à cette révision des prévisions: faisant reculer la valeur de l’action de 7% à $58,60. Depuis son sommet de $98,46 à la fin février, cela représente une perte de 40% de la valeur de l’action. Certains analystes anticipent une diminution progressive du taux de croissance des bénéfices de Bank of Ireland au cours des prochains semestres, après les fortes augmentations que ces bénéfices ont connues entre 2003 et 2007 : leur croissance annuelle moyenne avait été supérieure à 25% durant cette période.

Bank of Ireland prévoit que les marchés financiers demeureront volatiles au premier semestre de 2008 et que les coûts d’acquisition de fonds seront plus élevés avec le resserrement du crédit. Elle continue d’être optimiste pour le développement de l’économie irlandaise qui devrait croître de 3,2% en 2008. Même avec la révision des prévisions d’aujourd’hui, le titre de la Bank of Ireland m’apparaît être bon marché : le prix actuel étant inférieur à sept fois ses bénéfices par action prévus pour l’an prochain. La correction d’aujourd’hui crée selon moi un bon point d’entrée pour les actions de cette banque irlandaise menée de façon conservatrice et qui paie un généreux dividende de 5,5%. À considérer pour un horizon moyen terme.

Site web: Bank of Ireland

mardi 13 novembre 2007

Les leçons de l'apprenti investisseur de Barry Ritholtz

Barry Ritholtz un contributeur au site The Street.com a publié une série de 28 articles en 2005-2006 sous le thème "Lessons for the Apprenticed Investor" (Les leçons de l'apprenti investisseur). L'approche préconisée est celle de l'"investisseur actif" (trader) qui n'est pas la mienne, plus conservatrice. Cependant, si cette approche est la vôtre et si vous lisez l'anglais, vous prendrez plaisir à lire le fruit de l'expérience de ce vieux routier.

En cliquant sur le lien ci-joint, vous allez accéder à ces leçons de l'apprenti investisseur:

Lessons for the Apprenticed Investor >>> ici

lundi 12 novembre 2007

QUEBECOR WORLD: la crainte d'une nouvelle émission d'actions provoque la chute du titre

Quebecor World (IQW au TSE) pique du nez depuis quelques jours: l'action frôle les $5. L’imprimeur québécois a annoncé la semaine dernière qu’il vendait sa division européenne à une compagnie hollandaise, RSDB NV. Quebecor World gardera cependant une participation de 30% dans la nouvelle entité appelée Roto Smeets Quebecor (RSQ) qui sera cotée à la bourse Euronext Amsterdam.

Cette vente permettra à Quebecor World de mettre la main sur 213 M$ comptant, en plus de 50 M$ sous forme d’un billet à être remboursé à compter de 2011 et de ses actions dans RSQ : une valeur totale de 341M$. De cette somme, 100 M$ seront destinés à la réduction de la dette. Ce changement permettra à Quebecor World de concentrer ses énergies sur les marchés nord et sud américains, plus rentables. D’autant plus que l'entreprise vient d’investir plus de un milliard dans la modernisation de ses usines dans ces deux marchés.

Cette vente, ce recentrage des activités et cette modernisation des équipements auraient dû normalement rassurer les marchés mais il n’en est rien : depuis l’annonce de la semaine dernière, l’action est passée de plus de $8 à $5. C’est que Quebecor World a près de 3 milliards de dettes à long terme et que certains échéanciers de remboursement sont rapprochés. Wes Lucas, le président et chef de la direction, a laissé entendre mercredi dernier que la question du financement de la dette serait adressée bientôt. Les analystes en ont conclu qu’une émission d’actions aurait probablement lieu : d’où la chute brutale du titre au cours des dernières séances devant la crainte d’une dilution de l’avoir des actionnaires actuels.

Même si la réorganisation en cours pourrait plaire à certains investisseurs, il est difficile pour eux d'embarquer sans connaître la nature de ce refinancement de la dette.

Site web: QUEBECOR WORLD

LES LEÇONS DE L'INVESTISSEUR: Les analystes financiers se trompent, et souvent!

L’évaluation de la valeur d’une action n’est pas une science exacte, même lorsqu’on cherche sa valeur actuelle à partir des données et des faits les plus récents. Imaginez lorsqu’on essaie de prévoir l’avenir! Les prévisions des analystes sur les futurs bénéfices par action et les prix cibles, au delà du court terme, peuvent être très trompeuses. On n’a qu’à relire les prévisions faites par les analystes il y a un an, pour se rendre compte à quel point, mêmes les meilleurs d'entre eux sont souvent en dehors de la cible.

Plus on s’éloigne des prévisions sur l’année en cours et plus les prévisions des analystes se rapprochent de la futurologie et ne devraient pas avoir un impact majeur sur vos décisions d’investisseur. Je ne dis pas que ces prévisions de moyen terme sont sans intérêt, ou qu'elles ne sont jamais exactes, elles ne sont tout simplement pas assez fiables pour justifier votre décision à elles-seules. Rappelez-vous des taux de croissance que l'on prévoyait pour les équipementiers des télécommunications comme Nortel! Je préfère m’appuyer sur les données et les faits réels des plus récentes années pour me faire une idée que sur des anticipations de l’avenir.

