samedi 3 novembre 2007

LES LEÇONS DE L'INVESTISSEUR: à la bourse, les émotions n'ont pas leur place

La peur, l’avidité et surtout les regrets, bien qu'étant des comportements humains bien compréhensibles, n’ont pas vraiment leur place à la bourse. Avant de s'aventurer dans l'investissement boursier, il est sain d'avoir une certaine crainte: de se demander si on a une compréhension suffisante de cet univers complexe et si on ne va pas y risquer sa sécurité financière. Mais après, une fois qu'on a décidé d'opter pour ce type de placements, il faut se méfier des émotions qui feront surface inévitablement, telles la peur, la prétention et l'avidité, et qui viendront altérer notre jugement: seule la raison devrait nous guider.

Pourtant, si l'on observe les comportements des investisseurs durant les périodes d'euphorie boursière, comme lors de la bulle technologique, ou de panique collective comme le lundi 19 octobre 1987, on réalise à quel point les émotions sont omniprésentes à la bourse et l’étendue des ravages qu'elles peuvent causer.

Qu'est-ce qui pouvait amener des investisseurs à payer 120$ pour une action de Nortel il y a quelques années (ce qui était l'équivalent de 1 200$ par action aujourd'hui, puisqu'il y a eu un "reverse split" de 1 pour 10 depuis), alors que rien ne justifiait une telle évaluation démesurée? L'avidité, l'appât du gain facile, peut créer l'"exubérance irrationnelle" dont parlait Alan Greenspan et amener les investisseurs à perdre leur jugement. Pour reprendre l'allégorie de Benjamin Graham: Mr. Market est un être aux émotions très instables, une sorte de maniaco-dépressif. Lorsqu'il traverse une période d'exubérance, il déborde d'enthousiasme et ne voit que des jours ensoleillés à l'horizon, il demande alors le gros prix pour les actions qu'il vous offre. Lorsqu'il traverse une période dépressive, il ne voit plus que du noir et est prêt à vous céder ses actions à rabais.

Toute décision d’acheter ou de vendre les actions d'une entreprise implique une analyse de sa situation financière et de sa gestion, une analyse de ses produits et de leurs marchés, une analyse du secteur, des compétiteurs et de l’environnement économique, une évaluation de la juste valeur monétaire de ces actions. Un travail qui fait d'abord appel à la connaissance objective des faits et à la raison. Celui qui gardera la tête froide aura la meilleure chance de réussir.

Les émotions dans ce processus d’analyse sont non pertinentes, pas plus qu’elles sont à leur place dans des travaux de génie mécanique ou de physique! Les émotions sont des interférences dans le processus d’analyse qui peuvent miner son efficacité. Le constat d’une erreur dans notre analyse qui a mené à une mauvaise décision, doit uniquement nous servir de leçon d’apprentissage qui nous sera utile dans l’amélioration de notre technique d’analyse et de prise de décision. Le regret culpabilisant est complètement improductif, le seul regret que l’on doit avoir c’est de ne pas apprendre de ses erreurs.

Quand tu perd, ne perd pas la leçon!

9 commentaires:

Québec Bourse a dit…

Merci pour vos commentaires.

Anonyme a dit…

La popularisation de la bourse n'a pas été une bonne chose ! n'importe qui pense pouvoir engranger des bénéfices à court terme sans réflexion , sans analyses , comme dans un casino.

Sébastien a dit…

Bonjour,

Je me permet de vous contacter suite à la lecture de votre blog, extrêmenent bien détaillé avec des analyses sensées, c'est un plaisir de vous lire.
Je me pose un bon nombre de question sur l'évolution de la politique monétaire des Etats-Unis, sur la tournure que va prendre le cours de l'once d'or, l'impact réel du subprime, la valeur de l'euro face au dollar..par exemple.
Je vois qu'aujourd'hui, le cours d'une once d'or est à 806 euros, je ne suis pas encore dans ce train, j'hésite à y entrer, n'est-il pas trop tard ?
D'autre part, le pétrole a récemment crevé un nouveau plafond, l'immobilier est en crise outre-atlantique, les indices boursiers plafonnent, le dollar s'effrite...bref la situation n'est pas très belle, c'est pour cela que je m'adresse à vous afin d'avoir un éclairage sur les tournures que peuvent prendre certains secteurs de manière quasi-certaine, bien que ce mot ne soit pas compatible avec investissemement j'en ai conscience.
Simplement un éclairage sur les grandes tendances de la prochaine décennie, comment voyez-vous tout celà ? Les secteurs à éviter, les financières peut-être, secteurs à privililégier, l'or ?...
La belle époque du carry trading est-elle révolue ?