Au début de mon parcours d'investisseur, je me référais aux écrits des analystes comme si c'étaient les paroles de l'évangile, je n'osais aller à contre-courant de leurs évaluations. Il y a un an, j’avais étudié en long et en large une compagnie minière brésilienne nommée Companhia Vale do Rio Doce (RIO). J’étais prêt à «peser sur le bouton» mais j’hésitais, le prix me convenait à 10$, mais l’analyste de Morningstar affirmait que la juste valeur de l’entreprise n'était que de 7,25$ et que l’on ne devrait considérer l’achat que si l'action descendait à 5$. Je me suis écouté et j’ai acheté malgré tout, un an plus tard l’action vaut près de 33$.

Il y a des analystes et il y a des gourous. Un de ces gourous futurologues qui fait beaucoup de dommages est le célèbre Jim Cramer, en qui certains accordent une confiance aveugle. Jim Cramer se prononce pratiquement sur n’importe quelle compagnie sur laquelle on l’interroge. Comme si c’était possible pour lui, de suivre les 6 000 compagnies que l’on retrouve dans les différentes bourses américaines. Je me suis fais prendre une fois par les propos de Cramer. Je possédais des actions de Merck au moment où les rapports d’incidents mortels concernant le Vioxx ont été publiés en 2004. Jim Cramer avait annoncé la mort probable de Merck, ce géant pharmaceutique pourtant réputé pour le sérieux de ses recherches et de sa gestion. Cramer affirmait que les poursuites viendraient à bout de cette entreprise qu’il admirait, d’autre part. Moi, le naïf, je me suis dit qu’un tel expert devait voir juste et j’ai vendu à 28$ l’action, avant qu’il ne soit trop tard. Trois ans plus tard, Merck vient d'arriver à un règlement pour l'ensemble des poursuites et l’action de Merck ne cesse de monter, elle vaut aujourd'hui $56.

Tout ça pour vous dire, qu’il peut être utile d’écouter les autres, que les analystes ont des connaissances plus étendues que la plupart d’entre nous, mais qu’en bout de ligne, après avoir fait vos devoirs avec sérieux, vous devez d’abord vous écouter et personne d’autre. Après tout, c’est de votre intérêt dont il s’agit, comme dit le monsieur dans la publicité.

dimanche 11 novembre 2007

Que nous réserve la prochaine semaine?

La dernière semaine a été éprouvante pour les investisseurs, en particulier pour ceux qui détiennent des titres technologiques : l’indice NASDAQ a chuté de 6,5% en cinq séances. Les entreprises technos s’en étaient mieux tirées que les autres depuis la fin de l’été, la correction des derniers jours ne ramène toujours pas l’indice NASDAQ au niveau de son creux du mois d’août. Par contre, l’indice DOW JONES et le S&P 500 y sont presque revenus : est-ce là un plancher à partir duquel pourrait s’effectuer une remontée de fin d’année?

Vendredi après-midi, pendant une heure, les titres financiers se sont mis à remonter de façon importante, laissant croire que le creux de la vague avait peut-être été atteint pour les banques éclopées. Puis, soudain, en quelques minutes en fin de séance, une brusque descente effaçait en bonne partie cette remontée.

Les marchés sont visiblement nerveux, plusieurs investisseurs se sont déjà réfugiés du côté de l’or et des obligations : la crise des prêts de type "subprime" et les perspectives de ralentissement économique aux U.S.A. et en Europe pèsent lourd. Historiquement, les mois de novembre et de décembre sont des mois de croissance pour les actions sur les marchés. Est-ce que les prochaines semaines confirmeront cette tendance ou sera-t-elle contredite par le contexte particulier que nous traversons?

BLOOMBERG.com : un must pour tout investisseur

Le site Bloomberg.com est un incontournable pour l’investisseur qui veut avoir une vision de tous les marchés boursiers que l’on retrouve sur la planète. Première caractéristique, la couverture audio/vidéo est des plus complète. Dans la section « Live TV », vous retrouvez neuf canaux en diffusion continue qui couvrent toutes les régions du globe : de l’Amérique, à l’Europe, à l’Asie. En plus de la télé, il y a une multitude de reportages et d’entrevues qui sont accessibles à vous et ce, gratuitement, en format audio ou vidéo.

La section nouvelles (News) est une des plus complètes que l’on peut retrouver sur ce genre de sites. Je vous recommande un détour dans la sous-section « Opinion », on peut y lire des points de vue intéressants et éclairants. La section « Market Data » se distingue par son caractère international, il est ainsi possible de retrouver de l’information (sous forme de fiche d’entreprise) non seulement sur les plus importantes entreprises américaines mais également sur celles qui composent les index boursiers de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, du Japon et du Brésil. En fait, les fiches d’entreprises (quote, charts, news) sont disponibles pour les autres marchés également, vous n’avez qu’à utiliser le « symbol look up » à l’entrée du site en haut à gauche.

Allez visiter ce site, ça vaut le détour!

Site BLOOMBERG.COM

vendredi 9 novembre 2007

MEGA BRANDS : quelle dégelée!