Je vous remercie de m'avoir lu, et espère que vous ne trouverez pas mon mail trop naïf, votre bon sens et votre expérience m'ouvriront les yeux.


Cordialement.

Sébastien

Sébastien a dit…

correction 806 dollar l'once
merci

Anonyme a dit…

La période n'est certainement pas propice à n'importe quel investissement .Mais l'or est encore certainement une bonne affaire voir article avec l'adresse ci-dessous
http://www.publications-agora.fr/pack/investisseur-or-matieres.php?place=a&id_prod=OM01&type_pub=S&groupe=IT&date=20071008

Salutations

Québec Bourse a dit…

Bonjour Sébastien

D'abord merci pour les bons mots concernant mon blog, c'est toujours rassurant d'entendre des commentaires positifs.

Je n'ai malheureusement pas l'expertise et la prétention de pouvoir répondre à plusieurs de vos questions qui sont, par contre, tout à fait pertinentes. Je connais bien peu de choses sur le marché de l'or et sur ce qui peut expliquer l'évolution de son cours et ce serait très prétentieux de ma part d’aborder ce sujet, je ne le ferai donc pas.

Pour ce qui est de l'évolution de la monnaie américaine face au dollar canadien ou à l'euro, mon analyse est celle d'un simple investisseur pas celle d'un cambiste chevronné, là aussi je suis très modeste dans ma capacité de prédire son cours. Je pense que la monnaie américaine est actuellement sous-évaluée par rapport à la valeur de l'économie des États-Unis qu’elle représente et qu’à compter de 2009, elle devrait se redresser. Plusieurs facteurs conjoncturels expliquent selon moi sa déconfiture actuelle : niveau d’endettement élevé du gouvernement fédéral, implication dans une guerre catastrophique pour les finances publiques, mauvais leadership politique, possibilité de récession en 2008… L’élection d’une présidente ou président démocrate à l’automne 2008 pourrait être le début du redressement, puisqu’il mènerait à un retrait de la présence américaine en Iraq, à un assainissement des finances publiques, à une meilleure répartition de la richesse et de la consommation…

Je pense donc que les canadiens et les européens qui disposent en ce moment d’une monnaie forte pour acheter des actions américaines peuvent faire des placements avantageux, s’ils peuvent identifier le creux de la vague pour la monnaie américaine et les actions US et en profiter pour les acheter à rabais. Si mon scénario se réalise, ces placements pourraient donc rapporter à deux niveaux à moyen terme : sur la valeur réelle de ces actions et sur le taux de change qui pourrait donner une prime supplémentaire si le dollar US se redresse effectivement. Ce ne sont que les réflexions d’un simple investisseur, comme je le dis souvent, chacun doit faire ses devoirs à la bourse…

Ceci dit, si je débutais en bourse, je serais très prudent au cours des prochains mois face aux possibilités d’investir sur le marché US. Il est fort possible qu’avec la dégradation supplémentaire du marché du prêt hypothécaire (crise des subprime) au cours du premier semestre de 2008, l’économie américaine connaisse un sérieux ralentissement, voir une récession : cela amènerait un chute du marché boursier. Si ce scénario se concrétise, le prix des actions qui nous semble bas aujourd’hui, ne serait rien en comparaison de celui qui s’offrirait alors à nous. Les cours boursiers durant les prochains mois risquent d’être très volatiles et il est très difficile de prévoir où ils se situeront dans douze mois, jour de l’élection du prochain président.

Sébastien a dit…

Je vous remercie pour l'objectivité dont vous faites preuve.
Je continue de passer chaque jour sur votre blog pour comprendre mieux ce monde de la finance.
Je vous dis bon après-midi, ici en France il va être l'heure de dîner.
Bonne continuation.

Anonyme a dit…

Pensez-vous vraiment que le nouveau président d'automne 2008 saura réduire la dette américaine, persuadant ainsi des générations d'américains à faire pénitence? N'est-ce pas utopique, malgré la sympathie que l'on puisse porter à un ou l'autre des candidats?
Cordialement.
lms

Québec Bourse a dit…

Au moment où vous lisez ceci, le coût de la guerre en Iraq a atteint 465 milliards de dollars pour les États-Unis. Les américains n'ont qu'à sortir d'Iraq et très rapidement leur déficit va être réduit de façon substantielle. Il n'y aura pas de sacrifice à faire pour l'américain moyen, à part ceux qui tirent profit financier de cette guerre inutile. Cliquez sur ce lien pour voir le compteur du coût de la guerre en Iraq.

http://www.nationalpriorities.org/Cost-of-War/Cost-of-War-3.html