L'action de MEGA Brands (MB au TSE) a chuté de près de 34% aujourd’hui, lors du dépôt de ses résultats financiers pour le troisième trimestre! On se doutait que quelque chose n’allait pas : l’action descendait régulièrement depuis la fin de l'été. L’action de Mega Brands a, en fait, perdu la moitié de sa valeur en deux mois : elle est passée de près de $20 au début septembre à $9,95 à la fermeture aujourd’hui.

MEGA Brands a enregistré une baisse de 8,8% de ses ventes au troisième trimestre, baisse qu’elle attribue à des délais de livraison non respectés par ses fournisseurs chinois, ainsi qu’à une diminution dans les ventes de ses jouets controversés de marque Magnetix. La marge bénéficiaire et les profits ont également chutés de façon importante : MEGA Brands a déclaré une perte de 0,31$ par action pour le dernier trimestre, alors qu’elle avait enregistré un profit de 0,53$ au même trimestre l’an dernier. L’entreprise explique principalement cette baisse des profits par la vente, à perte, de stocks excédentaires d’une valeur de 19 millions, ce qui a entraîné une réduction du bénéfice brute de 12 millions.

À première vue, la violence de la réaction des marchés aujourd’hui a de quoi surprendre. Les trois causes principales du désastreux rapport trimestriel présenté ce matin ont un caractère conjoncturel et peuvent être corrigées : incapacité des fournisseurs à livrer à temps, modèle de jouet controversé (sécurité) et mauvais contrôle des inventaires. Ce qui inquiète sûrement les investisseurs, c’est que tout ça arrive en même temps : ça soulève des questions sur la qualité du management de l’entreprise.

En plus, le « plan d’accroissement de la valeur » présenté comme stratégie de redressement, laisse un peu songeur : on mentionne l’intention d’augmenter les prix des produits pour ramener la rentabilité de l’entreprise… Dans le contexte actuel aux États-Unis où la confiance des consommateurs diminue : est-ce envisageable d’augmenter les prix et de garder sa part du marché en même temps?

Malgré ces doutes, l’action de MEGA Brands en bas de $10 mérite d’être sur mon radar, d’autant plus que je ne serais pas surpris de la voir continuer sa chute encore quelque temps. C’est sûr que la rigueur de la correction d’aujourd’hui a de quoi inquiéter : au delà du désastreux rapport trimestriel, quels étaient les motifs de ceux qui vendaient à forte perte les actions de cette entreprise qui jouissait d’une bonne réputation, il y a quelques mois à peine? Si vous en avez une idée, faites-moi en part?

Site web: MEGA BRANDS

L’Heure des comptes à Radio-Canada : pour mieux comprendre l’actualité économique et l’évolution de la bourse


Du lundi au vendredi, de 18h30 à 19h00, la radio (Première chaîne) de Radio-Canada nous offre une émission qui porte sur l’actualité économique, les finances, les marchés boursiers et la consommation : l’Heure des comptes. Ce magazine économique animé par Jean Racine réunit des entrevues très pertinentes pour l’investisseur : elles nous permettent d’avoir une vision d’ensemble des différents facteurs qui influent sur l’économie et qui expliquent l’évolution des marchés boursiers. Comme cette heure de diffusion ne convient pas nécessairement à tous, faites comme moi: écoutez l'émission d'aujourd'hui, ou n'importe laquelle des deux derniers mois, au moment qui vous convient sur internet. L’adresse électronique est la suivante :

www.radio-canada.ca/actualite/v2/heuredescomptes/

jeudi 8 novembre 2007

Sur ce champ de bataille couvert d’éclopés, des victimes de grande taille

Après les propos inquiétants ce matin du président de la Réserve Fédérale des États-Unis, Ben Bernanke, sur les perspectives de l’économie américaine pour les prochains trimestres, les marchés ont piqué du nez pendant quelques heures avant de se relever en fin d’après-midi. Des dizaines d’entreprises ont alors atteint leur plus bas niveau en 52 semaines: parmi elles, plusieurs de grande taille. Lesquelles ont les meilleures chances de se relever rapidement? Ci-dessous, les principales entreprises qui ont atteint leur creux annuel aujourd'hui, dans l’ordre: leur nom, leur code boursier, entre parenthèses leur sommet et leur plus bas niveau des 52 dernières semaines, suivi de leur prix à la fermeture. Je vous évite les institutions financières, elles étaient nombreuses dans ce groupe d’éclopés mais j’en ai déjà parlées hier.

Air France (AKH au NYSE) : ($52,17 -$33,31), prix actuel $33,97
Alcatel-Lucent (ALU au NYSE) : ($15,43 - $8,41), prix actuel $8,56
American International Group (AIG au NYSE) : ($72,97 - $53,99), prix actuel $56,00
Bed Bath & Beyond (BBBY au Nasdaq) : ($43,32 - $30,69), prix actuel $31,45
Cemex (CX au NYSE) : ($41,36 - $26,28), prix actuel $26,70
Comcast (CMCSA au Nasdaq) : ($30,18 - $19,52), prix actuel $19,82
Electronic Data Systems (EDS au NYSE) : ($29,95 - $19,71), prix actuel $20,31
George Weston (WN au TSE) : ($83,90 - $64,40), prix actuel $65,36
Hershey Company (HSY au NYSE) : ($56,75 - $40,20), prix actuel $41,04
Home Depot ( au NYSE) : ($42,01 - $28,25), prix actuel $29,09
J.C. Penney (JCP au NYSE) : ($87,18 - $47,17), prix actuel $50,27
Lowe’s Company (LOW au NYSE) : ($35,74 - $23,87), prix actuel $24,53
Mattel (MAT au NYSE) : ($29,71 - $19,62), prix actuel $20,10
McGraw-Hill Company (MHP au NYSE) : ($72,50 - $45,01), prix actuel $46,14
Medtronic (MDT au NYSE) : ($57,99 - $45,05), prix actuel $46,14
Nordstrom (JWN au NYSE) : ($59,70 - $31,87), prix actuel $32,76
Pfizer (PFE au NYSE) : ($27,88 - $22,99), prix actuel $23,11
Quebecor World (IQW au TSE) : ($17,25 - $6,36), prix actuel $6,75
Rona (RON au TSE) : ($25,26 - $17,53), prix actuel $18,11
Sprint Nextel (S au NYSE) : ($23,42 - $16,20), prix actuel $16,54
Starbucks (SBUX au Nasdaq) : ($40,01 - $22,95 ), prix actuel $23,40
Time Warner (TWX au NYSE) : ($23,15 - $17,37 ), prix actuel $17,70
Wolseley (WOS au NYSE) : ($28,13 - $15,32 ), prix actuel $15,55

mercredi 7 novembre 2007

Est-ce que les banques peuvent descendre plus bas?

Quelle débâcle! Le secteur bancaire continue d'être malmené, en particulier aux États-Unis: la crise des "subprimes" fait des ravages même parmi les plus solides banques. Ci-dessous, des exemples de banques décimées, dans l'ordre: leur nom, leur code boursier, entre parenthèses leur sommet et leur bas des 52 dernières semaines, leur prix actuel et le yield du dividende avec ce dernier prix. Bien sûr, rien ne garantie que tous ces généreux dividendes vont demeurer intacts au cours des prochains mois, tout dépendra de la capacité de ces banques à maintenir leurs niveaux de liquidité à un seuil acceptable.

Washington Mutual (WM – NYSE) : ($46,38-$19,72), prix actuel $20,04, yield 11,2%
National City (NCC-NYSE): ($38,74-$21,18), prix actuel $21,21, yield 7,7%
Lloyds TSB Group (LYG-NYSE): ($48,59-$40,00), prix actuel $41,53, yield 6,6%
Citigroup (C-NYSE): ($57,00-$33,38), prix actuel $33,41, yield 6,5%
Regions Financial Corp.(RF-NYSE): ($38,17-$23,90), prix actuel $23,93, yield 6,4%
Wachovia Corporation (WB-NYSE):($58,80-$40,39), prix actuel $40,43, yield 6,3%
Barclays PLC (BCS-NYSE): ($62,68-$41,93), prix actuel $42,00, yield 6,1%
Bank of America (BAC-NYSE): ($55,08-$43,25), prix actuel $43,31, yield 5,9%
BB&T Corporation (BBT-NYSE): ($44,74-$32,70), prix actuel $32,77, yield 5,6%
Fifth Third Bancorp (FITB-Nasdaq): ($43,32-$27,72), prix actuel $27,78, yield 5,4%
US Bancorp (USB-NYSE) : ($36,85-$29,09), prix actuel $30,51 yield 5,3%
Bank of Ireland (IRE-NYSE) : ($98,46-$61,61), prix actuel $62,46, yield 5,1%
Allied Irish Bank (AIB-NYSE): ($64,38-$42,41), prix actuel $42,41, yield 4,7%
Banque de Montréal (BMO-TSE): ($72,75-$59,03), prix actuel $59,80, yield 4,7%
Banque Nationale (NA-TSE) : ($66,80-$49,99), prix actuel $52,14, yield 4,6%
Wells Fargo & Company (WFC-NYSE): ($37,99-$30,75), prix actuel $30,76, yield 4,0%
Banque Royale du Canada: ($61,08-$50,50), prix actuel $51,53, yield 3,9%

On s'en va où?

Le dollar canadien a atteint 1,10$ US durant la nuit, jusqu’où peut-il monter? Devrait-on plutôt se demander jusqu’où peut descendre le dollar US? Ce dernier continue sa chute, suite à la mention par un haut dirigeant chinois que le gouvernement devrait se diversifier davantage dans d’autres devises, les chinois détiennent beaucoup, beaucoup de dollars américains. La situation est complexe à suivre pour un simple investisseur. Doit-on attendre que la situation se calme avant de déposer sa mise?

Le prix du baril de pétrole approche du 100$, autre facteur ambivalent pour les canadiens : sa croissance fait monter le dollar permettant d’assainir davantage les finances publiques mais cela freine les exportations et pourrait ainsi nous mener au ralentissement économique en 2008 et éventuellement à une baisse forcée du taux directeur de la Banque du Canada. Cette dernière affirme qu’elle n’a pas l’intention d’intervenir pour l’instant pour freiner la montée du huard, encore préoccupée qu’elle est par le contrôle de l’inflation. Que nous réserve les prochains jours et la prochaine année? Pas facile de s’y retrouver.

Les investisseurs trop sévères avec RONA?

RONA (RON au TSE) a présenté hier ses résultats du troisième trimestre 2007 : les investisseurs ont répondu négativement, l’action reculant de 3%. À première vue, la performance semble très honnête : croissance de 6,7% des ventes, augmentation du bénéfice d’exploitation de 11,0%, amélioration de la marge d’exploitation (de 8,65% à 9,01%), augmentation du bénéfice nette de 5,9%.

Pourquoi alors le marché est-il si tiède vis-à-vis ce titre? C’est que lorsqu’on fouille les données, on constate que la croissance est surtout attribuable aux acquisitions et à l’ouverture de nouveaux magasins : les ventes dans les magasins ouverts depuis douze mois ont stagnées (+0,1%). RONA a reconnu que la contribution de ces magasins établis à son volume de profits, serait moindre cette année que ce qu’elle prévoyait. Dans un marché où bon nombre d’investisseurs ne carburent qu’à la croissance, un tel aveu ne peut que provoquer des interrogations.

En fait les investisseurs se demandent d’où viendra la croissance en 2008 pour RONA? L’industrie de la construction ne connaît pas au Canada une crise comme celle vécue aux États-Unis, elle se maintient à un très haut niveau d’un point de vue historique. Cependant, les mises en chantier ont commencé à baisser et la crainte d’un ralentissement économique au Canada dans les sillons d’un recul de l’économie américaine en 2008, pourrait menacer le niveau des dépenses de rénovation. Ma perception c’est que certains grands investisseurs ne voient pas de catalyseur pour ce titre en 2008 : ils le perçoivent comme de la «dead money» à court terme, alors que le marché offre actuellement des compagnies américaines à rabais avec un dollar canadien fort (par exemple, Home Depot et Lowe’s).

Pourtant, le titre de RONA présente des éléments positifs dont l’investisseur devrait tenir compte dans son analyse. La force du dollar canadien n’est pas pour RONA une menace, puisque son marché est essentiellement canadien. Au contraire, la force du huard est pour cette entreprise un avantage : il lui permet de se procurer à moindre coût à l’étranger plusieurs des produits qu’elle met sur ses tablettes. Les analystes prévoient que RONA réalisera $1,94 de profit par action en 2008 : l’action se vend donc actuellement ($19,60) à dix fois ses bénéfices de l’an prochain, un ratio intéressant. RONA, malgré ses acquisitions, a une bonne situation financière : son ratio dette/avoir des actionnaires est à 0,45. La gestion de RONA est de qualité : les dirigeants en place ont démontré du sérieux et de la constance dans leur gestion au cours des dernières années.

À moyen terme, RONA bénéficie de facteurs structurels favorables : augmentation de l’intérêt des canadiens pour la rénovation et le jardinage, poids des baby-boomers qui ont les capacités financières pour se payer des travaux de rénovation, parc des logements existants qui prend de l’âge…

Il y a peut-être des doutes à y avoir sur la direction que prendra ce titre au cours des prochaines semaines, mais il continue à offrir un potentiel intéressant à moyen terme. Si l’action descend près des $18,00 prochainement, selon moi, cela constituera un bon point d’entrée.

Site web: RONA

mardi 6 novembre 2007

Leçon d'humilité

Les investisseurs qui se sont risqués à faire des achats de type "retournement" (turnaround) au cours des derniers mois traversent des moments difficiles. Ce type d'investissement s'inscrit « a contrario » de la tendance du marché, en optant pour des entreprises en difficulté que le marché rejette, offertes à bas prix, en misant sur un redressement éventuel de leur situation. Ces placements peuvent donner des résultats intéressants à moyen terme mais également des résultats décevants tant que le marché n’a pas passé sa mauvaise humeur sur ces titres malmenés. De plus, lorsque les grands investisseurs diminuent globalement leurs positions du côté des actions, ces titres sont les premiers à être jetés par-dessus bord. Les fluctuations des placements de type « turnaround » sont donc spectaculaires et parfois difficiles à supporter.

Ma performance depuis que j’ai ouvert ce blog est ainsi loin d’être éblouissante car j’ai misé sur plusieurs de ces entreprises en difficulté. Il faut dire que je vois des aubaines dans des secteurs présentement malmenés (banques, construction, commerce de détail, camionnage…) et que la raclée que ces secteurs subissent n’a pas perdu de sa vigueur. Je ne dis pas ça pour me chercher des excuses, c’est un simple constat. Il faudra juger ma performance dans un an ou deux… Entre temps, j’en suis quitte pour une leçon d’humilité, ce qui ne fait jamais de mal à l’investisseur.

lundi 5 novembre 2007

LES LEÇONS DE L’INVESTISSEUR : une action qui chute sans raison apparente, cache momentanément la cause de sa chute

Lorsque la valeur d'une action baisse pendant plusieurs jours sans qu'il n’y ait aucune nouvelle qui justifie cette baisse dans l'actualité boursière, il y a anguille sous roche: une mauvaise nouvelle est à la veille d'être annoncée et certains la connaissent déjà (en particulier si les volumes sont anormalement hauts). Il n’y a personne d’assez fous pour vendre des actions à rabais sans aucune raison, il faut d’abord attendre que le chat sorte du sac avant d’y regarder de plus près. Une fois connue la cause qui poussait ces « investisseurs informés » à vendre, on pourra analyser l’ampleur de son impact négatif et peut-être décider qu’après tout l’action garde une certaine valeur et acheter lorsque la nouvelle négative aura complété ses ravages.

Depuis un mois, l’action de Building Materials Holding Corporation (BLG au NYSE), entreprise que j’ai abordée sur ce blog au début octobre, chute de façon vertigineuse : l’action est passée de $12 à $6,41 aujourd’hui! Je veux bien croire que cette entreprise a un lien étroit avec la construction résidentielle au États-Unis, mais tout de même! Il est vrai que les derniers résultats trimestriels ont reflété l’impact de la crise immobilière avec un maigre $0,14 de profits par action et une chute de 24% dans les ventes en comparaison de l’an dernier. De tels résultats étaient décevants, mais un peu prévisibles dans le contexte actuel. Au delà de la crise immobilière, Building Materials Holding Corporation semble pourtant avoir une certaine valeur, comme en témoignent ses excellents résultats de 2005 et 2006.

Il semble y avoir une autre cause dans ce « crash » de l’action de BMHC que connaisse des gens biens informés... Je ne vois pas de nouvelle depuis le dépôt du rapport trimestriel le 25 octobre dernier qui justifie une telle déconfiture. Est-ce qu’il y aurait un problème de liquidité à l’horizon qui amèneraient les rats informés à quitter le bateau en premier? C’est ce que nous saurons bientôt, entre temps, prudence…

CEMEX CORPORATION: sa diversification géographique compense pour la faiblesse du marché américain

Cemex Corporation (CX au NYSE), une entreprise mexicaine, est le troisième producteur de ciment au monde, c’est aussi un importnat producteur de béton et un fournisseur d’agrégats (pierres concassées, gravier, sable…). Cemex a doublé ses ventes depuis 2003 en réussissant d’importantes acquisitions. L’entreprise est présente dans une cinquantaine de pays dans le monde.

Cemex Corporation a subi les contrecoups du ralentissement dans la construction aux Etats-Unis et cela c’est reflété dans son dernier rapport trimestriel : si ça n’avait été d’une importante acquisition (Rinker), les ventes n’auraient augmentées que de 2% et les profits d’opération auraient reculés de 4%. Dans le contexte particulièrement difficile aux États-Unis et en Grande-Bretagne, ces résultats ne sont pas si mal. L’entreprise est parvenue à augmenter ses profits dans tous ces autres marchés pour compenser la faiblesse de ces deux marchés.

Cemex a un niveau d’endettement assez élevé : la valeur de la dette à long terme est pratiquement équivalente à l’avoir des actionnaires. Cependant, Cemex est en négociation avec CRH pour se départir de certains de ses actifs : cette transaction pourrait lui retourner une somme d’environ quatre milliards de dollars et lui permettre de réduire son niveau d’endettement.

Au cours des prochains trimestres la chute de la construction résidentielle continuera de peser sur les résultats de Cemex mais sa diversification géographique viendra compenser la faiblesse de ce marché. Entre autres, les économies sud-américaines sont en émergence et auront d’importants besoins de développement de leurs infrastructures pour supporter cette croissance au cours des prochaines années. De plus, on peut s'attendre à des réductions de coûts d'opération suite aux nombreuses acquisitions des dernières années

L’action de Cemex se transige actuellement à 8,6 fois ses profits prévus pour l’an prochain ($3,23), ce qui est nettement moins cher que le ratio pour son industrie (seize fois). Le prix de son action n’est que l’équivalent de huit fois ses fonds autogénérés libres (free cash flow) par action au cours de la dernière année ($3,33). L’action est actuellement à $27,83, après avoir atteint $40 en juin dernier : ce prix me semble inférieur à sa valeur réelle. Cemex constitue un placement qui pourrait donner un retour intéressant à moyen terme (au delà de la crise immobilière américaine). Qu’en pensez-vous?

Site web: Cemex Corporation

samedi 3 novembre 2007

LES LEÇONS DE L'INVESTISSEUR: à la bourse, les émotions n'ont pas leur place

La peur, l’avidité et surtout les regrets, bien qu'étant des comportements humains bien compréhensibles, n’ont pas vraiment leur place à la bourse. Avant de s'aventurer dans l'investissement boursier, il est sain d'avoir une certaine crainte: de se demander si on a une compréhension suffisante de cet univers complexe et si on ne va pas y risquer sa sécurité financière. Mais après, une fois qu'on a décidé d'opter pour ce type de placements, il faut se méfier des émotions qui feront surface inévitablement, telles la peur, la prétention et l'avidité, et qui viendront altérer notre jugement: seule la raison devrait nous guider.

Pourtant, si l'on observe les comportements des investisseurs durant les périodes d'euphorie boursière, comme lors de la bulle technologique, ou de panique collective comme le lundi 19 octobre 1987, on réalise à quel point les émotions sont omniprésentes à la bourse et l’étendue des ravages qu'elles peuvent causer.

Qu'est-ce qui pouvait amener des investisseurs à payer 120$ pour une action de Nortel il y a quelques années (ce qui était l'équivalent de 1 200$ par action aujourd'hui, puisqu'il y a eu un "reverse split" de 1 pour 10 depuis), alors que rien ne justifiait une telle évaluation démesurée? L'avidité, l'appât du gain facile, peut créer l'"exubérance irrationnelle" dont parlait Alan Greenspan et amener les investisseurs à perdre leur jugement. Pour reprendre l'allégorie de Benjamin Graham: Mr. Market est un être aux émotions très instables, une sorte de maniaco-dépressif. Lorsqu'il traverse une période d'exubérance, il déborde d'enthousiasme et ne voit que des jours ensoleillés à l'horizon, il demande alors le gros prix pour les actions qu'il vous offre. Lorsqu'il traverse une période dépressive, il ne voit plus que du noir et est prêt à vous céder ses actions à rabais.

Toute décision d’acheter ou de vendre les actions d'une entreprise implique une analyse de sa situation financière et de sa gestion, une analyse de ses produits et de leurs marchés, une analyse du secteur, des compétiteurs et de l’environnement économique, une évaluation de la juste valeur monétaire de ces actions. Un travail qui fait d'abord appel à la connaissance objective des faits et à la raison. Celui qui gardera la tête froide aura la meilleure chance de réussir.

Les émotions dans ce processus d’analyse sont non pertinentes, pas plus qu’elles sont à leur place dans des travaux de génie mécanique ou de physique! Les émotions sont des interférences dans le processus d’analyse qui peuvent miner son efficacité. Le constat d’une erreur dans notre analyse qui a mené à une mauvaise décision, doit uniquement nous servir de leçon d’apprentissage qui nous sera utile dans l’amélioration de notre technique d’analyse et de prise de décision. Le regret culpabilisant est complètement improductif, le seul regret que l’on doit avoir c’est de ne pas apprendre de ses erreurs.

Quand tu perd, ne perd pas la leçon!

La crise des "subprimes", le paroxysme devrait être atteint au premier semestre de 2008

J'ai trouvé le texte qui suit sur le site Vernimmen.net que je vous recommande. À la lecture du deuxième graphique, on peut constater que le pire de la tempête des "subprime" est à venir et que ce sera au cours des deux premiers trimestres de 2008: durant ces six mois, un nombre très élevé de prêts subprimes à taux variable seront ajustés à la hausse. Les défauts de paiements devraient se multiplier dès lors et se poursuivre tout au long de l'année.

Ce n'est qu'en 2009 que la crise des subprime devrait perdre de l'ampleur, ce qui devrait coĩncider, selon moi, avec l'arrivée d'Hillary Clinton à la présidence, le retrait de l'armée américaine de l'Iraq, la reprise de l'économie américaine et la remontée du dollar US.

QUESTIONS ET REPONSES : Les crédits subprime (extrait du site Vernimmen.net)

Le montant de la dette immobilière aux Etats-Unis est de l’ordre de 10.000 Md$, soit les ¾ du PIB. Cette dette se répartit en plusieurs catégories selon la solvabilité des emprunteurs (prime et subprime, voir near prime ou Alt-A) et la nature des taux d’intérêt : variables ou fixes.

Les ménages prime qui représentent à peu près 40 % des ménages américains ont connu peu ou pas de défaut de paiements sur leurs crédits ou emprunts passés. A l’opposé se trouvent les ménages subprime qui ont connu plusieurs défauts de paiement dans le passé et qui représentent 15 % des foyers américains. Le reste (45 %) est une sorte de marais, le near prime ou Alt-A, qui regroupe des emprunteurs sans justificatif de revenus stables ou avec un historique de crédit moyen.

Le volume des crédits subprime accordés aux Etats-Unis est de l’ordre de 1.300 Md$, soit 13 % du total des prêts immobiliers. Ils sont principalement à taux variable (à 65 % contre 35 % à taux fixe), alors que les taux de crédits prime sont seulement à 20 % à taux variable.

Le développement des prêts subprime a permis l’accession à la propriété de nombreux foyers américains : depuis 10 ans, le taux de propriétaires est passé de 65 à 69 %, et plus de la moitié du gain est due aux acheteurs subprime.

Ces crédits rapportent en général aux prêteurs 2 % de plus que les crédits immobiliers classiques, ce qui expliquent qu’environ les 2/3 de ces crédits ont été acquis directement ou indirectement (via des RMBS, Residential Mortgage Backed Securities) par des investisseurs en quête de rendement, dont certains avaient oublié la loi d’airain de la finance : une rémunération plus élevée traduit à un risque plus élevé.

De nombreux prêts subprime ayant été accordés depuis 2 – 3 ans avec des taux d’intérêt initiaux bas et fixes qui s’accroissent contractuellement au bout de 2 – 3 ans. Un nombre grandissant de ménages américains subprime a donc vu en 2007 et verra en 2008 le poids de ses mensualités de crédit s’alourdir fortement (de 30 % et plus) :


Prêts subprime avec ajustement des taux d’intérêt (Md$):



Dès lors, il n’est pas étonnant que le pourcentage de crédit subprime pour lesquels les emprunteurs ne peuvent plus faire face à leurs échéances et pour lesquels le bien est saisi par le prêteur est en train d’exploser : 4 % en 2006, 6 % en 2007, 10 % estimé en 2008.

Site web: VERNIMMEN.NET

jeudi 1 novembre 2007

CITIGROUP: deux scénarios, deux positions possibles

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Les institutions financières américaines sont malmenées depuis quatre mois par la crise des prêts à risque (subprime) que traverse le secteur immobilier américain. La gourmandise et l’immoralité du capitalisme américain, comme ce fut le cas avec la bulle technologique, est en train de se retourner contre les actionnaires de ces entreprises qui ont succombé à une avidité incontrolable. Pour augmenter à tout prix le volume des prêts hypothécaires, les grandes institutions financières ont délaissé leurs règles habituelles pour ce type de prêts: elles ont érigé un système où l’on encourageait l’endettement d’emprunteurs qui ne possédaient ni les revenus, ni les actifs (collatéraux) qui auraient protégé ces prêts en cas d’incapacité de payer. Après la gourmandise, c’est maitenant l’indigestion de ce système immoral.

Aujourd’hui, la plus grande institution financière au monde, Citigroup (C au NYSE) perdait près de 7% de la valeur de son action sur la simple hypothèse d’un analyste de CIBC World Markets qui affirmait que devant les pertes dues à la crise actuelle et pour maintenir son ratio en capital, Citigroup pourrait avoir à couper son dividende ($2,16 par année, par action). Les perspectives pour les banques américaines sont actuellement extrêmement fragiles, avec les pertes attribuables à ces mauvais prêts, la chute dans les nouveaux prêts immobiliers et la possibilité d’une récession l’an prochain aux États-Unis. Les généreux dividendes sont le dernier renfort qui soutient le cours de l’action de plusieurs d’entre elles, même si ces cours ont déjà chutés de façon importante depuis le début juillet. On comprendra que la possibilité que la plus importante institution financière puisse envisager un tel scénario ait créé un onde de choc aujourd'hui.

Je n’ai pas la connaissance, ni l’expertise pour remettre en question l’hypothèse de l’analyste de CIBC World Markets. Je ne peux que lui opposer le point de vue de Ganesh Rathnam, l’analyste de Morningstar, qui croît que Citigroup n’aura pas à couper son dividende et dispose d’autres moyens pour relever son ratio de capital:

« We think Citigroup will be able to restore its capital ratios without cutting its dividend. There are a number of things Citigroup can do to accomplish this goal. Citi has already discontinued its share repurchases, the easiest way to boost capital ratios. If Citi can earn about $4 per share in 2008, its capital ratio will climb to about 8.2% by this time next year even while the company maintains its $2.16 per share dividend. If earnings continue to decline because of write-downs, then Citi could start disposing of noncore assets, which should boost its capital ratios. We believe the bank will exhaust all possible avenues to restore its capital ratio to above 8% before resorting to a dividend cut. Barring catastrophic losses in the coming quarters, we think Citigroup's dividend is safe for now.»

Vous avez donc le choix entre deux scénarios qui mènent à deux positions opposées. Vous pouvez vous tenir loin des actions de Citigroup, de crainte qu’une baisse éventuelle de son dividende fasse chuter le cours sous les $35 ou même près des $30, prix envisagé par l’analyste de CIBC World Markets. Si vous pensez, au contraire, que cette institution a les reins assez solides pour ne pas toucher au dividende, vous pouvez profiter de la situation actuelle pour acquérir ses actions à un prix nettement inférieur à leur valeur réelle : l’analyste du Morningstar donne à ses actions un « fair value » de $64,00 et considère que l’on peut envisager l’achat du moment que l’action se retrouve sous les $49,40.

Pour ma part, et ce n’est que le modeste point de vue d’un simple investisseur, j’adhère au deuxième scénario. Les actions de Citigroup ont déjà chuté d’un prix de $54,00 au début juillet à $38,50 aujourd’hui. Le dividende avec ce prix équivaut à 5,6%. Je crois que la peur crée ici une occasion d’achat. Au pire, même si les actions chutaient davantage avec une baisse éventuelle du dividende, leur cours remonterait une fois la crise des "subprimes" passée, car leur valeur réelle est nettement plus élevée. Et le dividende reviendrait éventuellement au niveau actuel. Qu’en pensez-vous?

Mise en garde: ce n'est que mon point de vue de simple investisseur pas une recommandation, à vous d'y regarder de plus près ou à vous adresser à un conseiller financier si ces titres vous intéressent. Les dividendes des titres américains ou de type ADR ont un traitement fiscal différent de ceux des compagnies canadiennes. Il faut s'informer avant d'investir!
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Peu d'aubaines parmi les titres européens actuellement

Au cours des cinq dernières années, mes placements dans des compagnies européennes, à quelques exceptions près, m'ont tous donné des rendements satisfaisants. Je suis donc à l'affût d'entreprises européennes de qualité à un prix abordable. Le problème c'est justement le prix, les titres européens à leur niveau actuel m'apparaissent dispendieux. Je n'ai que deux entreprises sur mon radar et encore faudrait-il un recul plus prononcé de leur prix pour pouvoir envisager un achat: Air France KLM (AKH au NYSE) et Electrolux (ELUX.Y sur le OTC). Est-ce que les visiteurs européens de ce blog ont des suggestions à me faire?